Delphine De Vigan

Delphine De Vigan

Delphine de Vigan vit à Paris. Après Jours sans faim sous le nom de Lou Delvig, et Les Jolis Garçons, recueil de nouvelles, elle signe avec Un soir de décembre son second roman.

Articles en lien avec Delphine De Vigan (8)

Avis sur cet auteur (384)

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    Couverture du livre « Les loyautés » de Delphine De Vigan aux éditions Lattes

    Les Lectures de Cannetille sur Les loyautés de Delphine De Vigan

    Matheo, treize ans, fils d’un couple divorcé, entraîne son ami Mathis sur une mauvaise pente. En proie à ses propres soucis, la mère de Mathis ne prend pas suffisamment conscience du danger. La seule personne à s’alarmer est une professeur du collège : elle-même victime de violences parentales...
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    Matheo, treize ans, fils d’un couple divorcé, entraîne son ami Mathis sur une mauvaise pente. En proie à ses propres soucis, la mère de Mathis ne prend pas suffisamment conscience du danger. La seule personne à s’alarmer est une professeur du collège : elle-même victime de violences parentales dans son enfance, elle suspecte l’environnement familial de Matheo.

    L’auteur déroule son histoire de façon tellement sobre et lapidaire qu’elle vous laisse assommé et sans voix, impressionné par son réalisme si parfait qu’il vous en semble vraiment connaître les protagonistes. Alignés sans aucun pathos ni jugement, les faits n’en deviennent que plus implacables et soufflettent le lecteur de leur brutalité sans fard, lui laissant à peine le temps de respirer dans cette sombre glissade vers on ne sait quel redoutable dénouement.

    Peut-être plus que le drame qui menace, ce sont les interactions entre les personnages qui construisent tout l’intérêt du roman : Delphine de Vigan a réussi à restituer toute la complexité et la profondeur de ces êtres humains, comme emberlificotés dans la toile d’araignée de leur vécu, qui influence leurs perceptions et leurs agissements. Ici, ni voyeurisme, ni sentimentalisme, ni condamnation, mais l’observation fine et précise des processus et des motivations qui sous-tendent les comportements humains.

    Admirable de concision, de sobriété et de délicatesse, ce récit parvient en quelques traits à restituer l’âme de ses personnages, nous amenant à comprendre toute la complexité cachée derrière les apparences, et, surtout, les subtiles et invisibles interactions entre notre passé et le présent. Un bien joli roman qui démontre l'indéniable talent de son auteur.

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    Couverture du livre « Rien ne s'oppose à la nuit » de Delphine De Vigan aux éditions Lgf

    Unplatdelivres sur Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine De Vigan

    L'histoire en elle elle-même est très touchante, on a de la peine pour cette famille qui a vécu et survécu à tant de drames et de malheurs.
    Très courageux de la part de Devigan de dévoiler et mettre à nu sa famille.

    Moi c'est la personnalité de Liane qui m'a perturbée. Comment peut on...
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    L'histoire en elle elle-même est très touchante, on a de la peine pour cette famille qui a vécu et survécu à tant de drames et de malheurs.
    Très courageux de la part de Devigan de dévoiler et mettre à nu sa famille.

    Moi c'est la personnalité de Liane qui m'a perturbée. Comment peut on garder une joie de vivre après avoir perdu ses enfants, après avoir vécu tant de douleurs. Était-ce sa façon à elle de gérer son désarroi ? Je ne sais pas. La gestion du stress, la personnalité de tout un chacun reste un mystère pour moi.
    Et cette lucile si fragile, si frêle ! Delphine ne veut pas lui ressembler. Elle écrit sur elle, leur relation, leurs souffrances mais aussi sur ses peurs à elle. Ressemble-t-elle à sa maman? Est elle si fragile qu'elle? En a-t-elle dit assez ou peu sur elle? Sur cette maman imparfaite, cette maman à part.
    J'ai été touchée par cette famille. Lisez le roman ! Vous ne le regretterez pas.

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    Couverture du livre « Les gratitudes » de Delphine De Vigan aux éditions Lattes

    Marie Nel sur Les gratitudes de Delphine De Vigan

    J'ai découvert récemment Delphine de Vigan avec son roman Les loyautés que j'avais beaucoup aimé par les messages forts qu'elle fait passer à travers l'histoire de ses personnages. Je voulais donc continuer de la découvrir, et j'ai ainsi choisi de lire son dernier roman paru, Les gratitudes....
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    J'ai découvert récemment Delphine de Vigan avec son roman Les loyautés que j'avais beaucoup aimé par les messages forts qu'elle fait passer à travers l'histoire de ses personnages. Je voulais donc continuer de la découvrir, et j'ai ainsi choisi de lire son dernier roman paru, Les gratitudes. Rien que ce titre, déjà, me posait plein de questionnements et sous-entendait qu'il y aurait encore des thèmes intéressants abordés. Je ne me suis pas trompée, une fois le livre fini, je me suis rendue compte de la force des mots de l'auteure et la beauté de ses personnages.

    Tout va tourner autour de trois protagonistes, Michka, Marie et Jérôme. Michka est une dame âgée qui vit seule chez elle. C'est une femme érudite, elle travaillait pour de grands magazines, ne s'est jamais mariée et n'a pas d'enfant. Elle va perdre petit à petit ses mots, en remplacer certains par d'autres, elle perd petit à petit ses facultés et va devoir renoncer à vivre dans son appartement et ainsi aller dans un EHPAD. Marie est une jeune femme qui vit dans le même immeuble que Michka, celle-ci l'a recueillie quand elle était petite, elle est la grand-mère qu'elle n'a jamais connue. Marie s'occupe beaucoup de Michka et c'est avec une grande tristesse qu'elle la voit petit à petit diminuer. À l'EHPAD, Michka va être soignée entre autre, par Jérôme, il est orthophoniste et va ainsi lui faire faire des exercices pour retarder son aphasie. Mais les séances de travail se transforment vite en discussion et en confidences. Michka parle d'elle-même, de son histoire, et elle pousse Jérôme à se raconter aussi.

    On se rend vite compte que ces trois personnages ont beaucoup de points communs. Ils ont tous été touchés par un drame dans leur enfance, et ont chacun des blessures qui ne sont pas entièrement cicatrisées, et d'ailleurs le seront-elles un jour, car comme le dit Jérôme : « ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas.  » Et je suis tout à fait d'accord avec cette phrase. On garde nos douleurs d'enfance bien au fond de nous, on fait notre vie avec, on essaie de les oublier. Mais quand sonne l'heure de la vieillesse et de la mort prochaine, ces douleurs se manifestent à nouveau et on se rend compte qu'elles ne sont pas guéries et qu'elles font toujours autant mal. Ce peut être à cause de la guerre, d'un abandon, d'une disparition, le manque reste très vivace et ne s'efface pas malgré les années qui passent. Et le fait de côtoyer une personne âgée comme Michka, fait remonter des événements du passé pour Jérôme ou Marie. Et même Michka n'en a pas tout à fait fini avec son enfance et aimerait avoir des nouvelles de personnes qui ont joué un rôle capital quand elle était fillette, mais n'est-il pas trop tard pour les retrouver....

    Delphine de Vigan traite avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse de la mémoire sous toutes ses formes, celle que l'on perd, celle que l'ont veut rester gravée. Elle parle avec justesse de la résilience, cette notion que j'aime beaucoup et que j'ai découvert dans les livres de Boris Cyrulnik et qu'il est important d'appliquer pour pouvoir continuer à vivre.
    Je me suis très vite attachée à Michka, j'aurais adoré avoir une grand-mère comme elle. Je comprends que Marie y tienne tellement. Je me suis également attachée à Marie et Jérôme, deux personnes bienveillantes qui sont importants pour la vieille dame. L'auteure parle également avec sincérité des conditions de vie dans les EHPAD difficiles pour ces personnes qui deviennent de plus en plus dépendantes des autres et se voient parfois infantilisées par un personnel qui manque de temps pour leur donner un sourire ou une attention.
    L'attachement aux personnages est renforcé par le choix narratif de l'auteure qui a utilisé la première personne du singulier pour faire parler chacun d'eux. C'est un procédé que j'aime beaucoup. Ce « je » me permet de mieux me mettre dans la peau du personnage, de ressentir au plus près la moindre de ses pensées et de vivre encore plus intensément à sa place. L'auteure a très bien su se mettre à la fois dans la peau d'une vieille dame, d'une jeune femme ou d'un jeune homme. On sent la différence de personnalité entre chaque. Je suis toujours un peu ébahie par cette façon qu'ont les auteurs d'arriver à se dédoubler et à se mettre dans la peau de personnages différents en âge ou en sexe. Surtout quand ça ne se ressent pas à la lecture et qu'on a l'impression d'avoir affaire à trois êtres différents alors que se cache derrière une seule et même personne, l'auteure.

    Ce roman n'est pas très long, ce n'est pas du tout un défaut, il dit l'essentiel, en rajouter aurait créé des longueurs et de l'ennui. C'est donc un livre qui s'est lu rapidement, en un après-midi, je l'avais fini, et pourtant, j'ai eu bien du mal à quitter ces personnages, je serai bien encore restée avec eux un petit peu. C'est souvent l'effet que ça fait quand on se sent bien dans un livre. L'alternance des chapitres consacrés à l'un ou à l'autre y fait aussi, cela donne beaucoup de rythme à la lecture. Au fur et à mesure où chacun se dévoile, j'avais envie d'en savoir plus et de le retrouver au plus vite.

    J'ai emprunté ce livre à ma médiathèque, mais je pense que je vais très sûrement me l'acheter quand il sortira au format poche. J'aimerais beaucoup le relire, retrouver Michka et les autres, repasser un peu de temps avec eux. Il faut vraiment que je l'ai dans ma bibliothèque personnelle, comme j'ai d'ailleurs Les loyautés. Je trouve que l'auteure sait à chaque fois trouver les bons titres pour ses histoires. Ici, Les gratitudes, dire merci, ce mot est pour moi l'un des plus importants que l'on puisse avoir dans la vie. Quoi de plus beau qu'un merci, de le dire ou de le recevoir, ce simple mot peut faire un bien immense à celui qui le dit ou celui qui le reçoit. Pour moi, on ne dit jamais assez merci, on est parfois tellement pris dans notre quotidien un peu fou, dans nos soucis, qu'on en oublie de remercier la personne qui aide ou qui est simplement là pour vous. Eh bien, moi aujourd'hui, je voudrais dire merci à Delphine de Vigan pour ce roman, pour cette belle histoire, pour avoir écrit et dépeint trois vies qui pourraient être n'importe qui de nos connaissances. Je me doute qu'elle ne lira jamais cet avis, mon blog est bien trop petit, mais je lui envoie tous mes remerciements pour ce qu'elle m'a fait vivre le temps d'une lecture, je lui adresse toute ma gratitude...

    Vous l'aurez compris, je pense, j'ai beaucoup aimé cette histoire qui restera gravée en moi pour un bon moment. Je ne peux que vous la conseiller, l'histoire, mais aussi l'auteure. Pour ma part, je vais continuer de la découvrir avec ses autres romans, Rien ne s'oppose à la nuit ou D'après une histoire vraie, me tentent bien et sera sûrement une de mes prochaines lectures.

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    Couverture du livre « Rien ne s'oppose à la nuit » de Delphine De Vigan aux éditions Lgf

    hanae sur Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine De Vigan

    Avis issu de : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2018/06/21/rien-ne-soppose-a-la-nuit-delphine-de-vigan/

    J’ai longtemps été captivée par cette femme sur la photo en couverture. Lucile. D’une beauté magnétique. D’un regard profond aux pensées insaisissables. Une présence remarquée mais...
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    Avis issu de : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2018/06/21/rien-ne-soppose-a-la-nuit-delphine-de-vigan/

    J’ai longtemps été captivée par cette femme sur la photo en couverture. Lucile. D’une beauté magnétique. D’un regard profond aux pensées insaisissables. Une présence remarquée mais pas affirmée. L’écriture n’a fait que me séduire davantage.

    Je vous aurai prévenus: on ne sort pas indemne de cette lecture au sujet pourtant souvent abordé.

    Si beaucoup d’auteurs ont écrit sur leur mère, D. De Vigan ne peut s’empêcher de répondre à cette envie viscérale suite au suicide la sienne. L’auteur a glané de nombreux témoignages de sa famille et Lucile, sa vie, ses rencontres et ses tourments sont racontés à travers les yeux de sa fille qui tente de percer le mystère de sa souffrance.

    Difficile de résumer un roman dont l’émotion est l’essence principale et l’intrigue presque secondaire.

    On y découvre une famille nombreuse et haute en couleurs. Bruyante, joyeuse, à la figure maternelle imposante mais marquée par des drames qui entachent ce tableau idyllique.

    On y découvre des personnages aux failles nombreuses dont la sensibilité fait la beauté. Des personnages dont l’émotivité agit sur leur capacité à vivre et impacte sur le bonheur de leur entourage.

    L’écriture de D. De Vigan ne cessera de m’envoûter et j’ai pu sentir l’ambivalence de sentiments qu’elle a éprouvés envers sa mère. De l’amour pour sa fragilité, de l’admiration pour la poésie de ses écrits, de la colère pour son instabilité, de la peur face à ses crises bipolaires.

    Si l’auteur cherche à se pardonner ou à pardonner sa mère, une indulgence croissante se précise à mesure du récit.

    Delphine de Vigan est pour moi un des plus grands auteurs de notre siècle. Si certains épisodes douloureux de sa vie me sont familiers, le plus dur est de mettre des mots tangibles sur ce que l’on ressent. Or, l’écriture de ses doutes, de ses souffrances et des sentiments les plus complexes et équivoques n’ont aucun secret pour elle.

    Véritable cri d’amour dans les ténèbres, ce roman prolonge l’existence d’une Lucile dont la personnalité bipolaire m’a bouleversée. Simple perturbation chimique héréditaire ou conséquence de traumatismes de l’enfance ? La complexité des rapports familiaux est si grande qu’il est difficile de trancher entre noir ou blanc et difficile de blâmer une personne ou un acte pour unique responsable du devenir de chacun.

    Ce récit laisse des traces et je pense le garder en mémoire de longues années. Je ne peux que saluer le courage de l’auteur pour avoir publié un livre aussi personnel et au risque d’affronter les critiques de ses proches.

    « Alors j’ai demandé à ses frères et sœurs de me parler d’elle, de me raconter. Je les ai enregistrés, elle et d’autres, qui avaient connu Lucile et la famille joyeuse et dévastée qui est la nôtre. J’ai stocké des heures de paroles numériques sur mon ordinateur, des heures chargées de souvenirs, de silences, de larmes et de soupirs, de rires et de confidences. J’ai demandé à ma sœur de récupérer dans sa cave les lettres, les écrits, les dessins, j’ai cherché, fouillé, gratté, déterré, exhumé. J’ai passé des heures à lire et à relire, à regarder des films, des photos, j’ai reposé les mêmes questions, et d’autres encore.

    Et puis, comme des dizaines d’auteurs avant moi, j’ai essayé d’écrire ma mère. »