Francesca Melandri

Francesca Melandri
Scénariste pour le cinéma et la télévision, Francesca Melandri est également réalisatrice. Son documentaire Vera (2010) a été présenté dans de nombreux festivals partout dans le monde. Eva dort, son premier roman, a été plébiscité par la critique et les lecteurs, où il a obtenu notamment obtenus... Voir plus
Scénariste pour le cinéma et la télévision, Francesca Melandri est également réalisatrice. Son documentaire Vera (2010) a été présenté dans de nombreux festivals partout dans le monde. Eva dort, son premier roman, a été plébiscité par la critique et les lecteurs, où il a obtenu notamment obtenus le Prix des lectrices du magazine Elle, mais aussi en Allemagne, en France et aux Pays-Bas.

Avis sur cet auteur (17)

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    Couverture du livre « Plus haut que la mer » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Zaza sur Plus haut que la mer de Francesca Melandri

    Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais j'ai été attiré par la couverture du livre et le résumé. Très belle écriture où l'on découvre l'histoire des 2 personnages principaux malmenés par la vie de leur proche. Le fils de l'un et le mari de l'autre sont incarcérés sur cette ile et lors...
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    Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais j'ai été attiré par la couverture du livre et le résumé. Très belle écriture où l'on découvre l'histoire des 2 personnages principaux malmenés par la vie de leur proche. Le fils de l'un et le mari de l'autre sont incarcérés sur cette ile et lors d'une visite vont se rencontrer et partager un moment de leur existence. Malgré l'ambiance froide et rude, il se dégage de cette lecture un moment de beauté, d'amour et d'affection.

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    Couverture du livre « Tous, sauf moi » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Tous, sauf moi de Francesca Melandri

    Connaissons-nous bien nos parents, notre famille, notre pays, leurs passés comportent-ils des zones d’ombre ? Et quand famille et histoire se trouvent mêlées que risque-t-on de découvrir, sont-ils ce que nous croyons qu’ils sont ?

    En ouvrant sa porte ce jour-là à un homme à la peau sombre,...
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    Connaissons-nous bien nos parents, notre famille, notre pays, leurs passés comportent-ils des zones d’ombre ? Et quand famille et histoire se trouvent mêlées que risque-t-on de découvrir, sont-ils ce que nous croyons qu’ils sont ?

    En ouvrant sa porte ce jour-là à un homme à la peau sombre, Illaria, italienne d’une quarantaine d’années, ne pensait pas remettre en question toutes ses certitudes sur son père, Attilio, 95 ans, et finalement sa famille mais aussi sur elle-même. Et pourtant tout semble confirmer que Shimeta Attilio Profeti est bien le petit-fils d’Attilio et donc son neveu.

    En mettant en parallèle le passé d’un homme et celui d’un pays, Francesca Melandri confronte la mémoire individuelle et collective : qu’il s’agisse du fascisme mussolinien, du racisme, de la colonisation de l’Ethiopie et ses exactions, des turpitudes berlusconiennes mais aussi pour son héroïne lorsque l’urgence humaine l’oblige à mettre en sourdine ses convictions, les événements obligeant parfois à des compromissions.

    Elle va découvrir que ce père qu’elle chérit, si doux, si attentif et désormais si fragile, a pu être un homme au passé plus que trouble, qui a joué toute sa vie avec les apparences en menant entre autre pendant plusieurs années une double vie familiale. Peu à peu les indices vont corroborer les dires de cet inconnu, obligeant Illaria à regarder ce père comme un inconnu et à remettre en question tout ce qu’elle pensait savoir.

    C’est une lecture instructive sur un pan d’histoire, peu connu en tout cas par moi, de l’occupation italienne en Ethiopie de 1935 à 1941 et de ses exactions. Francesca Melandri décide de remonter le temps et l’histoire d’une famille sur trois générations pour mettre à jour des pages peu glorieuses de son pays (mais quel pays n’en a pas) et plus particulièrement à travers Attilio quand celui-ci faisait partie de l’armée d’occupation, des chemises noires et de la mouvance fasciste de Mussolini.

    "Celui qui ne veut pas savoir la vérité est complice et il me dégoûte. (…) Le parfum du privilège est comme la sale odeur de la pauvreté : on a beau se laver les mains, il ne partira jamais. (p150)"

    J’ai trouvé habile de confronter chaque génération à ses compromis avec l’idéologie, petits arrangements de chacun avec ses idées, ses idéaux mais parfois obligé de les mettre en sourdine.

    C’est un roman foisonnant, richement documenté, abordant tous les aspects même les plus abjects de la domination, de l’asservissement, de la sélection humaine et qui ne sont pas sans rappeler d’autres pays, d’autres époques, d’autres idéologies.

    L’auteure fait de ce roman un document historique avec l’ambition de révéler tous les mécanismes de la pensée mussolinienne, fasciste et colonisatrice et le but est atteint mais au détriment parfois de la fluidité du récit. Beaucoup de sauts dans l’histoire, de changements d’époque qui nuisent à une bonne compréhension et une fluidité de lecture.

    Autant son précédent roman était court, concis autant dans celui-ci, je me suis parfois perdue dans les faits et les personnages. La remontée du temps se fait par strates, en partant du passé le plus récent pour remonter jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, remontant jusqu’à la génèse des faits et des personnages.

    C’est une lecture exigeante, forte, instructive et même si j’ai eu l’impression par moment que je n’en viendrai pas à bout par sa longueur, par la foule de détails, par toutes les pièces qui devaient à un moment ou à un autre trouver leurs places, je n’ai pu me résoudre à l’abandonner. L’auteure réussit, grâce à sa construction, à nous remettre sur le chemin de l’histoire, sur le destin d’Attila (Attilio) celui qui voulait mourir après les autres, être le dernier survivant d’une époque : Tous, sauf moi (sont morts)…..

    Les thèmes abordés, les enquêtes historique et familiale font de ce roman une fresque de qualité mais qui demande temps et concentration.

    "Les définitions définissent celui qui définit, non pas celui qui est défini (p248)"

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    Couverture du livre « Plus haut que la mer » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Pascal Gillet sur Plus haut que la mer de Francesca Melandri

    Plus haut que la mer , Italie , 2012.
    Un aventure au cœur même de l'Italie en Sardaigne d'ailleurs. La prison dont il est question se trouve très probablement de l'île sarde d'Asinara qui hébergeait une prison de haute sécurité où ont été emprisonnés des terroristes, des mafieux, et criminels...
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    Plus haut que la mer , Italie , 2012.
    Un aventure au cœur même de l'Italie en Sardaigne d'ailleurs. La prison dont il est question se trouve très probablement de l'île sarde d'Asinara qui hébergeait une prison de haute sécurité où ont été emprisonnés des terroristes, des mafieux, et criminels de droit commun dangereux. Paolo, un professeur d'histoire et de philosophie, et Luisa, une paysanne mère de cinq enfants, vont rendre visite dans une prison de haute sécurité l'un à son fils, militant des Brigades rouges condamné pour meurtres politiques, l'autre à son mari, coupable de deux meurtres ordinaires mais perpétrés de manière extrêmement violente.
    Ce livre va être le théâtre de la rencontre de Luisa et Paolo.
    Tout en douceur et subtilité, ce livre ne vous lâche pas, entêtant et humain.

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    Couverture du livre « Plus haut que la mer » de Francesca Melandri aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Plus haut que la mer de Francesca Melandri

    Une prison un peu particulière : La Spéciale. Située sur une île, seule, accessible uniquement en bateau, avec un gardien infaillible : la mer. C’est ici que des criminels redoutables sont enfermés.

    Dans ce court roman, ce ne sont pas ceux qui sont enfermés les personnages principaux mais...
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    Une prison un peu particulière : La Spéciale. Située sur une île, seule, accessible uniquement en bateau, avec un gardien infaillible : la mer. C’est ici que des criminels redoutables sont enfermés.

    Dans ce court roman, ce ne sont pas ceux qui sont enfermés les personnages principaux mais deux proches qui viennent en visite. Pour Paolo, professeur de philosophie, il vient depuis dix ans voir son fils, meurtrier pour une cause révolutionnaire et pour Luisa, paysanne mère de cinq enfants, c’est la première fois qu’elle vient ici voir son mari, violent et meurtrier, mais elle y voit l’occasion pour elle de découvrir la mer.

    "Comme s’il n’y avait donc pas lieu de protester, de se plaindre ou de s’indigner, mais seulement de faire ce qui était nécessaire : donner du foin aux bêtes, vendre le lait, s’occuper de ses cinq enfants, et tout ça sans mari. (p106)"

    Ils n’auraient jamais dû se connaître, se parler, ils n’ont rien en commun sinon un proche emprisonné. Il aura fallu que le mistral se lève pour que le destin s’en trouve bouleverser. Ils vont être contraints de passer la nuit sur l’île, un emprisonnement d’une autre sorte, côtoyer Nitti, maton de la prison mais aussi gardien de leur nuit, lui qui vit ici avec sa femme.

    Ces trois êtres vont vivre une nuit sur cette île balayée par la tempête, un lieu et des circonstances qui vont mettre à nu leurs blessures, les obliger à se faire confiance, à changer parfois l’image qu’ils ont d’eux, une île et une nuit qui vont changer leurs vies.

    "Elle est comme ça cette île, poursuivit Nitti. Elle te laisse dans le silence pendant des jours. Puis, elle t’envoie quelqu’un qui écoute, et alors il faut t’abattre à coups de fusil pour te faire taire. (p156)"

    Avec une écriture épurée, à la fois douce et puissante, concise, l’auteure s’attache à explorer le fond des pensées de ses trois personnages : il y a les visiteurs confrontés à la réalité des faits, face à des proches emprisonnés dont l’un porte la culpabilité des actes commis et pour l’autre de découvrir une forme de bonheur de le savoir enfermé. Francesca Melandri ne s’attache qu’à ces deux visiteurs venus par devoir plus que par désir mais aussi au gardien qui vit et travaille à La Spéciale, ce lieu dont personne ne s’évade mais qui ne peut qu’influer sur votre personnalité, au risque de vous transformer.

    C’est une lecture où chaque mot à sa place, qui est le reflet du ressenti de chacun des personnages, sans fioriture mais d’une précision presque chirurgicale tellement elle est efficace.

    "C’est ainsi que Paolo expliquait les choses. C’était simple, au fond. Quand la chose correspond au mot, on fait de l’Histoire. Mais s’il n’y a que le mot, alors c’est de la folie. Ou bien tromperie, mystification. (p166)"

    Quand l’érudit côtoie la paysanne et que tous deux parlent de la même douleur liée à la violence d’un être, quand une rencontre libère la parole, allège les cœurs, cela donne un récit où l’humanité voisine l’amour et où une nuit peut changer le destin de chacun…..

    J’ai embarqué sur le bateau, ne sachant pas où il me menait, j’ai découvert une écriture s’attachant à l’intimité de deux êtres, malmenés contre leur gré dans leurs vies, qui n’en attendaient plus rien et qui n’imaginaient pas que cette nuit d’isolement allaient les conduire vers un autre avenir…..

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