Didier Decoin

Didier Decoin
Didier Decoin est né en 1945. Journaliste, scénariste pour Marcel Carné et Henri Verneuil, il est l'auteur d';une vingtaine de romans dont John l'enfer (Seuil, 1977) récompensé du prestigieux prix Goncourt, et La Femme de chambre du Titanic (Seuil, 1991). La plupart de ses romans sont publiés che... Voir plus
Didier Decoin est né en 1945. Journaliste, scénariste pour Marcel Carné et Henri Verneuil, il est l'auteur d';une vingtaine de romans dont John l'enfer (Seuil, 1977) récompensé du prestigieux prix Goncourt, et La Femme de chambre du Titanic (Seuil, 1991). La plupart de ses romans sont publiés chez Points.

Avis sur cet auteur (48)

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    Couverture du livre « Le bureau des jardins et des étangs » de Didier Decoin aux éditions Stock

    Sandrine Fernandez sur Le bureau des jardins et des étangs de Didier Decoin

    Empire du Japon, XIIè siècle.
    C'est un long voyage que s'apprête à entreprendre Miyuki. Pour une jeune femme qui n'a jamais quitté son village, la route vers Heiankyô peut sembler périlleuse, mais elle est prête à tout pour livrer les carpes promises par son mari au Bureau des jardins et des...
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    Empire du Japon, XIIè siècle.
    C'est un long voyage que s'apprête à entreprendre Miyuki. Pour une jeune femme qui n'a jamais quitté son village, la route vers Heiankyô peut sembler périlleuse, mais elle est prête à tout pour livrer les carpes promises par son mari au Bureau des jardins et des étangs. Car elle est seule désormais, depuis que Katsuro s'est noyé dans la Kusagawa. Le meilleur pêcheur du village n'est plus et sa veuve se fait un devoir d'honorer la commande de l'empereur. Semé d'embûches, son périple se fera pourtant dans la joie de parcourir les paysages et les chemins découverts avant elle par Katsuro, avec pour seule préoccupation de maintenir en vie les derniers poissons qu'il a pêchés. D'ailleurs l'esprit de son défunt mari l'accompagne partout où elle va. Miyuki peut sentir sa présence, sa protection, ses encouragements, ses caresses.

    Roman historique qui nous transporte dans le Japon impérial du XIIè siècle, mais aussi roman d'amour, sensuel et poétique, et encore roman d'aventures qui raconte le difficile et lent voyage d'une femme portée par la fidélité à un homme et à la parole donnée, et aussi roman spirituel où l'on rencontre les esprits des défunts ou ceux des eaux, capables d'avaler l'âme des humains...Le bureau des jardins et des étangs est tout cela à la fois, et plus encore, c'est également le parcours initiatique de la jeune Miyuki, veuve trop tôt, et qui n'a jamais quitté son village que par les histoires de son défunt mari, une ode aux cinq sens où l'on entend chaque bruissement de la forêt, où l'on sent la délicatesse des parfums ou la puanteur de l'eau saumâtre, où l'on goûte la pulpe d'un kaki trop mûr, où l'on ressent la douceur des soieries, où l'on peut entrevoir un esprit et voir la beauté d'une femme cachée sous des haillons.
    Un roman élégant, sensuel, délicat, presque un conte, à l'écriture ciselée, recherchée, d'une beauté toute japonaise. Une pépite.

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    Couverture du livre « La pendue de Londres » de Didier Decoin aux éditions Lgf

    Christlbouquine sur La pendue de Londres de Didier Decoin

    Sans être un documentaire, ce récit est basé sur des faits réels. A savoir la dernière exécution par pendaison d’une femme au Royaume-Uni en 1955.

    Ruth Neilson, devenue Ruth Ellis après son mariage, est une jeune femme entreprenante et débrouillarde. Si sa vie n’est pas un lit de roses,...
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    Sans être un documentaire, ce récit est basé sur des faits réels. A savoir la dernière exécution par pendaison d’une femme au Royaume-Uni en 1955.

    Ruth Neilson, devenue Ruth Ellis après son mariage, est une jeune femme entreprenante et débrouillarde. Si sa vie n’est pas un lit de roses, elle ne se plaint jamais et avance comme elle peut. Abusée par son père dans son enfance, frappée par ses amants, contrainte d’user de ses charmes pour vivre, Ruth est une battante malheureuse. Elle en arrivera à commettre l’acte pour lequel elle est condamnée.

    En parallèle, Didier Decoin nous retrace la vie d’Albert Pierrepoint l’un des derniers exécuteurs officiels au Royaume-Uni, un bourreau donc.

    Albert n’a pas d’état d’âme sur son état, il l’exerce avec méthode et application. Il aura à son actif 435 pendaisons entre 1932 et 1956, dont 17 femmes et 200 criminels de guerre.

    Ces deux vies parallèles que l’auteur nous fait partager sont pourtant vouées à se croiser, car Albert sera celui qui passera la corde au cou de Ruth.

    Tout en subtilité et retenue Didier Decoin nous livre une véritable réflexion humaniste pleine de sensibilité. A travers les interrogations du bourreau et l’effondrement progressif de ses certitudes, à travers la trajectoire à la fois sordide et fulgurante de cette jeune femme condamnée, c’est à une profonde réflexion sur la banalité du mal, la justice, l’utilité de la peine de mort, que nous convie l’auteur.

    Distillant ce qu’il faut d’émotion pour nous rendre les personnages attachants, il construit le récit comme une minutieuse enquête afin de nous amener à la scène inéluctable de la rencontre fatale entre les deux personnages.

    Sans jamais poser de jugement, il laisse le lecteur se faire sa propre vision des choses, n’accablant ou ne défendant personne tout au long du récit dans lequel il décortique toutes les étapes qui mèneront Ruth face à Albert.

    Un roman difficile à lâcher jusqu’à la dernière page.

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    Couverture du livre « Est-ce ainsi que les femmes meurent ? » de Didier Decoin aux éditions Lgf

    Francine L sur Est-ce ainsi que les femmes meurent ? de Didier Decoin

    Nous sommes aux Etats Unis en 1964, époque où l'homosexualité n'est pas encore tolérée dans ce pays.
    Kitty Génovève jeune femme d'origine italienne 24 ans, travaille dans un bar de la ville. Elle vit avec Mary An.
    Un soir tard en rentrant seule de son travail, elle est agressée par un individu...
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    Nous sommes aux Etats Unis en 1964, époque où l'homosexualité n'est pas encore tolérée dans ce pays.
    Kitty Génovève jeune femme d'origine italienne 24 ans, travaille dans un bar de la ville. Elle vit avec Mary An.
    Un soir tard en rentrant seule de son travail, elle est agressée par un individu au pied de son immeuble situé dans un quartier tranquille de New York. Elle est violée, blessée mortellement de nombreux coups de couteaux, pendant plus de trente minutes.
    Ce fait divers passera inaperçu dans la presse new-yorkaise.
    Le meurtrier Winston Moseley mécanographe, père de famille et monstre froid est arrêté plus tard, par hasard suite à un vol de maison. Il avoue plusieurs meurtres effectués sur de jeunes femmes d'âge et d'origine différentes. Le motif de ses agissements se limite à satisfaire ses pulsions sexuelles incontrôlées. Seules ses victimes et lui-même connaissent son comportement morbide de passer de la jouissance de donner la mort, à la jouissance d'être la mort. Pour chasser ses proies choisies au hasard de ses virées nocturnes, il s'est acheté une voiture très particulière une Chevrolet Corvair blanche.
    Au cours de son interrogatoire il va décrire en détails les sévices affligés à ces victimes et notamment à Kitty en insistant sur sa longue agonie qui durera 30 minutes.
    Un journaliste et un policier vont mener conjointement l'enquête sur ce sauvage assassinat. Il vont découvrir que 38 témoins, tous habitants l'immeuble de Kitty ont vu ou entendu la scène sans qu'aucun n'intervienne alors qu'elle appelait à l'aide.
    Pourquoi personne n'a porté secours à cette jeune femme ? Attitude passive, peur, indifférence, lâcheté de ces voisins abrités derrière les fenêtres de leur appartement pendant que Kitty était agressée?
    Seul un homme sera jugé sur ses actes, mais qu'en advient-il de tous ces témoins silencieux qui vont déménager de peur de poursuites?
    Ce procès médiatisé va bouleverser et choquer. Le réalisme de cette affaire criminelle et la réflexion sur la lâcheté vont engendrer des obligations au sein de notre société vis-à-vis de la non-assistance à autrui en danger.
    Un roman policier à découvrir !

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    Couverture du livre « Avec vue sur la mer » de Didier Decoin aux éditions Nil

    Les Lectures de Cannetille sur Avec vue sur la mer de Didier Decoin

    Rares sont les ouvrages où j'ai trouvé un tel plaisir de la langue française, où la beauté des mots et des tournures de phrases me les a fait remâcher plusieurs fois avec gourmandise et admiration. Avec vue sur la mer rejoint le panthéon de mes plus grands coups de coeur, ceux que je compte sur...
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    Rares sont les ouvrages où j'ai trouvé un tel plaisir de la langue française, où la beauté des mots et des tournures de phrases me les a fait remâcher plusieurs fois avec gourmandise et admiration. Avec vue sur la mer rejoint le panthéon de mes plus grands coups de coeur, ceux que je compte sur les doigts d'une seule main.

    Didier Decoin y relate comment il est tombé amoureux de la Hague et de la pointe du Cotentin, évoquant sa recherche d'une maison avec vue sur la mer, les mésaventures de ses travaux d'aménagement, ses bonheurs en famille au bord d'une mer turbulente et embrumée, tellement loin de la lisse "Meradoville".

    A l'humour qui m'a presque autant fait rire que dans Je vois des jardins partout - où il partage sa passion pour les jardins -, s'ajoutent une tendresse et une émotion d'autant plus touchantes qu'elles résonnent avec mes propres coups de coeur pour des lieux qui me sont chers. Ce sont ces émotions et ces attachements qui ont nourri l'écriture des romans de Didier Decoin : s'y retrouvent des lieux, comme la ville de la Hague qu'il décrit plusieurs fois sous la forme d'un poisson, les îles anglo-normandes, les ports..., et les odeurs, qu'on regrette de ne pouvoir sentir au travers des pages.

    Je suis définitivement admirative de la plume de cet auteur, qui sait si bien choisir les mots pour transcrire l'émotion sans jamais l'évoquer.