Elizabeth Brundage

Elizabeth Brundage
E lizabEth b rundagE est diplômée de l'université du Hampshire. Elle a étudié le cinéma à l'université de New York et a été membre de l'American Film Institute de Los Angeles. Elle a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Skidmore où elle a effectué une résidence d'écrivains. Elle vi... Voir plus
E lizabEth b rundagE est diplômée de l'université du Hampshire. Elle a étudié le cinéma à l'université de New York et a été membre de l'American Film Institute de Los Angeles. Elle a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Skidmore où elle a effectué une résidence d'écrivains. Elle vit près d'Albany, dans le nord de l'État de New York. Dans les angles morts est son quatrième roman, après la parution aux États-Unis de The Doctor's Wife (2004), Somebody Else's Daughter (2008) et A Stranger Like You (2010).

Avis (13)

  • Couverture du livre « Dans les angles morts » de Elizabeth Brundage aux éditions Table Ronde

    Marie-Laure VANIER sur Dans les angles morts de Elizabeth Brundage

    Voici un roman qui m'a rappelé de délicieuses heures lorsque adolescente, plongée dans la lecture de Rebecca de Daphné Du Maurier, j'oubliais tout du monde qui m'entourait. Cette sensation vous fait un effet « petite madeleine » ? Vous rêvez d'entrer de nouveau dans un univers étrange et...
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    Voici un roman qui m'a rappelé de délicieuses heures lorsque adolescente, plongée dans la lecture de Rebecca de Daphné Du Maurier, j'oubliais tout du monde qui m'entourait. Cette sensation vous fait un effet « petite madeleine » ? Vous rêvez d'entrer de nouveau dans un univers étrange et mystérieux (les vacances et leur temps sans contraintes s'y prêtent merveilleusement bien) ? 
    Alors, sans aucun doute, Dans les angles morts est pour vous, car il y a du Rebecca dans ce récit fascinant d'Elizabeth Brundage d'une puissance romanesque à couper le souffle (oui, la métaphore est un peu usée mais tant pis, j'assume!)
    Je vous explique : un jeune couple de New-Yorkais, les Clare, souhaitant quitter leur appartement exigu et cher, s'installe avec leur fille, Franny, dans une ancienne bâtisse, la ferme des Hale, vendue aux enchères pour une bouchée de pain. Quelle chance de pouvoir profiter de ce lieu unique où la vue sur la campagne est digne des plus beaux tableaux du XIXe !
    Qui sont ces Hale ? Des fermiers qui firent faillite. Après avoir vendu tout ce qu'ils pouvaient vendre, ils se suicidèrent dans leur ferme, laissant trois jeunes garçons : Cole, Eddy et Wade qui furent élevés par leur oncle.
    Or, lorsque les Clare prennent possession de leur nouvelle demeure, le mari, George, ne souhaite pas que Catherine soit informée de la mort tragique qui a eu lieu précisément là où ils comptent démarrer une vie nouvelle, pleine d'espoir. Pour lui, ces événements appartiennent au passé mais il sait que pour sa femme, plutôt nerveuse, assez sensible et un brin dépressive, cette information lui ferait à coup sûr renoncer à cet achat.
    Leur vie commence donc dans cet univers qui leur est complètement étranger : tandis que George part à l'Université où il enseigne l'histoire de l'Art, Catherine, qui a abandonné à contrecoeur son métier de restauratrice de fresques murales, se familiarise tant bien que mal avec des lieux qu'elle trouve d'autant plus oppressants qu'elle a l'impression que la maison est encore habitée...
    Or nous savons d'emblée, dès les premières pages du roman, que Catherine sera retrouvée morte dans son lit, assassinée, une hache enfoncée dans le crâne…
    Qui a pu tuer cette femme douce et généreuse qui ouvrira sa porte aux enfants Hale, leur donnant à manger, confiant sa fille à l'un d'eux ou leur proposant de repeindre la façade de la maison pour qu'ils se fassent un peu d'argent ? Difficile d'ailleurs pour ces jeunes de reprendre contact avec cette maison qui fut celle de leur enfance et de leur bonheur...
    C'est dans un très long retour en arrière que l'auteur fera le portrait minutieux de ce couple, les Clare, qui espère vivre mieux loin de la ville, dans des paysages qui ressemblent fort aux tableaux de Frederic Church ou de Thomas Cole, peintres de l'école de l'Hudson que monsieur George Clare affectionne particulièrement et dont il parle souvent à ses élèves de l'Université privée de Chosen. Mais si ce dernier semble heureux de vivre un peu retiré du monde, Catherine souffre de sa solitude et ce qu'elle va découvrir petit à petit est loin de la rassurer.
    Le traitement des personnages principaux est particulièrement bien soigné et leur analyse très détaillée, et il en va de même pour les personnages secondaires décrits de façon minutieuse, par petites touches, ce qui leur confère beaucoup d'épaisseur psychologique.
    Au fond, ce roman interroge sur la complexité des êtres : se résument-ils à l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes, une image en trompe-l'oeil, ou cachent-ils ce qu'ils sont vraiment jusqu'à ce qu'un jour la vérité éclate dans la pire des violences ? De l'ambiguïté des êtres et de leur mystère…
    Entre thriller littéraire (quelle écriture magnifique et quelle construction au cordeau !) et roman d'analyse, Dans les angles morts est un texte totalement envoûtant où se mêlent secrets, non-dits et silences pesants. La mort est là, dans chaque angle, sous chaque mot. Elle se tient là, tapie, et quand on s'y attend le moins, elle s'abat violemment sur ceux qui n'ont pas su la voir venir ou n'ont pas eu le temps de fuir…
    Une vraie tragédie dont nous sont très progressivement dévoilés tous les rouages, si minuscules soient-ils.
    Si vous souhaitez revivre de belles heures de lecture hors du monde… partez pour la ferme des Hale… Pas sûr que vous en reviendrez indemnes !

    LIRE AU LIT http://lireaulit.blogspot.fr/

  • Couverture du livre « Dans les angles morts » de Elizabeth Brundage aux éditions Table Ronde

    Margot Cotrez sur Dans les angles morts de Elizabeth Brundage

    Un livre à mi-chemin entre le roman et le thriller : Catherine et George Clare viennent d'acquérir une ancienne ferme laitière très isolée dans la petite ville de Chosen. Ils s'y installent avec leur fillette. Un soir de tempête, George retrouve sa femme assassinée dans leur maison, leur fille...
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    Un livre à mi-chemin entre le roman et le thriller : Catherine et George Clare viennent d'acquérir une ancienne ferme laitière très isolée dans la petite ville de Chosen. Ils s'y installent avec leur fillette. Un soir de tempête, George retrouve sa femme assassinée dans leur maison, leur fille dans sa chambre.
    Sous l'image d'une famille parfaite, le lecteur découvre des zones d'ombre. George n'a pas mentionné à sa femme qu'il avait acquis la ferme pour une bouchée de pain car la famille Hale qui y vivait auparavant avait un connu un drame : Le couple s'était suicidé, acculé par les dettes, laissant leurs trois fils.
    Celui formé par Catherine et George Clare n'est pas aussi idyllique qu'ils veulent le laisser croire. Les tensions et les divergences de vues sont légions.

    Il n'y a pas de suspens dans la résolution de l'enquête. Ici ce n'est pas l'intrigue qui est mis en exergue, car très rapidement le lecteur comprend que c'est le mari qui a tué sa femme.
    L'intérêt du livre porte sur l'histoire de cette maison et de ses habitants qui a conduit à ces drames.

    L'auteure utilise plusieurs voix et revient sur l'installation du couple Clare à Chosen et des amitiés qu'ils ont noués. Elle narre la rencontre du couple avec les fils Hale.
    Le rythme est lent. J'ai aimé ce roman atypique dont la psychologie des personnages est très travaillée. Le personnage de George est très complexe et troublant. J'ai beaucoup apprécié que l'auteure utilise la maison comme point central à son livre, l'âme du lieu et son histoire à travers les années.

    C'est un livre très noir qui aborde les mensonges, les compromissions, les apparences, l'art. J'ai trouvé que la foi religieuse était abordée de façon trop présente. C'est le petit bémol que j'apporterai à l'ouvrage.
    J'ai aimé ce roman noir psychologique servie par une magnifique plume. L'auteure excelle dans l'instillation d'une ambiance inquiétante, pesante et oppressante.

    Une très belle découverte que le premier roman d'Elizabeth Brundage. C'est assurément une auteure à suivre.

    Je remercie les éditions de La Table Ronde.

  • Couverture du livre « Dans les angles morts » de Elizabeth Brundage aux éditions Table Ronde

    Magali BERTRAND sur Dans les angles morts de Elizabeth Brundage

    « Subtilité », c’est le mot qui me vient à l’esprit pour évoquer ce très bon roman d’une brûlante actualité, car tout y est équilibre, nuances, précision.
    La construction narrative, d’abord, basée sur un timing parfait, digne des plus grands polars. Démarrer sur cette scène terrible où un...
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    « Subtilité », c’est le mot qui me vient à l’esprit pour évoquer ce très bon roman d’une brûlante actualité, car tout y est équilibre, nuances, précision.
    La construction narrative, d’abord, basée sur un timing parfait, digne des plus grands polars. Démarrer sur cette scène terrible où un malheureux surgit chez ses voisins avec sa petite fille sur les bras, hébété, hagard, car il vient de découvrir son épouse sauvagement assassinée d’un coup de hache dans le crâne, c’est jouer sur notre fibre sensible et nous faire prendre parti, instinctivement, pour ce pauvre homme si démuni, si attentif à son enfant et sur lequel, horreur !, plane déjà l’ombre d’un soupçon. C’est nous intégrer, d’emblée, dans le groupe des manipulés pour nous faire comprendre combien c’est facile de se laisser abuser par les apparences.
    Puis, très vite, par petites touches, par petites entailles dans le verni, on passera peu à peu du doute à la conviction, succombant peu à peu au malaise instillé par George dans son entourage proche puis plus lointain, s’étendant inexorablement à son contact comme une terrible et nauséabonde marée noire.
    Elisabeth Brundage prend également très grand soin de chacun de ses personnages, leur tricotant sur mesure une histoire où rien n’est laissé au hasard, les ancrant dans une réalité crédible, une sensibilité propre, des failles psychologiques, des affinités plausibles et des sensibilités très finement étudiées et mises à jour. Tout compte, tout prend part à l’histoire, gens et bêtes et même jusqu’aux paysages et aux maisons qui affichent leur propre personnalité, leur caractère.
    Et puis l’auteur sait choisir ses mots et les doser sobrement. Elle n’assène pas, elle propose. Elle ne révèle pas, elle suggère. Adoptant tour à tour le regard, le point de vue, le ressenti de chacun des acteurs du drame en devenir, elle invite le lecteur à saisir par lui-même ces fameux « angles morts » que l’on omet, volontairement ou non, d’ausculter par crainte d’y découvrir toute la bassesse que l’on voudrait ne pas voir chez soi ou chez les autres. « Il ne voulait pas savoir. Il n’insista pas et ils en restèrent là. »
    Tels des fantômes, les faits sont là mais on ne peut, on ne veut pas les voir par peur de ce qu’ils pourraient révéler. Qui oserait dire que le roi est nu quand tous les autres voient ses beaux vêtements? C’est cette question lancinante, dérangeante qui parcourt ce roman douloureusement lucide.

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