• Couverture du livre « Grossir le ciel » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    isav sur Grossir le ciel de Franck Bouysse

    C’est dans un lieu perdu des Cévennes que se déroule cette histoire de paysans à l’ancienne où deux hommes vivent dans des fermes isolées, comme s’ils étaient au siècle dernier. A part la télévision lorsque la réception le permet, pour Gus et le téléphone pour Abel, le monde moderne n’est pas...
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    C’est dans un lieu perdu des Cévennes que se déroule cette histoire de paysans à l’ancienne où deux hommes vivent dans des fermes isolées, comme s’ils étaient au siècle dernier. A part la télévision lorsque la réception le permet, pour Gus et le téléphone pour Abel, le monde moderne n’est pas parvenu jusqu’à eux et ils vivent comme le faisaient leurs parents et leurs grands-parents avant eux. Deux destins entremêlés qui n’ont plus d’avenir dans un monde qu’ils ont refusé de voir évoluer alors qu’ils s’acharnent à survivre envers et contre tout. Mais leur paradis ressemble bien à l’enfer.
    La fin est un peu extravagante mais on s’y laisse prendre, tant l’écriture de Franck Bouysse est bouleversante et talentueuse.
    Un beau roman lourd de traditions, de secrets et de rancunes, dans la beauté et la froideur des paysages de la campagne cévenole. A lire sans aucun doute.

  • Couverture du livre « Glaise » de Franck Bouysse aux éditions La Manufacture De Livres

    Nath Bertrand sur Glaise de Franck Bouysse

    Ce qui se dégage d’abord de Glaise, et ce dès les premières pages, c’est cette atmosphère pesante, magistralement portée par Franck Bouysse. Ambiance de nuit, d’orage, de peur, de canons qui tonnent au loin.

    Nous sommes en effet en 1914, dans le Cantal. Un endroit perdu dans un monde à la...
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    Ce qui se dégage d’abord de Glaise, et ce dès les premières pages, c’est cette atmosphère pesante, magistralement portée par Franck Bouysse. Ambiance de nuit, d’orage, de peur, de canons qui tonnent au loin.

    Nous sommes en effet en 1914, dans le Cantal. Un endroit perdu dans un monde à la dérive. Des personnages vont évoluer dans un huis-clos où se mêlent silences, colère, effroi, et amour.

    Victor part au front. Comme tous les hommes valides , il a été mobilisé.

    « Victor ne réagit pas lorsqu’on l’appela « soldat » pour la première fois. Cette manière de les désigner frères, de les démembrer de leur passé, parut ruisseler sur lui. Ce ne fut qu’une fois l’uniforme revêtu qu'il prit véritablement conscience qu’on le volait à lui-même et à ceux qu’il aimait ».

    Son fils Joseph, quinze ans et demi, va devoir s’occuper de la ferme, et porter le chagrin et l’angoisse de sa mère et de sa grand-mère, quittant une vie simple pour devenir déjà, sans doute trop tôt, un homme.

    « …Maintenant que son père était parti, il prenait conscience qu’il allait devoir apprivoiser différemment l’univers amputé de la part tendre de l’enfance. Devenir un homme avant l’âge d’homme ».

    Autour de lui, gravitent le vieux Léonard, voisin et ami, soutien de la famille, et la famille Valette. A la tête de celle-ci, trône le patriarche, brute épaisse, incarnation du Mal. Il a échappé à la mobilisation en raison d’une main qui ne répond plus.

    Et puis, et puis, il y a les femmes. Car, selon moi, elles sont le ciment du roman : mères, épouses, elles ont toutes en commun, au-delà des haines, des rancoeurs, et des lourds secrets, ce poids qu’est le désespoir de voir partir un fils, un mari.

    Il y a, dans cette obscurité enveloppante, l’Amour naissant.

    Il y a la Terre.

    Il y a la guerre. Lointaine.

    Il y a cette ambiance oppressante, qui enserre, page après page, ces mots superbement posés.

    Il y a l’écriture puissante, magnifique et magnétique , de Franck Bouysse.

  • Couverture du livre « Glaise » de Franck Bouysse aux éditions La Manufacture De Livres

    Evlyne Léraut sur Glaise de Franck Bouysse

    L’incipit « Ce qu’il advint cette nuit-là, le ciel seul en décida »enclenche une lecture lumineuse. Glaise, de Franck Bouysse, majeur, bouleversant est un roman qui puise ses rimes dans un régionalisme peint d’une main de maître. Tout est beau, ici. Chaque point, virgule, affine le summum. Le...
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    L’incipit « Ce qu’il advint cette nuit-là, le ciel seul en décida »enclenche une lecture lumineuse. Glaise, de Franck Bouysse, majeur, bouleversant est un roman qui puise ses rimes dans un régionalisme peint d’une main de maître. Tout est beau, ici. Chaque point, virgule, affine le summum. Le lecteur lit avec la plus grande attention une délivrance, une histoire née depuis des millénaires, travaillée telle la glaise dont viendra une sculpture de renom. Le lecteur ne lâchera pas un seul instant des yeux, cette création perfectionniste. L’ambiance est prenante, sombre. Elle s’allie à cette époque de 1914 où la guerre a bousculé l’habitus des terroirs. Les hommes partis, les femmes guerrières d’un quotidien difficile, en prise avec cette solitude, sont devenues battantes, volontaires et lourdes de secrets enfouis que les hommes ont déchargé sur leurs épaules en silence, dans ce départ forcé pour la guerre. Elles sont cette cartographie magnifiée d’une époque où les évènements tels des crocs dévoraient la féminité, la vie même. Les hommes qui restent en cette terre engluée et pourtant riche de sens, sont âgés, malades et trop jeunes pour affronter les affres de la guerre, ce sera en l’occurrence notre protagoniste Joseph. Tout se passe en quasi huis-clos comme si les montagnes étaient des murs insurmontables. A l’instar d’un village à l’idiosyncrasie rétrécie. L’angoisse n’est jamais présente malgré le sombre qui s’échappe des lignes. Valette est l’ombre néfaste, un homme qui broie le clair et qui vibre dans les pulsions malsaines. L’étau se resserre. Le lecteur tourne les pages à toute allure, en grande délectation. Les nuages filent dans ce noir livresque manichéen, car sublime. L’orage gronde. Les hommes meurent. Les femmes fauchées dans l’âpre du quotidien deviennent leur propre démon. Cette histoire est un cri. Sa beauté inestimable, rare et gracieuse est un perlé verbal hors pair. Un rappel à la nuit qui foudroie. Un passage entre le noir et le blanc. Le lyrisme est le toit du juste, posé là où il faut dans un précis hors norme que seuls les écrivains de l’intériorité connaissent. Majeur, culte, incontournable il couronne le verbe d’une aura époustouflante. « Glaise » est une œuvre doublée d’une poésie vibrante. Le relire en pleine montagne dans ce Cantal, en pleine montagne dont chaque forme, chaque nuance est une signature mémorielle. En lice pour le Prix des lecteurs U, ce roman est une chance.

  • Couverture du livre « Plateau » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    tatibibibi sur Plateau de Franck Bouysse

    Après "grossir le ciel" et "glaise" , c'est sans appréhension aucune et avec une envie gourmande que je me lançai dans la lecture de "Plateau"...Et j'y ai retrouvé ce qui m'avait précédemment séduite et fascinée chez Franck Bouysse : un style, une ambiance lourde et pesante, des personnages...
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    Après "grossir le ciel" et "glaise" , c'est sans appréhension aucune et avec une envie gourmande que je me lançai dans la lecture de "Plateau"...Et j'y ai retrouvé ce qui m'avait précédemment séduite et fascinée chez Franck Bouysse : un style, une ambiance lourde et pesante, des personnages taiseux mais prêts à exploser de silences trop longtemps contenus, de la violence à l'état brut ou plus sournoise, des coeurs qui se déchirent, d'autres qui se rapprochent, des vies en fin de vie, d'autres qui tentent d'émerger . Mort, naissance et ou renaissance ...
    Et puis toujours la nature environnante, âpre , rude, rugueuse, mordante...à l'image des personnages...un personnage parmi les autres...
    Quant au style, certes, il est poétique, quasi-lyrique, mais curieusement, cela permet de rendre merveilleusement bien le minimalisme dans les relations, les échanges sans concession avec l'environnement . Vivre. Survivre. Apprivoiser . Espérer.
    Je sors de cette lecture bouleversée ... C'est aussi ce que j'attends d'une lecture

  • Couverture du livre « Plateau » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    Vanessa Mayol sur Plateau de Franck Bouysse

    Plateau, Grossir le ciel, Glaise...
    Des romans noirs,écrits dans une langue raffinée, qui sondent le fond de l'âme humaine. (Sans d'hémoglobine ni détail gore)
    J'attends le prochain avec gourmandise tant la langue est sublime

    Plateau, Grossir le ciel, Glaise...
    Des romans noirs,écrits dans une langue raffinée, qui sondent le fond de l'âme humaine. (Sans d'hémoglobine ni détail gore)
    J'attends le prochain avec gourmandise tant la langue est sublime

  • Couverture du livre « Plateau » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    Marie Kirzy sur Plateau de Franck Bouysse

    Le temps a passé entre ma lecture de Grossir le Ciel et celle-ci, je n'osais pas tenter une éventuelle déception après le choc inouïe, la déflagration dingue ressentie après avoir refermé le premier. Idiote que je suis, la magie ( noire, très noire ) a opéré à nouveau.

    Faut dire qu'on...
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    Le temps a passé entre ma lecture de Grossir le Ciel et celle-ci, je n'osais pas tenter une éventuelle déception après le choc inouïe, la déflagration dingue ressentie après avoir refermé le premier. Idiote que je suis, la magie ( noire, très noire ) a opéré à nouveau.

    Faut dire qu'on retrouve dans Plateau les mêmes ingrédients , les mêmes qualités que dans Grossir le ciel :

    - à la rudesse des paysages cévenols répond la rugosité somptueuse de la Corrèze, certaines descriptions sont incroyables pour convoquer les forces de la nature, autant de métaphores à la violence des sentiments qui agitent les personnages.

    - le goût pour les personnages forts, il y en a plus ici, certains inoubliables comme Karl, le boxeur fou pathologiquement croyant, irrécupérable définitivement ; Cory, la femme battue venue se réfugier loin de son homme-torture, une femme fatale qui ne le sait pas mais déclenche une avalanche de passions ; Georges, le taiseux qui a tant besoin de dire après des décennies de frustrations à tenter d'ensevelir ses aspirations profondes ; et même un mystérieux Chasseur qui rode, qui rode ...

    - des secrets enfouis comme des bombes à retardement qui dont on pressent très vite qu'elles vont exploser à la face de tous : quel art pour distiller une ambiance sourde, angoissante, dramatique dès les premières pages !

    La langue est très travaillée, souvent lyrique, presque trop parfois, je me suis un peu perdue dans le recours à un vocabulaire tellement pointue que j'ai du m'armer de mon petit Larousse pour éclairer mes lacunes. Quand on a autant de style, pas la peine de le forcer !

    Au final, j'ai été emportée illico dans cette tragédie grecque, comme hypnotisée par la puissance qui se dégage de ces pages et ce talent fou à injecter de la compassion dans une noirceur absolue, le tout dans une approche profondément intimiste. Un auteur très singulier assurément.

  • Couverture du livre « Plateau » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    Bono Chamrousse sur Plateau de Franck Bouysse

    PLATEAU de Franck Bouysse
    Éditions La Manufacture Des Livres
    Éditons Le Livre de Poche

    Le plateau de Millevaches... 1800 km2 de granit à cheval sur la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne... Altitude moyenne d'environ 900m... Un climat rude... 18 habitants au km2, autant dire le désert...
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    PLATEAU de Franck Bouysse
    Éditions La Manufacture Des Livres
    Éditons Le Livre de Poche

    Le plateau de Millevaches... 1800 km2 de granit à cheval sur la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne... Altitude moyenne d'environ 900m... Un climat rude... 18 habitants au km2, autant dire le désert pour certains et le rêve pour d'autres...

    1800 m2, c'est vaste pour planter un décor, quelques personnages et une intrigue... et pourtant nous sommes dans un huis-clos étouffant de par les non-dits.

    Inutile d'en dire trop sur l'histoire ! Sinon qu'elle est noire comme la terre et qu'il faut la découvrir page par page pour sentir le doute et la tension monter au fil du récit..

    J'ai adoré cette lecture ! J'ai été en empathie totale avec les personnages. L'écriture de Franck Bouysse est tout à la fois rude, poétique et visuelle.

    Franck Bouysse est le fils spirituel de Ramuz et de Giono, le frère français de Ron Rash. On sent une puissance qui monte de livre en livre et, croyez-moi, il n'a pas fini de nous surprendre. Franchement, je ne comprends pas que les médias soient aussi taiseux à son sujet parce que c'est un des auteurs majeurs de la littérature française actuelle.

    Pour conclure, je laisse Martial le faire :

    "- Ce que tu veux pas comprendre, c'est que, dans la vie, y a ce qui nous arrive sans qu'on l'ait décidé, et, pour le reste, les hommes ont des choix à faire, sinon, tous autant qu'on est sur ce fichu plateau, on crèverait dans le même lit. Si y en a qui s'en sortent mieux que les autres, c'est qu'ils savent attraper ce qui se présente sans faire la fine bouche. La morale et toutes ces conneries qu'on nous apprend à l'église, ça a jamais rendu les gens moins malheureux. La vie, mon pauvre Virgile. "

  • Couverture du livre « Grossir le ciel » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    Bono Chamrousse sur Grossir le ciel de Franck Bouysse

    GROSSIR LE CIEL de Franck Bouysse
    Le Livre de Poche

    Jusqu'à il y a peu, je ne connaissais pas Franck Bouysse et c'est une amie qui m'a offert "Grossir le ciel" en me disant que j'allais forcément aimer. Et bien... elle ne s'est pas trompée !

    Le roman se déroule dans les Cévennes. Un...
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    GROSSIR LE CIEL de Franck Bouysse
    Le Livre de Poche

    Jusqu'à il y a peu, je ne connaissais pas Franck Bouysse et c'est une amie qui m'a offert "Grossir le ciel" en me disant que j'allais forcément aimer. Et bien... elle ne s'est pas trompée !

    Le roman se déroule dans les Cévennes. Un endroit où la nature, encore rude et sauvage, façonne les hommes à son image pour en faire des êtres solitaires et taiseux, tels Gus et Abel, les personnages principaux du livre.

    Le récit est noir et dramatique.

    Pendant toute la lecture, on a le sentiment que cette histoire va mal se terminer mais sans trop savoir comment... et la tension monte, monte, page par page, jusqu'à en devenir insoutenable.

    Je n'ai pas aimé "Grossir le ciel", non je l'ai ADORÉ.

    L'écriture de Franck Bouysse est belle, rude et poétique comme a pu l'être celle d'un Ramuz ou d'un Zermatten.

    " - Le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite.
    Abel sortit là-dessus, en laissant sa réflexion se balader dans la pièce, tel un chien qui aurait perdu son maître. Le genre de truc qu'on balance en sachant que ça fera son chemin à coup de hache."

    Et qu'on ne s'y trompe pas, à mon avis (et je suis sûre d'avoir raison), Franck Bouysse est LE Ron Rash français.

  • Couverture du livre « Oxymort ; Limoges : requiem en sous sol » de Franck Bouysse aux éditions Geste

    L'atelier de Litote lalitote sur Oxymort ; Limoges : requiem en sous sol de Franck Bouysse

    Après avoir lu Plateau, Grossir le ciel et Glaise et en attendant le prochain titre de Franck Bouysse, je me réfugie dans ses écrits précédents. Même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, une fois fait, j’ai été captivé par l’intrigue, le suspense et la tension qui monte en flèche...
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    Après avoir lu Plateau, Grossir le ciel et Glaise et en attendant le prochain titre de Franck Bouysse, je me réfugie dans ses écrits précédents. Même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, une fois fait, j’ai été captivé par l’intrigue, le suspense et la tension qui monte en flèche dans ce polar que je recommande. Comme je le disais au début, il m’a fallu apprivoiser les tournures de phrases et la poésie qui s’en dégage. Je dois avouer que c’était un peu perturbant pour moi. Au fil de ma lecture j’ai pu commencer à apprécier l’écriture particulière de ce roman noir. Un roman où les personnages sont tous en introspection sur leur ressenti, sur l’avenir et le chemin à parcourir. Bien entendu le personnage de Louis est celui qui est le plus travaillé et reste le plus attachant alors qu’il affronte ses peurs en remontant son emploi du temps depuis le jour où il a été enlevé et séquestré dans une cave. C’est en détricotant les événements avec un art certain que nous simple lecteur, allons pouvoir nous faire une idée de ce qu’il se passe au côté de Louis. Un scénario effrayant se met en place et l’on se demande que faire devant tant de folie macabre. Encore un roman percutant qui fait froid dans le dos et dont la fin nous laisse embourbé dans un éternel recommencement du travers des hommes. C’est un livre que j’ai lu en une après-midi, incapable que j’étais de le refermer. A découvrir. Bonne lecture.

  • Couverture du livre « Grossir le ciel » de Franck Bouysse aux éditions Lgf

    muriel bouche sur Grossir le ciel de Franck Bouysse

    Ce roman avait tout pour me déplaire : court, lent, avec peu de personnages, se déroulant en milieu rural. Et pourtant …

    Et pourtant il a suffi de quelques pages pour que je me retrouve embarquée dans l’histoire de ce paysan isolé dans les Cévennes, vivant chichement de sa ferme. Un paysan...
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    Ce roman avait tout pour me déplaire : court, lent, avec peu de personnages, se déroulant en milieu rural. Et pourtant …

    Et pourtant il a suffi de quelques pages pour que je me retrouve embarquée dans l’histoire de ce paysan isolé dans les Cévennes, vivant chichement de sa ferme. Un paysan solitaire qui ne s’intéresse qu’à ses terres, ses animaux, qui n’a de lien avec personne excepté son voisin (un autre paysan solitaire comme lui, taciturne comme lui, juste un peu plus âgé), et son chien (qu’il semble aimer bien plus que la plupart des humains) . Un paysan qui connait par cœur les moindres bruits et traces de son coin de montagne, et qui un jour va être surpris, par un bruit différent, des traces qui sortent de son ordinaire. Ces petites choses vont titiller sa curiosité et le faire sortir d’un quotidien bien organisé, plutôt terne, mais qui jusqu’ici semblait lui convenir.

    Voici le point de départ d’un récit, qui, comme un puzzle dont les pièces s’assemblent lentement pour former une image précise, va petit à petit dévoiler les non-dits, faire revenir en surface les souvenirs plus ou moins enfouis. Ce puzzle va nous dévoiler des vies durant lesquelles la violence côtoie le silence, et le sordide les plus beaux des sentiments. Et tout comme ces puzzles que nous assemblons sans disposer du modèle, à l’aveugle, c’est seulement avec les toutes dernières pièces, les toutes dernières pages, que nous pourrons découvrir l’image finale, comprendre l’histoire dans sa totalité.

    Derrière la brutalité des faits décrits, ce roman se révèle finalement d’une incroyable finesse. Il laisse lentement apparaitre les différents éléments qui constituent sa trame, sans changement de rythme, sans accélération ni réels rebondissements, mais par touches successives, détails après détails. Nous sommes vraiment très loin d’un page turner, et pourtant il réussit à accrocher et vous emmener avec lui, car vous tenez à comprendre le pourquoi du comment, les tenants et aboutissants de tout ceci. Comme Gus, vous allez vous interroger, piétiner, faire du sur place, croire que… , et ce jusqu’au dénouement.

    La plume de l’auteur apporte aussi beaucoup. Elle est très particulière, assez unique, maniant les mots avec une justesse étonnante. Les expressions et tournures de phrases, qui paraissent de prime abord particulièrement bruts et sans fards, sont en fait choisies avec soin pour nous décrire les relations entre les personnages, et bien nous faire comprendre la vision qu’ils ont du monde et de leur vie. Une plume à part, qui peut déranger, déstabiliser, repousser ou vous prendre au piège de son étrangeté, ce qui fut mon cas.

    Vous l’avez compris, j’ai adoré ce roman sombre et sobre, que je vous recommande donc vivement !
    http://desmotssurunepage.eklablog.com/sombre-noir-et-envoutant-a136048746

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