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Dimitri Bortnikov

Dimitri Bortnikov

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Avis sur cet auteur (4)

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    Couverture du livre « L'agneau des neiges » de Dimitri Bortnikov aux éditions Rivages

    Les Lectures de Cannetille sur L'agneau des neiges de Dimitri Bortnikov

    Née au nord de la Russie après la Révolution, la jeune infirme Maria perd un à un les siens et, poussée par la misère, se retrouve contrainte d’aller tenter sa chance toujours plus loin. Elle parvient ainsi à Léningrad et trouve à s’y employer dans un orphelinat. Le siège de la ville par la...
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    Née au nord de la Russie après la Révolution, la jeune infirme Maria perd un à un les siens et, poussée par la misère, se retrouve contrainte d’aller tenter sa chance toujours plus loin. Elle parvient ainsi à Léningrad et trouve à s’y employer dans un orphelinat. Le siège de la ville par la Wehrmacht lors de la seconde guerre mondiale la force à fuir avec les douze seuls enfants survivants.

    Cette histoire racontée avec la naïveté d’un conte est tout simplement terrible. Un petit bout de femme, que tout laissait présumer aussi fragile qu’un fétu de paille dans le vent de l’Histoire, résiste à toutes les épreuves - handicap, misère, famine, solitude – pour devenir, malgré elle, l’incarnation anonyme du courage et de l’abnégation. Aux côtés de la jeune Maria, vouée dès la naissance à une existence misérable et insignifiante, et qui traverse les terrifiants soubresauts de son époque avec la patience têtue des êtres habitués à faire impassiblement avec le pire, sans même songer à se plaindre, c’est toute l’histoire du petit peuple de Russie, pendant les années trente et quarante, que l’on traverse à hauteur d’une âme simple, que les vicissitudes ne parviennent pas à altérer.

    Toujours au plus près du ressenti et du quotidien des personnages, au travers d’une foule de ces détails infimes qui font pourtant la couleur d’une vie, le texte ne se départit jamais d’un parti-pris narratif aussi déconcertant qu’efficace quant à l’effet recherché. S’il n’a cessé de me rebuter, au point de me gâcher une bonne partie de mon plaisir de lecture, il contribue fortement à l’atmosphère et au ton si particuliers du roman. Son expression exaltée et emphatique, ses salves de phrases brèves, souvent sans verbe, mitraillées de points d’exclamation, mais aussi ses formules imagées, formulées avec une spontanéité simple et presque naïve, dans une langue très orale, créent l’impression d’écouter un témoin de ces temps anciens narrer ses souvenirs, discrètement teintés d’un parfum de mélancolie et de légende épique.

    Travaillé jusque dans son style en un puissant hommage à ces innombrables très modestes anonymes, qui, du temps des grands-parents de l’auteur, ont payé un si lourd tribut à l’Histoire en Russie, ce roman est de ceux qui vous impressionnent par leurs qualités, même si elles en rendent aussi la lecture quelque peu ingrate.

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    Couverture du livre « L'agneau des neiges » de Dimitri Bortnikov aux éditions Rivages

    L'atelier de Litote sur L'agneau des neiges de Dimitri Bortnikov

    Un véritable coup de cœur pour ce livre si particulier. Il faut dire que son auteur est russe et qu’il écrit directement en français et cela fait toute la différence. Un style inclassable, des tournures de phrases bien à lui et constamment des répétitions de mots comme pour mieux les ancrer mais...
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    Un véritable coup de cœur pour ce livre si particulier. Il faut dire que son auteur est russe et qu’il écrit directement en français et cela fait toute la différence. Un style inclassable, des tournures de phrases bien à lui et constamment des répétitions de mots comme pour mieux les ancrer mais aussi nous offrir une mélodie. Des phrases inhabituelles et déroutantes au commencement, bien vite on tombe dans le chaudron russe et ce qui était étrange devient enchanteur. Une ponctuation anarchique qui donne un peu plus un rythme qui lui est propre. Tout du long, j’ai eu le sentiment d’écouter un conteur habile en introspection qui par le biais de son personnage principal nous offre une histoire digne des tragédies grecques. Nous allons suivre Maria patte d’ours, née sur les bords de la Mer Blanche dans le Nord de la Russie. Maria n’aurait pas du survivre avec son handicap tant la vie est dure entre famine, misère et révolution. Pourtant c’est bien elle qui lutte avec acharnement pour sa vie mais aussi pour la vie des orphelins dont elle a la charge. Nous suivons son parcours quasi initiatique depuis sa naissance sur la corde raide entre vie et mort omniprésente. Quelle valeur a la vie dans ces contrées, à cette époque, où pour un morceau de sucre ou quelques poissons, elle peut être échangée. Heureusement, grâce à sa marraine, un personnage qui oscille entre la chamane et la religieuse, elle apprend à survivre dans les pires conditions. Lorsque la petite histoire rejoint la grande et que l’auteur situ son action lors du siège de la ville de Leningrad en 1944, alors on sait que l’on s’enfonce dans la douleur, l’obscurité et la violence. Tout se ligue contre la vie, le terrible froid, la guerre, la famine, la maladie et même un ours lui aussi rendu fou par la faim. Un récit puissant et intimiste qui force le respect. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2021/08/25/39107178.html

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    Couverture du livre « L'agneau des neiges » de Dimitri Bortnikov aux éditions Rivages

    Marie Kirzy sur L'agneau des neiges de Dimitri Bortnikov

    Pour suivre l'odyssée de Maria à travers la Russie / URSS post révolution bolchevique, il faut accepter le tempo du roman, il faut d'abord dompter l'exaltation d'une langue française poussée dans ses retranchements, essorée, tordue, enflammée par une ponctuation spectaculaire mitraillant le...
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    Pour suivre l'odyssée de Maria à travers la Russie / URSS post révolution bolchevique, il faut accepter le tempo du roman, il faut d'abord dompter l'exaltation d'une langue française poussée dans ses retranchements, essorée, tordue, enflammée par une ponctuation spectaculaire mitraillant le texte de points de suspension, d'exclamation, dans une mitraille de phrases brèves, parfois nominales. Mais une fois cet effort concédé, un texte retentissant à l'empreinte puissante s'ouvre à nous.

    On se perd parfois dans les déambulations de Maria qui la mène jusqu'au siège de Leningrad mais jamais sa présence incandescente ne nous quitte. Un des plus beaux personnages féminins lus depuis longtemps. Maria, vouée à ne pas survivre dans une Russie rongée par la famine, née faible et boiteuse dans une famille misérable au nord de la mer Blanche, achetée contre quelques poissons par ces frères à une marraine qui deviendra son phare. Une simple d'esprit mais pas simplette. Juste un coeur pur qui suit ses intuitions, prend le monde tel qu'il est et s'y adapte. Un élan naturel vers l'autre, sans jamais vouloir le posséder ou le juger, juste posée là en observatoire des passions des autres ( notamment Anna, son opposée polaire qui, elle, mijote dans les passions ).

    Confrontée à la violence du monde - la famine omniprésente, la guerre - le roman prend des allures de parabole christique tant la symbolique chrétienne semble imprégner la destinée de Maria, l'agneau des neiges, jusqu'à une cave de Leningrad, entourée de douze orphelins qui n'ont plus qu'elle pour tenter de rester en vie. Maria continue à avancer inaltérable malgré l'horreur qui se déchaîne.

    Et c'est justement dans les cent dernières pages, consacré au terrible siège de Leningrad ( 900 jours du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944 ) que la prose de Dimitri Bortnikov prend tout son sens. Sa logorrhée étourdissante se conjugue au gré des bombes et la famine qui tuent par centaine de milliers, plus explosive que jamais dans la description de cette épopée de survie. le lyrisme singulier de l'auteur est tellement stimulant qu'il imprègne cette lecture d'images fortes .

    « Un autre jour, Maria s'est réveillée d'un étrange silence. Elle est sortie pour voir. le ciel était comme une huître ouverte ... Au palais nacré. Et le ciel chantait la musique de la neige ... Il avait neigé cette nuit-là. Maria humait l'air. Rien. Aucune odeur ... L'air était pur, et le ciel était haut. Si haut ... Et le silence était parfait. A tomber à genoux devant tout ça ... Et puis le soleil s'est levé et la neige, elle s'est allumé de mille feux. Cette lumière du Nord. le feu vert d'abord ! Puis rose ... Puis vermillon ... Et l'ombre bleue, oui, ce bleu tendre, presque gros, qui vous suit, et puis passe devant et vous guide comme le chien d'un aveugle ... Puis s'allonge à vos pieds, reste comme ça le temps d'un coup de cils, et puis disparaît. Mon ami, mon ami ... La neige – c'est l'enfance de toutes les odeurs. La neige – c'est la mère de toutes les couleurs. La mère stérile ... Toujours jeune. Et là, Maria s'est mise à prier. »

    Très impressionnant.

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    Couverture du livre « L'agneau des neiges » de Dimitri Bortnikov aux éditions Rivages

    LALIE.01 sur L'agneau des neiges de Dimitri Bortnikov

    **Rentrée littéraire 2021**

    "Un roman magistral, où la trace de l'intime rejoint celle de la grande Histoire."

    Dernier livre de l'écrivain russe, Dimitri Bortnikov (éditions Rivages) à paraître le 18/08/2021, "L'agneau des neiges", nous entraîne au nord de la Russie, plus exactement, au...
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    **Rentrée littéraire 2021**

    "Un roman magistral, où la trace de l'intime rejoint celle de la grande Histoire."

    Dernier livre de l'écrivain russe, Dimitri Bortnikov (éditions Rivages) à paraître le 18/08/2021, "L'agneau des neiges", nous entraîne au nord de la Russie, plus exactement, au bord de la mer Blanche.

    Parmi les personnage, on rencontre l'héroïne, une jeune fille, Maria, qui est infirme mais qui lutte pour vivre, tout simplement. C'est d'ailleurs son courage qui la fait remarquer alors qu'elle va de régions en régions dès que cela lui est possible.

    L'auteur a dédié ce livre à sa mère et d'ailleurs, l'ouvrage débute ainsi : "Au début ce n'était pas le Verbe. Au début était la mère.
    ça a commencé par une naissance sans un cri. Une naissance silencieuse... Maria a vu le jour quand la Révolution s'est mise à table pour dévorer ses enfants. Et plus elle mangeait... plus elle avait faim." "Maria est sortie de sa mère au moment où celle-ci s'est agenouillée devant le poêle pour faire du feu." L'enfant est venu, sans cris ."Maria ne criait pas. Elle n'avait pas froid. Ne tremblait pas. Mais ce que sa mère a caché à son mari - c'est le pied de l'enfant. La petite est née avec un pied-bot. Pied gauche... Aussi gros que sa tête."
    Le père est un homme du Nord : grand - taiseux - un Pomor - le peuple pêcheur.

    Quant à la mer Blanche, elle n'a jamais été asservie, jamais, ni les îles ni les monastères.

    On suit toute la vie de Maria au travers de ses rencontres - de son évolution - on lit de la poésie - les joies et les tristesses - les espoirs et les déceptions - les voyages en train : "Oh, les trains... C'est un monde qui roule. Deux jours... Trois. Un monde qui se tait d'abord. (...) Toudoum - Toudoum."
    Quand elle arrive à Léningrad, Maria trouve cette ville si belle, si grande, si magnifique. Tout est hallucinant pour elle au point qu'elle en oublie de respirer.
    Mais il y a le blocus imposé par les nazis et Maria va faire tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de mettre à l'abri du mal, des orphelins, quitte à mettre sa vie en danger.

    C'est avec une écriture très particulière que Dimitri Bortnikov nous raconte cette histoire. Son style peut paraître un peu dérangeant au début car il dit sans cesse "oui" dans ses phrases ou alors des phrases plus que courtes, ainsi que des répétitions (peut-être pour asséner ses dires...), mais "on s'y fait".
    Un ouvrage touchant par la vie de Maria, avec de nombreuses notifications culinaires (des plats et des boissons russes) - mais également les problèmes politiques ou militaires (ce qui est plus important).

    En résumé, une prochaine rentrée littéraire qui a son mot à dire même s'il est en russe.
    Pour ma part, je vous dis :
    "Davaï!" ("Давай") : "En avant", allez découvrir "L'agneau des neiges" à sa parution en librairie.