F'Murrr

F'Murrr
F'Murrr, dessinateur et scénariste, est né en France en 1946. Après des études d'Arts appliqués à Paris, il commence à se faire connaitre avec Contes à rebours en 1971, Le Génie des alpages en 1973, Porfirio et Gabriel en 1974, ......

Avis (2)

  • Couverture du livre « Au loup ! » de F'Murrr aux éditions Dargaud

    Claude Stas sur Au loup ! de F'Murrr

    F’murr, avant « le Génie des Alpages », a publié des gags dans le magazine Pilote, dès 1973. Les planches non retenues ont été regroupées dans un album intitulé « Au loup ! ». A partir du conte de Charles Perrault, « le Petit Chaperon Rouge », F’murr nous propose une suite de variations sur un...
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    F’murr, avant « le Génie des Alpages », a publié des gags dans le magazine Pilote, dès 1973. Les planches non retenues ont été regroupées dans un album intitulé « Au loup ! ». A partir du conte de Charles Perrault, « le Petit Chaperon Rouge », F’murr nous propose une suite de variations sur un même thème. Il passe à la moulinette de son humour extravagant les différents épisodes ainsi que les principaux personnages, obtenant ainsi un grand désordre, particulièrement jubilatoire. Et si le loup n’était pas le seul sur l’affaire ? Si le petit Chaperon rouge était plus perverse que le fauve ? Si la mère-grand était en réalité une sorcière ? Que se passerait-il ? Et si, par un improbable télescopage, les personnages d’autres fictions venaient à intervenir dans notre conte ? Que faire d’Alice (celle qui se prend pour une merveille), du Corbeau et du Renard, de Barbe-bleue, voire d’Hamlet dans un tel contexte ? Intenable, me direz-vous ! Tellement intenable que les personnages en viennent à créer un syndicat pour demander des comptes à leur auteur. Et celui, complètement déboussolé, de demander des conseils à Jean de la Fontaine.
    Vous l’avez compris : F’murr s’est lâché, transformant l’histoire de notre enfance, en une bande dessinée pour adolescents. La gamine fume comme un pompier. Le loup est dépressif. Le corbeau est totalement stupide. Perrault est plus que dépassé par le petit théâtre de nos angoisses, qu’il a imprudemment créé. Et que dire de cet ange qui passe dans le ciel et n’atterrit que pour critiquer la scène à laquelle il assiste ?
    Presque tous les mécanismes de l’humour sont présents. Bien entendu, il y a les jeux de langage dont F’murr est si friand : calembours, contrepèteries, allitérations, litotes. Mais surtout, c’est la relation que F’murr crée avec son lecteur, en lui présentant une vision de plus en plus décalée du monde féérique. Il accentue la violence latente du conte initial, ses contradictions, ses alternatives (en hiver, il faut craindre l’ours blanc et non le loup), sa logique interne, etc. Si bien que ce petit recueil de gags en noir et blanc (dans une version ultérieure, ils seront colorisés), est un écho de l’humour absurde du théâtre d’Eugène Ionesco, des « Exercices de style » de Raymond Queneau, des écrits d’Oulipo (dans le genre Georges Perec) sans oublier les portées métaphysiques d’un Luigi Pirandello. Vous l’avez compris, c’est bien moins innocent qu’il n’y paraît.

  • Couverture du livre « Le génie des alpages T.13 ; cheptel maudit » de F'Murrr aux éditions Dargaud

    Claude Stas sur Le génie des alpages T.13 ; cheptel maudit de F'Murrr

    Les moutons de F’murr sont très différents de ceux de Panurge. D’abord, il y a Romuald, le bélier noir, ami du chien de berger, chien debout et moralisateur. Ensuite, il y a Athanase, le berger au béret basque, autoritaire et entêté. Mais ce sont surtout les brebis les vrais personnages...
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    Les moutons de F’murr sont très différents de ceux de Panurge. D’abord, il y a Romuald, le bélier noir, ami du chien de berger, chien debout et moralisateur. Ensuite, il y a Athanase, le berger au béret basque, autoritaire et entêté. Mais ce sont surtout les brebis les vrais personnages principaux de la série. Puis il y a les rôles secondaires selon les épisodes évoqués.
    Les brebis se révèlent contestataires, médiatrices, narquoises, philosophes, engagées socialement, écologistes, anarchistes. Probablement comme le serait celui qui leur a donné vie. L’humour de F’murr est très particulier. Le rire naît du décalage entre la situation (un troupeau de brebis) et les dialogues. Et sont ainsi évoquées avec légèreté certaines questions métaphysiques … En effet, pourquoi prendre la route de droite (vers le danger) et non celle de gauche (vers la sécurité) ? Le berger prend celle de droite, tout en argumentant son choix avec une brebis ; le troupeau, celle de gauche. Ce gag est presque nietzschéen.
    Mais la mise en page des cases au dessin toujours aussi fluide entre également dans les mécanismes comiques de ce treizième volume. Le découpage renforce bien souvent la force du gag. F’murr transforme les cadres des cases en décor baroque. Il utilise des cases au format kakemono pour évoquer le puits dans lequel est tombée une brebis. Si bien que l’ensemble dégage un humour absurde à la Pierre Dac. De plus « le Génie des Alpages » semble un cousin pas si éloigné de Julius Corentin Acquefacques, le personnage récurrent de Marc-Antoine Mathieu.

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