Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Doan Bui

Doan Bui

Doan Bui vient du Mans, où ses parents, originaires du Viêtnam, ont posé leurs valises. Après avoir hésité entre plusieurs métiers – paléontologue ou claviériste dans un groupe de rock –, elle a eu finalement la chance de trouver sa voie : être journaliste. Elle raconte les histoires des autres, ...

Voir plus

Doan Bui vient du Mans, où ses parents, originaires du Viêtnam, ont posé leurs valises. Après avoir hésité entre plusieurs métiers – paléontologue ou claviériste dans un groupe de rock –, elle a eu finalement la chance de trouver sa voie : être journaliste. Elle raconte les histoires des autres, et ce, comme grand reporter pour le Nouvel Observateur. En 2013 elle a reçu le prix Albert-Londres pour un article/reportage intitulé Les Fantômes du fleuve parlant des migrants tentant de gagner l’Europe via la Grèce par le fleuve Evros.

En 2016, pour son dernier roman Le silence de mon père, elle a reçu le prix Amerigo-Vespucci.

Avis sur cet auteur (26)

  • add_box
    Couverture du livre « La tour » de Doan Bui aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Catherine Giry-Deloison sur La tour de Doan Bui

    Si « Les Olympiades » existe bel et bien, Doan Bui a fait preuve d'une grande imagination pour décrire ce coin du 13e arrondissement de Paris fait de hautes tours érigées au cœur du quartier chinois, reflet d'une France prospère et créatrice, celle d'avant le premier choc pétrolier.
    Dans la...
    Voir plus

    Si « Les Olympiades » existe bel et bien, Doan Bui a fait preuve d'une grande imagination pour décrire ce coin du 13e arrondissement de Paris fait de hautes tours érigées au cœur du quartier chinois, reflet d'une France prospère et créatrice, celle d'avant le premier choc pétrolier.
    Dans la lignée d'un Alaa El Aswany (« L'Immeuble Yacoubian ») ou encore, plus sûrement, d'un Georges Perec (« La Vie mode d'emploi »), l'autrice sonde les destinées d'une poignée de résidents d'un building de 37 étages et de 296 cases, autant d'yeux « qui s'ouvrent et se referment ».
    Dans cette zone éloignée des lieux prisés de la capitale et destinée, à l'origine, aux cadres supérieurs, vit une famille de Vietnamiens. Alice et Victor Truong, menacés par les forces soutenues par la Chine qui les considèrent comme des « capitalistes exploiteurs », ont fui leur pays trois ans avant la chute de Saïgon. À l'issue d'un éprouvant périple, ils posent leurs valises en France.
    À cette époque, notre pays s'était mobilisé pour accueillir les victimes du communisme (je me souviens des opérations « bol de riz » organisées dans l'institution catholique où j'étais scolarisée !!!). Enfin, surtout la droite, comme le rappelle avec humour l'autrice, la gauche préférant soutenir les persécutés des régimes de Pinochet ou encore de Perón. Chacun son migrant en somme...
    Les Truong sont bien évidemment consternés par l'élection, avec le soutien du PCF, de François Mitterrand en 1981. Alice accuse même le nouveau président d'avoir tari ses seins, l'empêchant de nourrir correctement son bébé.
    Aussi véhémentes soient-elles, ses invectives ne sortent pas du cercle familial et c'est l'une des raisons pour lesquelles l'immigration asiatique semble aussi peu déranger les bons « souchiens ». Même si leur cuisine exhale d'entêtantes odeurs de nuoc- mâm... Ils sont en effet de parfaits modèles d'assimilation. À l'instar de Victor Truong qui déclame des vers du grand Toto, pensant que parler la langue de Molière fait de lui un parfait Français. Ce qui n'empêche pas la nostalgie du pays de l'enfance, une mélancolie accentuée par la déception provoquée par le contraste entre la terre d'accueil rêvée et la triste réalité... « Cette France-là n'avait rien à voir avec celle de la dalle des Olympiades » constate amèrement Victor en se rappelant ses lectures. « Le ventre des Halles de Zola, la belle et grasse campagne normande de Maupassant ou Flaubert […], les aubépines de Combray chez Proust » ne sont que des chimères.
    Quant à Anne-Maï, la fille d'Alice et de Victor née dans l'hexagone, ses racines vietnamiennes sont un non-sujet pour celle qui a tout d'une antihéroïne houellebecquienne.
    Pourtant, en période de crise, les hommes s'accrochent à leurs soi-disant identités et cherchent un bouc-émissaire qui serait, ô miracle, la solution à tous leurs maux.
    Quand on les yeux bridés, on est forcément responsable d'une épidémie provoquée par un virus qui pourrit notre manière de vivre depuis plus de deux ans... Les peurs irrationnelles et l'ignorance de l'autre ont de beaux jours devant elles...
    Ce sont toutes ces questions qui parcourent « La Tour ». Et Doan Bui les traite avec humour. Pour alléger ses propos pessimistes sur les travers humains et sur le futur qui nous attend.
    Au-delà du dilemme « communautarisme vs intégration », l'autrice pointe du doigt l'extrémisme, frôlant la folie, qui s'empare de certains, à l'heure où les réseaux sociaux sont un exutoire qui renforce les croyances. Ces délires, ils sont incarnés par Clément Pasquier. Celui-ci est tellement fasciné par Michel Houellebecq qu'il se prend pour le chien de l'auteur au prénom éponyme ! Il est aussi un raté pathétique et fanatique adepte, entre autres inepties, de la théorie du grand remplacement.
    Quant aux droits de l'homme, ils sont plus que malmenés par la France qui les brandit comme un étendard quand il s'agit de condamner les manquements des pays voisins. Car, sous la dalle des »Olympiades », vit une nouvelle génération de migrants dans l'attente d'une hypothétique régularisation. Et ces exilés, ils sont rejetés par ceux qui étaient à leur place quelques décennies plus tôt ! Ces réfugiés, ils sont incarnés par Virgile, « le Sénégalais de la bande », amoureux de Proust.
    En mêlant fantaisie et gravité, personnages réels et de fiction, la journaliste Doan Bui, qui signe là son premier roman, a su exprimer, dans une langue fluide et avec un art de la digression pour mieux camper son récit dans l'histoire, le malaise qui secoue nos sociétés contemporaines dans lesquelles nous sommes pris en étau entre notre impression d'être citoyen du monde et notre besoin quasi viscérale d'une identité, et aussi entre notre sensation d'être entouré d'amis plus ou moins virtuels et notre profonde solitude.

    EXTRAITS
    - Les Truong et tous les réfugiés d'hier dénonçaient avec virulence ces réfugiés d'aujourd'hui.
    - L'inutilité était la définition même de l'élégance. Le français était une langue de riches qui pouvait se permettre l'inutilité. La langue des pauvres était abrupte, elle n'avait pas le temps de se perdre en détours, elle allait à l'essentiel, manger, dormir, marcher, des verbes d'action secs et efficaces.
    - On ne sait jamais, au moment où elle se déroule, qu'on vit l'Histoire. Peut-être parce que c'est toujours les Événements qui prennent le dessus, que l'Histoire avec son grand H écrase toujours les histoires individuelles.
    - Le jeu des chaises musicales était l'allégorie parfaite du monde capitaliste.
    - En 2040, le dernier moineau de Paris était mort.

    http://papivore.net/litterature-francophone/critique-la-tour-doan-bui-grasset/

  • add_box
    Couverture du livre « La tour » de Doan Bui aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Christine GAZO sur La tour de Doan Bui

    Ce roman faisait partie des finalistes du Prix du livre Orange.
    Et je comprends pourquoi ! Original dans sa forme, avec notamment de nombreuses notes en bas de page étonnantes ! Habile dans sa construction, avec des protagonistes dont les histoires se croisent et se font écho...
    Inventif dans...
    Voir plus

    Ce roman faisait partie des finalistes du Prix du livre Orange.
    Et je comprends pourquoi ! Original dans sa forme, avec notamment de nombreuses notes en bas de page étonnantes ! Habile dans sa construction, avec des protagonistes dont les histoires se croisent et se font écho...
    Inventif dans sa projection futuriste.
    La Tour est l'une de celles qui entourent la dalle des Olypiades, Paris XVIIÈME, née de l'esprit créatif et ambitieux des architectes. Elle finit par abriter de nombreux réfugiés d'origine asiatique, et tout un monde se construit au fil des étages.
    De drames humains en destins plus ou moins tragiques se dessine une trame vivante, dérangeante et dure. La mise en lumière de tant de vies brisées et ignorées....
    Cette lecture m'a beaucoup marquée... et beaucoup plu. Je suis très heureuse d'avoir gagné ce livre, une bonne découverte !

  • add_box
    Couverture du livre « La tour » de Doan Bui aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Aurélien RIZZON sur La tour de Doan Bui

    Paris. Les Olympiades. Opération immobilière emblématique des années 70, ce quartier a été conçu par l'architecte Michel Holley. Chaque tour porte un nom de ville et on y trouve des magasins, des équipements publics...Bref, une ville dans la ville.

    L'écrivaine Doan Bui nous invite à partir à...
    Voir plus

    Paris. Les Olympiades. Opération immobilière emblématique des années 70, ce quartier a été conçu par l'architecte Michel Holley. Chaque tour porte un nom de ville et on y trouve des magasins, des équipements publics...Bref, une ville dans la ville.

    L'écrivaine Doan Bui nous invite à partir à la rencontre des habitants de la tour Melbourne, une tour fictive tout droit sortie de l'imagination de l'auteur. Ce roman choral va conduire le lecteur à côtoyer des protagonistes issus de culture et de milieux sociaux très divers. Boat people, pianiste roumaine exilée, sans-papiers sénégalais, c'est une vraie mosaïque. Sans oublier des personnages un peu plus "perchés" comme cet homme se prenant pour le chien de Houellebecq.

    J'ai particulièrement apprécié cette lecture. J'ai trouvé ce roman très riche et très intéressant. Intéressant pour les aspects historiques évoqués, intéressant pour la lecture que fait l'écrivaine de notre société, intéressant pour les traits d'humour parfois bien acérés, intéressant pour l'humanité qui se dégage de ce texte... Je pourrai sans doute continuer cette liste mais je pense que vous avez compris que je ne me suis pas ennuyé durant cette lecture, bien au contraire, je n'ai pas vu le temps défiler.

    De plus, ce texte se lit très bien tant le style de l'écrivaine est moderne, fluide et agréable. Les personnages se croisent, se recroisent, c'est foisonnant et très rythmé ce qui permet de ne pas endormir le lecteur.

    La lecture est agrémentée de nombreuses (peut-être un peu trop même à certains moments du récit) notes de bas de page. Celles-ci permettent des précisions intéressantes, souvent importantes pour bien saisir toutes les subtilités de ce roman. Le petit problème réside dans le nombre mais aussi dans la taille parfois importante de ces notes. J'aurai peut-être préféré qu'elles soient directement intégrée au texte pour éviter de sortir du récit à chaque fois. C'est un détail plutôt de forme et de confort de lecture car j'ai apprécié le contenu de ces notes de bas de page qui ont toujours amené un petit quelque chose en plus comme un fait historique, un trait d'humour...

    Par contre, une mention spéciale pour ce dernier chapitre qui brosse le portrait de ce que pourrait être notre société dans le futur. Certes, ça fait un peu peur, mais c'est vraiment très bien vu de la part de l'écrivaine (même si plutôt très pessimiste il faut bien l'avouer !).

    Un roman très sympathique à découvrir et une plume à suivre !

  • add_box
    Couverture du livre « La tour » de Doan Bui aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Passemoilelivre sur La tour de Doan Bui

    Les olympiades, un ensemble de tours édifiées dans le 13ème arrondissement de Paris, destinées à abriter dans un confort moderne des années 1970 la vie de gens aisés a raté ses objectifs de peuplement  et a accueilli des populations variées dont un grand nombre de réfugiés asiatiques. La tour...
    Voir plus

    Les olympiades, un ensemble de tours édifiées dans le 13ème arrondissement de Paris, destinées à abriter dans un confort moderne des années 1970 la vie de gens aisés a raté ses objectifs de peuplement  et a accueilli des populations variées dont un grand nombre de réfugiés asiatiques. La tour Melbourne constitue le cœur du roman qui évoque la vie de certains de ces habitants sur plusieurs décennies. Un patchwork de situations qui racontent les parcours de plusieurs familles vivant dans ce milieu urbain et à cette époque avec un grand sens de réalité historique, sociale et géopolitique. Une lecture agréable en compagnie de personnages bien campés et une évocation d’un avenir imaginaire peu optimiste, mais néanmoins assez crédible.