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Denis Lapiere

Denis Lapiere
Je suis né en août 1958 à Namur. Aujourd'hui, je suis marié et père de trois enfants. Je vis en région liégeoise.Après une licence en sociologie, je suis entré dans l'univers de la BD en ouvrant une librairie spécialisée à Charleroi (Tropica BD, qui existe toujours). Rapidement, je suis passé à l... Voir plus
Je suis né en août 1958 à Namur. Aujourd'hui, je suis marié et père de trois enfants. Je vis en région liégeoise.Après une licence en sociologie, je suis entré dans l'univers de la BD en ouvrant une librairie spécialisée à Charleroi (Tropica BD, qui existe toujours). Rapidement, je suis passé à l'écriture de scénarios.Aujourd'hui, j'ai publié près de 80 albums chez Dupuis, Le Lombard, Casterman, Albin Michel, Futuropolis, Dargaud.Je refuse de me cantonner dans un seul style, simplement parce que je trouve autant de plaisir et de satisfaction à travailler sur une série pour enfants qu'à un one-shot pour adulte ou une série pour adolescents. Je ne mets pas de hiérarchie dans ces genres, car pour moi seule compte la volonté de raconter et la force des émotions.J'ai coécrit deux long métrages de cinéma. L'Avion pour Cédric Khan (avec Isabelle Carré), adaptation de ma série Charly, et Comme Tout le Monde pour Pierre-Paul Renders (avec Thierry Lhermite et Chantal Lauby).De mai 2005 à janvier 2010 j'ai été responsable éditorial des collections Puceron et Punaise au sein des éditions Dupuis.

Avis sur cet auteur (19)

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    Couverture du livre « Le tour de valse » de Ruben Pellejero et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Claire @fillefan2bd sur Le tour de valse de Ruben Pellejero - Denis Lapiere

    Kalia est une femme déterminée. Née en même temps que la Révolution russe, en 1917, elle était prête à tout pour épouser son Victor dès seize ans. Et ce n’est pas son père, qui l’enfermera trois mois dans un placard pour la faire changer d’avis, qui obtiendra gain de cause.

    À partir de 1933,...
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    Kalia est une femme déterminée. Née en même temps que la Révolution russe, en 1917, elle était prête à tout pour épouser son Victor dès seize ans. Et ce n’est pas son père, qui l’enfermera trois mois dans un placard pour la faire changer d’avis, qui obtiendra gain de cause.

    À partir de 1933, enfin mariés, le bonheur se conjuguera dorénavant au pluriel pour Kalia et Victor. Malgré une vie difficile et des emplois pénibles, à l’usine pour elle, sur les chantiers pour lui, la famille s’agrandit avec l’arrivée de Sérioja et Youlia. Mais pendant quatre ans, Victor va participer à la Grande Guerre Patriotique contre l’armée nazie, quatre ans sans aucune nouvelle.

    Quand enfin le drapeau rouge flotte sur Berlin, c’est le retour de l’époux tant aimé. Mais le couple ne sait pas qu’il ne lui reste qu’une année à passer ensemble. C’est alors que Victor est arrêté pour soi-disant « possession de documents anti-révolutionnaire et admiration de la technologie étrangère ».

    Depuis cette nuit de novembre 1946, Kalia n’a pas revu son amour qui a été condamné à dix ans de rééducation par le travail, en d’autres mots, au goulag. Alors puisque Victor ne peut pas être près d’elle, Kalia décide en 1953, de partir direction la Sibérie et ses camps pour retrouver l’être aimé.

    Mais les recherches ne sont pas chose facile. Il faut se fondre dans la population et essayer de glaner des renseignements de la part d’anciens « zeks », les prisonniers. Et si en touchant au but, les retrouvailles tant espérées n’étaient pas celles escomptées ? Comment un homme peut-il ressortir indemne de l’enfer des camps soviétiques ?

    Comment une si belle histoire d’amour peut-elle avoir un fond aussi terrible ? C’est la prouesse qu’ont réalisée Pellejero et Lapière avec cet album « Le tour de valse » datant de 2004, qui est bien loin d’être ce qu’on peut imaginer et ce qui est imaginable.

    Quand l’amour d’une femme prête à tout rencontre la cruauté de l’univers concentrationnaire, cela donne une histoire d’une intensité extrême soulignée par des dessins terriblement beaux.

    Une plongée dans l’horreur et dans l’amour, est-ce possible ? Je crois bien que oui et cela ne peut que susciter une vague d'émotion.

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    Couverture du livre « Le convoi t.2 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Jean-Paul Degache sur Le convoi t.2 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Il faut aller au bout de cette histoire si émouvante et si juste pour saisir toutes les difficultés, tous les drames causés par cette Retirada, cette fuite de tant de Catalans, de tant d’Espagnols devant l’avancée des troupes franquistes.
    Comme Eduard Torrents l’explique bien à la fin de ce...
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    Il faut aller au bout de cette histoire si émouvante et si juste pour saisir toutes les difficultés, tous les drames causés par cette Retirada, cette fuite de tant de Catalans, de tant d’Espagnols devant l’avancée des troupes franquistes.
    Comme Eduard Torrents l’explique bien à la fin de ce second album, dans un dossier agrémenté de très intéressants croquis, ce sont les récits de son grand-père, Josep (El iaio Pepito) et ce qu’ont vécu plusieurs membres de sa famille qui ont motivé son écriture, sous-tendu son dessin.
    Dans cette seconde partie, il est temps d’avoir des explications, ce 19 novembre 1975, à Barcelone où Julia, la mère d’Angelita, est hospitalisée et où sa fille vient de faire une rencontre bouleversante.
    Se battre contre une dictature des plus violentes, proche de tout balayer, ne dure qu’un temps. J’ai alors suivi à nouveau cette Retirada si pénible pour ces familles obligées de tout abandonner pour sauveur leur vie.
    Certes, la France n’était pas prête à accueillir tous ces réfugiés mais fallait-il les enfermer dans des camps et les laisser moisir dans de conditions absolument indignes ? En tout cas, c’est bien ce qui s’est passé et lorsque l’armée nazie a occupé une partie de notre pays, il y a eu ce premier convoi de 927 déportés espagnols depuis Angoulême, jusqu’à Mauthausen. Les 490 hommes y sont restés pendant que 427 femmes et enfants étaient renvoyés à Franco !
    Le Convoi, dans cette seconde partie, propose beaucoup d’images sans le moindre texte mais leur éloquence est encore plus forte. Celles de ce camp autrichien que j’ai visité il y a des années, sont terribles. Sur cette double page, des hommes sont alignés nus, obligés de se vêtir des tenues rayées des déportés puis contraints, tous les jours, de remonter sur leur dos, d’énormes blocs de pierre extraits d’une carrière. Malnutrition, souffrance, mort. Peu en réchappèrent.
    « Je crois que je n’étais plus vraiment vivant quand les Américains sont arrivés », avoue Manuel qui va bientôt vivre une autre épreuve tout aussi délicate : le retour.
    Tous ces malheurs infligés par des hommes à d’autres hommes sont enseignés dans l’Histoire mais cette bande dessinée a le mérite de s’attacher aux conséquences familiales de tels bouleversements. C’est fait avec tact, délicatesse, sans rien occulter des difficultés immenses, des dilemmes quasi insolubles affrontés par ces gens qui avaient eu… la chance de sortir vivants de ces épreuves.
    Heureusement, l’avant-dernière page salue la mort du dictateur : « Franco ha mort ! » en catalan comme dans toutes les bulles faisant parler les Barcelonais. C’est un plaisir à lire et ça se comprend. Nous sommes le samedi 20 novembre 1975 et une bien triste page de l’Histoire de ce pays voisin est tournée. Enfin !

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Le convoi t.1 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Jean-Paul Degache sur Le convoi t.1 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Voilà une période de notre histoire récente qu’il faut continuer à sortir de cet oubli bien confortable : l’accueil réservé par la France aux Espagnols fuyant la dictature de Franco en 1939 et une guerre civile sans pitié pour les Républicains en train de céder.
    Récemment, j’ai vu l’excellent...
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    Voilà une période de notre histoire récente qu’il faut continuer à sortir de cet oubli bien confortable : l’accueil réservé par la France aux Espagnols fuyant la dictature de Franco en 1939 et une guerre civile sans pitié pour les Républicains en train de céder.
    Récemment, j’ai vu l’excellent film d’animation signé Aurel : Josep, hommage au dessinateur Josep Bartoli, lui aussi interné au camp d’Argelès, près de Perpignan. Là, je termine le la première partie de la BD signée Eduard Torrents et Denis Lapière : Le Convoi.
    Un même sentiment mêlé de honte et de gêne me gagne en suivant la petite Angelita et ses parents fuyant les bombardements italiens sur Barcelone. Et oui, la République espagnole attaquée par le général Franco était bombardée par les avions envoyés par Mussolini. D’autres l’étaient par Hitler, comme à Guernica ! Il faut ajouter à cela les fournitures d’armes et bien d’autres soutiens obligeant les Républicains et les Brigades internationales à reculer.
    Bref, je ne veux pas retracer une histoire bien complexe mais m’attacher aux pas d’Angelita qui vit à Montpellier. Nous sommes le 18 novembre 1975. Soudain, elle est appelée depuis Barcelone où sa mère, Julia, qu’elle croyait en Auvergne, vient de faire une crise cardiaque.
    Avec René, son beau-père, le second mari de sa mère, elle part au chevet de celle-ci. Dans le train, René lui demande de raconter ce dont elle se souvient car Angelita avait huit ans lorsqu’ils ont tout laissé pour gagner notre pays où l’accueil a été absolument ignoble.
    La frontière franchie après des heures d’attente, c’est la séparation des hommes d’avec leur femme et leurs enfants et le camp d’internement à Argelès, sans le moindre bâtiment. Il faudra plus d’un an pour que les conditions de vie s’améliorent… mais quelle indignité !
    La lecture de cette bande dessinée de facture classique est aisée. Les dessins de Eduard Torrents sont soignés, bien mis en couleurs par Marie Froidebise ; Denis Lapière assurant un scénario bien construit. J’ai été impressionné par les expressions de visages, soulignant une souffrance terrible, celle de l’arrachement à sa ville, à son pays natal. J’ajoute qu’une énorme surprise m’attendait à la fin du premier tome et cela fait que je me plonge sans délai dans le second.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Le convoi t.2 » de Eduard Torrents et Denis Lapiere aux éditions Dupuis

    Ghislaine Degache sur Le convoi t.2 de Eduard Torrents - Denis Lapiere

    Nous voilà de nouveau à Barcelone, ce 19 novembre 1975, avec René auprès de Julia hospitalisée. Angelita, elle, n'est pas là. Elle est... , nous n'avions pas voulu le divulgâcher dans le compte-rendu du Tome 1, en discussion avec son père, père qu'on lui avait dit mort quand elle avait quinze...
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    Nous voilà de nouveau à Barcelone, ce 19 novembre 1975, avec René auprès de Julia hospitalisée. Angelita, elle, n'est pas là. Elle est... , nous n'avions pas voulu le divulgâcher dans le compte-rendu du Tome 1, en discussion avec son père, père qu'on lui avait dit mort quand elle avait quinze ans et qui se trouve aujourd'hui devant elle, maintenant qu'elle a quarante-quatre ans.
    Angelita ne comprend pas pourquoi, alors que ses parents se sont retrouvés, il y a quinze ans, ni son père, ni sa mère n'ont eu le courage de le lui dire. Et elle va lui poser la question suivante : "Que s'est-il passé exactement après que les Français nous ont séparés à notre arrivée en France ? Tu n'as pas été transféré à Mauthausen ?" Question à laquelle il répondra: "Oh si, j'y ai bien été ... J'y ai assez souffert. Et, en quelque sorte, j'y suis mort... Oh oui, bien mort."
    Manuel reprend alors le déroulé de sa vie depuis les quelques semaines précédant leur départ de Barcelone. Il explique les dissensions qui existaient au sein du couple, à propos de son engagement en résistance. Ils s'étaient même disputés juste avant leur départ. Il raconte ensuite la fierté qu'il a ressentie à les voir toutes deux si courageuses lors de ce périlleux déplacement à pied pour franchir le col des Pyrénées dans des conditions hivernales, puis la séparation et son arrivée dans ce camp, cloaque sans nom d'où il s'échappera. Il est ensuite repris et emmené au camp des Alliers, près d'Angoulême où il est resté près d'un an.
    En août 1940, les réfugiés du camp sont conduits au camp de Mauthausen. Manuel se remémore sa vie, ou plutôt sa non-vie au camp où il est resté pendant quatre ans, jusqu'à sa libération par les Américains. Puis il continue à raconter ce que fut sa vie jusqu'à aujourd'hui.
    Cette deuxième partie est aussi intéressante que la première et vient en quelque sorte la compléter.
    J'ai appris entre-autre, que ce maudit convoi de 927 personnes emmenées à la gare d'Angoulême et entassées dans des wagons de marchandises, ce sinistre convoi a été identifié comme le premier train de l'histoire de la déportation de civils en Europe occidentale. seulement 73 d'entre eux en réchapperont sur les 470 hommes et jeunes hommes du convoi, tandis que femmes et enfants seront livrés en gare d'Irún à la police franquiste.
    Les sentiments éprouvés par les divers personnages de l'histoire sont bien retranscrits, notamment en ce qui concerne Angelita qui a toujours tenu pour acquis la mort de son père en déportation et qui découvre qu'il s'agit d'un mensonge.
    Les dessins de la double page concernant le camp de Mauthausen, en disent plus longs que bien des commentaires.
    Le parler catalan par le personnel hospitalier, sans traduction, mais à peu près compréhensible ajoute une belle part de réalisme.
    À noter que l'album se termine sur un ton plus optimiste avec la mort de Franco, le samedi 20 novembre 1975 : "Celui par lequel tout avait débuté trente-six ans plus tôt, venait de mourir".
    Enfin, un dossier de huit pages de croquis et photos d'époque en fin de volume vient compléter et enrichir ce magnifique récit, aussi instructif qu'un documentaire.
    Ce double album, témoignage sur cette dramatique séquence honteuse et peu connue de l'histoire du XXe siècle qu'est La Retirada, est à mettre entre toutes les mains et ce, dès l'adolescence.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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