Delphine De Vigan

Delphine De Vigan

Delphine de Vigan vit à Paris. Après Jours sans faim sous le nom de Lou Delvig, et Les Jolis Garçons, recueil de nouvelles, elle signe avec Un soir de décembre son second roman.

Articles en lien avec Delphine De Vigan (8)

Avis sur cet auteur (384)

  • add_box
    Couverture du livre « Les gratitudes » de Delphine De Vigan aux éditions Lattes

    Miss Marple sur Les gratitudes de Delphine De Vigan

    Voila..c'était mon premier de vigan..J'avais résisté à toutes les tentations précédentes.. il m'avait fallu du cran et de la persévérance.. mais J'avais atteint mon but..Trop de publicité tue l'envie !!
    Et J'ai pourtant cliqué sur celui ci..le titre sans doute.ce joli mot de gratitude..galvaudé...
    Voir plus

    Voila..c'était mon premier de vigan..J'avais résisté à toutes les tentations précédentes.. il m'avait fallu du cran et de la persévérance.. mais J'avais atteint mon but..Trop de publicité tue l'envie !!
    Et J'ai pourtant cliqué sur celui ci..le titre sans doute.ce joli mot de gratitude..galvaudé de nos jours me semble t'il..rattrapé par la politique et abandonné par les mêmes. ..
    Trois personnages..deux jeunes..dans la trentaine et une vieille..elle veut qu'on l'appelle vieille et non personne âgée.. refusant par là le politiquement correct..et dévoilant ainsi son tempérament originel et original. Oui elle est vieille mais elle a été jeune et active, très active. Elle avait du caractère.. jusqu'au moment où elle a perdu pied en perdant ses mots..elle qui avait fait des mots sa vie.
    Du coup..sa vie bascule et elle quitte son appartement pour une chambre en ephad..et je ne raconterai pas davantage..
    Car, si l'histoire est importante bien sûr, la langue utilisée par l'auteure l'est au moins autant.
    Cette vieille dame perd ses mots, emploie l'un pour l’autre, proche sans doute, mais faux et erroné, donnant parfois un sens totalement différent à la phrase, ce qui nous oblige, nous lecteurs à relire le membre de phrase pour y retrouver le «  vrai » mot ! Joli travail.
    Histoire assez émouvante s'il en est, une vieille dame dans un Ephad, c'est à la radio ou à la télé tous les jours en ce moment ! Pas de maltraitance ici mais de petits détails justes !
    L'un d'entre eux m'a fait revenir près de vingt ans en arrière, quand, arrivant sans prévenir !!, rendant visite à mon institutrice de CM1 dont je m'occupais, enfermée dans un ephad et sous curatelle, je l'ai surprise refermant à toute allure le tiroir de son bureau après y avoir glissé un cachet ! De quoi, je ne sais pas , bien sur, mais elle est décédée peu après ! Elle avait elle aussi gardé sa liberté !

    Merci à netgalley de m'avoir fait, revivre ce moment

  • add_box
    Couverture du livre « Les gratitudes » de Delphine De Vigan aux éditions Lattes

    Elodie Cartier sur Les gratitudes de Delphine De Vigan

    Après "Les loyautés", Delphine de Vigan revient pour un deuxième volet "Les gratitudes" avec un thème important sur les sentiments profonds et intimes.

    Un roman à trois voix où l'on découvre tour à tour Michka, Marie et Jérome, personnages attachants, dans une relation triangulaire d'entraide...
    Voir plus

    Après "Les loyautés", Delphine de Vigan revient pour un deuxième volet "Les gratitudes" avec un thème important sur les sentiments profonds et intimes.

    Un roman à trois voix où l'on découvre tour à tour Michka, Marie et Jérome, personnages attachants, dans une relation triangulaire d'entraide et de gratitude.

    Michka est une vieille femme en détresse qui ne peut plus rester seule, elle commence à perdre peu à peu le sens des mots et le sens de la vie. Elle voit avec désarroi ses facultés physiques et mentales diminuer petit à petit. Les mots se modifient, se confondent et sa vie rétrécit, elle souffre d'aphasie.

    " Vieillir, c'est apprendre à perdre."

    Il y a à ses côté Marie, tendre, toujours présente, qui est proche d'elle. Jérome est lui orthophoniste et plein d'humanité. Il est là pour aider Michka à retrouver ses mots qui se perdent, parfois même sous le lit...

    "Sans langage que reste-t-il?"

    Trois personnages avec chacun leurs douleurs d'enfance, leur non-dit et leurs
    regrets.

    C'est un livre qui parle avec beaucoup de pudeur et de délicatesse de l’inexorable fuite du temps et de la lente dégradation de nos vies.
    Quand notre corps et notre esprit s'évaporent et nous échappe, quand nous perdons nos repères et que tout bascule, il n'est jamais trop tard pour dire "merdi".

    Malgré les dialogues qui prennent la majeure partie du récit et qui nous placent en spectateurs, l'écriture de Delphine de Vigan est émouvante et fluide pour un texte à la fois, triste et drôle mais aussi trop court à mon goût. Avec une fin prévisible, je ressors de cette lecture avec une impression de "survol" de l'histoire.

    Le langage est poétique, le récit est rempli de tendresse, d'amour et de dignité pour une leçon de vie qui nous pousse vers un questionnement profond sur l'importance des mots avant les regrets.

    « Vieillir c'est apprendre à perdre. Encaisser chaque semaine ou presque un nouveau déficit, une nouvelle altération, un nouveau dommage.
    Perdre la mémoire, c'est perdre ses repères , perdre ses mots. Perdre l'équilibre, la vue, la notion de temps, perdre le sommeil, perdre l'ouïe, perdre la boule. Ce que vous pensiez tenir à jamais »

  • add_box
    Couverture du livre « Les gratitudes » de Delphine De Vigan aux éditions Lattes

    Lex_Libris_ sur Les gratitudes de Delphine De Vigan

    Delphine de Vigan poursuit son voyage littéraire commencé avec "Les loyautés ou elle visite les relations humaines et les sentiments des êtres humains.

    "Les gratitudes" est un récit construit a deux voix, celle de Marie et de Jérome, à la première personne en alternance, entrecoupé...
    Voir plus

    Delphine de Vigan poursuit son voyage littéraire commencé avec "Les loyautés ou elle visite les relations humaines et les sentiments des êtres humains.

    "Les gratitudes" est un récit construit a deux voix, celle de Marie et de Jérome, à la première personne en alternance, entrecoupé d'interlude pour dire les cauchemars de Michka, cette grand-mère tellement attachante à l'histoire émouvante.

    Pas de mots pour parler de ce nouveau roman de Delphine de Vigan qui m'a tellement touché et ému mais juste :
    Merci Madame de Vigan pour ce roman d'une beauté extrême !

  • add_box
    Couverture du livre « Les gratitudes » de Delphine De Vigan aux éditions Lattes

    Christine MESTIK sur Les gratitudes de Delphine De Vigan

    Quand on referme ce roman de Sophie de Vigan, on est éprouvé. On vient de plonger dans l’univers tant redouté de l’EPAHD (je déteste ce sigle, même le nom des choses a perdu toute humanité dans cette société, comme si les réalités de la vieillesse se cachaient derrière leur initiale).
    On y a...
    Voir plus

    Quand on referme ce roman de Sophie de Vigan, on est éprouvé. On vient de plonger dans l’univers tant redouté de l’EPAHD (je déteste ce sigle, même le nom des choses a perdu toute humanité dans cette société, comme si les réalités de la vieillesse se cachaient derrière leur initiale).
    On y a fait nos premiers pas, nos premiers jours en compagnie de Michka, on s’est confronté à la réalité du lieu, on a dû affronter une réalité que l’on occulte le plus souvent, d’abord pour ses proches, puis pour soi-même, car tous on y passera… On en ressort secoué.
    Brillante intellectuellement, professionnelle des mots, Michka ne peut plus vivre seule. Elle perd son autonomie. Marie, cette « presque » fille pour elle, va lui proposer cette solution qui ne peut plus être ajournée.
    « Elle tire derrière elle la porte de son appartement, cette porte qu’elle a fermée des centaines de fois, mais aujourd’hui, elle sait que c’est la dernière. Elle tient à tourner elle-même la clé dans la serrure. Elle sait qu’elle ne reviendra plus. Elle n’accomplira plus jamais ces gestes qu’elle a répétés des centaines de fois, allumer la télévision, lisser le couvre-lit, laver la poêle, baisser les stores à cause du soleil, accrocher sa robe de chambre à la patère de la salle de bain, taper sur les coussins du canapé pour qu’ils reprennent une forme qu’ils ont perdue depuis longtemps. »
    Delphine De Vigan est incroyable. Elle traduit des sentiments que normalement seule l’expérience peut créer, elle dit ce que l’on ressent quand on est vieux et que l’on sait que l’univers de la chambre de l’EPAHD est le dernier sas avant la mort. Elle le fait avec une grande justesse, et une grande pudeur. Elle joue avec les mots, elle donne à lire entre les lignes, elle constitue un puzzle de mots ratés, lorsque la « résidente » devient la « résistante », de mots qui retrouvent leur liberté, elle entraîne le lecteur dans la lente progression de l’aphasie de Michka.
    A travers le regard croisé de Jérôme, l’orthophoniste, et de Marie, la fille de cœur de Michka, on pénètre peu à peu la vie et le passé de cette vieille dame que les mots fuient et c’est une course contre la montre qui va nous mener au terme de ce récit, où le titre « Les gratitudes » va trouver tout son sens.
    Je recommande cette lecture, un texte magnifique et subtil.