Emmanuelle Favier

Emmanuelle Favier


Emmanuelle Favier a publié un recueil de nouvelles (Confession des genres, éditions Luce Wilquin, 2012), plusieurs recueils de poèmes et trois pièces de théâtre.


Le courage qu’il faut aux rivières son premier roman parait en 2017 chez Albin Michel.



... Voir plus


Emmanuelle Favier a publié un recueil de nouvelles (Confession des genres, éditions Luce Wilquin, 2012), plusieurs recueils de poèmes et trois pièces de théâtre.


Le courage qu’il faut aux rivières son premier roman parait en 2017 chez Albin Michel.



Articles (2)

Avis (26)

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Joëlle Guinard sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/11/le-courage-quil-faut-aux-rivieres.html

    Manushe est une femme de quarante-cinq ans qui vit en homme, elle porte des vêtements d'homme, fait un travail d'homme et est respectée comme un homme dans sa communauté. Trente ans plus tôt, elle a fait le...
    Voir plus

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/11/le-courage-quil-faut-aux-rivieres.html

    Manushe est une femme de quarante-cinq ans qui vit en homme, elle porte des vêtements d'homme, fait un travail d'homme et est respectée comme un homme dans sa communauté. Trente ans plus tôt, elle a fait le serment de renoncer à sa condition de femme. Mais un jour l'arrivée dans son village de montagne d'Adrian, un être mystérieux et charismatique dont les secrets vont être dévoilés au fil du récit, vient bouleverser la donne... Impossible de dévoiler plus l'intrigue de ce roman où rien n'indique l'époque et le lieu où se déroule l'histoire.

    Emmanuelle Favier s'est inspirée des "Vierges jurées", tradition en vigueur en Albanie où des femmes endossent, par choix forcé ou non, le statut d'homme dans leur communauté avec les droits et devoirs afférents à ce statut contre un vœu de chasteté.

    Ce roman avait tout pour me plaire avec ce sujet si original et je reste sur un avis plus que mitigé. D'abord, ce roman ne raconte pas comme on pourrait le croire d'après la quatrième de couverture l'histoire de Manushe mais celle d'Adrian... La tradition des "Vierges jurées" n'est pas du tout le thème de ce roman. D'autre part, j'ai trouvé l'écriture d'Emmanuelle Favier certes poétique mais trop travaillée avec un vocabulaire parfois trop recherché. Qui connait la signification du mot "palilalique" par exemple? Par moments l'auteur part vraiment trop dans l'étalage de mots savants...
    Au final, pour moi, il y a dans ce roman trop de lyrisme avec des descriptions à n'en plus finir et des digressions fort agaçantes au détriment de l'histoire par ailleurs intéressante mais dont le déroulé reste assez lent avec de multiples rebondissements trop prévisibles. J'ai regretté également que la psychologie des personnages soit si peu développée. La forme a pris le dessus sur le fond dans ce récit...
    Cette fable sur le genre, sur l'identité est une déception pour moi mais ce roman plaira certainement aux amateurs d'écritures ultra poétiques.

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Sophie Gauthier sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    C'est l'histoire de deux femmes qui, pour des raisons différentes, ont été contraintes de s'approprier une existence d'hommes. Progressivement révélée, l'énigme de cette fusion des genres prend sa source dans les relations codifiées, emmurées par des croyances et des coutumes ancestrales,...
    Voir plus

    C'est l'histoire de deux femmes qui, pour des raisons différentes, ont été contraintes de s'approprier une existence d'hommes. Progressivement révélée, l'énigme de cette fusion des genres prend sa source dans les relations codifiées, emmurées par des croyances et des coutumes ancestrales, elles-mêmes issues d'une nuit du temps. Temps arrêté des villages perdus où subsiste un mode de vie primitif, temps écoulé dans l'urgence elliptique des activités citadines, temps de l'errance en symbiose avec la nature... ce jeu avec des temporalités imprécises répond au brouillage géographique, qui ne semble se déterminer que par des sensations : l'enfermement étouffant dans un hameau isolé, dans une maisonnette, dans un travestissement forcé, contraste avec l'immensité de paysages naturels où le souffle peut s'échapper sans obstacle.

    L'écriture se plie à cette complexité narrative, nous fait arpenter des territoires clandestins sans toujours donner les clés pour y pénétrer. Les fulgurances poétiques m'ont semblé affaiblies par un travail formel parfois trop ostentatoire et par une sorte de volonté délibérée d'accumuler les mystères et les non-dits. Si bien que mon impression reste mitigée : j'ai été sensible à l'originalité et à la force de l'histoire, mais la narration aurait, à mon sens, gagné à être épurée.

    Bref, je n'ai pas éprouvé le coup de coeur que j'escomptais à la lecture de ce titre si mélodique et imagé. Un horizon d'attente qui s'est obstrué en quelque sorte !

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Nathalie cez sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2017/le-courage-qu-il-faut-aux-rivieres.html

    http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2017/le-courage-qu-il-faut-aux-rivieres.html

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Mireille B sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    Manushe a renoncé à épouser l’homme qu’on lui a choisi. En refusant d’obéir à cette tradition pour être libre, ne s’est-elle pas créé une prison ? Elle a épousé le statut de « vierge jurée », terme sans ambiguïté, qui lui accordera les mêmes pouvoirs et libertés que la tradition accorde aux...
    Voir plus

    Manushe a renoncé à épouser l’homme qu’on lui a choisi. En refusant d’obéir à cette tradition pour être libre, ne s’est-elle pas créé une prison ? Elle a épousé le statut de « vierge jurée », terme sans ambiguïté, qui lui accordera les mêmes pouvoirs et libertés que la tradition accorde aux hommes ; c’est-à-dire toutes celles qui élève l’homme dans la suprématie, sauf un droit : celui de disposer de son corps.

    Comme un homme, elle travaille dur, elle boit de l’alcool, elle prend des décisions… enfin son comportement est conforme à ce pour quoi elle s’est engagée. Sous des apparences physiques masculines, vit le corps d’une femme dans lequel un serment n’a pu refouler l’instinct, la sensibilité, les sentiments.

    Dans le village des Balkans où elle vit, elle croise Adrian, un jeune homme dont le comportement ne la laisse pas indifférente. Les sens s’affolent, le corps emprisonne les sentiments, ligote les gestes… « Ces sentiments nouveaux faisaient chanceler les étals jusqu’alors solides de la routine séculaire où elle vivait ».
    Emmanuel Favier dresse aussi les portraits d’autres personnages qui ont modelé ou influencé le destin de Manushe, en outre, ceux qui l’ont portée dans le lit des rivières aux nombreux méandres…

    Le titre énigmatique de ce roman s’impose - sans points de suspension- sur une couverture froide, le regard accrocheur d’un lynx les pattes dans la neige. Il est annonciateur du climat social glacial marqué par des traditions ancestrales qui attribuent à la femme la valeur d’un demi homme. Qui peut imaginer qu’un pays européen porte encore de telles traditions ?
    Sans évoquer uniquement la question du genre, ce roman est celui de la question identitaire et du courage qu’il faut parfois pour assumer des choix qui ont été faits à un moment de la vie, oubliant peut-être qu’à chaque instant, peut surgir un élément inattendu et incontrôlable.

    Sous la plume d’Emmanuelle Favier, violence et poésie ne sont pas dissonantes. Au contraire elles cohabitent et montrent la force des sentiments, la douleur des désirs inavouables, la permanence des questionnements, l’ambiguïté des relations humaines dictées par la tradition… On ne saurait parler de l’intensité du roman sans évoquer l’atmosphère particulière d’une région dont la ruralité profonde et la rigueur sont explicites, adoucies par la beauté de la nature suggérée par l’écriture de l’auteur.

    Premier roman remarquable et marquant, une histoire et un style en harmonie, un vocabulaire riche, une auteure à découvrir… et à suivre !

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !