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Dashiell Hammett

Dashiell Hammett

Homme de paradoxes, Dashiell Hammett (1894-1961) l'est assurément. Après sa mort, le FBI continua d'enquêter sur lui, intrigué par les activités de ce militant pro-communiste, condamné à la prison par les tribunaux maccarthystes, mais par ailleurs patriote convaincu, engagé en 1942, pour la secon...

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Homme de paradoxes, Dashiell Hammett (1894-1961) l'est assurément. Après sa mort, le FBI continua d'enquêter sur lui, intrigué par les activités de ce militant pro-communiste, condamné à la prison par les tribunaux maccarthystes, mais par ailleurs patriote convaincu, engagé en 1942, pour la seconde fois dans l'armée. Homme de légendes aussi, légendes que ses biographes n'ont guère contribué, tant s'en faut, à démentir : le détective privé de l'agence Pinkerton devenu auteur de romans noirs, le scénariste à la mode, courtisé par les Studios d'Hollywood, le séducteur invétéré menant grand train.

Avis sur cet auteur (6)

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    Couverture du livre « L'introuvable » de Dashiell Hammett aux éditions Gallimard

    Catherine Airaud sur L'introuvable de Dashiell Hammett

    Lorsqu'une auteure sud coréenne, Jung Jaehan (carnets d'enquête d'un beau gosse nécromant) m'incite à (re)lire des classiques du noir nord américain. Et du pur noir américain, "l'introuvable" nous entraîne dans le New York des années 30. Nick Charles, ancien détective, en villégiature dans la...
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    Lorsqu'une auteure sud coréenne, Jung Jaehan (carnets d'enquête d'un beau gosse nécromant) m'incite à (re)lire des classiques du noir nord américain. Et du pur noir américain, "l'introuvable" nous entraîne dans le New York des années 30. Nick Charles, ancien détective, en villégiature dans la grosse Pomme, avec sa charmante épouse, Nora, passe quelques jours de vacances au Normandy et ils retrouvent quelques amis, ont des soirées mondaines, des soirées au théâtre, au basket ou hockey. Un jour, il rencontre Dorothy, la jeune fille d'un ancien client de Nick. Son père a disparu et elle souhaite le retrouver. Mais un meurtre a lieu, et il s'agit de l'ancienne secrétaire-maîtresse de son père. La famille, la police, l'avocat de la famille vont tenter de retrouver "l'introuvable". Mené à toute vitesse, nous allons tenter avec Nick Charles et quelques nombreux verres de whisky de comprendre cette disparition. Se lit d'une traite, avec des personnages touchants, agaçants, troubles, ambivalents à souhait et des dialogues percutants. Une soirée de lecture agréable, avec des déambulations dans les rues, les bars de NYC, et beaucoup d'effluves d'alcool.

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    Couverture du livre « Moisson rouge » de Dashiell Hammett aux éditions Gallimard

    Catherine Airaud sur Moisson rouge de Dashiell Hammett

    Lorsqu'une auteure sud coréenne, Jung Jaehan (carnets d'enquête d'un beau gosse nécromant) m'incite à (re)lire des classiques du noir nord américain et que je prends un réel plaisir à dévorer en une nuit des noirs de noir. Après la lecture de "l'introuvable", noir urbain new yorkais, avec "la...
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    Lorsqu'une auteure sud coréenne, Jung Jaehan (carnets d'enquête d'un beau gosse nécromant) m'incite à (re)lire des classiques du noir nord américain et que je prends un réel plaisir à dévorer en une nuit des noirs de noir. Après la lecture de "l'introuvable", noir urbain new yorkais, avec "la moisson rouge", D Hammett nous entraîne dans une petite ville minière. le narrateur, détective à la Continental Detective Agency, de San Fransisco, a rendez-vous avec un patron de presse de Personville, Donald Willsson. Personville qui est aussi appelé Poisonville, pollution, corruption, trafic en tout genre ont empoisonné cette ville minière. Son client ne viendra pas car à l'heure du rendez vous il est assassiné dans les rues de la ville. Que faire pour notre détective ? Il aimerait tout de même en savoir plus sur ce meurtre. le père de la victime, magnat de la ville, vieillissant et qui règne sur la ville de son lit, l'engage pour quelques milliers de dollars pour "purifier" la ville des différents clans. Notre détective va alors décider de mettre la pagaille dans cette fourmilière, accompagné par une jeune femme, de "mauvaise vie", fatale, qui connaît très bien l'ensemble des escrocs, voleurs de cette ville. Trafiquants de tout genre, police corrompue, politiques corrompus, il y a en effet un grand ménage à faire. Nous allons être entraîné à toute vitesse dans les multiples règlements de comptes entre bandes, même quasiment à s'y perdre. Mais avec une plume acerbe, des personnages bien campés, ambivalents, certains n'hésitent à faire le mal pour le bien, des dialogues parfaits, nous passons une sacrée soirée.

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    Couverture du livre « La moisson rouge » de Dashiell Hammett aux éditions Gallimard

    Yv Pol sur La moisson rouge de Dashiell Hammett

    Le narrateur, détective à la Continental Detective Agency, succursale de San Fransisco, a rendez-vous avec un patron de presse de Personville, Donald Willsson. Alors qu'il l'attend chez lui, ce dernier est assassiné. Elihu Willsson, le père du jeune défunt est "le tzar de Poisonville" ainsi que...
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    Le narrateur, détective à la Continental Detective Agency, succursale de San Fransisco, a rendez-vous avec un patron de presse de Personville, Donald Willsson. Alors qu'il l'attend chez lui, ce dernier est assassiné. Elihu Willsson, le père du jeune défunt est "le tzar de Poisonville" ainsi que la ville est surnommée, tant les gros voyous y pullulent. Le détective arrache au vieil homme dix mille dollars pour nettoyer la ville. C'est le début d'une histoire sanglante.

    Écrit et paru avant Le faucon de Malte, ce roman est une sorte de western de la fin des années 20. Un détective sème la pagaille dans les rangs des voyous d'une ville gangrénée par le crime, les incite à s'entretuer tentant lui-même de passer entre les balles, ce qui n'est pas si simple.

    Dur et violent, sans bon sentiment, ici rien ne se fait pour autre chose qu'un profit tangible. Dinah Brand, la seule femme du lot n'est pas la dernière à vouloir tirer son épingle du jeu, c'est sa seule façon de s'en tirer face à ces hommes sans foi ni loi. Seul le détective le fait pour autre chose : ses raisons restent floues, sans doute une certaine conscience professionnelle qui, cependant, se limite à la grande idée générale et ne s’encombre pas de scrupules quant aux moyens utilisés.

    Dashiell Hammet écrit du noir désespéré, direct. Il a le sens de la formule : "Je me laissai ensuite conduire à une chambre mal tenue, où je transvasai un peu de scotch de ma gourde dans mon estomac et me couchai en prenant mon pistolet et le chèque du vieil Elihu avec moi." C'est moderne pour l'époque et il casse les codes, précurseur d'un genre nouveau : le hard-boiled, ce roman noir dans lequel les limites entre le bien et le mal sont floues et qui est basé sur la violence et l'action. Et là, tout y est.

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    Couverture du livre « Le faucon de Malte » de Dashiell Hammett aux éditions Gallimard

    Yv Pol sur Le faucon de Malte de Dashiell Hammett

    Roman qui parut en 1930, fut traduit en français en 1936 et dont le titre changea quelques années plus tard en le célébrissime Le faucon maltais (le titre original est The Maltese falcon). Passé à la postérité en 1941 grâce au film de John Huston avec Humphrey Bogart en Sam Spade. Malgré cela,...
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    Roman qui parut en 1930, fut traduit en français en 1936 et dont le titre changea quelques années plus tard en le célébrissime Le faucon maltais (le titre original est The Maltese falcon). Passé à la postérité en 1941 grâce au film de John Huston avec Humphrey Bogart en Sam Spade. Malgré cela, je ne l'avais pas lu et le film est très lointain dans ma mémoire.

    Le faucon de Malte est le troisième roman des six qu'écrira Dashiell Hammett après avoir publié pas mal de nouvelles. C'est lui qui révolutionna le genre policier. Il n'y a plus ni bien ni mal, Sam Spade est un détective qui cherche certes la vérité, mais peut s'en arranger si ça l'avantage. Grand buveur, bagarreur, dragueur, il n'hésite pas à se servir des autres pour parvenir à ses fins. C'est aussi l'apparition des femmes qui ne se cachent pas, entre femme-enfant et vamp, Effie Perine, la secrétaire de Sam est ainsi décrite : "La jeune fille, bronzée, grande -une fausse maigre, portait une robe de lainage mince qui moulait ses formes comme un drap mouillé. Ses yeux bruns riaient dans un visage enfantin."

    Régulièrement classé dans les polars marquants, je vais -une fois n'est pas coutume- dans le sens commun. Court, rapide, incisif dans les dialogues, noir, tout est excellent. Personne n'est tout noir tout blanc sauf peut-être Effie Perine. On s'attend à tout moment à un bouleversement. Les personnages sont brièvement décrits, le reste, il faut le chercher entre les lignes, dans les réparties et c'est assez aisé. Pour l'intrigue, Dashiell Hammett distille des indices sans les expliquer, ça intrigue, évidemment. Les explications suivent quelques pages plus loin et tout s'emboîte parfaitement, jusqu'à la fin.

    Ce roman mythique débute ainsi révélant d'emblée l'ambivalence du personnage principal : "Sam Spade avait la mâchoire inférieure lourde et osseuse. Son menton saillait, en V, sous le V mobile de la bouche. Ses narines se relevaient en un autre V plus petit. Seuls, ses yeux gris jaune coupaient le visage d'une ligne horizontale. Le motif en V reparaissait avec les sourcils épais partant de deux rides jumelles à la racine du nez aquilin, et les cheveux châtain très pâle, en pointe sur le front dégarni, découvrant les tempes. L'ensemble du visage faisait penser au masque sardonique d'un Satan blond."