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Francesca Melandri

Francesca Melandri
Scénariste pour le cinéma et la télévision, Francesca Melandri est également réalisatrice. Son documentaire Vera (2010) a été présenté dans de nombreux festivals partout dans le monde. Eva dort, son premier roman, a été plébiscité par la critique et les lecteurs, où il a obtenu notamment obtenus... Voir plus
Scénariste pour le cinéma et la télévision, Francesca Melandri est également réalisatrice. Son documentaire Vera (2010) a été présenté dans de nombreux festivals partout dans le monde. Eva dort, son premier roman, a été plébiscité par la critique et les lecteurs, où il a obtenu notamment obtenus le Prix des lectrices du magazine Elle, mais aussi en Allemagne, en France et aux Pays-Bas.

Avis sur cet auteur (20)

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    Couverture du livre « Eva dort » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Bruno (BMR) sur Eva dort de Francesca Melandri

    ❤️ On avait surtout envie de découvrir une région et un épisode historique tous deux méconnus (on va y revenir) mais on a eu le bonheur de tomber sur une belle plume et une belle histoire (avec un petit 'h').
    Mais tout d'abord que sont cette région et cette Histoire (avec un grand 'H') qui...
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    ❤️ On avait surtout envie de découvrir une région et un épisode historique tous deux méconnus (on va y revenir) mais on a eu le bonheur de tomber sur une belle plume et une belle histoire (avec un petit 'h').
    Mais tout d'abord que sont cette région et cette Histoire (avec un grand 'H') qui tissent toute la trame du bouquin (Francesca Melandri est documentariste) ?
    Pour être à l'aise dans sa lecture, on vous conseille d'ailleurs de lire en diagonale quelques pages sur le ouèbe au-delà de notre ci-dessous résumé : la lecture du roman n'en sera que plus fluide et le plaisir plus grand.

    [...] Après Sterzing / Vipiteno, un peu avant de sortir à Franzensfeste / Fortezza, Carlo s’est arrêté à l’Autobahnraststätte / Autogrill et nous avons mangé un belegtes Brötchen / sandwich. Puis nous avons quitté l’Autobahn / autoroute et nous avons payé au Mautstelle / péage. Dans sa Volvo qui heureusement est suédoise et ne se traduit donc ni en allemand ni en italien. Bienvenue dans le Südtirol / Alto Adige, royaume du bilinguisme.
    [...] Pour les légumes et les fruits aussi, il utilisait l’italien, surtout pour les salades : chicorée, laitue, valériane, roquette, pourpier, cresson. Mais pour la viande il se servait de l’allemand : Rindfilet, Lammrippen, Schienbein. Comme pour les gâteaux : Mohnstrudel, Rollade, Linzertorte, Spitzbuben. Ce bilinguisme culinaire était un usage solidement établi, partagé par tout le personnel, auquel on ne pouvait déroger.

    Cette région du nord de l'Italie, au pied du col du Brenner, serait un peu l'Alsace italienne.
    Tout cela appartenait à l'Autriche, jadis. Les habitants étaient germanophones et bizarrement accoutrés lors des dimanches de fête.
    Mais après la première Guerre, il fallut naturellement humilier les vaincus et la région bascula du côté italien. Bientôt, dans les années 20 et 30, le fascisme romain entrepris une italianisation forcée de ces vallées : l'allemand y fut bientôt interdit, administration et employeurs y devinrent sourds d'une oreille et ne comprenaient plus que l'italien.

    [...] On peut interpréter la chose comme on voudra, mais l’adoption unanime du juron italien par la population de langue allemande fut le seul succès impérissable de l’italianisation forcée voulue par le fascisme.

    Encore quelques années et les habitants accueillirent donc tout naturellement à bras ouverts les nazis qui passèrent les Alpes. Tout aussi naturellement, on le leur reproche encore. L'Italie reprit possession des lieux à la fin de la guerre (la seconde).
    Allez, encore quelques tours de roue et dans les années 60, un peu avant les Brigades Rouges, quelques bûcherons, quelques garagistes et quelques paysans se sentirent l'âme suffisamment rebelle et le cœur assez vaillant pour dynamiter quelques pylônes voire quelques véhicules de carabiniers.

    [...] Jusque-là, les Italiens ne savaient rien du Haut-Adige. Ils ignoraient presque tous qu’on parlait allemand dans un coin de leur territoire national.

    Naturellement la soldatesque mit alors en application les bonnes pratiques apprises des forces françaises en Algérie.

    [...] La technique de la « gégène » mise au point par les tortionnaires de l’OAS en Algérie que les Italiens appliquèrent consciencieusement, avec des résultats toujours satisfaisants.

    Au fil des années, ces belles vallées de montagne furent ainsi malmenées par une géopolitique qui ne laissait aucune chance à quiconque de choisir le ‘bon’ camp. Inexorablement, les roues dentées de l'Histoire broyèrent les familles une à une, génération après génération, quelque soit le bord, quelque soit l'époque.
    Et c'est dans l'une de ces vallées que naquirent Vera et sa mère Gerda.
    Et c'est l'histoire de ces deux femmes, l'Histoire de ces vallées et de ces années, que nous raconte Francesca Melandri, alternant avec équilibre et précision les chapitres, le présent de la moderne Vera et le passé de la savoureuse Gerda.
    D'une belle écriture ronde et puissante, et avec une force évocatrice peu commune.
    Parti avec l'envie de découvrir la géographie et l'histoire d'une région, on s'est laissé attraper et surprendre par une belle plume et un beau roman.

    [...] La nouveauté la plus sensationnelle fut la création d’un vrai w.-c., pas dans la cour mais, luxe inouï, à l’intérieur de l’habitation : il ne serait plus nécessaire de sortir à la belle étoile pour faire ses besoins pendant les nuits d’hiver. Paul invita tout le voisinage pour fêter son inauguration. Il se comporta de façon très généreuse : il montra non seulement aux voisins son Wasserklosett immaculé, mais il insista pour que les gens l’essaient. Et afin que tous, adultes et enfants, profitent bien de cette occasion exceptionnelle, il fit préparer par sa mère et ses sœurs de grandes quantités de Zwetschgenknödel — les canederli aux prunes, on sait qu’il n’y a rien de mieux pour stimuler la digestion. Le Wasserklosett fut testé par les voisins plusieurs fois, sans que la canalisation se bouche. Ce fut une fête mémorable, dont on parla encore bien des années plus tard.

    Gerda était si belle que dans ces vallées rustres et en ces périodes frustes, aucun homme, pas même un militaire en garnison, n'osait lui manquer de respect.
    Elle tomba tout de même amoureuse. Une fois. Une seule fois. La fois de trop. Juste de quoi être rejetée par ses propres parents, quelques semaines avant de donner naissance à Eva.
    De sa mère trop tôt célibataire, Eva n'héritera que de deux choses : sa beauté et son histoire tragique. Ça aide pas forcément à grandir, mais ça nous vaut un beau roman sur fond de montagnes et d'Histoire.

    [...] Eva, dis-je, en serrant sa main.
    — Un beau nom, presque comme vous… »
    Traînant ma petite valise derrière moi, je m’éloigne gaiement : rien ne donne plus d’élan aux pas d’une femme qu’un compliment. Ça, ma mère le sait bien.

    Et nous voici sur les traces d'Eva partie vers le sud tout en bas de la botte, retrouver Vito (trouver plus exactement) un père (ou presque ?) qui, sentant sa fin prochaine, vient tout juste de prendre ou reprendre contact avec elle.

    [...] L’histoire d’Eva, avec ses délicats corolaires de mère célibataire, d’oncle terroriste, de grand-père qui vous donne froid dans le dos rien qu’à le regarder dans les yeux.

    De manière plutôt inattendue, on retiendra sans doute de ce roman les superbes pages sur la cuisine du grand hôtel sudalpin où Gerda gravit un à un les échelons depuis les travaux infamants de la plonge jusqu'aux fonctions sacrées de la découpe des viandes. Ces chapitres sont peut-être les plus beaux et certainement les plus évocateurs de ce bouquin.
    Un roman passionnant. Un roman de passions : culturelle, amoureuse, linguistique, culinaire, ...
    Rappelons ce que l'on disait de la Tour d'Arsenic la saga familiale de Anne Birkefeldt Ragde, dont Francesca Melandri pourrait être le pendant méridional :
    “Ça se lit presque comme un thriller à suspense et, avide de découvrir les secrets de chacune de ces femmes, on dévore ce gros bouquin sans pouvoir le lâcher.”
    Et pour revenir à notre fil conducteur Historique, soulignons qu'il n'est pas inutile de se remémorer ces anciens séparatismes culturels et linguistiques à la veille de nouveaux et très actuels séparatismes économiques.
    Que vous dire d'autre encore ?
    Ah oui, on allait oublier : il ne s'agit que d'un premier roman.
    Pour celles et ceux qui aiment autant les blondes walkyries que les brunes méridionales.

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    Couverture du livre « Tous, sauf moi » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Squirelito sur Tous, sauf moi de Francesca Melandri

    Rome, 2012. Attilio Profeti se meurt à quatre-vingt-dix-sept ans. Sa fille Ilaria songe que lui aussi est désormais un « sorti », un demandeur d’asile. Elle repense à cette journée deux ans auparavant, qui a fait basculé l’image de son père, quand elle a trouvé devant sa porte un jeune homme...
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    Rome, 2012. Attilio Profeti se meurt à quatre-vingt-dix-sept ans. Sa fille Ilaria songe que lui aussi est désormais un « sorti », un demandeur d’asile. Elle repense à cette journée deux ans auparavant, qui a fait basculé l’image de son père, quand elle a trouvé devant sa porte un jeune homme Ethiopien qui recherchait son grand-père, il porte d’ailleurs le même nom : Shimeta Ietmgeta Attilaprofetti. Au même moment, un vieil homme très affaibli murmure doucement « Abeba ».

    Depuis l’arrivée de cet homme qui se dit être son neveu, Ilaria va remonter avec l’aide de son demi-frère Attilio (ce rare patronyme étant transmis de père en fils) l’histoire de son père qui semble une énigme même si son côté bigame et séducteur en diable est connu de ses quatre enfants officiels et de ses deux épouses également « officielles ». Mais qui est cet Iemgeta ? Existe-t-il un autre demi-frère ? Est-ce que son père est lié avec la sinistre histoire éthiopienne de Mussolini ? De recherches en recherches, Ilaria va dérouler tout le fil de plus de 70 ans d’histoire entre Italie et Abyssinie, une colonisation sous le signe des feux de l’enfer, une corne sanglante qui laisse encore des traces sur les parois de la botte. Et inversement.

    Qui est Attilio Profeti, ses amis le nommant Attila ? Et pour cause, car son père Ernani voulait l’appeler comme l’un des héros des opéras de Verdi, cadet de la famille, son frère ainé se nomme Othello, la tragédie est en route mais sans lyrisme. Sa mère Viola est une superbe femme qui a pour mari un second choix, elle sera hermétique à l’amour d’Ernani et portera tout son affection sur son deuxième fils. Pourquoi : parce qu’il est beau avec ce sourire épanoui et ses yeux bleus transcendants. Parfait représentant d’Apollon, personne ne résiste à son élégance, à son charme, à son apparente délicatesse. La nature en a fait un physique d’ange mais le démon rode dans sa chair. On pense immédiatement au sanguinaire officier SS Arribert Heim, beau comme un dieu, cruel comme Lucifer. Car Attilio a été volontaire pour la campagne africaine de Mussolini, il débarque en Ethiopie en parfaite chemise noire avec un redoutable machiavélisme.

    Roman fleuve qui, à travers l’histoire fictive d’une famille, plonge dans l’histoire parallèle de l’Italie et de l’Ethiopie, de Mussolini à Berlusconi, du dernier négus Haïlé Selassié Ier jusqu’à Meles Zenawi, sans oublier les terribles années du Derg et de sa terreur. Une histoire rouge à l’image des hautes montagnes d’Ethiopie que Francesca Melandri a creusée sur les parois des barbaries humaines. Une colonisation italienne basée, comme dans toute ingérence, sur l’autoritarisme, l’humiliation, l’accaparement des richesses, le rejet des cultures locales pour imposer celle de l’occupant, le droit de vie et de mort sur les peuples autochtones, les exécutions, le viol des femmes et des fillettes jusqu’à l’utilisation d’armes pour détruire massivement tel le gaz ypérite – ou gaz moutarde- pas toujours létal mais provoquant des lésions irréversibles sur la peau, les yeux (cécité) et les muqueuses. Le tout avec l’éternel sentiment de la supériorité de la race blanche sur la race noire appuyé par de savants travaux qu’on pourrait nommer, avec euphémisme, de « morphologie appliquée » ! Les années 1930 ne sont pas le début de la conquête italienne en Abyssinie et les Italiens avaient une revanche à prendre après leur défaite à Adoua à la fin du XIX° siècle.

    Le thème de la colonisation n’est pas le seul qui apparait, s’ajoutent ceux de l’exil et du parcours du combattant pour celui « qui sort » et « veut rentrer » ailleurs (départ du pays, rançon des passeurs, traversée des mers et montagnes, contrôles, centre de rétention, reconduite aux frontières) et celui de la domination masculine incarnée par cet Attilio qui règne tel un coq dans une basse-cour, le grand-âge venant, il mélange même son attribut masculin avec le lance-flammes utilisé contre les populations éthiopiennes. Pourtant, il lui arrive d’éprouver de réels sentiments et même d’un vif amour pour ses femmes. A sa façon. Quant à la corruption des politiques et autres dirigeants, rien de nouveau sous le soleil, ce qui fut sera et, hélas, ce qui s’est fait se refera…

    Blog Le domaine de Squirelito => https://squirelito.blogspot.com/2020/10/une-noisette-un-livre-tous-sauf-moi.html

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    Couverture du livre « Eva dort » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    STOLL AUDEBEAU BENEDICTE sur Eva dort de Francesca Melandri

    Mille trois cent quatre-vingt-dix-sept kilomètres.
    Eva voyage en train depuis son Tyrol du Sud natal jusqu'en Calabre pour rendre visite à Vito, disparu de sa vie trop tôt et depuis trop longtemps, que la maladie menace d'emporter. Durant ce trajet du nord au sud de l'Italie, de sa région...
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    Mille trois cent quatre-vingt-dix-sept kilomètres.
    Eva voyage en train depuis son Tyrol du Sud natal jusqu'en Calabre pour rendre visite à Vito, disparu de sa vie trop tôt et depuis trop longtemps, que la maladie menace d'emporter. Durant ce trajet du nord au sud de l'Italie, de sa région frontalière et germanophone au Sud profond, c'est toute son enfance et l'histoire de sa mère Gerda qui défilent dans sa tête. Celle-ci est si belle, si libre, une fille-mère parvenue à mener une prestigieuse carrière de chef cuisinière dans un grand hôtel de montagne et qui rencontre Vito, sous-officier des carabiniers en garnison dans ce coin de la péninsule agité par un mouvement indépendantiste.
    Eva se remémore aussi le destin du Haut-Adige, passé en 1919 de l'Empire austro-hongrois défait à l'Italie, que Mussolini essaya d'italianiser de force et qui par la volonté d'un homme, Silvius Magnago, obtint de Rome un statut d'autonomie mettant fin aux actions terroristes et évitant une probable guerre civile. Si sa région a finalement connu la paix et la prospérité, Eva, héritière innocente d'un amour impossible, a dû grandir sans Vito qu'elle veut à présent retrouver avant qu'il ne soit trop tard.
    Inoubliable fresque historique et familiale, Eva dort brosse le portrait d'une mère exceptionnelle et, à travers l'histoire du Tyrol du Sud, celui de toute la nation italienne à l'unité encore fragile. Kilomètre après kilomètre, le récit nous entraîne vers la rencontre du présent et du passé en un double voyage bouleversant.

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    Couverture du livre « Plus haut que la mer » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Zaza sur Plus haut que la mer de Francesca Melandri

    Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais j'ai été attiré par la couverture du livre et le résumé. Très belle écriture où l'on découvre l'histoire des 2 personnages principaux malmenés par la vie de leur proche. Le fils de l'un et le mari de l'autre sont incarcérés sur cette ile et lors...
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    Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais j'ai été attiré par la couverture du livre et le résumé. Très belle écriture où l'on découvre l'histoire des 2 personnages principaux malmenés par la vie de leur proche. Le fils de l'un et le mari de l'autre sont incarcérés sur cette ile et lors d'une visite vont se rencontrer et partager un moment de leur existence. Malgré l'ambiance froide et rude, il se dégage de cette lecture un moment de beauté, d'amour et d'affection.

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