• Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Sophie Gauthier sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    J'hésitais à le lire ce livre qu'Erwan Larher ne voulait pas écrire. Par crainte de flatter une forme de curiosité malsaine ? Ou d'éprouver des émotions illégitimes, par procuration en quelque sorte ?

    Alors j'ai attendu. J'ai attendu le moment où mes scrupules ont laissé toute la place au...
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    J'hésitais à le lire ce livre qu'Erwan Larher ne voulait pas écrire. Par crainte de flatter une forme de curiosité malsaine ? Ou d'éprouver des émotions illégitimes, par procuration en quelque sorte ?

    Alors j'ai attendu. J'ai attendu le moment où mes scrupules ont laissé toute la place au seul désir de retrouver cette écriture qui véritablement me fascine. Cette sculpture qu'Erwan Larher taille dans la matière de tous les réels pour leur donner forme et les rendre nôtres.

    Alors je l'ai lu ce livre qu'il ne voulait pas écrire. Et tous les deux nous avons bien fait. Lui de l'écrire, moi de le lire. Parce qu'il est rare et précieux qu'un agencement de mots, de phrases, de narrateurs-trices parvienne à englober tout ce que l'humanité contient d'humain magnifique et barbare, sublime et sordide, chatoyant et ténébreux, généreux et égoïste. Tous ces paradoxes, ces contradictions dont l'être humain est pétri apparaissent en filigrane d'une écriture qui pulse au rythme du coeur.

    La méticulosité avec laquelle l'auteur met au jour les moindres recoins de ses sensations et de ses pensées le dépouille de tous les codes sociaux et c'est comme si émergeait peu à peu l'homme à vif, un homme à la manière des écorchés sur les planches d'anatomie. Un homme debout. Et c'est une vision déchirante de fragilité et de force. Une vision complétée, renforcée par les mots de ceux qui sont à l'extérieur, ceux qui aiment et qui ont peur. Être capable d'avoir peur pour l'autre (et non à la place de l'autre), pour celui qui n'est pas nous, c'est montrer le côté lumineux des êtres, précieuse petite victoire contre la haine.

    C'est ainsi que j'ai lu le livre qu'Erwan Larher a eu raison d'écrire. Comme un concentré d'humanisme pur. Comme une conjugaison du verbe aimer dressée en barricade face à toutes les barbaries.

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Mes écrits d'un jour sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Le Livre que je ne voulais pas écrire porte bien son nom. En effet, Erwan Larher ne voulait pas en parler. De sa présence au Bataclan ce 13 novembre 2015, de la balle de Kalachnikov qu’il s’est pris en pleine fesse, de son hospitalisation et de l’après. Dans un premier temps, il refuse toute...
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    Le Livre que je ne voulais pas écrire porte bien son nom. En effet, Erwan Larher ne voulait pas en parler. De sa présence au Bataclan ce 13 novembre 2015, de la balle de Kalachnikov qu’il s’est pris en pleine fesse, de son hospitalisation et de l’après. Dans un premier temps, il refuse toute interview, ne voulant pas témoigner de l’horreur qu’il a vécue dans cette salle de concert. Et puis, poussé par son entourage il se décide à écrire non pas un roman ou un témoignage, il veut en faire un objet littéraire. Pour cela, il convie quatorze de ses proches à écrire ‘leur 13 novembre’. Parmi eux, Jérôme Attal, Sigolène Vinson (survivante de Charlie Hebdo), Alice Zeniter et Loulou Robert. « Point positif, te dis-tu quand tu désespères, écrire autour du Bataclan t’oblige à sortir de tes ornières littéraires. Pour t’extraire de toi, désorienter tes questions, leurrer tes doutes, tu as demandé à d’autres de te donner un texte. Quelques très proches et moins proches. Regards extérieurs. Points de vue autres que le tien. Beaucoup ont accepté. »

    Il m’est difficile de mettre des mots sur ma lecture. Enceinte de mon premier enfant au moment des attentats, j’ai vidé toutes les larmes de mon corps durant cette nuit d’épouvante, m’interrogeant sur l’avenir que je donnais à ma fille. Cette insécurité dans des lieux où la joie de vivre et la fête régnaient me semblait irréelle et insupportable à voir. Mais voilà, j’ai acheté le livre d’Erwan à sa sortie en août 2017, j’en avais besoin, pourquoi je ne saurais l’expliquer. Il est resté sur mon étagère jusqu’à maintenant. Un déclic, celui que j’attendais !
    Le Livre que je ne voulais pas écrire est bouleversant de sincérité, sans jamais être inconvenant, blessant, vicieux. C’est l’histoire d’un homme qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ! Erwan Larher parvient à écrire sur un sujet grave sans juger ni condamner abusivement, sans inciter à la colère et la haine. Au contraire il pointe son récit d’humour, nous faisant sourire. Il ne se considère pas comme un héros, pour lui ce sont les secouristes, les soignants, il leur rend ainsi un bel hommage. « Il faut plus de personnel soignant, les payer plus, se soucier de leur bien-être professionnel. Taxez la spéculation, capez les hauts salaires, démerdez-vous –démerdons-nous- mais n’abandonnez pas la santé publique. »
    Erwan Larher, merci pour votre texte, si émouvant, si juste, si humble qui me tourne encore vers un avenir meilleur, j’y crois !
    « La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. »

    www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/06/09/36472631.html

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Jean-Paul Degache sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Il a fallu du temps et beaucoup d’insistance de la part de ses proches et de ses plus fidèles amis pour qu’Erwan Larher, romancier ayant publié déjà cinq ouvrages, se décide à écrire sur ce qu’il a vécu au Bataclan, ce 13 novembre 2015. Le titre choisi est sans équivoque : Le livre que je ne...
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    Il a fallu du temps et beaucoup d’insistance de la part de ses proches et de ses plus fidèles amis pour qu’Erwan Larher, romancier ayant publié déjà cinq ouvrages, se décide à écrire sur ce qu’il a vécu au Bataclan, ce 13 novembre 2015. Le titre choisi est sans équivoque : Le livre que je ne voulais pas écrire.

    C’est bien qu’il l’ait fait et je trouve qu’il apporte beaucoup après le texte publié par Antoine Leiris, Vous n’aurez pas ma haine, journaliste dont l’épouse avait été assassinée ce soir-là.
    Les hésitations d’Erwan Larher sont palpables dès les premières pages. Il parle d’abord de son amour pour le rock puis donne la parole à un ami, ou un proche pour « Vu du dehors », interventions qui jalonnent le récit, avant de parler du groupe qui jouait ce soir-là : Eagles of Death Metal (EODM).
    C’est une amie, Poopy, qui lui avait fait découvrir le groupe lors de Rock en Seine 2009. Lorsqu’il apprend qu’EODM repasse par Paris, il achète sa place sans hésiter. Il invite même trois amis à se joindre à lui mais ils ne sont pas libres ce soir-là.
    Il laisse volontairement passer la première partie pour venir s’installer, dans la salle, à droite de la console entourée de barrières métalliques : « À partir de là, commence une histoire que je ne voulais pas raconter. »
    Erwan Larher le reconnaît : «Pas une victime comme les autres dans un monde qui s’y entend pourtant à les engendrer… » S’il se décide enfin, ce n’est ni un récit, ni un témoignage car « Réalisme et véracité ne sont que cousins éloignés ». Il a enfin laissé parler ses sentiments, son ressenti, ajoutant : « Vous n’en saurez jamais rien des HURLEMENTS, quelle que soit la plume. »
    Il réussit même à se mettre dans la tête d’un des terroristes qui va « tuer au nom d’un dieu qui jusqu’ici n’a pas fait grand-chose » pour lui. Avec beaucoup de sensibilité, de réalisme, il parle de leur vie sans jamais excuser leurs crimes.
    Cette balle qui traverse son corps, épargne sa vie mais va causer des mois de souffrance : « Blessé, pas paralysé. Tu éprouves du soulagement. Du soulagement, c’est absurde. » Recroquevillé contre une barrière, il pense à Sigolène, dans les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 et qui a écrit « Le Caillou ». Il se répète sans cesse : « Je suis Sigolène, je suis un caillou. »
    Lorsqu’un des assassins crie : « Vous direz à François Hollande que c’est pour venger nos frères tombés en Syrie. », il ajoute : « Je n’ai jamais rien entendu de plus tragique. » Le silence se fait enfin. Il est dans un état second : « Pas grave, on est sauvés. En fait, c’est le début de ton calvaire. »
    On le sort sans ménagement après une longue attente : « Tu lâches prise, couché à même le sol, ciel d’encre au-dessus, grelottant, vidé de tes forces, exsangue, gelé, incapable de parler. Résigné. »
    Erwan Larher n’oublie pas l’humanité de ce jeune pompier qui vient le réconforter, les autres victimes, ceux qui souffrent plus encore et salue le dévouement du personnel hospitalier.
    Jusqu’au bout, ce livre est prenant, émouvant, instructif aussi, très utile par les temps que nous vivons : « La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. »

    Un grand MERCI à Dominique qui, à Manosque, nous a parlé, pour la première fois, de ce livre si important.

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    jujuramp sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Erwan Larher est écrivain.

    Erwan Larher était au Bataclan en ce 13 novembre 2015.

    Deux faits n'ayant rien à voir l'un avec l'autre.

    Et pourtant, c'est parce qu'il est écrivain qu'il devra écrire ce livre.

    Un ouvrage bouleversant. Evidemment pour les faits qu'il raconte mais surtout...
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    Erwan Larher est écrivain.

    Erwan Larher était au Bataclan en ce 13 novembre 2015.

    Deux faits n'ayant rien à voir l'un avec l'autre.

    Et pourtant, c'est parce qu'il est écrivain qu'il devra écrire ce livre.

    Un ouvrage bouleversant. Evidemment pour les faits qu'il raconte mais surtout dans la manière dont il raconte. Sans pathos. Sans clichés. Sans tous ces hors propos nauséabonds qu'on a souvent dû subir dans les journaux, les médias, les profils Facebook, juste après les attentats de Paris. C'est un témoignage, personnel et universel. C'est un baume. Qui n'explique pas l'inacceptable. Qui ne donne pas dans la récupération. Dans le message militant ou dans le sensationnel. Mais c'est l'histoire d'un type plutôt sympa au mauvais endroit au mauvais moment. Et des conséquences que ça aura. Pour lui. Pour ceux qui l'aiment. Pour les gens en général.

    C'est un hommage aux soignants, dans les hôpitaux qui ont, qui font tant.

    C'est un livre qui restera.

    Le livre que personne ne devrait avoir à lire mais que tout le monde se doit de lire.

    Pour se souvenir qu'un soir, tout peut basculer …

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Fabienne DEFOSSE sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Voici deux ans que l'indicible s'est produit. Comment l'oublier ? Cet évènement nous a tous bouleversés. Il y ceux qui l'ont vécu de l'intérieur et les autres. Il y a ceux qui en ont écrit des livres et celui qui ne voulait surtout pas en écrire un. Pourtant lui est écrivain. Ecrivain et amateur...
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    Voici deux ans que l'indicible s'est produit. Comment l'oublier ? Cet évènement nous a tous bouleversés. Il y ceux qui l'ont vécu de l'intérieur et les autres. Il y a ceux qui en ont écrit des livres et celui qui ne voulait surtout pas en écrire un. Pourtant lui est écrivain. Ecrivain et amateur de Rock. Le 13 novembre 2015, il était au Bataclan. Il, c'est Erwan Larher. Le livre que je ne voulais pas écrire est le livre qu'il a fini par écrire après une discussion dans le TGV avec ses amis Alice Zeniter et Manuel Candré. Ce livre réunit histoire intime et drame collectif, ce n'est ni un roman, ni un témoignage, c'est juste un livre que l'on n'aurait jamais dû avoir à lire, mais puisqu'il existe maintenant, il doit être lu de tous.

    Le livre que je ne voulais pas écrire s'ouvre sur l'histoire d'un môme qui découvre la musique, celle qui sera un exécutoire pour l'enfant sage et obéissant qu'il est. Cette musique, c'est le Rock. C'est son amour pour cette musique qui le mènera à la violence. Non pas parce qu'elle l'aura rendu violent, mais parce qu'un soir, des années plus tard, ce môme qui a grandi se trouvera au mauvais endroit, au mauvais moment. Cette violence arrivera un 13 novembre 2015 à 21h40, ou 42, ou 47, difficile de se mettre d'accord. Ce môme est devenu romancier. Il invente des histoires, des intrigues, des personnages, et, il l'espère, une langue pour dire et questionner le monde, l'humain. Ce qui lui est arrivé est une tuile pour le romancier qui partage sa vie. De cette mésaventure, il ne voulait pas écrire de livre. Il ne voulait pas l'écrire parce que selon lui, ce soir-là, il n'a rien fait qui mérite d'être su, connu, médité, relayé ou commenté par ses semblables. Et puis, au cours d'une conversation le mot magique a été prononcé. Ce mot c'est "Partager".

    Pour mettre une certaine distance avec la terreur et le chaos intérieur qu'il a connus ce soir là, Erwan Larher a décidé de s'extraire de lui-même, d'utiliser l'autodérision et l'humour pour raconter l'irracontable. Cette approche fait de ce livre un OLNI, un objet littéraire comme le nomme son auteur. Le livre que je ne voulais pas écrire nous fait sortir des sentiers battus de la littérature. Oubliez les codes. Ce livre est polyphonique, alternant le "je", le "tu" et le "il", mêlant la voix de l'écrivain qui a vécu les évènements de l'intérieur à celle des amis, vu du dehors. Erwan Larher va même jusqu'à s'immiscer dans les pensées des assaillants. Les mots sont toujours justes, parfaitement choisis. L'auteur parvient à partager la peur, la souffrance, le chaos, les HURLEMENTS, sans jamais verser dans le pathos. Une vraie performance.

    Puis une fois secouru, vient le temps des soins, celui de la reconstruction et de la reconquête de son intimité. De l'intérieur à ce qu'il y a de plus intime, il n'y avait qu'une balle. Une balle reçue à bout portant dans les fesses. Cette balle a anéanti la virilité d'Erwan Larher. Avec beaucoup de pudeur et d'humour il partage son angoisse dans ce qu'il a de plus intime. Il en est terriblement touchant parce que face à la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, ceux qui ont perdu l'usage de leurs membres, la perte du sien, n'est rien et tellement à la fois. Ses réflexions, sa mise à nu sont subtilement dosées.

    L'écriture d'Erwan Larher et son approche font de cet objet littéraire un livre intelligent, fin. Tout n'est que respect pour les victimes, pour tous ceux qui sont intervenus sur les lieux, pour le personnel hospitalier à qui Erwan Larher rend un hommage vibrant. L'auteur échappe au piège du sensationnalisme et du pathos grâce à la sincérité, la sobriété et la subtilité de ses propos. Le livre que je ne voulais pas écrire prend le contrepied de ce qu'il aurait pu être. Il parle moins de mort et de haine que de vie et d’amour, moins de barbarie que d’humanité, il prive les terroristes de leur victoire.

    Le livre que je ne voulais pas écrire est l'un des cinq finalistes du Prix Hors Concours, dont j'ai intégré l'Académie des lecteurs. Je ne surprendrais personne en révélant avoir voté pour cet objet littéraire parfaitement identifié. Il est pour moi une bien belle révélation de cette dernière rentrée littéraire. J'espère qu'il sera primé lundi prochain...

    https://the-fab-blog.blogspot.fr/2017/11/mon-avis-sur-le-livre-que-je-ne-voulais.html

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Anita Millot sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    3 novembre 2015 au Bataclan … Erwan s’y trouvait, il a reçu deux balles mais voilà, ce n’était pas son heure et il est toujours là pour nous raconter cette terrrible soirée. Sans pathos, parfois même avec un brin d’humour et toujours avec une immense sincérité …

    Un livre très intime, une...
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    3 novembre 2015 au Bataclan … Erwan s’y trouvait, il a reçu deux balles mais voilà, ce n’était pas son heure et il est toujours là pour nous raconter cette terrrible soirée. Sans pathos, parfois même avec un brin d’humour et toujours avec une immense sincérité …

    Un livre très intime, une mise à nu totale et pourtant pleine de pudeur. Une écriture sobre et néanmoins percutante qui nous donne l’impression d’avoir été à ses côtés durant tout ce récit …

    Et surtout, beaucoup, beaucoup d’amour ! Je ne suis pas certaine d’être sortie indemne de cette lecture : presque du mal à imaginer que je n’y étais pas !

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    kryan soler sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Très fort tant par l'écriture que par le sujet ....

    Très fort tant par l'écriture que par le sujet ....

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Mireille B sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Livre vivement conseillé par des amis et la chance de rencontrer Erwan Larher au salon « Livres en Vigne ». Je n’avais pas lu ses précédents romans et j’étais assez curieuse de savoir comment le romancier avait pu écrire un livre qu’il ne voulait pas écrire...
    Sans détailler notre conversation,...
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    Livre vivement conseillé par des amis et la chance de rencontrer Erwan Larher au salon « Livres en Vigne ». Je n’avais pas lu ses précédents romans et j’étais assez curieuse de savoir comment le romancier avait pu écrire un livre qu’il ne voulait pas écrire...
    Sans détailler notre conversation, vous dire que j’ai rencontré un homme sensible, chaleureux, enthousiaste … je ne peux l’éviter tant j’ai été marquée par cette belle rencontre.
    Aussi penserez-vous que, aveuglée par la séduction, ce commentaire est frappé de subjectivité; je vous assure qu’il n’en est rien, c’est un « objet littéraire » comme le souhaitait son auteur, « objet littéraire » que je qualifierai de « rare ».
    Erwan Lahrer ne s’exprime pas en victime, il parle de celui qui a vécu une soirée d’enfer, pas celle où il aurait pu s’éclater mais l’enfer sous les tirs des kalachnikovs, des » HURLEMENTS », de la douleur, du doute, de la peur…
    Les auteurs de cet acte immonde, il les imagine à travers leur parcours et ses méandres pour se glisser dans leur peau ; il ne les connaît pas mais il les nomme.
    Bref, inutile d’ajouter des détails au scenario, la plume d’Erwan Larher a transformé un récit qui aurait pu être des plus trashs en une polyphonie magistrale et pudique, qui m’a bouleversée. Pour dépasser le « récit » ou le « roman », il a composé avec les voix extérieures de ses proches qui ponctuent le livre de messages forts et qui font de cette histoire « une aventure collective ».
    « La littérature n'arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari".
    Ce livre est un vecteur d’humanité ; au-delà des émotions qu’il procure, des valeurs qu’il réveille, c’est pour moi la découverte d’un écrivain talentueux dont je vais explorer « à reculons » ses autres romans.

    Je m’aperçois qu’il m’a fallu pas mal de temps pour écrire ce pauvre avis sans grand intérêt, parce que ce livre est particulier et marquant, il m’est difficile d’en parler. Finalement, oubliez tout, LISEZ-LE !

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    Virginie Vertigo sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/09/26/35710316.html

    Août 2017, le livre est entre mes mains, enfin. Une fois commencé, je n’ai pas pu le lâcher. La lecture a pourtant été âpre, en apnée et je suis ressortie complètement groggy. C’est un récit sensible, touchant, qui donne mal...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/09/26/35710316.html

    Août 2017, le livre est entre mes mains, enfin. Une fois commencé, je n’ai pas pu le lâcher. La lecture a pourtant été âpre, en apnée et je suis ressortie complètement groggy. C’est un récit sensible, touchant, qui donne mal au bide quand il décrit l’attaque, qui surprend aussi quand il tente de se mettre à la place des terroristes. La narration volontairement au « tu » permet une mise à distance entre lui et le récit. Peut-être parce que c’est plus facile à écrire qu’avec le « je ». Peut-être parce que ce récit pourrait aussi être fait par une autre victime, un autre rescapé du Bataclan. Peut-être aussi pour m’inclure en tant que lectrice, en tant que citoyenne ayant vécu à ma façon le Bataclan. Car, si Erwan Larher a voulu « écrire autour » du Bataclan, s’il a voulu en faire un « objet littéraire », c’est aussi parce qu’il a pris conscience qu’au-delà de son drame personnel – que nul ne peut se représenter – il y a toute une dimension collective de cette nuit-là. Je me souviens très bien de cette soirée, hypnotisée par BFM TV. Je me souviens d’avoir envoyé des SMS à mes proches pour m’assurer qu’ils allaient bien. Je me souviens aussi d’avoir été prise de tremblements terribles. Mes dents claquaient et je me suis blottie dans une couverture polaire alors que c’était une belle soirée douce où on pouvait presque sortir sans veste. J’ai ressenti de la peur, pourtant à l’abri chez moi, et cette peur me donnait froid.

    Pour autant, le « je » absent en tant que pronom ne l’est pas en tant qu’individu. Erwan n’occulte rien de son vécu lors de cette tragédie : les HURLEMENTS, l’odeur du sang et de la poudre, cette personne qui lui tenait le mollet pendant qu’il « faisait le mort ». Après être sorti de la salle, à l’hôpital, nous découvrons toutes ses peurs, ses attentes, sa culpabilité de n’avoir pas su penser à ses proches pendant l’attaque, ses larmes, ses douleurs.

    Si je devais résumer ce récit par un premier mot, ce serait le mot VIE. La vie plus forte que tout, celle à laquelle il se raccroche en se déconnectant pendant l’attaque : « Je suis Sigolène, je suis un caillou ». La vie sauvée grâce à ceux qui consacrent justement leurs vies à sauver des vies : les secouristes, le personnel médical et paramédical. La vie qui fait qu’Erwan finit par avoir plus peur de ne plus bander que de faire des cauchemars. Sa peur de ne pas pouvoir rebander est évoquée plusieurs fois et cela m’a fait sourire parce que c’est une preuve qu’il est tourné à ce moment-là vers son avenir et plus sur ce qu’il a vécu. Et puis... si la vie avait volontairement mis cette épreuve sur son chemin pour en donner un nouveau sens ? Diabolique Lachésis qui a joué la vie d'Erwan sur un fil mais lui a permis de rebondir avec un optimisme ravageur !

    Si je devais aussi résumer ce récit par un second mot, ce serait le mot AMOUR. Ce mot clôture d’ailleurs le livre grâce au récit de Loulou Robert, « l’amoureuse ». L’amour transpire par tous les pores de l’ouvrage à travers le récit d’Erwan mais aussi celui de ses proches dans ces témoignages « Vu du dehors ». Que ce soit des membres de sa famille ou ses amis, chacun raconte son vécu de cette nuit du 13 novembre et l’attente de ses nouvelles. Erwan a une chance folle d’être entouré de gens qui l’aiment profondément et qui lui ont aussi sûrement donné la force de se rétablir physiquement et moralement. Cette bulle d’amour distillée dans le livre permet de rendre la lecture moins rude et surtout montre que l’horreur, même la plus absolue, ne pourra jamais enlever cet essentiel.

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    NADIA D'ANTONIO sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Octobre 2017 est un mois riche en rencontres littéraires et hier soir, j’en ai eue une de plus avec Erwan Larher dans ma librairie très active pour cela. Au fait, il faudrait que je la cite un peu : c’est « L’Attrape-Mots », rue Paradis à Marseille, avec Agnès qui a mené...
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    Octobre 2017 est un mois riche en rencontres littéraires et hier soir, j’en ai eue une de plus avec Erwan Larher dans ma librairie très active pour cela. Au fait, il faudrait que je la cite un peu : c’est « L’Attrape-Mots », rue Paradis à Marseille, avec Agnès qui a mené l’interview.

    D’habitude je dis, à la fin de ma critique : « Merci » à l’auteur mais cette fois je le dis au début : « Merci Erwan d’être venu nous parler de votre livre : Le Livre que je ne voulais pas écrire ». Merci de votre présence si amicale, chaleureuse, enthousiaste, pleine de drôlerie.

    Il n’est pas facile d’écrire sur un sujet aussi grave.
    Venons-en à ce livre que j’avais déjà lu avant cette rencontre et pour lequel, poussé par votre entourage, vous vous êtes décidé à l’écrire alors que pour vous l’idée ne vous était pas venue à l’esprit car c’était un fait divers personnel. Vous vous êtes dit que cette « mésaventure » n’était plus tellement uniquement la vôtre mais qu’elle était « collective ».

    Quand vous commencez à raconter les faits, vous écrivez en page 18 : « La violence ? Elle arrive ». Mais aussi « Tu es le paradigme d’une civilisation défiée, de la liberté agressée. Tu n’as compris cette identification que très tard, même si depuis ce 13 novembre 2015, sans cesse on te demande, (puisque vous êtes écrivain) si tu vas écrire dessus.
    Non. Tu vas écrire autour » (page 38).

    Vous vous trouviez donc au Bataclan, ce vendredi 13 novembre 2015, au mauvais endroit, au mauvais moment et votre lecture du passage de l’achat de votre billet d’entrée a été faite de façon bien amusante. D’ailleurs, ce livre est truffé d’humour malgré l’horreur de l’événement. Et vos santiags ?

    Pour vous, écrire c’est « défendre la civilisation, questionner le monde ». Et votre ambition est que vos livres soient lus encore dans cinquante ans. C’est bien ce que l’on vous souhaite.
    Certes vous vous en êtes sorti vivant, mais avec de nombreuses blessures (à une fesse) et donc une hospitalisation : là aussi votre description du transport en ambulance est sacrément comique, bien que votre place ne soit pas à envier et que vous ne racontez que la vérité, aussi incroyable soit-elle.

    Le récit commence par : « Tu écoutes du rock. Du rock barbelé de guitares et de colère ». Le rock, il en est bien question puisque ce soir-là, vous êtes allé au concert de EODM (Eagles of Death Metal) et lorsque les premières balles commencent à fuser, on pense à des pétards. Mais bien vite, des HURLEMENTS (majuscules utilisées dans le livre, on verra plus tard l’explication) s’élèvent avec des blessés et des morts qui tombent ; C’est un carnage mais finalement vous êtes secouru (au bout d’un long moment) avec la peur de l’hémorragie, la peur de mourir sous les balles de Kalachnikov.

    Ce roman est à plusieurs voix car vous avez incorporé des textes dans des chapitres intitulés : « Vu du dehors », des textes de proches sans nouvelles de vous car vous aviez oublié votre portable !
    Vous parlez à Iblis, un terroriste (ce nom que vous lui avez attribué correspond à un djinn, mais dont la racine arabe est : désespérance), en vous demandant comment on peut arriver à vouloir se suicider.

    Votre écriture alterne du « je » eu « tu », des allers-retours, mais à la fin du livre c’est le « tu » qui prédomine et là vous pensez : « délivrance ». Du coup le lecteur se met à votre place. Cette écriture a été très laborieuse, avez-vous dit, mais finalement elle a été rapide puisque l’ouvrage a été publié en octobre 2017. Que dire de votre éditeur qui ne voulait pas de bas de pages et de votre façon de l’entourlouper en les incorporant dans le texte : bien joué.

    De votre point de vue, vous n’êtes pas un moraliste mais un romancier. Le lecteur doit avoir changé son point de vue en fermant le livre.
    A signaler vos moments de lectures (demandées à l’unanimité par un nombreux public présent : vous avez fait salle comble) et vous avez choisi des passages humoristiques,. L’humour, toujours l’humour qui émane de vous. Vous avez également cité cette phrase, présente dans le texte : « Un romancier doit jouer avec le lecteur et ne doit pas se jouer des lecteurs ».
    Pour vous, du moment qu’il y a de l’authenticité, peu importe ce qui est vrai ou pas. Ce qui compte c’est la justesse, la reconstitution des faits.
    Que rajouter de plus sans dévoiler le reste de l’intrigue ? Un point sur la graphie : des pages presque blanches avec un seulement un texte court et que vous avez joué avec la typographie, notamment avec le mot HURLEMENTS en majuscules.

    Pour ma part, il faut tout de même que j’en arrive à la conclusion car autrement je raconterais le livre et je vous adresse à nouveau un grand MERCI. Merci d’avoir décidé finalement d’écrire « Le livre que je ne voulais pas écrire ». J’aurais aimé écrire encore plus sur cette soirée et sur votre livre, mais toute bonne chose a une fin.
    Ç’aurait été tellement dommage de ne pas partager ces moments avec vous le rescapé du Bataclan.
    A présent, il me reste à lire « Margot n’aime pas ses fesses » (encore une histoire de fesses) qui m’attend. A mon avis, je vais encore y trouver beaucoup d’humour malgré le fond de l’histoire et certainement encore des pépites.

    Je voudrais juste rajouter cette petite critique : « L’horreur selon Larher. Un récit qui échappe à tous les cadres. » (Pierre Vavasseur, Le Parisien et qui travaille aussi à France Inter).

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