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Dominique Dyens

Dominique Dyens
Dominique Dyens vit à Paris. Elle est l'auteur de six romans dont Lundi Noir (2013), le décapant Éloge de la cellulite et autres disgrâces (2006), et Intuitions (2011). Elle écrit également pour le cinéma et la jeunesse, et collabore à diverses revues littéraires.

Articles en lien avec Dominique Dyens (1)

Avis sur cet auteur (21)

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    Couverture du livre « Femme eclaboussee (la) » de Dominique Dyens aux éditions J'ai Lu

    VANILLE LN LECLERC sur Femme eclaboussee (la) de Dominique Dyens

    "Madame a quarante-cinq ans. Elle est belle. Et distinguée. […]

    Monsieur est cadre supérieur dans une grande banque française. Lui aussi est toujours élégant. […] Monsieur ne parle jamais pour ne rien dire. C'est parce qu'il est important.

    Madame tient une boutique de cadeaux dans le...
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    "Madame a quarante-cinq ans. Elle est belle. Et distinguée. […]

    Monsieur est cadre supérieur dans une grande banque française. Lui aussi est toujours élégant. […] Monsieur ne parle jamais pour ne rien dire. C'est parce qu'il est important.

    Madame tient une boutique de cadeaux dans le VIIème arrondissement. Tous les matins, à dix heures, elle va déposer à la banque située en face de son magasin sa recette de la veille.

    Depuis cinq ans, Xavier Bizot occupe le même emploi : il est caissier au Crédit Lyonnais. Pour rien au monde il ne changerait de poste. Car il ne vit que pour le moment magique où Madame entrera, resplendissante, laissant traîner sur son passage les effluves de son parfum."

    Élégante et raffinée, Catherine Salernes fait partie des femmes belles sans le savoir, inconsciente de l'effet qu'elle produit, bien malgré elle, sur les hommes qu'elles croisent. Toujours parfaitement coiffée, manucurée, vêtue, elle prend soin d'elle par habitude, pour tenir son rang et faire oublier – même si sa belle-mère se plaît à lui rappeler constamment – qu'elle est d'origine modeste et provinciale. En se mariant à Jean Salernes, elle s'est coulée dans une vie bien rangée dans les quartiers chics de la capitale. Elle glisse dans l'existence sans bruit et sans relief, sans désir et sans envie, seulement animée par le souci de bien faire, de ne pas dénoter, de ne pas déplaire, de paraître à défaut de parvenir à être... L'équilibre de cette femme à la fragilité bouleversante ne tient qu'à un fil. "Si l'on venait à tirer trop fort dessus, il casserait net."

    Pourtant, en apparence, la famille Salernes a l'air parfaitement unie, Monsieur, Madame et leur deux enfants : Thomas et Virginie. Mais en apparence seulement, car la réalité est moins lisse qu'il n'y paraît. Monsieur et Madame font chambre à part depuis bien longtemps, ils ne se touchent plus, ne se regardent plus et se parlent à peine. Monsieur a d'ailleurs une maîtresse – ce que les autres membres de la famille ignorent, ou feignent d'ignorer. "Ils sont comme des personnages de huis clos" qui ne se posent ni ne posent de questions, qui ont pris pour habitude de ne rien voir, rien entendre et rien dire. On fait semblant, on joue un rôle, on compose. Les enfants eux-mêmes font tout pour s'effacer : le traumatisme dont Virginie est prisonnière reste tabou et l'homosexualité de Thomas, secrète. Seule la belle-mère acariâtre et méprisante s'exprime pour rabaisser sa bru dont elle n'a jamais accepté les origines provinciales mais tout en s'efforçant de préserver les apparences. Tout ce petit monde sclérosé mène une existence morne et monotone jusqu'au jour où Madame rencontre Olivier, jeune professeur, à qui elle va louer son studio, dont elle tombe amoureuse et qui devient son amant. Sous le masque de la bourgeoise BCBG se cache une femme passionnée, dont le désir ne demandait qu'à être éveillé, ce que le jeune homme va s'appliquer à faire avec subtilité et sensualité. Si bien que "ce premier mois restera gravé dans leur mémoire telle une ode à l'amour charnel, ponctuée d'une tendresse espiègle. Leurs corps se découvraient mutuellement, réveillant l'une aux caresses d'un homme et confortant l'autre dans sa virilité."

    Dès lors, la vie de Catherine s'embrase et avoir un amant devient une évidence. Elle "s'étonne de pouvoir regarder [son mari et ses enfants] sans honte ni culpabilité. Elle le fera très bien. Et même de mieux en mieux." Cette explosion des sens est pour elle une véritable renaissance, enfin un épanouissement véritable en tant que femme. Comme d'habitude, sa famille s'évertue à ne rien remarquer. Un homme en revanche est perturbé par les changements d'humeur, d'habitudes, d'attitudes de celle qu'il observe et admire depuis toujours. Un homme que cet amour pressenti puis confirmé anéantit. Il ne peut souffrir que l'objet de son fantasme, l'idéal inaccessible qu'elle incarne à ses yeux, la femme rêvée et espérée, succombe au charme d'un autre. Cet homme, c'est Xavier Bizot, le caissier de la banque, qui, après l'avoir secrètement vénérée, ne va plus avoir qu'une seule idée en tête : la faire chanter pour se venger.

    En prenant un jeune amant, quoique follement amoureuse, Catherine Salernes n'a toujours eu qu'une crainte : que son adultère soit découvert, qu'elle soit obligée de divorcer et de retrouver son ancien statut social. Alors, lorsqu'elle reçoit la lettre anonyme d'un maître-chanteur, tout s'effondre...

    Dans son premier roman, un "polar aux accents érotiques" sans une once de vulgarité, Dominique Dyens révèle déjà sa maîtrise implacable du récit, délivré par les voix des différents protagonistes, et son talent pour maintenir intacte la tension du suspense. Les personnages sont merveilleusement décrits dès les premières pages pour évoluer subtilement au fil des pages et dévoiler ainsi leur complexité et leurs paradoxes. L'ambiance feutrée et bourgeoise se fissure et se décompose pour laisser placer à une atmosphère à la Chabrol, délicieusement diabolique. Les masques tombent, les non-dits jaillissent, les apparences volent en éclat, entraînant personnages et lecteur dans la tourmente jusqu'au vertige. Jusqu'à l'implosion.

    "La famille Salernes vient d'éclater en mille morceaux de vie, colorés, comme les étincelles des feux d'artifice qui célèbrent chaque année depuis plus de deux siècles la victoire sanglante de la Révolution."

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    Couverture du livre « Intuitions » de Dominique Dyens aux éditions Pocket

    VANILLE LN LECLERC sur Intuitions de Dominique Dyens

    "Il y a des événements dans la vie qui sont si douloureux qu'on les gomme, on les froisse en une boulette de papier, on les coince à l'arrière du cerveau, dans une anfractuosité que même notre inconscient ignore. L'amnésie peut ainsi durer des années. Mais il suffit d'un grain de sable pour que...
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    "Il y a des événements dans la vie qui sont si douloureux qu'on les gomme, on les froisse en une boulette de papier, on les coince à l'arrière du cerveau, dans une anfractuosité que même notre inconscient ignore. L'amnésie peut ainsi durer des années. Mais il suffit d'un grain de sable pour que les souvenirs remontent à la surface, flottant comme des corps morts. Le plus terrible est qu'en réapparaissant, ce passé peut générer des dommages collatéraux plus dramatiques encore que l'événement originel.

    L'histoire de Nathalie et Patrice Royer aurait pu arriver à n'importe qui. Car ces gens sont comme nous. Ou presque. Mariés, des enfants, un travail, une maison. Et puis un jour, sans qu'aucun n'y ait été préparé, leur vie a basculé."

    Une maison cossue, dans les Yvelines, non loin de Saint-Germain-en-Laye, à Bois-Joli. Madame travaille dans l'immobilier, Monsieur est avocat, spécialiste ès divorces. Ils ont deux enfants, le fils aîné est en stage aux Etats-Unis, dans une grande banque d'affaires, la fille est en pleine crise d'adolescence. Entre golf, dîners mondains et réussite professionnelle, les Royer semblent une famille stable, épanouie, comblée. Malgré le manque de communication, le manque d'intimité, le manque de tendresse et certaines dates douloureuses...

    L'équilibre est sans doute un peu précaire, mais il est là, il résiste, les êtres tanguent, sur le fil mais se rattrapent, stoïques. "Si rien ne transparait de son vague à l'âme, c'est parce que Nathalie a toujours voulu sauver les apparences. C'est important pour elle, le qu'en-dira-t-on."

    Alors en ce dimanche où leur parvient un SMS de Grégoire, le fils aîné, qui leur annonce son mariage prochain et son retour en France avec sa fiancée, les questions concernant la jeune fille se bousculent : "mais qui donc est cette fille ?", avec l'espoir qu'elle n'est ni noire, ni juive et qu'elle ne déparera pas dans le cadre bourgeois de Bois-Joli... La rencontre avec Gala est un soulagement. La jeune fille est discrète, convenable, "bien du même milieu et peut-être nettement plus fortunée" qu'eux. Les familles se rencontrent, conversent et échangent des compliments. Tout semble parfait, l'union s'annonce belle et heureuse.

    Jusqu'au jour où Nathalie décrète qu'elle ne veut plus que la mariage ait lieu. "J'ai beaucoup réfléchi. Je ne la sens pas. […] Je n'aime plus l'idée de ce mariage. Tu dois convaincre ton fils d'y renoncer." Coup de théâtre incongru. "L'idée que Grégoire épouse cette fille lui donne la nausée. Le pire est qu'elle n'a aucune explication. Juste cette terrible intuition." Tout est implicitement contenu dans ce mot, tout à la fois porteur de secrets et de sens, qui donne si justement son titre au livre.

    En jouant habilement avec les narrateurs et les points de vue, promenant le lecteur entre le regard de la mère, du père, le journal intime de la fille et les pensées du fils, Dominique Dyens place le lecteur au centre de cette famille, elle l'introduit dans ce huis clos bourgeois et oppressant, où les apparences priment sur la sincérité, les silences sur la vérité, le carcan social sur la liberté des êtres.

    D'une concision impeccable, d'une sobriété parfaite, la plume de l'auteure fait craquer le vernis trop lisse du microcosme conservateur prisonnier des conventions pour en dévoiler les failles. L'atmosphère du récit n'est pas sans rappeler certains films de Claude Chabrol, sombres, cyniques et incisifs. Instillant la juste dose de suspense – jusqu'aux derniers mots soutenu –, de noirceur et d'ironie, Dominique Dyens nous offre un thriller fascinant, captivant, dérangeant, doublée d'une satire subtile et âpre de la "bonne société", construit en équilibre sur le fil ténu de la psychologie humaine, témoignant qu'"il y a toujours un peu de raison dans la folie..."

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    Couverture du livre « Lundi noir » de Dominique Dyens aux éditions Heloise D'ormesson

    Magali Garnero de A LIVR'OUVERT sur Lundi noir de Dominique Dyens

    Le héros, Paul Deshouillères vient de commettre un délit d'initié, qui se retourne contre lui. Il a misé trop gros, beaucoup plus qu'il ne peut rembourser vu que son opération est un échec. Et son banquier le poursuit.
    Tout ça parce que sa femme le trompe mais qu'il ne veut pas la perdre...
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    Le héros, Paul Deshouillères vient de commettre un délit d'initié, qui se retourne contre lui. Il a misé trop gros, beaucoup plus qu'il ne peut rembourser vu que son opération est un échec. Et son banquier le poursuit.
    Tout ça parce que sa femme le trompe mais qu'il ne veut pas la perdre !

    Lundi noir est un clin d'oeil boursier, une crise dans un milieu bourgeois mais aussi l'occasion pour Paul de faire un retour en arrière et de se remémorer de bons moments de sa jeunesse. Dominique joue avec nous, nous fait palper la tension du bout des doigts. Un bon moment.

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    Couverture du livre « Éloge de la cellulite et autres disgraces » de Dominique Dyens aux éditions Pocket

    Valérie Magnon sur Éloge de la cellulite et autres disgraces de Dominique Dyens

    Décevant. J’ai adoré la première nouvelle mais j’ai beaucoup moins ri aux suivantes. L’auteur est très caustique, très provocatrice ce qui ajoute du poids à son propos lorsqu’elle plaide pour les rondeurs et autres disgrâces féminines. Par contre, ce style est trop prégnant et devient presque...
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    Décevant. J’ai adoré la première nouvelle mais j’ai beaucoup moins ri aux suivantes. L’auteur est très caustique, très provocatrice ce qui ajoute du poids à son propos lorsqu’elle plaide pour les rondeurs et autres disgrâces féminines. Par contre, ce style est trop prégnant et devient presque caricatural lorsqu’elle défend la revanche de la ménagère. La première nouvelle est vraiment en rapport avec le titre de l’ouvrage, les suivantes s’en éloignent et se transforme en plaidoyer pour une société dédié aux femmes et surtout aux plaisirs des femmes. Plus rien n’est naturel, tout est exagéré, tout est permis et c’est trop même pour un rêve, une fable loufoque. J’ai aimé cependant l’idée de l’auteur de transformer en personnages principaux des personnes tenant un rôle secondaire dans une nouvelle précédente. L’idée est ingénieuse et nous permet d’obtenir un tableau complet d’une époque à travers plusieurs textes courts.