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Dimitri Rouchon-Borie

Dimitri Rouchon-Borie
Dimitri Rouchon-Borie est né en 1977 à Nantes. Il est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers. Il est l'auteur de Au tribunal, chroniques judiciaires (La Manufacture de livres, 2018). Le Démon de la Colline aux Loups est son premier roman.

Avis sur cet auteur (42)

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    Couverture du livre « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie aux éditions Le Tripode

    krol franca sur Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie

    Un homme raconte sa terrible vie, il est en prison, il va mourir et il dit. Il dit son enfance brisée, son enfance violente, sa solitude. Il dit l’indicible.

    « J’espère que vous saurez vous montrer miséricordieux ou quelque chose comme ça parce que j’ai un parlement qui est à moi et...
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    Un homme raconte sa terrible vie, il est en prison, il va mourir et il dit. Il dit son enfance brisée, son enfance violente, sa solitude. Il dit l’indicible.

    « J’espère que vous saurez vous montrer miséricordieux ou quelque chose comme ça parce que j’ai un parlement qui est à moi et pendant tout ce temps ces mots c’était pas façon d’être moi et pas un autre. Et comme j’ai pas fait l’école longtemps à cause du père, du Démon, de la mère et des autres, il manque des cases dans mon entendement des choses. »

    Ce roman est un coup de poing dans l’inventivité de la langue. Ce n’est pas une langue écrite, ce n’est pas une langue orale, c’est autre chose. C’est la langue d’un homme qui a appris son prénom très tard, d’un homme qui a découvert la vie extérieure à un âge où tous les enfants naviguent déjà dans le monde sans difficultés, d’un homme qui parle avec ses tripes, avec son cœur, qui tente d’expliquer ce qu’il ressent avec le peu de mots qu’il a à sa disposition.

    C’est donc un roman qui dérange, qui déstabilise, et en même temps qui fascine. C’est violent, voire insoutenable, mais c’est aussi très imagé, parce que, lorsqu’on n’a pas les mots, on a les images…

    Ce n’est pas artificiel, on sent derrière chaque mot l’authenticité du personnage, son innocence, et sa détresse, et en cela, ce roman est une réussite.

    Cet homme n’a jamais reçu aucune affection de ses proches (si ce n’est celle de sa sœur), n’a jamais été éduqué, son enfance a été saccagée, et d’un enfant meurtri il deviendra un bourreau.

    C’est noir et pourtant la lumière est au bout du tunnel !

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    Couverture du livre « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie aux éditions Le Tripode

    Calimero29 sur Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie

    Le titre, qui utilise deux figures, le démon et le loup, qui hantent l'inconscient collectif et qui sont les vecteurs de nombreuses peurs, ne laissait pas présager une tendre bluette. En effet, ce roman est d'une noirceur totale.
    C'est de sa prison, que Duke nous livre son histoire qu'il tape...
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    Le titre, qui utilise deux figures, le démon et le loup, qui hantent l'inconscient collectif et qui sont les vecteurs de nombreuses peurs, ne laissait pas présager une tendre bluette. En effet, ce roman est d'une noirceur totale.
    C'est de sa prison, que Duke nous livre son histoire qu'il tape sur une machine à écrire, rentré en lui-même pour essayer de se rapprocher de sa vérité.
    Duke est le 3ème d'une fratrie de 6; les enfants sont livrés à eux-mêmes, enfermés dans le noir, non scolarisés, ne mangeant qu'un repas par jour dans une gamelle commune par terre. Ils sont battus, terrorisés et ne trouvent un semblant d'humanité que pelotonnés les uns contre les autres. Duke sera le seul à être violé par son père. Lorsque ce dernier menace de s'en prendre à sa grande sœur, qu'il aime d'un amour profond, se lève alors en lui une violente colère, une haine brûlante qu'il nomme son Démon. Il n'aura de cesse d'essayer de tenir ce Démon à distance, de l'empêcher de s'emparer de lui mais malgré quelques rayons d'espoir, son combat est perdu d'avance.
    Ce roman est d'une noirceur insupportable, certains passages sont à vomir. La puissance évocatrice des mots, une syntaxe rudimentaire, réduite à sa plus simple expression, des phrases sans ponctuation hormis les points nous enchaînent au texte. C'est une écriture qui parle; on dirait que Duke est assis en face de nous et nous livre sa vie misérable, son combat intérieur sans filtre comme s'il expectorait la douleur. C'est puissant voire dérangeant.
    Cependant, au milieu de cette noirceur, une lueur tremblote de temps en temps vite étouffée : l'amour que Duke voue à sa grand sœur et à Billy, la camée avec laquelle il vit dans un squat, sa tendresse pour sa famille d'accueil, son émotion devant la beauté de la nature, le remords qui le ronge d'avoir causé la mort de trois innocents.
    Ce roman me rappelle le primo-roman "Chienne" de Marie-Pier Lafontaine sur son enfance semblable à celle de Duke et surtout "Antoine" de Christian Blanchard que je venais juste de terminer; on y retrouve de nombreux thèmes communs : la déchirure de l'enfance, le placement en famille d'accueil, oasis de douceur au milieu de la violence, la boxe pour canaliser la violence, l'hérédité de la violence, l'enfermement physique et psychologique, le combat intérieur qui ne peut être gagné que par la mort.
    Néanmoins, malgré la force et la puissance de ce roman, l'empathie que l'on peut ressentir pour cet enfant détruit, j'ai ressenti un certain détachement face à l'accumulation d'horreurs : parents maltraitants, enfants traités comme des animaux, coups, pédophilie, viols, inceste, prostitution, suicide, meurtres, prison. Mais je me suis aussi demandé si l'auteur, chroniqueur judiciaire, ne s'était pas inspiré de son expérience et si ce qu'il décrit n'est pas l'image d'une réalité horrible.
    J'ai maintenant besoin de respirer, de me plonger dans un roman plus léger, de reprendre mon souffle et d'essayer de m'éloigner de cette noirceur et du malaise ressenti à la lecture de ce roman.

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    Couverture du livre « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie aux éditions Le Tripode

    Anne-Marie Lemoigne sur Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie

    Un récit-confession : celui de l'impossible résilience d'un homme marqué par une enfance vécue dans un infra-monde aux lisières du nôtre, un monde d'une cruauté insoupçonnée où les enfants ne sont rien de plus qu'une portée de créatures qu'on met bas, qu'on laisse grouiller sur le sol, dans...
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    Un récit-confession : celui de l'impossible résilience d'un homme marqué par une enfance vécue dans un infra-monde aux lisières du nôtre, un monde d'une cruauté insoupçonnée où les enfants ne sont rien de plus qu'une portée de créatures qu'on met bas, qu'on laisse grouiller sur le sol, dans leurs déjections, et destinés à satisfaire les instincts les plus bas de leurs géniteurs .

    Un récit- confession dont l'écriture surprend car elle est celle d'un être qui maîtrise mal les codes lexicaux et syntaxiques.
    Déroutée dans les premières pages par de longues phrases déstructurées qui arrivent par vagues, sans ponctuation interne, j'ai été très vite été happée par ce «parlement», cette parole d'une rare puissance émotionnelle. Une parole juste, et non fabriquée, une parole que l'auteur Dimitri Rouchon- Borie, chroniqueur judiciaire à souvent entendue lors des procès qu'il a suivis et dont il se fait ici l'écho.

    Ce récit-confession constitué de 44 chapitres est celui d'un homme condamné à de longues années de prison et qui tente, dans sa cellule , par ce travail considéré comme une forme de thérapie, d'expliquer l'engrenage fatal qui l'a mené à un meurtre et à un incendie volontaire dans lequel sont mortes accidentellement deux petites filles .
    Il alterne les chapitres consacrés à l'enfance et ceux consacrés à son procès , et à sa vie de détenu . C'est le récit glaçant de la descente aux enfers de celui qui, marqué par le destin , d'abord victime dans son enfance est devenu par la suite bourreau .
    A la fois «ange blessé» et «bête perdue», tout en se sentant envahi à jamais par le démon associé au lieu de sa naissance:la Colline aux loups, il accède cependant à la conscience de sa responsabilité et souffre de ne jamais avoir pu expulser ce mal qu'il porte en lui .

    Un récit glaçant, celui d'une descente aux enfers .
    Une voix venue d'un ailleurs de misère, au phrasé particulier et qui va droit au cœur .

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    Couverture du livre « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie aux éditions Le Tripode

    Laurence Yacono sur Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie

    Ce livre est d'une noirceur absolue...

    Et pourtant il m'a intéressée.
    Passé une certaine déstabilisation dûe au manque de ponctuation de ce récit, on découvre cette effarante histoire.
    J'ai été émue:
    - par le langage naïf et destructuré que le narrateur Duke emploie pour raconter avec...
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    Ce livre est d'une noirceur absolue...

    Et pourtant il m'a intéressée.
    Passé une certaine déstabilisation dûe au manque de ponctuation de ce récit, on découvre cette effarante histoire.
    J'ai été émue:
    - par le langage naïf et destructuré que le narrateur Duke emploie pour raconter avec maladresse la maltraitance abyssale qu'il a subi de la part de ses parents. Peut-on d'ailleurs les nommer "parents"...dans un tel contexte abject. L'innocence de ce témoignage est bouleversant.
    - par le personnage, Duke, qui est déroutant mais également attachant dans sa perdition de repères.
    - par l'humilité de l'auteur à savoir se mettre en retrait pour laisser éclater les souffrances de son personnage. Car ce n'est pas la plume de l'auteur que l'on retient mais bel et bien ce langage criant de tourments et de blessures.
    Remarquable

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