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Dima Abdallah

Dima Abdallah
Née au Liban en 1977, Dima Abdallah vit à Paris depuis 1989. Après des études d'archéologie, elle s'est spécialisée dans l'antiquité tardive. Mauvaises Herbes est son premier roman.

Avis sur cet auteur (10)

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    Couverture du livre « Mauvaises herbes » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Jean-Paul Degache sur Mauvaises herbes de Dima Abdallah

    Ces Mauvaises herbes poussent n’importe où, aux endroits les plus improbables et peuvent donner ensuite, malgré tout, de belles plantes. Pour la principale narratrice de ce premier roman de Dima Abdallah, ce qui ressort d’emblée, c’est le terrible traumatisme de l’enfance, dans Beyrouth, en...
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    Ces Mauvaises herbes poussent n’importe où, aux endroits les plus improbables et peuvent donner ensuite, malgré tout, de belles plantes. Pour la principale narratrice de ce premier roman de Dima Abdallah, ce qui ressort d’emblée, c’est le terrible traumatisme de l’enfance, dans Beyrouth, en 1983, alors que la guerre civile fait des ravages.
    Là, il faut choisir sa confession, choisir son camp, sa faction et la petite fille de six ans que son père, son géant, va chercher à l’école, refuse de choisir. Elle prie son Dieu à elle, pas celui des autres qu’elle n’aime pas trop. Elle s’accroche à l’index ou à l’auriculaire de ce père qu’elle admire. Elle est solitaire, parle peu, se fait punir à l’école et elle sent que les maîtresses ne l’aiment pas.
    Jusqu’à l’âge de onze ans, la vie de la narratrice se déroule donc dans la capitale d’un Liban déchiré et c’est la partie que j’ai trouvée la plus intéressante. Dima Adballah est née là-bas et connaît donc bien son sujet, comme elle l’avait expliqué lorsque nous l’avions rencontrée lors des Correspondances de Manosque 2020.
    Petit à petit, la narratrice parle des plantes, du potager de sa grand-mère puis de celles qui poussent sur leur petit balcon : jasmin, thym, romarin, eucalyptus, origan, marjolaine… Cela devient un vrai leitmotiv. C’est beau mais un peu lassant. Par contre, l’autrice me gratifie régulièrement de savoureuses réflexions, surtout pendant l’enfance de sa narratrice.
    Ce n’est que trois ans plus tard, en 1986, toujours à Beyrouth, que le père, journaliste, écrivain et poète, prend la parole. Il avoue ses faiblesses, raconte la terrible crise d’asthme de sa fille et les urgences de l’hôpital où il a fallu la conduire en catastrophe. C’est là que commence à ressortir une incommunicabilité, une absence terrible de mots entre eux deux, un problème qui va grandissant alors qu’ils ont quantité de points communs.
    C’est lui qui pousse sa femme dont on parle vraiment très peu, à partir, avec leur fille et son petit frère. Nous sommes en 1989 et c’est à Paris qu’ils se retrouvent tous les trois dans le studio qu’habite une tante.
    Le père fera plusieurs voyages mais sans rester. Sa fille retrouvera Beyrouth avec son frère, dix ans plus tard, pour trois semaines, mais 33 degrés Celsius et 73 % d’humidité lui causeront une nouvelle terrible crise d’asthme.
    Les années passent. À 18 ans, elle quitte le lycée, part en Espagne, au Portugal, ne donne plus de nouvelles et révèle un mal-être grandissant. Il faudra des années pour que tout s’apaise et c’est là le thème principal du livre, cette perpétuelle introspection, faite de nombreuses redites, d’une souffrance morale et physique, ce que j’ai trouvé un peu pénible.
    Les mauvaises herbes, les souvenirs qui ressortent à n’importe quel moment, la solitude de cette femme déracinée qui s’aperçoit qu’elle oublie l’arabe, sa langue maternelle, tout cela est détaillé, dit et redit.
    Dima Abdallah, avec Mauvaises herbes, néglige assez le récit factuel, se contente de suggérer par petites touches, préférant écrire des pages magnifiques sur le rôle des plantes et les tourments moraux et physiques de son héroïne.
    Mauvaises herbes est un beau premier roman qui comporte sûrement une part d’autobiographie. Il démontre toutes les souffrances d’une enfant traumatisée par la guerre civile et les dégâts causés par le déracinement, dégâts qui mettent très longtemps à se résorber.

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Mauvaises herbes » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Mimosa sur Mauvaises herbes de Dima Abdallah

    un certain mal être s'empare du lecteur en lisant cette alternance de deux voix: celle d'un père et celle sa fille qui rentrent de l'école à Beyrouth sous les alertes à la bombe Ils jouent tout au long du livre à"aller bien" alors que peu à peu les traumatismes les anéantissent. Dur, noir et...
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    un certain mal être s'empare du lecteur en lisant cette alternance de deux voix: celle d'un père et celle sa fille qui rentrent de l'école à Beyrouth sous les alertes à la bombe Ils jouent tout au long du livre à"aller bien" alors que peu à peu les traumatismes les anéantissent. Dur, noir et ,pour ma part ,une certaine difficulté à savoir qui parle ;les souvenirs du passé se mêlant aux angoisses du quotidien .Un livre marquant ,exceptionnel!!!!

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    Couverture du livre « Mauvaises herbes » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Joëlle Buch sur Mauvaises herbes de Dima Abdallah

    Ce premier roman nous plonge dans le quotidien d’une famille à Beyrouth en 1983, donc au Liban en pleine guerre civile.
    Le chapitres alternent entre la voix de l’enfant puis la voix de l’adulte. Chacun apporte son point de vue, ses sentiments, la façon dont il vit tout cela.
    C’est un récit...
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    Ce premier roman nous plonge dans le quotidien d’une famille à Beyrouth en 1983, donc au Liban en pleine guerre civile.
    Le chapitres alternent entre la voix de l’enfant puis la voix de l’adulte. Chacun apporte son point de vue, ses sentiments, la façon dont il vit tout cela.
    C’est un récit poignant, vu avec les yeux d’une enfant de 8 ans. Elle va avec la peur au ventre à l’école. Elle espère qu’on ne lui pose pas la question incontournable à laquelle elle ne sait répondre : de quelle confession est-elle ? chrétienne ou musulmane ? Elle n’est ni l’une, ni l’autre. Ses parents ne croient pas en Dieu. La famille de sa mère est un peu chrétienne et celle de son père un peu musulmane.
    Selon la situation, sa mère montre ses papiers chrétiens ou musulmans. Elle est journaliste et professeure de français. Elle rentre souvent tard. C’est donc son père, écrivain, qui s’occupe d’elle et de son petit frère.
    Elle essaie d’écrire des poèmes comme son père. Elle aime arroser les plantes sur le balcon avec lui. C’est son modèle, « son géant ».
    « La poésie c’est peut-être ce qu’on écrit quand on n’arrive pas à pleurer comme les autres. »
    Elle est différente des autres enfants. Elle est sensible. Elle a du mal à s’adapter à l’école dont elle ne comprend pas les règles. « Je suis un cube qu’on essaye de faire entrer dans le monde rond du matin au soir. »
    Et un soir, elle n’arrive plus à effacer, oublier les moments difficiles de sa vie, la peur des bombes, des contrôles, les valises prêtes pour fuir à tout moment. C’est sa première crise d’angoisse. Son père impuissant, ne sait comment la rassurer. « J’aurais voulu être fort, et être fort, ici, c’est tuer, c’est torturer. »
    Trois ans plus tard, elle part pour Paris avec sa mère et son frère, laissant son père au Liban.
    Elle raconte alors sa vie à Paris, les choses qu’elle aime bien comme la bibliothèque de la rue Mouffetard où elle passe la majeure partie de son temps à lire des BD et des romans.
    Peu à peu elle oublie les mots arabes et ne parle plus qu’en français, elle perd son identité. On la voit ainsi grandir, abandonner l’école, partir pour se perdre alors que les crises d’angoisses sont toujours présentes.
    Père et fille n’arrivent pas à se parler, ils s’écrivent. Il boit beaucoup. On assiste à sa lente chute.
    Un texte délicat, plein de grâce et de poésie, bouleversant.
    Elle a reçu le prix « envoyé par la Poste » 2020.

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    Couverture du livre « Mauvaises herbes » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Miss K Paris sur Mauvaises herbes de Dima Abdallah

    C’est un livre à deux voix celle d’une jeune fille et son père, entre un journal intime et un roman épistolaire. Les mots valsent entre ce père, journaliste et écrivain, qui exprime ses tourments à tenter de protéger sa fille, et cette dernière qui résiste, ne pleure pas malgré les explosions,...
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    C’est un livre à deux voix celle d’une jeune fille et son père, entre un journal intime et un roman épistolaire. Les mots valsent entre ce père, journaliste et écrivain, qui exprime ses tourments à tenter de protéger sa fille, et cette dernière qui résiste, ne pleure pas malgré les explosions, les corps déchiquetés ... et qui lui écrit des poèmes « La poésie, c’est peut être ce qu’on écrit quand on n’arrive pas à pleurer comme les autres ».
    Elle est née à Beyrouth pendant la guerre civile et a appris à ne rien montrer de ses peurs, plongeant dans le regard de ce père, ce géant, lui tendant la main comme on s’accroche à un fil pour ne pas sombrer. Elle qui craint les fantômes plus que bombes, grandit au milieu de la désolation et trouve refuge dans les plantes, y compris (et surtout) les mauvaises herbes « celles qui poussent au mauvais endroit au mauvais moment, mais qui prolifèrent ailleurs […], qui s’acharnent à vivre dans les milieux les plus hostiles ». Car il faut vivre malgré tout et ne pas montrer sa peur.
    Quand le départ s’impose, le déracinement va lentement immiscer son poison dans les veines et surtout le cœur de cette jeune femme, ce cœur qui garde tout, trop, qui gonfle et finit par devenir incontrôlable. Enfant, habituée pendant des années à déménager, à n’emporter que l’essentiel dans un sac à dos bleu, devenue adolescente puis adulte, elle est perdue devant ces objets, ces souvenirs qui s’accumulent et dont elle ne sait quoi faire.
    Très beau premier roman sur la relation forte mais silencieuse entre un père et sa fille, séparés à cause d’une guerre civile qui dévisagea leur pays, sur l’arrachement à une terre (même sous les bombes) et sur le comment on se (re)construit malgré tout.
    L’écriture est à la fois forte, poétique et d’une sincérité qui m’a profondément touchée.
    Une dernière citation de cette auteure pour illustrer cette difficulté à vivre l’exil «  De ce quartier peut-être, où on n’est pas seuls à être de nulle part. De ce quartier où, vu qu’on est nombreux à être un peu d’ici, un peu de là-bas, un peu de bientôt ailleurs, on en fait un petit pays, un endroit où l’on se ressemble et qui finit par nous ressembler ».
    Premier roman de cette auteure libanaise qui, comme son géant de papa, écrit pour mieux se relever. Puissant et bouleversant !

Bibliographie de Dima Abdallah (1)

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