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Eduard Torrents

Eduard Torrents
Né à Barcelone en 1976, Eduard Torrents commence à dessiner très tôt. Il découvre ensuite les Tintin, Astérix, Dragon Ball, puis la BD adulte européenne et américaine. Il effectue des études d'ingénierie industrielle, et travaille pendant dix ans dans une entreprise multinationale de construction... Voir plus
Né à Barcelone en 1976, Eduard Torrents commence à dessiner très tôt. Il découvre ensuite les Tintin, Astérix, Dragon Ball, puis la BD adulte européenne et américaine. Il effectue des études d'ingénierie industrielle, et travaille pendant dix ans dans une entreprise multinationale de construction automobile. Finalement en 2008 il décide de travailler exclusivement à développer sa facette d'auteur BD. Ramon Llull est le premier résultat de ce tournant. Actuellement il travaille sur un nouvel album avec le scénariste Denis Lapière.

Avis sur cet auteur (4)

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    Couverture du livre « Le convoi t.2 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Jean-Paul Degache sur Le convoi t.2 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Il faut aller au bout de cette histoire si émouvante et si juste pour saisir toutes les difficultés, tous les drames causés par cette Retirada, cette fuite de tant de Catalans, de tant d’Espagnols devant l’avancée des troupes franquistes.
    Comme Eduard Torrents l’explique bien à la fin de ce...
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    Il faut aller au bout de cette histoire si émouvante et si juste pour saisir toutes les difficultés, tous les drames causés par cette Retirada, cette fuite de tant de Catalans, de tant d’Espagnols devant l’avancée des troupes franquistes.
    Comme Eduard Torrents l’explique bien à la fin de ce second album, dans un dossier agrémenté de très intéressants croquis, ce sont les récits de son grand-père, Josep (El iaio Pepito) et ce qu’ont vécu plusieurs membres de sa famille qui ont motivé son écriture, sous-tendu son dessin.
    Dans cette seconde partie, il est temps d’avoir des explications, ce 19 novembre 1975, à Barcelone où Julia, la mère d’Angelita, est hospitalisée et où sa fille vient de faire une rencontre bouleversante.
    Se battre contre une dictature des plus violentes, proche de tout balayer, ne dure qu’un temps. J’ai alors suivi à nouveau cette Retirada si pénible pour ces familles obligées de tout abandonner pour sauveur leur vie.
    Certes, la France n’était pas prête à accueillir tous ces réfugiés mais fallait-il les enfermer dans des camps et les laisser moisir dans de conditions absolument indignes ? En tout cas, c’est bien ce qui s’est passé et lorsque l’armée nazie a occupé une partie de notre pays, il y a eu ce premier convoi de 927 déportés espagnols depuis Angoulême, jusqu’à Mauthausen. Les 490 hommes y sont restés pendant que 427 femmes et enfants étaient renvoyés à Franco !
    Le Convoi, dans cette seconde partie, propose beaucoup d’images sans le moindre texte mais leur éloquence est encore plus forte. Celles de ce camp autrichien que j’ai visité il y a des années, sont terribles. Sur cette double page, des hommes sont alignés nus, obligés de se vêtir des tenues rayées des déportés puis contraints, tous les jours, de remonter sur leur dos, d’énormes blocs de pierre extraits d’une carrière. Malnutrition, souffrance, mort. Peu en réchappèrent.
    « Je crois que je n’étais plus vraiment vivant quand les Américains sont arrivés », avoue Manuel qui va bientôt vivre une autre épreuve tout aussi délicate : le retour.
    Tous ces malheurs infligés par des hommes à d’autres hommes sont enseignés dans l’Histoire mais cette bande dessinée a le mérite de s’attacher aux conséquences familiales de tels bouleversements. C’est fait avec tact, délicatesse, sans rien occulter des difficultés immenses, des dilemmes quasi insolubles affrontés par ces gens qui avaient eu… la chance de sortir vivants de ces épreuves.
    Heureusement, l’avant-dernière page salue la mort du dictateur : « Franco ha mort ! » en catalan comme dans toutes les bulles faisant parler les Barcelonais. C’est un plaisir à lire et ça se comprend. Nous sommes le samedi 20 novembre 1975 et une bien triste page de l’Histoire de ce pays voisin est tournée. Enfin !

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Le convoi t.1 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Jean-Paul Degache sur Le convoi t.1 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Voilà une période de notre histoire récente qu’il faut continuer à sortir de cet oubli bien confortable : l’accueil réservé par la France aux Espagnols fuyant la dictature de Franco en 1939 et une guerre civile sans pitié pour les Républicains en train de céder.
    Récemment, j’ai vu l’excellent...
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    Voilà une période de notre histoire récente qu’il faut continuer à sortir de cet oubli bien confortable : l’accueil réservé par la France aux Espagnols fuyant la dictature de Franco en 1939 et une guerre civile sans pitié pour les Républicains en train de céder.
    Récemment, j’ai vu l’excellent film d’animation signé Aurel : Josep, hommage au dessinateur Josep Bartoli, lui aussi interné au camp d’Argelès, près de Perpignan. Là, je termine le la première partie de la BD signée Eduard Torrents et Denis Lapière : Le Convoi.
    Un même sentiment mêlé de honte et de gêne me gagne en suivant la petite Angelita et ses parents fuyant les bombardements italiens sur Barcelone. Et oui, la République espagnole attaquée par le général Franco était bombardée par les avions envoyés par Mussolini. D’autres l’étaient par Hitler, comme à Guernica ! Il faut ajouter à cela les fournitures d’armes et bien d’autres soutiens obligeant les Républicains et les Brigades internationales à reculer.
    Bref, je ne veux pas retracer une histoire bien complexe mais m’attacher aux pas d’Angelita qui vit à Montpellier. Nous sommes le 18 novembre 1975. Soudain, elle est appelée depuis Barcelone où sa mère, Julia, qu’elle croyait en Auvergne, vient de faire une crise cardiaque.
    Avec René, son beau-père, le second mari de sa mère, elle part au chevet de celle-ci. Dans le train, René lui demande de raconter ce dont elle se souvient car Angelita avait huit ans lorsqu’ils ont tout laissé pour gagner notre pays où l’accueil a été absolument ignoble.
    La frontière franchie après des heures d’attente, c’est la séparation des hommes d’avec leur femme et leurs enfants et le camp d’internement à Argelès, sans le moindre bâtiment. Il faudra plus d’un an pour que les conditions de vie s’améliorent… mais quelle indignité !
    La lecture de cette bande dessinée de facture classique est aisée. Les dessins de Eduard Torrents sont soignés, bien mis en couleurs par Marie Froidebise ; Denis Lapière assurant un scénario bien construit. J’ai été impressionné par les expressions de visages, soulignant une souffrance terrible, celle de l’arrachement à sa ville, à son pays natal. J’ajoute qu’une énorme surprise m’attendait à la fin du premier tome et cela fait que je me plonge sans délai dans le second.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Le convoi t.2 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Ghislaine Degache sur Le convoi t.2 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Nous voilà de nouveau à Barcelone, ce 19 novembre 1975, avec René auprès de Julia hospitalisée. Angelita, elle, n'est pas là. Elle est... , nous n'avions pas voulu le divulgâcher dans le compte-rendu du Tome 1, en discussion avec son père, père qu'on lui avait dit mort quand elle avait quinze...
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    Nous voilà de nouveau à Barcelone, ce 19 novembre 1975, avec René auprès de Julia hospitalisée. Angelita, elle, n'est pas là. Elle est... , nous n'avions pas voulu le divulgâcher dans le compte-rendu du Tome 1, en discussion avec son père, père qu'on lui avait dit mort quand elle avait quinze ans et qui se trouve aujourd'hui devant elle, maintenant qu'elle a quarante-quatre ans.
    Angelita ne comprend pas pourquoi, alors que ses parents se sont retrouvés, il y a quinze ans, ni son père, ni sa mère n'ont eu le courage de le lui dire. Et elle va lui poser la question suivante : "Que s'est-il passé exactement après que les Français nous ont séparés à notre arrivée en France ? Tu n'as pas été transféré à Mauthausen ?" Question à laquelle il répondra: "Oh si, j'y ai bien été ... J'y ai assez souffert. Et, en quelque sorte, j'y suis mort... Oh oui, bien mort."
    Manuel reprend alors le déroulé de sa vie depuis les quelques semaines précédant leur départ de Barcelone. Il explique les dissensions qui existaient au sein du couple, à propos de son engagement en résistance. Ils s'étaient même disputés juste avant leur départ. Il raconte ensuite la fierté qu'il a ressentie à les voir toutes deux si courageuses lors de ce périlleux déplacement à pied pour franchir le col des Pyrénées dans des conditions hivernales, puis la séparation et son arrivée dans ce camp, cloaque sans nom d'où il s'échappera. Il est ensuite repris et emmené au camp des Alliers, près d'Angoulême où il est resté près d'un an.
    En août 1940, les réfugiés du camp sont conduits au camp de Mauthausen. Manuel se remémore sa vie, ou plutôt sa non-vie au camp où il est resté pendant quatre ans, jusqu'à sa libération par les Américains. Puis il continue à raconter ce que fut sa vie jusqu'à aujourd'hui.
    Cette deuxième partie est aussi intéressante que la première et vient en quelque sorte la compléter.
    J'ai appris entre-autre, que ce maudit convoi de 927 personnes emmenées à la gare d'Angoulême et entassées dans des wagons de marchandises, ce sinistre convoi a été identifié comme le premier train de l'histoire de la déportation de civils en Europe occidentale. seulement 73 d'entre eux en réchapperont sur les 470 hommes et jeunes hommes du convoi, tandis que femmes et enfants seront livrés en gare d'Irún à la police franquiste.
    Les sentiments éprouvés par les divers personnages de l'histoire sont bien retranscrits, notamment en ce qui concerne Angelita qui a toujours tenu pour acquis la mort de son père en déportation et qui découvre qu'il s'agit d'un mensonge.
    Les dessins de la double page concernant le camp de Mauthausen, en disent plus longs que bien des commentaires.
    Le parler catalan par le personnel hospitalier, sans traduction, mais à peu près compréhensible ajoute une belle part de réalisme.
    À noter que l'album se termine sur un ton plus optimiste avec la mort de Franco, le samedi 20 novembre 1975 : "Celui par lequel tout avait débuté trente-six ans plus tôt, venait de mourir".
    Enfin, un dossier de huit pages de croquis et photos d'époque en fin de volume vient compléter et enrichir ce magnifique récit, aussi instructif qu'un documentaire.
    Ce double album, témoignage sur cette dramatique séquence honteuse et peu connue de l'histoire du XXe siècle qu'est La Retirada, est à mettre entre toutes les mains et ce, dès l'adolescence.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Le convoi t.1 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Ghislaine Degache sur Le convoi t.1 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Dès les premières pages, on fait connaissance avec une jeune femme Angelita, au petit accent espagnol, qu'on devine mal dans sa peau. Nous sommes en 1975, à Montpellier. Voilà qu'un coup de fil de son beau-père René lui apprend que sa mère Julia qui devait se trouver avec un groupe...
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    Dès les premières pages, on fait connaissance avec une jeune femme Angelita, au petit accent espagnol, qu'on devine mal dans sa peau. Nous sommes en 1975, à Montpellier. Voilà qu'un coup de fil de son beau-père René lui apprend que sa mère Julia qui devait se trouver avec un groupe d'archéologues en Auvergne vient d'être hospitalisée à Barcelone. Ils prennent aussitôt le train pour s'y rendre. Durant le voyage, son beau-père, René, lui demande de lui parler d'elle. "De maman ? - Oui. Comment vous êtes arrivés en France ce que vous avez vécu dans les camps et la... la disparition de ton père... Elle ne m'a presque rien raconté de tout ça. Elle n'aime pas en parler."
    Et Angelita se met à raconter comment début 1939, à l'âge de huit ans, elle a dû partir avec ses parents pour fuir Barcelone bombardée presque chaque jour, même si son père aurait voulu rester et trouver des volontaires pour rejoindre les brigades et essayer de défendre la ville. À un moment leur bus est stoppé et ils doivent avec les autres fugitifs continuer à pied dans le froid et la neige pendant deux jours et deux nuits. Arrivés à la frontière, ils sont dirigés vers la gare où les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Pour Angelita : " la séparation d'avec mon père fut un anéantissement". Elle apprendra à la fin de la guerre, le décès de son père au camp de Mauthausen. Avec sa mère Julia, elles sont conduites au camp d'Argelès : "C'était un enfer qui nous attendait."
    Le Convoi nous plonge dans ce drame que fut "la Retirada", un épisode encore méconnu de l'histoire contemporaine. Trois années de guerre civile espagnole (1936 - 1939) opposent les Nationalistes aux Républicains, Franco finit par s'emparer de Barcelone et les républicains espagnols se pressent alors vers la frontière. De l'autre côté des Pyrénées, ils sont dirigés vers des camps improvisés et insalubres, dans un dénuement total. Certains seront même déportés dans les camps de concentration nazis.
    En partie basée sur des souvenirs familiaux d'Eduard Torrents, le dessinateur, Le Convoi s'appuie sur des faits réels survenus dans de nombreuses familles catalanes. Cette bande dessinée est d'autant plus bouleversante qu'elle n'est pas imaginaire. Elle nous questionne fortement sur notre sens de l'humanité car c'est la nature humaine dans tous ses travers qui nous est présentée là.
    Les derniers jours à Barcelone, le questionnement lors de l'arrivée à la frontière, la séparation et la découverte de leur camp d'accueil sont particulièrement bien réussies au niveau dessin et couleurs. Ces évènements encore trop peu connus sont particulièrement bien présentés et de façon très claire.
    Un premier album fort réussi, au terme duquel, un fait bouleversant nous incite et nous oblige à découvrir sans tarder le deuxième !

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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