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Emmanuel Moynot

Emmanuel Moynot
Emmanuel Moynot est né en 1960 et réside à Paris. Il réalise ses premiers travaux en 1981 dans de nombreux fanzines. A partir de 1983, il participe à la revue Viper et signe son premier album chez Glénat, « l'Enfer du jour », qu'il redessinera en 95 sous forme de BD-roman chez Dargaud. En 89, il ... Voir plus
Emmanuel Moynot est né en 1960 et réside à Paris. Il réalise ses premiers travaux en 1981 dans de nombreux fanzines. A partir de 1983, il participe à la revue Viper et signe son premier album chez Glénat, « l'Enfer du jour », qu'il redessinera en 95 sous forme de BD-roman chez Dargaud. En 89, il crée « La Pension des Deux Roses » pour Magic Strip. En 1992 paraît le premier tome du « Temps des bombes ». Sa collaboration avec Dieter commence dès le troisième tome de cette série, et se poursuit encore actuellement, sur la série « Vieux Fou !». A travers des albums comme « Bonne fête, Maman », « Pendant que tu dors, mon amour » et « A quoi tu penses », Moynot nous conte des chroniques contemporaines dignes d'un roman de Manchette où il nous fait découvrir une nouvelle facette de son travail. Pour Carrément BD, il est l'auteur, en compagnie de Dieter, du superbe « Monsieur Khol » et en solo de "Oscar et Mr O". Il prépare actuellement « Anatomie du désordre » pour « Carrément Broché », subdivision du catalogue « Carrément BD » en format souple 20 x 20cm.En 2004, il entame la trilogie Démons avec Cornette et publie une aventure de Nestor Burma chez Casterman.

Avis sur cet auteur (3)

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    Couverture du livre « No direction » de Emmanuel Moynot aux éditions Sarbacane

    Lionel Arnould sur No direction de Emmanuel Moynot

    Chronique précédemment parue sur le blog www.sambabd.net

    Voilà une lecture qui me laisse en joie. Enfin… « en joie » est peut-être inapproprié quand on parle de la virée mortelle d’un couple de tueurs en série, mais bon, disons que c’est le genre de BD qui fait plaisir à lire.

    D’abord,...
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    Chronique précédemment parue sur le blog www.sambabd.net

    Voilà une lecture qui me laisse en joie. Enfin… « en joie » est peut-être inapproprié quand on parle de la virée mortelle d’un couple de tueurs en série, mais bon, disons que c’est le genre de BD qui fait plaisir à lire.

    D’abord, parce que c’est plutôt drôle. Emmanuel Moynot nous distille quelques phrases choc dont il a le secret tout au long des glauques aventures de Jeb et Bess. J’ai particulièrement apprécié page 31 la case ou le narrateur nous dit le plus sobrement du monde : « Il évitait généralement de rester longtemps au même endroit. Les exigences du métier [NDLR : Tueur !!!]. On ne dort pas là où on a chié. ». Ou encore quand Bess dit à Jeb : « Ben, je crois bien qu’on est un couple, maintenant. Vu que tu m’engueules et que tu me dis tout ce que je dois faire et pas faire. » avant de lui offrir son corps pour la première fois… Bref, cet humour, cette légèreté parfois, contrastent à merveille avec la noirceur de la situation et, plus généralement, de l’Amérique (du Nord) qu’ils traversent.

    Car c’est là le deuxième point vraiment intéressant de cette BD : L’Amérique « White Trash ». Cette Amérique profonde des Etats-Unis blancs, pauvres, à la fois bêtes et méchants… Mais pas tout le temps. Là aussi, c’est la force de Moynot, parmi tous ces personnages, violeurs, pédophiles, racistes, violents et j’en passe, de nous montrer les sursauts d’humanité là où, finalement, on ne s’y attendrait pas spécialement. Qu’il s’agisse du restaurateur qui prend Maxine en pitié (je ne vous raconte pas tout, mais c’est carrément justifié, la pauvre…) ou bien de Norton le motard-garagiste chez qui Maxine éveille le même sentiment… Voire plus si affinités…

    Et puis il y a ce couple improbable, Jeb le tueur de pédophiles et Bess, la serveuse qui pète un câble. Même si leur cavale est inévitablement vouée à une fin tragique, on a forcément un peu de tendresse pour eux, en dépit, par ailleurs, des victimes (pas toujours innocentes…) qu’ils sèment sur leur chemin. On est en plein dans le mythe très américain de la fuite en avant d’un couple de Hors-la loi, dans la droite lignée de Bonnie and Clyde ou Thelma et Louise pour les personnages de fiction.

    Question dessin, c’est du Moynot, en bi-chromie, mais pas toujours la même, selon les chapitres qui, notons-le, sont présentés à chaque fois par une planche en couleur du plus bel effet. Le tout colle parfaitement au propos et à l’ambiance recherchée.

    Bref, une BD qui fait plaisir !

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    Couverture du livre « Suite française ; tempête en juin » de Irene Nemirovsky et Emmanuel Moynot aux éditions Gallimard

    Virginie Vertigo sur Suite française ; tempête en juin de Irene Nemirovsky - Emmanuel Moynot

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/02/16/34944580.html

    Qui n’a pas découvert en 2004 Suite française d’Irène Némirovsky ? Qui n’a pas suivi la première remise du Prix Renaudot à titre posthume pour cette œuvre inachevée ?

    Née en 1903 à Kiev, Irène Némirovsky s’installe avec...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/02/16/34944580.html

    Qui n’a pas découvert en 2004 Suite française d’Irène Némirovsky ? Qui n’a pas suivi la première remise du Prix Renaudot à titre posthume pour cette œuvre inachevée ?

    Née en 1903 à Kiev, Irène Némirovsky s’installe avec sa famille à Paris à seize ans. Elle commence une carrière prometteuse dans le monde de la littérature avant que l’Occupation et les lois juives viennent y mettre un terme. Exilée dans un petit village bourguignon avec son mari et ses filles, elle se lance dans un récit de la guerre en temps réel et en cinq volumes. Les deux premiers romans Tempête en juin et Dolce sont terminés mais elle est arrêtée et déportée à Auschwitz en pleine écriture du troisième Captivité. Elle meurt du typhus. Son œuvre cachée dans une valise rouge est conservée en permanence par ses filles qui échappent à la déportation. Dans les années 80, elles se décident à ouvrir cette valise, à faire ressusciter les écrits de leur mère. L’année 2004 offre ce souhait avec la publication des deux volumes en un seul sous le titre de Suite française.

    Emmanuel Moynot se lance en 2015 dans l’adaptation en BD du premier volume Tempête en juin. On y suit ainsi trois familles : les Péricand, les Corte, les Michaud et tout un tas de personnages satellites en plein exode en juin 40. Ils fuient ainsi Paris et chacun révèle en cette période de chaos et de débâcle sa véritable nature : la peur, la duplicité, la lâcheté côtoient aussi l’intégrité et la solidarité. Une belle fresque des âmes humaines dans le meilleur et le pire très bien mise en valeur par le graphisme d’Emmanuel Moynot. L’ambiance grise, les coups de crayon rapides s’accommodent bien avec le ton acerbe du texte et la noirceur des personnages d’autant plus que ce n’est pas un roman forcément facile à adapter en BD.

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    Couverture du livre « Suite française ; tempête en juin » de Irene Nemirovsky et Emmanuel Moynot aux éditions Gallimard

    Audrey Light And Smell sur Suite française ; tempête en juin de Irene Nemirovsky - Emmanuel Moynot

    La Seconde Guerre Mondiale est une période qui m’a toujours interrogée, n’arrivant pas à saisir comment l’humanité avait pu sombrer dans une telle folie meurtrière. C’est donc avec plaisir que j’ai lu Suite française qui aborde une autre réalité historique : la débâcle française et l’exode qui...
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    La Seconde Guerre Mondiale est une période qui m’a toujours interrogée, n’arrivant pas à saisir comment l’humanité avait pu sombrer dans une telle folie meurtrière. C’est donc avec plaisir que j’ai lu Suite française qui aborde une autre réalité historique : la débâcle française et l’exode qui ont conduit tant de personnes sur les routes.

    Dans Suite française, on suit ainsi différentes familles et personnages de la préparation de leur départ sur les routes à leur périple. La galerie des personnages est variée mais, au final, la classe pauvre de la population française n’est pas forcément très représentée. A noter qu’en début d’ouvrage, un portrait des personnages principaux est proposé ce qui se révèle très utile surtout en début de lecture. Cela m’a permis d’entrer facilement dans l’histoire puisqu’au départ, il peut être difficile de se souvenir de tous les protagonistes.

    Certaines personnes comme le couple Michaud ont attiré d’emblée ma sympathie quand d’autres comme leur patron ou M. Langelet m’ont tout de suite semblé antipathiques. Pourtant, j’ai lu avec une certaine curiosité le voyage de chacun qui, bien que mus par le même désir de fuite, n’ont pas forcément la même perception de la situation de la France ni les mêmes priorités. Certaines situations sont ainsi surréalistes comme lorsque M. Corte et sa maîtresse sont en quête d’un bon repas malgré l’arrivée des Allemands. D’autres, quant à elles, se révèlent révoltantes et tendent à souligner que le manque de morale et la bassesse sont une réalité bien humaine que la guerre ne permet pas d’estomper, bien au contraire.

    Avant de commencer le livre, je m’attendais à un récit plus dur que celui présenté dans la BD. Le contexte de l’époque veut que les personnages ne font pas des cabrioles à longueur de jour, mais on ne ressent pas non plus forcément une énorme tristesse ou désolation de leur part. On peut peut-être l’expliquer par le fait que tout est arrivé si vite que les personnages n’ont pas encore pris la mesure des événements. Mais auraient-ils vraiment pu se douter que la guerre et ses atrocités n’en sont qu’à leurs débuts et que le pire, l’imaginable est à attendre ?

    Quant aux illustrations, je ne les ai pas trouvées magnifiques, mais cela aurait été de toute manière quelque peu bizarre de retranscrire l’exode par une opulence de couleurs et de beauté. En revanche, elles se révèlent percutantes d’autant qu’Emmanuel Moynot a retranscrit, à travers le visage des personnages, tout un panel d’émotions. Si l’on ajoute à l’expressivité des personnages, l’utilisation harmonieuse de dégradés de gris par Chantal Quillec, on ne peut que louer la manière dont le lecteur est plongé dans cette BD et par extension, dans le contexte gris si ce n’est noir de cette période de l’Histoire de France.

    En conclusion, je ne peux me prononcer sur la fidélité de cette adaptation par rapport au roman, mais ce qui est certain c’est que Folio vous offre un livre de qualité qui vous happera dès les premières pages. Si vous avez lu le roman, vous serez certainement séduit par le fait de revivre l’histoire en images. Et, si vous ne l’avez pas lu, je suis certaine que cette BD vous donnera, comme ce fut le cas pour moi, envie de vous plonger dans l’œuvre originale.

    Enfin, j’évoque rarement le prix des livres, mais je tiens à souligner l’excellent travail de Folio, qui avec sa collection Folio BD, vous offre des adaptations d’œuvres connues à des prix plus que corrects. Je porterai dorénavant une attention particulière aux différents livres de cette collection.