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Fang Fang

Fang Fang
Écrivaine éminente dans le paysage littéraire chinois, Fang Fang est une figure emblématique du courant néo-réaliste en Chine. Parmi ses œuvres, Stock a publié Soleil du crépuscule (1999), Début fatal (2001). Funérailles molles (L'Asiathèque, 2019), a été salué en Chine avant que nationalistes ne... Voir plus
Écrivaine éminente dans le paysage littéraire chinois, Fang Fang est une figure emblématique du courant néo-réaliste en Chine. Parmi ses œuvres, Stock a publié Soleil du crépuscule (1999), Début fatal (2001). Funérailles molles (L'Asiathèque, 2019), a été salué en Chine avant que nationalistes ne parviennent à le faire interdire.

Avis sur cet auteur (5)

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    Couverture du livre « Wuhan, ville close ; journal » de Fang Fang aux éditions Stock

    Le Chameau Bleu sur Wuhan, ville close ; journal de Fang Fang

    Le journal tenu sur Weibo par l’écrivain Fang Fang est intéressant sur ce qu’il dit de la Chine actuelle et le vécu à chaud de l’épidémie.
    Il gardera sans doute juste cette valeur de témoignage au même titre que d’autres récits qui ont eu moins d’audience que le sien. Je l’ai trouvé long et...
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    Le journal tenu sur Weibo par l’écrivain Fang Fang est intéressant sur ce qu’il dit de la Chine actuelle et le vécu à chaud de l’épidémie.
    Il gardera sans doute juste cette valeur de témoignage au même titre que d’autres récits qui ont eu moins d’audience que le sien. Je l’ai trouvé long et ennuyeux.
    Mais ce qui m’a le plus dérangé c’est le ton de l’auteur. Il m’a rappelé celui de certains discours et vindictes de bon ton contre le gouvernement tout en entretenant une forme d’ambivalence à son égard. On est quand même en Chine, la parole n’est pas libre.
    Certains propos m’ont choqué, notamment lorsqu’elle compare cette période à celle de la Révolution Culturelle qu’elle a vécu enfant et étudiante. Elle ne semble pas avoir été épargnée par le lavage de cerveaux de l’époque. Elle se livre ainsi aux mêmes campagnes contre les « droitiers » de cette époque. Ses textes condamnent le comportement de certains, les attaques qu’elle subit sur internet, elle semble chercher les coupables via les réseaux. Pour nous lecteur, nous avons un condensé de ce qui se lit sur la toile, en somme un travail d’agrégation d’informations parsemé de bons sentiments (et je ne sais plus qui a écrit que c’était le terreau de la mauvaise littérature) mais sans la rigueur d’un journaliste ni la vivacité de la plume d’un écrivain.
    Je comprends que l’éditeur ait cédé aux sirènes des rendements promis par la vente d’un récit vécu de l’intérieur mais qui me semble moins pertinent et important que le travail sur la durée de journalistes ou alors le récit porté par un auteur lucide qui ne se contente pas de réagir aux informations glanées deci-delà.

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    Couverture du livre « Wuhan, ville close ; journal » de Fang Fang aux éditions Stock

    Domi Mots sur Wuhan, ville close ; journal de Fang Fang

    Bref résumé :
    Le journal quotidien de Fang Fang, écrivaine chinoise confinée à Wuhan, durant la pandémie et publié chaque soir en ligne.
    Elle décrit les conditions de vie des habitants et l’environnement sanitaire et administratif.

    Ce que j’en pense :
    Les critiques sont nombreuses,...
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    Bref résumé :
    Le journal quotidien de Fang Fang, écrivaine chinoise confinée à Wuhan, durant la pandémie et publié chaque soir en ligne.
    Elle décrit les conditions de vie des habitants et l’environnement sanitaire et administratif.

    Ce que j’en pense :
    Les critiques sont nombreuses, répétées et essentiellement dirigées vers l’administration, jamais vers les dirigeants politiques :
    « Si la même situation était apparue dans d’autres provinces, les cadres locaux n’auraient pas fait mieux. Une administration qui ne permet pas la promotion des meilleurs éléments engendre des conséquences désastreuses ; des discours politiquement corrects mais creux, au détriment de la recherche de la vérité à partir des faits, engendrent des conséquences désastreuses ; empêcher les gens de dire la vérité et les médias de rapporter la réalité engendre des conséquences désastreuses. »

    Dans la vie courante, on apprend que la province de Wuhan est touchée par la pénurie de masques et que les hôpitaux n’ont pas été en capacité d’accueillir les malades et que beaucoup sont morts dans la rue :
    « Le fait que dans la province du Hubei, les statistiques soient inexactes et le nombre de décès si élevé est clairement dû à l’insuffisance des ressources dans les hôpitaux. Ainsi, certaines personnes n’ont pas été diagnostiquées après leur mort, et d’autres sont mortes juste avant d’être hospitalisées. »

    « Quand le nombre de soignants contaminés s’est mis à augmenter, tout le monde dans le milieu médical a compris que le virus était en réalité transmissible d’homme à homme. Mais personne ne l’a dit haut et fort car cela n’était pas autorisé. »

    Le ton est modéré face au gouvernement chinois : « Je me conforme sans réserve à chacune des décisions prises par les autorités. Plus encore, je m’efforce de les aider en expliquant leurs mesures aux gens qui ne les comprennent pas, et en rassurant ceux qui se font du souci. »
    Cela n’a pas empêché l’auteure d’être agressée régulièrement par des internautes : « Tu seras la honte de notre histoire. » et de subir la censure.
    « Bien que mes articles soient effacés les uns après les autres, au fur et à mesure que je les publie, je n’ai pas l’intention de renoncer à écrire. »
    Elle écrit simplement ce qu’elle observe, ce qu’elle ressent. Très soucieuse d’être comprise par son auditoire, à tel point qu’il lui arrive de répéter la même chose sous différentes formes.

    Extrait du Courrier International :
    « Quelques jours avant la sortie de son livre en France, Fang Fang a répondu à nos questions depuis son domicile, confiant notamment que « certains articles postés après minuit étaient bloqués dès le lendemain matin : les lecteurs s’empressaient donc de les lire durant la nuit, car ils craignaient de ne pas pouvoir les retrouver le lendemain.”
    Scrutés par les censeurs, les voix et témoignages du déroulement de la vie sous confinement dans cette ville de 9 millions d’habitants étaient en effet systématiquement effacés des réseaux sociaux. (…) Elle nous a expliqué « croire au pouvoir des mots : cette force est illustrée par cette expérience qu’est l’écriture de ce journal intime. Des dizaines de millions de personnes ont attendu pour lire sans dormir ! J’étais vraiment surprise. Pour la première fois, j’ai pleinement compris la puissance des mots. »

    Un excellent documentaire qui dévoile les coulisses du premier confinement 2020 de la planète et montre l’universalisme d’une crise sanitaire. Avec les mêmes sentiments et réactions de la part de la population : la peur, l’incompréhension, l’angoisse, les frustrations, la colère, et les mêmes défaillances des gouvernants, à des degrés différents, face à un évènement tragique et imprévisible.

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    Couverture du livre « Wuhan, ville close ; journal » de Fang Fang aux éditions Stock

    Anita Millot sur Wuhan, ville close ; journal de Fang Fang

    23 janvier 2020, deux jours avant le Nouvel An Lunaire, Wuhan est confinée. La veille, Fang Fang (l’auteure) est allée chercher sa fille (qui revenait du Japon) à l’aéroport. Fang Fang vit dans un immeuble de la résidence de l’Association des écrivains du Hubei, pas trop loin de chez sa fille....
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    23 janvier 2020, deux jours avant le Nouvel An Lunaire, Wuhan est confinée. La veille, Fang Fang (l’auteure) est allée chercher sa fille (qui revenait du Japon) à l’aéroport. Fang Fang vit dans un immeuble de la résidence de l’Association des écrivains du Hubei, pas trop loin de chez sa fille. Pratiquement toute sa famille vit à Wuhan, sauf sa soeur, sa nièce et son petit neveu qui eux habitent Singapour. Depuis le 31 décembre, les autorités chinoises parlent vaguement d’une pneumonie inquiétante, tout en minimisant la situation.

    Wuhan compte quatorze millions d’habitants, cinq millions d’entre eux ont quitté la ville entre le 20 et le 22 janvier. Dès le 27 janvier, Wuhan a également rencontré une pénurie de masques (le plus couramment utilisé en Chine est le N95) Neuf millions de wuhanais vont vivre un véritable cauchemar … La quarantaine va durer soixante-seize jours, pendant lesquels l’auteure va tenir un journal sur les réseaux sociaux. Le 8 avril, Wuhan est déconfinée, la situation ayant été stabilisée au bout d’une soixantaine de jours. Ce journal quotidien posté sur Weibo deviendra rapidement un livre-témoignage précieux.

    La quarantaine à Wuhan a été bien plus dure que la nôtre : la nourriture était particulièrement restreinte et nous faisions figure d’enfants gâtés comparativement à leur quotidien … (Fang Fang précise avoir mangé de la bouillie de millet au bout de six jours, avant de pouvoir récupérer des aliments dignes de ce nom … )

    Les wuhanais ont mal vécu la situation et nombre d’entre eux ne s’en sont pas laissés compter. Le peuple chinois était en colère contre le parti du pays qui n’a pas pris les mesures adéquates (et leur a laissé croire que le virus n’était pas transmissible à l’homme jusqu’au 20 janvier !) Toutefois, ils sont restés loyaux et ont soutenu les autorités, même s’ils ont la ferme intention de demander des comptes ultérieurement. Les wuhanais ont joué le jeu de la prudence et ont choisi de respecter scrupuleusement les règles sanitaires.

    Fang Fang ne se veut ni moraliste, ni arrogante. Elle ne prétend pas savoir ce qui a été la cause initiale de la circulation du virus, ni ce qu’il était très exactement pertinent de faire ou ne pas faire … Elle se contente de relater les évènements de façon factuelle. Si elle confirme une très grande mortalité chez le personnel soignant, qui a été le premier à « essuyer les plâtres » (principalement à l’hôpital Central de Wuhan …) elle ignore en revanche le nombre exact de victimes, puisque seuls les décès survenus dans les hôpitaux ont été officiellement retenus …

    Récit sur le mode journalistique assez intéressant, même si je suis un peu déçue de ne pas en avoir appris plus que ce que nous savions déjà depuis mars-avril … En tout cas, Fang Fang me conforte dans ma vision des choses : à savoir que le plus important – avant l’éradication tant espérée de la covid – est de se conduire individuellement en citoyen responsable afin de ne pas aggraver une situation déjà bien pénible !

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    Couverture du livre « Funérailles molles » de Fang Fang aux éditions Asiatheque

    Yv Pol sur Funérailles molles de Fang Fang

    Assez gros roman de presque 500 pages qui pourtant se lit vite, tant il est écrit simplement, comme quelqu'un qui nous raconterait une histoire. Si l'on met de côté quelques répétitions superflues, des circonvolutions pour décrire des situations, des faits, qui me gênent moi qui aime bien la...
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    Assez gros roman de presque 500 pages qui pourtant se lit vite, tant il est écrit simplement, comme quelqu'un qui nous raconterait une histoire. Si l'on met de côté quelques répétitions superflues, des circonvolutions pour décrire des situations, des faits, qui me gênent moi qui aime bien la ligne directe -mais qui semblent être la marque de la littérature et de la culture chinoises-, de nombreux patronymes qui se ressemblent -qui parfois ne diffèrent que d'une lettre ou d'un signe- et de multiples personnages qui me perturbent m'obligeant à faire de gros efforts pour savoir de qui on parle, eh bien disais-je si l'on met cela de côté, on a en mains un roman particulièrement intéressant et attachant.

    Il commence avec la vie de cette femme qui a oublié son enfance et qui, petit à petit renonce à la retrouver : "Oublier n'est pas forcément une trahison, c'est souvent ce qui permet de vivre, lui avait le docteur Wu." (p.12) Quelques phrases font mouche et touchent tels des aphorismes. Puis, l'auteure oublie un peu Ding Zitao pour s'intéresser à son fils et l'on peut imaginer que leurs deux histoires se rejoindront sur les thèmes principaux du livre : l'oubli et le devoir de mémoire.

    Le roman aborde aussi la Réforme agraire des années 50 pendant laquelle, les propriétaires terriens furent parfois obligés de se donner la mort pour éviter les séances de luttes autrement dit des séances publiques d'accusation se finissant souvent mal pour eux. Un pan connu mais pas dans les détails de l'histoire de la Chine dont parle Fang Fang, considérée comme l'une des grandes écrivaines de Chine même si ce roman, pourtant primé, a choqué les ultraconservateurs du pays. Il est vrai qu'il montre bien les exactions commises au nom de la doctrine communiste qui n'a pas toujours profité aux plus pauvres.

    Exotique, historique, instructif, et en guise de conclusion, le court dialogue extrait du livre et qui, en quatrième de couverture -ne lisez que cela, pas la suite qui divulgue trop de l'intrigue- explique le titre étrange de ce roman :

    "Je veux être enterrée dans un cercueil, dit la grand-mère.

    - On n'a pas de cercueils prêts, que va-t-on faire ? demanda la troisième tante.

    - Des funérailles molles, répliqua tout bas le beau-père de Daiyun, la mine soudain très sombre.

    - Je ne veux pas de funérailles molles, s'écria la belle-mère de Daiyun en pleurant encore plus fort, si on est inhumé ainsi, on ne peut pas se réincarner."