Denis Lachaud

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Avis (25)

  • Couverture du livre « Ah ! ça ira... » de Denis Lachaud aux éditions Actes Sud

    Plume Nacrée sur Ah ! ça ira... de Denis Lachaud

    « Ah ! Ça ira… » est un roman qui nous projette en 2037. Un futur pas si lointain dans lequel on s’imagine très facilement. Tout ce qui se déroule parait possible. On oublie que l’on est plus « aujourd’hui ». Des détails nous rappellent que l’on a fait un saut dans le temps en montrant...
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    « Ah ! Ça ira… » est un roman qui nous projette en 2037. Un futur pas si lointain dans lequel on s’imagine très facilement. Tout ce qui se déroule parait possible. On oublie que l’on est plus « aujourd’hui ». Des détails nous rappellent que l’on a fait un saut dans le temps en montrant l’importance accrue du numérique :
    - les voitures sont téléguidées dès qu’elles entrent sur l’autoroute, les distances de sécurité sont ainsi respectées et « le Central de régulation de la vitesse des véhicules a détecté la carte grise et scanné à distance la carte d’identité de chaque passager. » (p 133),
    - les écrans sont omniprésents, pas de journal en papier mais des tablettes sur le comptoir des bars par exemple.
    Pour en venir à « l’histoire » (Histoire ?) : on commence le roman aux côtés d’un homme Antoine, appartenant à un groupe révolutionnaire qui commet un assassinat. Il va être incarcéré pendant vingt et un an. Quand il sort de prison en 2037, « il doit réapprendre la vie ». Il reprend progressivement ses repères surtout grâce à sa fille qui ne l’a d’ailleurs presque pas connu. Petit à petit, l’intrigue va évoluer et concerner un groupe plus large de personnages au sein duquel il jouera un rôle mais dans lequel il n’aura plus le premier.
    La construction de ce roman est intéressante par fait que l’on découvre les personnages au fur et à mesure. Au début, on a l’impression que ce ne sont que des sortes de « figurants » et au fil de l’avancement, ils ont une réelle importance. En fait, les personnages font leur apparition petit à petit. Ceux qui occupent le devant de la scène dans la première partie du roman ne sont pas ceux qui l’occuperont à la fin. C’est le cas d’Ahmed par exemple. A la page 20, un court récit de cinq lignes s’intercale entre deux chapitres pour nous annoncer sa naissance. A ce moment de l’histoire, on ne fait aucun lien avec le récit qui nous porte. A la page 54, à nouveau cinq lignes nous en disent un tout petit peu plus sur lui. Au fil du roman, des pages de ce type s’égrènent ; on se demande quel rôle va incomber à Ahmed jusqu’au moment où son destin croise celui des protagonistes principaux et où il va alors tenir un « vrai rôle ».
    Le titre « Ah ! Ça ira… » nous met sur la piste du thème révolutionnaire. Page 137, un résumé des causes de cette révolution qui couve est présenté : « 20 ans de tensions sociales, de crises qui se succèdent, l’Etat s’est désengagé de tout au profit du privé, enrichissement des riches, appauvrissement des pauvres, comme partout, les progrès informatiques ont dévoré la classe moyenne, précarité généralisée, chacun s’emploie à survivre ». Que de sujets d’actualité ! A cela, on peut ajouter l’immigration vers l’Europe et le sort réservé aux migrants ; le problème de la cherté des logements même pour ceux qui ont un travail. Voilà les ingrédients de ce roman réussi.

    Vous pouvez aussi me lire là :
    https://cahiersvarisetplumenacre.wordpress.com/2016/01/14/ah-ca-ira-denis-lachaud/

  • Couverture du livre « Ah ! ça ira... » de Denis Lachaud aux éditions Actes Sud

    Danièle Lecuppre sur Ah ! ça ira... de Denis Lachaud

    De la manière de mener « La Révolution « à travers le temps, voilà en résumé l'idée essentielle de ce roman au demeurant attractif et de lecture facile.
    Antoine, surnommé Saint Just et quelques comparses prennent en otage et tuent le président de la République.
    Trente ans plus tard,en 2037,...
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    De la manière de mener « La Révolution « à travers le temps, voilà en résumé l'idée essentielle de ce roman au demeurant attractif et de lecture facile.
    Antoine, surnommé Saint Just et quelques comparses prennent en otage et tuent le président de la République.
    Trente ans plus tard,en 2037, Antoine, sorti de prison, réapprend difficilement à vivre, mais surtout retrouve sa fille Rosa, devenue une jeune femme presqu'intimidante pour lui. Rosa a bien des idées révolutionnaires mais cherche le moyen de les mettre en action, et elle y parviendra sans violences. Son copain, lui , voudrait jouer dans la cour des grands, et n'en a certes pas l'envergure , ce qui lui coutera très cher.
    Antoine avec Ahmed, son voisin observent tout cela avec nostalgie, il s'y mêlerait bien malgré le bracelet électronique.
    L'occupation des Champs Elysées est assez folklo quand même ; les différentes strates de la société sont montrées par D. Lachaud avec une telle prévisibilité , que parfois, elles prêtent à sourire , les clichés ne manquent pas : le maton a forcément la nuque épaisse , le flic le regard canin , j'en passe …
    Il faut recommander ce roman aux lecteurs qui croient au « Royaume d'utopie », il est vrai qu'on peut toujours rêver.

  • Couverture du livre « Ah ! ça ira... » de Denis Lachaud aux éditions Actes Sud

    Nicole Grundlinger sur Ah ! ça ira... de Denis Lachaud

    "On ne change pas le monde avec des idées". D'accord, mais avec quoi alors ? A quoi ressemblerait la révolution de nos jours, cette révolution dont tout le monde parle et que d'aucuns appellent de leurs vœux ? La révolution du 21ème siècle aurait-elle encore quelque chose à voir avec celle de...
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    "On ne change pas le monde avec des idées". D'accord, mais avec quoi alors ? A quoi ressemblerait la révolution de nos jours, cette révolution dont tout le monde parle et que d'aucuns appellent de leurs vœux ? La révolution du 21ème siècle aurait-elle encore quelque chose à voir avec celle de 1789 ? Quel contenu pour ce mot si souvent brandi comme une menace aux contours imprécis ? Denis Lachaud pose la question avec ce roman enthousiasmant et terriblement juste, bizarrement passé inaperçu (ou presque) dans l'embouteillage de la rentrée littéraire.

    La révolution, Antoine y a cru. Au point d'intégrer le groupe Ventôse et de participer, sous le nom de Saint-Just, à l'enlèvement et à l'assassinat du Président de la République en 2016. Sans que cette action ne change quoi que ce soit à la société ou aux modes de gouvernance. Arrêté et condamné à perpétuité, Antoine est libéré au bout de 21 ans, en 2037. Sa fille Rosa (baptisée ainsi en l'honneur de Rosa Luxembourg..) est désormais une jeune femme d'un peu moins de 30 ans et le seul lien qui lui a permis d'être rattaché à l'extérieur. Une fois dehors, il lui faut se remettre à niveau. Rien n'a vraiment changé, tout est simplement pire, exactement comme on l'imaginait en 2016 en se demandant ce que deviendrait le monde dans vingt ans si on ne faisait rien... Les inégalités se sont renforcées, les gouvernements de gauche et de droite se sont succédé en alternance sans régler le moindre problème. Seule bonne nouvelle, le Front National a disparu, incapable de convaincre qui que ce soit. L'Europe est une vieille puissance dépassée par la Chine, l'Inde et le Brésil qui dominent économiquement le monde. Elle a dû régler le problème des migrations de masse accentuées par l'exclusion de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne. Dans toute l'Europe du Nord, les ZeST, Zones de Séjours Temporaires regroupent tous ces migrants et permettent leur exploitation en tant que main d’œuvre sous payée et corvéable à merci. En 2037, les jeunes n'en peuvent plus d'être confrontés à d'insolubles problèmes de précarité et de logement. En digne fille de son père, Rosa aussi veut changer le monde et va donc prendre la tête d'une initiative. Loin des actions violentes, le peuple va s'appuyer sur les réseaux sociaux, sur le pouvoir de l'information et sur celui du collectif pour se lever et dire non. Avec l'aide active d'Antoine qui "ne pourra pas couler de vieux jours paisibles et indifférents, comme il s'y préparait activement. On ne saurait, sans dommage, tenter d'être quelqu'un d'autre que soi".

    Simple fiction ou anticipation ? Une chose est sûre, l'état du monde que nous décrit Denis Lachaud à l'horizon des vingt prochaines années est tout à fait crédible car il s'appuie sur une réalité que nous connaissons bien et il se contente de pousser le curseur du cynisme de la classe dirigeante au maximum de ses possibilités. Pour aboutir à une sorte de résignation d'une population qui ne croit plus aux discours ni aux idéologies, tout occupée qu'elle est à tenter de vivre correctement. Antoine qui a eu le temps de réfléchir au cours de son emprisonnement sait pourquoi son groupe n'a abouti à aucun résultat. "Nous avons commis une erreur grossière. Nous nous sommes attaqués aux dominants. Or ce sont les dominés qui perpétuent le système". Il faut donc que le peuple se libère de la domination qu'on lui impose en le convainquant qu'il n'y a pas d'autre choix possible. Il lui faut accepter le risque de la nouveauté et de l'inconnu...

    Ce roman a le pouvoir de vous captiver autant que de vous faire réfléchir. A l'état du monde, à la société dans laquelle vous voulez vivre, aux moyens de se faire entendre. Loin du mode d'emploi à l'usage de l'apprenti révolutionnaire, il utilise les ressorts de la fiction pour mieux pointer le rôle de chaque homme dans son destin personnel autant que dans le destin du collectif. Aussi utile que régénérant.

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