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Eleonore Pourriat

Eleonore Pourriat

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Avis sur cet auteur (10)

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    Couverture du livre « Poupées » de Eleonore Pourriat aux éditions Lattes

    Chantal YVENOU sur Poupées de Eleonore Pourriat

    Joy et Stella. C’est Joy qui parle. L’enfant privée tôt d’une mère, et si dévastée qu’elle en occulte plusieurs années de sa vie. Rencontrer Stella, c’est revivre. Les deux amies que l’on prend pour des soeurs vivent des années de lycée intenses, portées par leur connivence fusionnelle, et leur...
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    Joy et Stella. C’est Joy qui parle. L’enfant privée tôt d’une mère, et si dévastée qu’elle en occulte plusieurs années de sa vie. Rencontrer Stella, c’est revivre. Les deux amies que l’on prend pour des soeurs vivent des années de lycée intenses, portées par leur connivence fusionnelle, et leur culte pour David Bowie. Jusqu’à la rupture, soudaine, aussi définitive que leur amitié a pu l’être.

    Joy, une deuxième fois abandonnée, questionne, cherche, refait l’histoire que son entourage élude avec beaucoup de zèle.
    Ce qu’elle ignore, le lecteur l’apprend cours des chapitres qui s’intercalent entre ceux consacrés à sa quête. Et ceux-là ne sont pas passés au filtre de la subjectivité, puisque l’histoire est dite par l’auteur.

    Trente ans plus tard, Joy envoie un mail à son amie d’enfance.


    Ce roman traite avec délicatesse de l’amitié sans concession des adolescents, qui s’illusionnent d’une éternité promise. Il faut une raison majeure pour que se brise le lien. Et les dégâts sont d’autant plus profond pour Joy qu’elle porte encorne les stigmates de l’abandon maternel.

    Reste la figure ambiguë du père, présent depuis toujours, auréolé d’une gloire telle que peut la concevoir un enfant. Alors comment faire la part entre le héros et le traitre ?


    Cette narration alternée donne du relief au récit dont l’intensité grandit au fil des pages avec des chapitres de plus en plus courts et plus denses en révélation. On se prend au jeu de cette recherche de Joy mais l’issue questionne jusqu’à la fin.

    Très bon roman sur les passions de la jeunesse et le mal qui rode.

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    Couverture du livre « Poupées » de Eleonore Pourriat aux éditions Lattes

    Cécile sur Poupées de Eleonore Pourriat

    Ch-ch-ch-ch-changes
    (Turn and face the strange)

    Les histoires d'amitié adolescente qui tournent mal, voilà un pitch qui fonctionne toujours avec moi !
    En effet, je trouve que ces amitiés ont quelque chose d'intense et de vrai, une sorte de mise à nu, que l'on ne retrouve ni dans les amitiés...
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    Ch-ch-ch-ch-changes
    (Turn and face the strange)

    Les histoires d'amitié adolescente qui tournent mal, voilà un pitch qui fonctionne toujours avec moi !
    En effet, je trouve que ces amitiés ont quelque chose d'intense et de vrai, une sorte de mise à nu, que l'on ne retrouve ni dans les amitiés adultes, ni dans les relations amoureuses ensuite.

    Joy et Stella se rencontrent à l'entrée au lycée, et le dicton "Qui se ressemble s'assemble" semble avoir été inventé pour elles deux.
    Il se développe entre elles une amitié fusionnelle, telle qu'on n'en voit qu'à l'adolescence. Mais au bout de deux ans, Stella s'éloigne de Joy, cherche des prétextes pour l'éviter, jusqu'à la rupture ultime et spectaculaire de leur relation.

    Au-delà du pitch qui me plait d'emblée, j'ai été happée dès les premières pages par l'écriture d'Eléonore Pourriat, une écriture vivante, rythmée par les chansons de Bowie.
    La narration nous fait passer du récit de Joy, à la première et deuxième personne, chez qui le souvenir de cette amitié reste vivace, à celui de Stella, à la troisième personne, plus distancié.
    Subtilement, progressivement, leurs deux récits entrecroisés nous livreront la vérité sur l'évènement qui a brisé leur relation.

    J'ai lu ce roman quasiment d'une traite, en une journée, le délaissant seulement lorsque j'y étais obligée et le reprenant dès que j'avais un moment de libre.
    J'ai savouré l'ironie de le lire juste après Over the rainbow, tellement les familles et les époques décrites auraient pu être identiques et n'étaient en rien semblables.

    C'est un roman où l'ampleur de la révélation importe moins que le chemin pour y parvenir.
    Une très belle découverte de cette rentrée littéraire que je vous recommande chaudement.

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    Couverture du livre « Poupées » de Eleonore Pourriat aux éditions Lattes

    Patrice Gourmel sur Poupées de Eleonore Pourriat

    Une histoire prenante, vibrante, pleine de vie avec une tension sous-jacente permanente qui nous mène vers un drame qu'on pressent sans le comprendre. Deux voix éclairent petit à petit cette amitié fusionnelle et sa fin brutale; les points de vue s'assemblent, se complètent et divergent avant...
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    Une histoire prenante, vibrante, pleine de vie avec une tension sous-jacente permanente qui nous mène vers un drame qu'on pressent sans le comprendre. Deux voix éclairent petit à petit cette amitié fusionnelle et sa fin brutale; les points de vue s'assemblent, se complètent et divergent avant la révélation. Révélation mais pas soulagement, car tout peut alors se relire autrement, en y retrouvant les prémisses du drame.
    Le style ne m'a pas autant bouleversé que le récit en lui-même, mais c'est un très beau roman, pudique, sensible et très bien construit.

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    Couverture du livre « Poupées » de Eleonore Pourriat aux éditions Lattes

    Géraldine C sur Poupées de Eleonore Pourriat

    Je vous présente un très court roman de cette rentrée littéraire, court mais si idéalement construit qu'une ligne de plus aurait été inutile. Éléonore Pourriat est déjà l'auteure d'un roman Histoire d'Adrian Silencio, elle réitère l'essai avec Les Poupées. Notre auteure est également actrice et...
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    Je vous présente un très court roman de cette rentrée littéraire, court mais si idéalement construit qu'une ligne de plus aurait été inutile. Éléonore Pourriat est déjà l'auteure d'un roman Histoire d'Adrian Silencio, elle réitère l'essai avec Les Poupées. Notre auteure est également actrice et réalisatrice de courts et longs métrages, au coeur desquels elle traite de la place de l'homme et de la femme dans la société. C'est un thème qui réapparait en filigrane dans ce roman de filles, de ces jolies poupées que l'on manipule à sa guise.

    Je m'attendais davantage à une narration qui reposait sur une disparition involontaire quand je me suis intéressée pour ce livre, je m'imaginais une disparition inexpliquée, non pas un choix totalement assumé de la part de Stella. J'étais, comme on peut le dire familièrement, à côté de la plaque. Les motifs de cette disparition, qui relève davantage de la rupture amicale et d'une mise à distance, sont nettement plus subtils et complexes que cela. Comment se remettre d'une amitié passionnée qui s'interrompt brutalement sans un mot d'explication ? Si certaines séparations amoureuses peuvent être destructrices, les fins d'amitié aussi brutales telles que celle de Joy et Stella laissent aussi des traces, dans les mémoires.

    Joy et Stella se ressemblent étrangement au point d'en prises pour des jumelles. Et comme le font bien souvent les adolescentes elles partagent les mêmes gouts et passent leur vie ensemble, d'autant qu'elles ont un schéma familial presque similaire, la première élevée par son père, la seconde par sa mère. Toutes adolescentes qu'elles étaient, elles ont découvert ensemble la vie, leur corps, les émois, leurs coups de sangs, les émotions que procurent les chansons de David Bowie, une complicité si intense qu'elle en frôle l'amour. On le comprend peu à peu, c'est une rupture d'autant plus violente et incompréhensible. Car Joy adulte a grandi et s'est construite sur le vide que lui a laissé la perte soudaine de son amie, si chère, et sur le malentendu qui en résulte. Vous l'aurez compris, le récit se base sur cette tentative de rebâtir ce qu'il s'est passé, il se fait à deux voix, la première celle de Joy qui reprend un contact éphémère, par mail interposé, avec son amie afin qu'elle lui donne la réponse qu'elle cherche face à celle de Stella, qui consent à lui donner cette réponse attendue pendant vingt ans, L'ampleur du vide laissé par l'absence de Stella laisse présager de l'évènement qu'elle a vécu qui l'a poussé à agir de façon aussi extrême.

    L‘écriture avisée d'Éléonore Pourriat peint parfaitement le bout de monde gai et lumineux de ces deux jeunes filles, assombrit par l'obscurité de ce ciel qui apparaît au loin laissant entrevoir la tempête qui finit par se déchainer et briser l'une d'entre elle, au son de l'orage : elle parsème juste ce qu'il faut d'indices pour mener, sans en avoir l'air, son lecteur sur le début de piste des évènements passés. le monde de Joy se délite peu à peu alors que la révélation de Stella éclate, le soleil des jours heureux à Long Island se transforme bien en un coup de soleil cloqué, rouge et purulent, qui n'en finira pas de guérir. Là ou Stella a eu le temps de commencer sa résilience, Joy voit l'innocence qu'elle a conservée ces vingt années voler en éclat et veillait sous le coup du choc. Les deux filles ne sont plus sur la même longueur d'onde depuis longtemps, des années de vie ont gâchées.


    Il est bien difficile de parler de ce roman sans en dévoiler l'intrigue principale, et je ne souhaite pas vous gâcher l'étonnement de la découverte, cette surprise qui donne un tout autre sens à la vie des deux jeunes filles que Joy et Stella étaient, et des femmes qu'elles sont devenues. Dans la lignée de ce qu'elle a fait précédemment, l'auteure démonte un monde, encore et toujours, maîtrisé bien souvent par certains hommes, dirigé par leur bon plaisir, ce monde encore fortement déséquilibré, obstinément phallocrate, ou la lâcheté, la satisfaction des caprices et l'égoïsme est règle de droit.

    C'est une histoire terrible que nous livre là l'auteure, ou son écriture si précise manie à chaque fois le mot juste, et qui a une telle force évocatrice que tout est constamment suggéré sans que rien ne soit dit. La violence est indescriptible, les dégâts démesurément longs et étendus, si Stella est touchée de plein front, Joy n'est pas épargnée. J'ai été assez dubitative au tout début du récit de Joy mais dès que l'auteure a fait s'exprimer Stella, j'ai totalement adhéré à l'histoire de ces deux adolescentes perdues au milieu d'adultes qui n'agissent que selon leur bon vouloir et qui paient les pots cassés d'un paternalisme coupable. Davantage encore par la façon dont l'auteure joue avec la vie de ses personnages, comme les facettes d'un diamant, ou lorsque l'une se dévoile et réfracte toute sa lumière, l'autre reste en retrait. Les penchants les plus inavouables qui soient éclatent au grand jour en un feu de paille vite éteint.

    J'ai apprécié aussi ce roman car dans cette histoire d'amitié gâchée, aucune des deux comparses n'accuse l'autre de tous les maux, il y a une certaine rancoeur, mais ce n'est en aucun cas une histoire de vengeance, de règlement de compte, basse et mesquine. L'auteure est plus fine et intelligente que cela, ses ficelles ne sont pas aussi grossières, je l'avoue bien volontiers, que d'autres histoires d'amitié rompues que j'ai pu lire précédemment. Elle ne joue pas sur ces sentiments-là, elle retisse, tout en sensibilité et en délicatesse, l'histoire des deux filles jusqu'à qu'ils finissent par se rencontrer et que les deux anciennes amies finissent par se comprendre, enfin. Éléonore Pourriat a écrit avec brio les orages d'une histoire d'amitié simple qui tourne au vinaigre, consumée par la foudre d'une volonté extérieure, qui anéantit tout, les souvenirs d'un âge d'or qui appartient définitivement au passé de Joy et Stella. Belle réussite !

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