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Emmanuel Bove

Emmanuel Bove
Emmanuel Bove (1898-1945) a été révélé par Colette qui édita son premier roman, Mes amis. Auteur prolixe dans les années vingt et trente, il connut un sort enviable en rencontrant à la fois le succès public, l'admiration de ses pairs et celle de la critique. Après guerre, son œuvre tomba curieuse... Voir plus
Emmanuel Bove (1898-1945) a été révélé par Colette qui édita son premier roman, Mes amis. Auteur prolixe dans les années vingt et trente, il connut un sort enviable en rencontrant à la fois le succès public, l'admiration de ses pairs et celle de la critique. Après guerre, son œuvre tomba curieusement dans l'oubli avant de susciter un nouvel engouement en France ainsi qu'à l'étranger, et particulièrement en Allemagne, grâce à Peter Handke et Wim Wenders. Le Castor Astral a publié plusieurs de ses livres, ainsi que sa biographie, Emmanuel Bove, la vie comme une ombre, signée Raymond Cousse et Jean-Luc Bitton.

Avis sur cet auteur (5)

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    Couverture du livre « Le pressentiment » de Emmanuel Bove aux éditions Points

    MAPATOU sur Le pressentiment de Emmanuel Bove

    Paris, 1927. Charles Benesteau, avocat réputé, fils d'industriels, décide du jour au lendemain de tout quitter : son épouse et son fils adolescent, son travail, son bel appartement. Il ne veut plus aucun lien avec sa famille.

    Il s'installe Rue de Vanves dans un petit appartement d'un immeuble...
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    Paris, 1927. Charles Benesteau, avocat réputé, fils d'industriels, décide du jour au lendemain de tout quitter : son épouse et son fils adolescent, son travail, son bel appartement. Il ne veut plus aucun lien avec sa famille.

    Il s'installe Rue de Vanves dans un petit appartement d'un immeuble avec concierge. le quartier est plutôt populaire. Charles n'a pas vraiment choisi, il a pris le premier appartement qu'il a pu trouver.

    Il aspire à la tranquillité pour écrire le journal de sa vie et à un train de vie beaucoup plus modeste. Un peu idéaliste, il est persuadé que les habitants de son nouveau quartier, essentiellement des ouvriers, sont plus authentiques que les personnes qu'il a fréquentées tout au long de sa vie.

    L'expérience va lui faire quelque peu changer d'avis.

    Publié en 1935, ce court roman de 150 pages est d'une incroyable modernité. Emmanuel Bove (1898-1945) est tombé dans l'oubli après la seconde guerre mondiale, il mérite vraiment d'être redécouvert. « le pressentiment » a été adapté au cinéma par J.P Darroussin en 2006.

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    Couverture du livre « Mes amis » de Emmanuel Bove aux éditions L'arbre Vengeur

    Lili0000 sur Mes amis de Emmanuel Bove

    Pensionné de guerre, Victor Bâton vit seul dans une chambre de bonne miteuse. Sa seule obsession est de trouver un ami qui le sortirait de la solitude et il arpente les rues de Paris dans cet espoir.

    Dans ce livre, il narre cinq des rencontres importantes qu'il a faites et sur lesquelles il a...
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    Pensionné de guerre, Victor Bâton vit seul dans une chambre de bonne miteuse. Sa seule obsession est de trouver un ami qui le sortirait de la solitude et il arpente les rues de Paris dans cet espoir.

    Dans ce livre, il narre cinq des rencontres importantes qu'il a faites et sur lesquelles il a à chaque fois projeté sa propre petitesse, les conduisant à l'échec.

    Le style de cet auteur est exactement celui que j'apprécie: simple mais extrêmement précis. Les personnages transmettent à la perfection ce que l'humanité a d'absurde. Jusqu'à la chute du dernier chapitre.

    A lire un soir de pluie.

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    Couverture du livre « Un raskolnikoff » de Emmanuel Bove aux éditions L'arbre Vengeur

    Dominique Jouanne sur Un raskolnikoff de Emmanuel Bove

    Sous l’influence de « Crime et châtiment » et « Le sous-sol », "Un Raskolnikoff" a le goût amer d’un remords sans crime.

    Un sentiment de culpabilité obsédant pour un crime que le héros, Pierre Changarnier, fragile et miséreux, n’a même peut-être pas commis, n’a d’ailleurs pas commis, alors...
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    Sous l’influence de « Crime et châtiment » et « Le sous-sol », "Un Raskolnikoff" a le goût amer d’un remords sans crime.

    Un sentiment de culpabilité obsédant pour un crime que le héros, Pierre Changarnier, fragile et miséreux, n’a même peut-être pas commis, n’a d’ailleurs pas commis, alors que sa présumée victime, un homme qu’il a voulu étrangler contre un mur mais qui n’en est pas mort, lui avoue en avoir commis un peut-être et vit, lui aussi, avec le poids du remords de celui qui n’a pas été jugé. Ainsi, Bove crée l’expression de la détresse de vivre dans un espace chimérique pour un personnage double et complexe dans une atmosphère de rêve éveillé.

    Une errance des consciences dans une ville sous la neige avec Violette, sa petite amie, une pauvre prostituée inconsciente de tout, qu’il traine avec lui dans sa folie et ses indécisions continuelles, en lui opposant sa déchéance à la beauté de son âme…
    Coupable de misère, habité par la mauvaise conscience d’un crime fictif, Changarnier insupporte le non-respect de sa personne qu’il traine comme un fantôme qui regarde à ses pieds des chaussures usées. Une peau de chagrin qui se sent coupable de son mal vivre et veut réparer ses fautes sinon demander réparation aux torts de son mal-être quitte à vivre avec l’échec et la souffrance. Il exige, des regards portés sur lui, un jugement de valeur.

    Roman de 69 pages au style imagé, à la lecture lancinante pour une plume d’écrivain au talent reconnu qui sait rendre une très sombre atmosphère de l’esprit d’un homme raté, inquiétant et inquiété, échoué dans la misère jusqu’à la folie dans laquelle il se laissera emporté sans action pour finir comme un grand noyé dans l’océan de la vie.

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    Couverture du livre « Le pressentiment » de Emmanuel Bove aux éditions Points

    Claude Stas sur Le pressentiment de Emmanuel Bove

    Il y a une certaine condescendance à prétendre que la pauvreté est une vertu. Et une incroyable naïveté, si ce n'est de l'ignorance, à croire que les classes défavorisées sont plus solidaires que Les autres strates de la société. C'est ce que Charles Benesteau va apprendre à ses dépens, alors...
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    Il y a une certaine condescendance à prétendre que la pauvreté est une vertu. Et une incroyable naïveté, si ce n'est de l'ignorance, à croire que les classes défavorisées sont plus solidaires que Les autres strates de la société. C'est ce que Charles Benesteau va apprendre à ses dépens, alors qu'il vient d'atteindre la cinquantaine. Lui, issu d'un milieu bourgeois, étriqué et conventionnel, il va envoyer paître son travail (il est avocat), sa famille et ses amis (plutôt des connaissances). Et pour ce faire, il quitte tout pour s'installer seul, ailleurs, pour écrire ses mémoires et lire. Mais la vie va le confronter à la misère d'un couple dont il recueille, pour quelques temps, la fille. Subitement, lui qui se voulait discret, devient le centre des commérages malveillants du quartier. Il découvre que la bêtise et la méchanceté sont une question de nature humaine, et non de classe sociale. Oui, une concierge peut être médisante, jalouse et injuste. Mais une professeure de français, éduquée et aisée, peut l'être tout autant. Cette expérience l'usera et il se laissera mourir, déterminé à quitter ce monde si décevant en laissant (peut-être) un souvenir à quelqu'un. Il est troublant de lire la description de cette agonie quand on sait qu'Emmanuel Bove était lui-même de santé fragile et mourut d'une maladie infectieuse.
    La description de milieux sociaux à travers des archétypes féminins est une idée très intéressante. Ainsi la femme la plus sincère avec Benesteau est la femme adultère, celle qui trompe un mari alcoolique et violent. Alors que celles qui se disent « convenables » sont soit des harpies, soit des harengères. Tous les hommes sont plutôt mous de caractère. Tout ce petit monde mesquin évolue dans un décor souvent décrit en quelques phrases explicites, au cœur d'un Paris à jamais disparu (l'action se déroule dans les années 1930). Il y a dans ce style épuré les prémices des Romans de Georges Simenon, à la même époque, genre « Les fiançailles de M. Hire ». En effet, Emmanuel Bove nous propose, en réalité, une intrigue plutôt simple, mais avec un décor et des personnages forts. Une intrigue dont le héros est attachant d'humanité, obligé d'aller au bout de lui-même, de sa logique en dépit des autres protagonistes.