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Dima Abdallah

Dima Abdallah
Née au Liban en 1977, Dima Abdallah vit à Paris depuis 1989. Après des études d'archéologie, elle s'est spécialisée dans l'antiquité tardive. Mauvaises Herbes est son premier roman.

Avis sur cet auteur (17)

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    Couverture du livre « Bleu nuit » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Joëlle Buch sur Bleu nuit de Dima Abdallah

    Un homme vit reclus dans son appartement, hanté par son passé. Il a grandi de l’autre côté de la Méditerranée, avant de fuir sa vie et de se réfugier en France pour devenir journaliste à Paris. Il a toutes sortes de stratagèmes et de tics pour oublier ses fantômes. Mais quand le téléphone sonne...
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    Un homme vit reclus dans son appartement, hanté par son passé. Il a grandi de l’autre côté de la Méditerranée, avant de fuir sa vie et de se réfugier en France pour devenir journaliste à Paris. Il a toutes sortes de stratagèmes et de tics pour oublier ses fantômes. Mais quand le téléphone sonne pour lui annoncer la mort de la femme qu’il a aimé et avec laquelle il a vécu, ses tics remontent. Tout commence à dérailler. Il ne se sent plus à l’abri entre ses murs. Il décide alors de vivre dans la rue, comme un sans-abri mais en ayant de l’argent pour s’acheter de la nourriture, des vêtements et sac de couchage chaud.
    Dans la rue, il marche inlassablement dans le même quartier de Paris pour éviter de penser. Mais les odeurs font remonter les souvenirs à la surface. Il a des habitudes, chaque jour il se place à un endroit précis pour rencontrer une personne précise. Le mardi, par exemple, il a rendez-vous avec Ella qui lui tend un croissant. Il est obsédé par l’odeur de la crème dont s’enduit Layla, une femme également SDF.
    Son monologue alterne avec des extraits de ses carnets. Ce sont des passages très poétiques. L’écriture est singulière et unique. J’avais beaucoup aimé le premier roman de Dima Abdallah, « Mauvaises herbes ». Je suis ravie de retrouver sa plume. Les sujets abordés sont à nouveaux graves et l’ambiance est étouffante. L’autrice tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin, où l’on découvre les secrets qui rongent cet homme seul. Car il est question de solitude dans ce roman. Il nouera des liens avec une chienne, Minuit, rencontrée au cimetière du Père Lachaise. Ces deux êtres meurtris ne se quittent alors plus.
    C’est un livre puissant dont on ne ressort pas indemne car on ne peut qu’être bouleversé par ce personnage qui lutte contre la folie. A la fois sombre et lumineux, impossible d’abandonner cet homme, cette chienne et tous les autres sans-abris de ce roman très humain et sensible.

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    Couverture du livre « Bleu nuit » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Ghislaine Degache sur Bleu nuit de Dima Abdallah

    Après Mauvaises Herbes paru en 2020, récit croisé d’un père et de sa fille, premier roman de Dima Abdallah, Bleu nuit confirme le talent de cette auteure.
    Dès les premières pages, le narrateur délivre les deux seules dates qu’il tolère, le 25 octobre 1961, jour de sa naissance, marquée après...
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    Après Mauvaises Herbes paru en 2020, récit croisé d’un père et de sa fille, premier roman de Dima Abdallah, Bleu nuit confirme le talent de cette auteure.
    Dès les premières pages, le narrateur délivre les deux seules dates qu’il tolère, le 25 octobre 1961, jour de sa naissance, marquée après tout, noir sur blanc sur ses papiers d’identité et le 21 mars 2013, date à laquelle va débuter pour lui une nouvelle vie.
    Cet homme, ancien journaliste, est parvenu pendant des années à tenir en laisse ses souvenirs, en vivant cloîtré dans son appartement, n’échangeant que quelques mots avec les coursiers qui le livrent à domicile. Impossible pour lui de sortir car dès qu’il ouvrait la porte de son immeuble, ses jambes le lâchaient et ce n’est qu’au prix d’efforts intenses qu’il parvenait à rentrer.
    Un appel téléphonique fait basculer alors sa vie. Alma, la seule femme qu’il a aimée est décédée.
    Ce 21 mars, lendemain de l’enterrement, enterrement auquel il s’était préparé à assister mais auquel il a été incapable de se rendre, vers 6h 30 du matin, il prend son sac à dos, y déverse ses médicaments, quelques livres, son pull le plus chaud, deux ou trois vêtements, son bonnet en laine, avant de refermer l’armoire, tente de convoquer le souvenir de l’odeur d’Alma en portant à son nez ses vêtements, mais subsiste seulement une odeur de poussière et de renfermé, claque la porte de l’entrée et dévale l’escalier. Il cherche la première bouche d’égout de la rue et y jette les clefs de l’appartement.
    Il a l’impression de se réveiller d’un long sommeil. Son domicile est désormais la rue.
    Il change d’emplacement chaque soir et au bout de quelques mois arrive à connaître chaque rue, chaque boulevard, chaque impasse dans un grand périmètre autour du Père-Lachaise, évitant seulement celle où il habitait. « Je veux que toute ma vie d’avant brûle doucement et tombe en ruines ».
    Il se crée une nouvelle routine, le mardi, rue des Passants, le mercredi, rue des Amandiers, le jeudi, c’est le Père-Lachaise, sans toutefois n’y avoir jamais cherché la tombe d’Alma, et passe tous les vendredis rue du repos. Dans chacune de ces rues, chaque semaine, il a un échange fugace avec des jeunes filles ou des femmes, toujours les mêmes, chez qui il sait déceler la tristesse et la détresse. Si Emma lui ramène à l’esprit des images refoulées de vergers en fleurs, puis en septembre de pommes englouties avec Hana, Ella, quand à elle, lorsqu’elle lui tend un croissant, ce sont alors mille odeurs qui envahissent la rue des Amandiers, le quartier entier qui embaume d’un parfum de galettes à l’anis et la grâce des mains généreuses de la tante Zeina qui apparaissent…
    Il sera cependant vite submergé par cette infinité d’images, « avec les souvenirs d’elle (Alma), tous les autres, morts et enterrés, ressuscitaient … Tout le satané bleu remontait en moi... »
    Bientôt, les fantômes qu’il avait essayé de fuir en venant s’installer de l’autre côté de la Méditerranée, ni les rituels, ni la drogue ni l’alcool ne pourront les contenir. Il va alors consacrer ses nuits tourmentées au récit de ce cauchemar éveillé dans lequel il se débat depuis tout jeune.
    Au travers de ce fabuleux monologue, Dima Abdallah dresse le portrait bouleversant d’un homme en proie à ses fantômes, qui essaie de forcer sa mémoire à se vider de ses souvenirs, mais l’oubli est tellement difficile. À chaque instant, le noir côtoie la lumière.
    Cette errance dans Paris est racontée de façon absolument poétique et nous fait rencontrer ces laissés-pour-compte que souvent, nous ne savons plus voir.
    Une profonde humanité se dégage de ce récit raconté par un homme qui souffre, mais surtout, parvient à ressentir au plus juste la détresse de ses semblables.
    J’ai aimé cette remontée des souvenirs, notamment au travers des odeurs, des sensations, si délicatement et poétiquement transmises, que ce soit le feuilletage du croissant, le parfum des galettes à l’anis, la grâce des mains généreuses de sa tante ou encore le parfum de Layla, « ce savant mélange de crème hydratante, d’iode et de jasmin » qui le ramène à sa mère. Ces réminiscences dégagent beauté et sensualité.
    Il faudra cependant attendre les derniers chapitres pour comprendre totalement le passé de cet homme et je dois dire que pour moi, cette attente s’est révélée un peu longue.
    Bleu nuit est un roman poignant, sensible, rude, sur l’oubli, la rue, un roman sombre, très sombre et pourtant radieux, empreint de poésie.

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Bleu nuit » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    Catherine Giry-Deloison sur Bleu nuit de Dima Abdallah

    COUP DE COEUR
    « C'était le 21 mars 2013 ». Ainsi commence le second roman de Dima Abdallah. En ce jour de printemps, le narrateur apprend la mort d'Alma, la femme qu'il a tant aimée.
    Jusqu'à cette annonce, il vivait cloîtré dans son appartement de l'est de Paris, incapable de s'extraire de ce...
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    COUP DE COEUR
    « C'était le 21 mars 2013 ». Ainsi commence le second roman de Dima Abdallah. En ce jour de printemps, le narrateur apprend la mort d'Alma, la femme qu'il a tant aimée.
    Jusqu'à cette annonce, il vivait cloîtré dans son appartement de l'est de Paris, incapable de s'extraire de ce cocon en apparence protecteur.
    Après avoir jeté les clés de son logement, il se confronte à la rue. Pour oublier Alma... Pour se guérir des angoisses du confinement qu'il s'est imposé...
    Il prend ses quartiers autour du Père-Lachaise et, changeant de rue chaque jour de la semaine, rencontre des femmes dont le prénom, réel ou inventé, se termine par un « a ».
    Ces femmes, qu'elles soient caissière de supermarché au bord du précipice, lycéenne anorexique, vieille dame, SDF moribonde, sont les miroirs de ses souffrances et de son propre exil intérieur que les fantômes d'antan, contre lesquels il se bat, vont aggraver. Jusqu'à la colère, jusqu'à la folie qui vous font croire que vous êtes vivant.
    Cette solitude, elle va s'exacerber tout au long du récit. Malgré les attentions que les passantes ont à son égard et, surtout, en dépit de la présence presque spectrale de Minuit, la chienne qui pleure sur la tombe de sa maîtresse.
    Via un long monologue intérieur d'une intense beauté hallucinatoire qui rend hommage aux invisibles des rues, l'autrice a tissé une émouvante mélopée qui pose des questions existentielles pour les pauvres humains que nous sommes :
    peut-on oublier celui ou celle qu'on a été, peut-on faire table rase du passé, l'enfance ne vous rattrape-t-elle pas toujours ?
    Avec « Bleu nuit », un bijou de poésie, Dima Abdallah, née au Liban, prouve une nouvelle fois qu'elle est une voix singulière et attachante de la littérature d'expression française.
    Sélectionné par les libraires de l'Armitière dans le cadre du prix des lecteurs 2022, ce roman est l'un des plus beaux que j'ai lus ces derniers temps. Merci à eux pour cette belle découverte.

    EXTRAITS
    J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans, mais j'enterre chacun d'eux, l'un après l'autre, dans les cimetières des rues de l'oubli.
    On renonce à beaucoup de choses avant de renoncer au pain frais.
    Entre ce qui est utile et ce qui est beau, elle a choisi ce qui est beau.

    http://papivore.net/litterature-francophone/critique-bleu-nuit-dima-abdullah-sabine-wespieser/

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    Couverture du livre « Bleu nuit » de Dima Abdallah aux éditions Sabine Wespieser

    JuanGarciaMadero sur Bleu nuit de Dima Abdallah

    Mme Dima Abdallah est une auteure à la plume assurée, et elle nous en livre une belle démonstration avec « Bleu nuit ».

    Nous suivons l’errance d’un homme habité par les démons du passé, qui choisit de vivre dans la rue, pour échapper à ses hantises. Qui finiront par le rattraper, et...
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    Mme Dima Abdallah est une auteure à la plume assurée, et elle nous en livre une belle démonstration avec « Bleu nuit ».

    Nous suivons l’errance d’un homme habité par les démons du passé, qui choisit de vivre dans la rue, pour échapper à ses hantises. Qui finiront par le rattraper, et l’obligeront à ne pas quitter le quartier du cimetière du Père-Lachaise, où il tentera d’entrer en contact avec des inconnues qui le touchent, et qui lui permettent de se sentir encore membre de la communauté des hommes, sans parvenir toutefois à trouver l’apaisement, toujours ramené à ce bleu nuit qui ne disparait jamais.

    Très bien écrit, le livre révèle par petites touches les hantises du personnage principale, et parvient à maintenir jusqu’au bout l’intérêt du lecteur.

    Au final, un témoignage fort et pudique, qui donne envie de poursuivre l’exploration des ouvrages de cette romancière.

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