Francis Ryck

Francis Ryck
Francis Ryck, 85 ans. Après un galop d'essai dans l'Autre littérature, Ryck entre à la Série Noire en 1966 pour n'en sortir que dix-huit romans après, au bout desquels le roman noir français ne sera plus jamais comme avant. Car cet éclaireur va faire d'un genre, un véritable vaisseau de protestat... Voir plus
Francis Ryck, 85 ans. Après un galop d'essai dans l'Autre littérature, Ryck entre à la Série Noire en 1966 pour n'en sortir que dix-huit romans après, au bout desquels le roman noir français ne sera plus jamais comme avant. Car cet éclaireur va faire d'un genre, un véritable vaisseau de protestation préfigurant Mai 68. Le travail de sape accompli par Francis Ryck est remarquable et exemplaire. Quel que soit le genre qu'il affleure ses romans noirs frappent à l'endroit précis où ça fait le plus mal. Agents secrets décalés, truands en rupture, marginaux, tout y passe. Cette nouvelle donne aboutit à mettre en mains d'autres cartes dans le polar hexagonal (identitaires, géographiques, existentielles, sociologiques). Lorsqu'il quitte la Série Noire en 1978, le titre de son ultime roman dans cette collection prend valeur de testament personnel et de tract universel : Prière de se pencher au-dehors. Entre-temps, Drôle de pistolet (au cinéma Le Silencieux de Claude Pinoteau), Le Compagnon indésirable (au cinéma : Le Secret de Robert Enrico), mais aussi Les Chasseurs de sable, Opération millibar, Nos intentions sont pacifiques, etc., sont autant de jalons posés comme des bombes à retardement et des regards sans concession sur une société qui perd pied sans même s'en apercevoir. De retour chez Albin Michel, où il avait obtenu en 1954 le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour Promenade en marge, il donnera encore quatre romans de grande envergure dont Le Nuage et la foudre et Un cheval mort dans une baignoire qui font de lui l'une des plus solides présences du roman noir européen...

Avis (1)

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    Couverture du livre « Drôle de pistolet » de Francis Ryck aux éditions French Pulp

    Yves MABON sur Drôle de pistolet de Francis Ryck

    Francis Ryck (1920-2007) est un auteur prolixe qui a donné au cinéma certains de ses meilleurs films tirés de ses romans. Costa Gavras, Claude Pinoteau, Jean Delannoy, Robert Enrico, Gérard Pirès pour n'en citer que quelques uns ont réalisé des films dans lesquels ont joué Lino Ventura, Jacques...
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    Francis Ryck (1920-2007) est un auteur prolixe qui a donné au cinéma certains de ses meilleurs films tirés de ses romans. Costa Gavras, Claude Pinoteau, Jean Delannoy, Robert Enrico, Gérard Pirès pour n'en citer que quelques uns ont réalisé des films dans lesquels ont joué Lino Ventura, Jacques Villeret, Louis de Funès, JL Trintignant, Philippe Noiret, JP Marielle, Johnny Halliday, Suzanne Flon, Stéphane Audran, Marlène Jobert, Fanny Ardant, Voilà pour la galerie, venons en maintenant au fait.

    Pur roman d'espionnage des années 60, avant les smartphones, Internet et les objets de haute technologie, même s'il est question d'avancée dans ce domaine tout au long de l'histoire. C'est assez dépaysant de lire une intrigue dans laquelle les différents groupes ne peuvent se joindre qu'à certaines heures données dans certains endroits précis, alors dès que l'un rate le coche, eh bien toute l'organisation est à revoir, ce qui n'est plus le cas de nos jours où chacun doit être joignable instantanément. Le bon vieux temps que je pourrais dire si je ne craignais qu'on me traite de vieux con.

    Je dois dire que ce roman m'a bluffé. Il est absolument passionnant. Cette fuite perpétuelle de Yako, cherchant à se cacher des Russes, soupçonnant tous les gens qu'il rencontre de n'être pas là par hasard, jusqu'au chien qui l'accompagnera ! Et ce n'est pas de la paranoïa, juste des précautions. "Tout à fait installé dans son rôle de petit-bourgeois anglais, Yako se demandait où tout cela allait aboutir. Si Barney lui aussi jouait un rôle, il le tenait à la perfection. Le double sens de certaines de ses réflexions pouvait être imputé à la seule interprétation de l'auditeur. Un auditeur fortement conditionné par sa situation." (p.150)

    Le roman est vif, bien écrit. Son intérêt principal est bien sûr de savoir si Yako s'en sortira et comment, et cet intérêt ne faiblit pas du début à la fin. Je comprends aisément que des cinéastes aient pu prendre les livres de Francis Ryck comme bases de leurs films, car tout est cinématographique : le personnage principal, taiseux par nécessité l'est devenu par habitude et sans doute par goût d'un certain anonymat, les autres protagonistes sont très bien définis et des acteurs/actrices peuvent être imaginés pour leur donner chair. Les paysages sont très présents, décrits assez minutieusement pour que les décors soient plantés. L'intrigue est là, prenante et la tension monte. J'imagine un film assez lent, avec une musique simple, des acteurs avec des gueules, des femmes mystérieuses... je prends au hasard dans la liste de noms citée plus haut ou même dans les acteurs actuels. Rien que pour revoir ce genre de film, il faut relire ce genre de romans qui font passer d'excellents moments. Très belle idée que de les rééditer, notamment ce Drôle de pistolet.

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