Emmanuelle Favier

Emmanuelle Favier


Emmanuelle Favier a publié un recueil de nouvelles (Confession des genres, éditions Luce Wilquin, 2012), plusieurs recueils de poèmes et trois pièces de théâtre.


Le courage qu’il faut aux rivières son premier roman parait en 2017 chez Albin Michel.



... Voir plus


Emmanuelle Favier a publié un recueil de nouvelles (Confession des genres, éditions Luce Wilquin, 2012), plusieurs recueils de poèmes et trois pièces de théâtre.


Le courage qu’il faut aux rivières son premier roman parait en 2017 chez Albin Michel.



Articles (2)

Avis (26)

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Mumu Dans le Bocage sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    Un récit sur une catégorie de femmes dont je n'avais jamais entendu parler, les "vierges jurées" que l'on trouve principalement en Albanie. Des femmes font le serment de rester vierges et d'apparaître en tant qu'hommes en faisant disparaître tout signe de féminité extérieure en échange d'un...
    Voir plus

    Un récit sur une catégorie de femmes dont je n'avais jamais entendu parler, les "vierges jurées" que l'on trouve principalement en Albanie. Des femmes font le serment de rester vierges et d'apparaître en tant qu'hommes en faisant disparaître tout signe de féminité extérieure en échange d'un pouvoir au sein de leur communauté.

    Ce serment Manusche l'a fait après le refus d'épouser l'homme qu'on lui destinait. Elle serait un homme, vivrait comme un homme, ressemblerait à un homme et en contrepartie elle possède un pouvoir comme un homme : siège au sein de la communauté, près du chef, participe aux prises de décisions etc...

    Jusqu'à ce jour sa condition elle l'acceptait et d'ailleurs elle ne se posait pas de questions : elle vivait et travaillait comme un homme même si parfois lorsqu'elle se retrouve seule des gestes ou souvenirs restent féminins.

    Mais un jour arrive au village Adrian et cette présence va bouleverser Manusche mais aussi tout le village. Les apparences sont trompeuses, les certitudes s'ébranlent.

    Lecture étrange : captivante et déroutante. Captivante par les personnage et leurs passés, leurs présents et leurs devenir. Captivante car une fois commencé je ne l'ai pas lâché et voulait connaître et comprendre cette communauté : leur fonctionnement, leur ressenti. Etre homme en tant que femme : obtenir leur statut mais comprendre que les sentiments vont bien au-delà d'un statut.

    Déroutante car l'écriture est riche de détails, de vocabulaire et il faut avoir un dictionnaire à portée de mains car certains termes m'étaient totalement inconnus. La présence de la nature, des signes, des apparitions et prémonitions sont également des éléments qui contribuent au climat du récit. Mêlant force et délicatesse, comme les personnages, Emmanuelle Favier distille au compte goutte tout au long du récit les élements qui nous permettent de mieux cerner ces femmes.

    Dans la première partie on découvre la vie de Manusche et sa rencontre avec Adrian. Puis Adrian se raconte, lui aussi a beaucoup à dire et sa vie a été un long chemin de quête identitaire. Un troisième personnage intervient Dirima dont je ne vous dirais rien.....

    Je ne peux et ne veux rien révéler de cette histoire et vous laisser le plaisir, comme je l'ai eu de suivre de destin de ces femmes/hommes, leurs sentiments au plus intime d'elles, leur choix de vie et parfois peut-être leurs regrets. On ne peut rester insensible, et je ne le suis pas restée, à cette condition choisie volontairement ou comme un pire aller de ces femmes devenues des hommes.

    Un premier roman original par son style, son sujet et j'attends un prochain roman pour mieux connaître cette auteure et son univers mais cela promet.....

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Colette LORBAT sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    Manushe est un personnage à part dans le village. Elle fait partie de ces femmes « vierges jurées ». Elle s’est ‘engagée à ne pas se marier, en a fait serment lors d’une cérémonie dans son village pour éviter d’être mariée à un vieux voisin. Elle a les mêmes droits que les hommes, de vivre comme...
    Voir plus

    Manushe est un personnage à part dans le village. Elle fait partie de ces femmes « vierges jurées ». Elle s’est ‘engagée à ne pas se marier, en a fait serment lors d’une cérémonie dans son village pour éviter d’être mariée à un vieux voisin. Elle a les mêmes droits que les hommes, de vivre comme eux et devient, si besoin est, le chef de famille. Un retour en arrière était punissable de mort.
    Je me pensais dans l’Albanie du début du siècle dernier, voire avant. Que nenni, Manushe utilise des sacs plastique, conduit une voiture, c’est donc actuel.
    Or donc, par un beau jour, on toque à la porte de Manushe et elle se trouve nez-à-nez avec un beau jeune homme qui va perturber son quotidien. Adrian entre dans sa vie, tant elle est séduite par le magnétisme que dégage cet homme. Les circonstances, lui sauver la vie, font qu’elle découvre son corps, gelé, il fallait le déshabiller et le réchauffer rapidement.
    A partir de là, l’auteure préfère nous raconter la vie, les antécédents d’Adrian. Pourtant, j’aurais préféré qu’elle raconte la vie de Manushe. Oui, j’aurais aimé que le livre aille dans ce sens, découvrir plus avant les coutumes de ce pays dont j’ignore tout…Mais je ne suis pas écrivain et ma lecture a perdu beaucoup de son intérêt.
    L’écriture d’Emmanuelle Favier peut être belle dans les descriptions. J’ai aimé cette nature sauvage dure et rude. Pourtant, à certains moments, cette même écriture m’a agacée.
    Je reconnais à Emmanuelle Favier un grand talent de conteuse mais pour ce livre j’ai un sentiment mitigé, j’aurais aimé un autre traitement
    « Puis le paysage s’ensauvagea, les reliefs d’une humanité aveugle s’estompèrent, et ce furent des gorges multipliées jusqu’au grand lac, dont la majesté silencieuse et intact saisissait au premier regard. »
    « La langue est de chair mais elle broie tout »
    « Alors Adrian regardant le lynx vit tout autre chose. Dans la robe tachetée où jouaient les ombres, dans les yeux soulignés de blanc, dans la collerette de barbe douce et féminine il vit un salut, une promesse, une exhortation même, qui était aussi un avertissement. Il vit une image de sa solitude et la possibilité d’en faire une liberté. »

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Elizabeth Neef-Pianon sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    Un livre étrange, et aussi beau qu’étrange.
    Dans un pays des Balkans, Manushe vit comme un homme, c’est une « vierge jurée », ayant renoncé à sa vie de femme pour ne pas épouser l’homme choisi par sa famille.
    Un jour, un homme frappe à sa porte, puis s’installe au village.
    Cet homme aussi,...
    Voir plus

    Un livre étrange, et aussi beau qu’étrange.
    Dans un pays des Balkans, Manushe vit comme un homme, c’est une « vierge jurée », ayant renoncé à sa vie de femme pour ne pas épouser l’homme choisi par sa famille.
    Un jour, un homme frappe à sa porte, puis s’installe au village.
    Cet homme aussi, pour de toutes autres raisons a renoncé à sa vie de femme.
    C’est un roman inattendu, inhabituel, surprenant.
    Avec une imagination incisive et intelligente, l’auteur va mêler le destin de ces deux femmes.
    On se croit au Moyen-âge dans une société moderne.
    On s’y perd parfois dans les allers-retours dans le temps, mais cette histoire est d’une grande force, écrite d’une écriture maîtrisée et sensible, réaliste et poétique.
    Un premier roman sur l’identité plus que prometteur qui fut une très belle découverte.

  • add_box
    Couverture du livre « Le courage qu'il faut aux rivières » de Emmanuelle Favier aux éditions Albin Michel

    Sy Dola sur Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

    En Albanie, Adrian naît fille mais son père, après trop de naissances de filles, décide que ce sera un garçon, elle, non il, sera élevé comme un garçon, garçon qui deviendra homme. Un matin qu’ils partent chasser avec des amis de son père, la chasse prend une tournure tout particulière,...
    Voir plus

    En Albanie, Adrian naît fille mais son père, après trop de naissances de filles, décide que ce sera un garçon, elle, non il, sera élevé comme un garçon, garçon qui deviendra homme. Un matin qu’ils partent chasser avec des amis de son père, la chasse prend une tournure tout particulière, obligeant Adrian à fuir. Il restera quelque temps dans la capitale où il rencontrera Gisela qui lui permettra d’apprendre à s’accepter. A la mort de celle-ci, il reprendra la route.
    Il échouera dans un petit village où il va se lier à Manushe, une femme pilier du village par le fait qu’elle a renoncé à sa féminité. Grâce à cette rencontre, Adrian va peu à peu se dévoiler et nous révéler son parcours, sa vie.
    Très beau roman à l’écriture fluide sur le genre, l’acceptation de soi, le regard des autres, la difficulté de s’intégrer quand on est différent. Un sujet bien amené, avec de la douleur mais jamais de pathos.

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !