Daphne Du Maurier

Daphne Du Maurier

Daphne du Maurier (francisé en Daphné), née le 13 mai 1907 à Londres et morte le 19 avril 1989 à Par en Cornouailles, est une romancière britannique.

Avis sur cet auteur (44)

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    Couverture du livre « L'auberge de la Jamaïque » de Daphne Du Maurier aux éditions Lgf

    jml38 sur L'auberge de la Jamaïque de Daphne Du Maurier

    À la mort de sa mère, Mary Yellan quitte son village d'Helford pour rejoindre sa tante Patience dont le mari Joss Merlyn tient l'Auberge de la Jamaïque dans un endroit isolé. Avant même d'arriver à destination la jeune femme comprend, au vu des réactions que suscitent les noms de son oncle et de...
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    À la mort de sa mère, Mary Yellan quitte son village d'Helford pour rejoindre sa tante Patience dont le mari Joss Merlyn tient l'Auberge de la Jamaïque dans un endroit isolé. Avant même d'arriver à destination la jeune femme comprend, au vu des réactions que suscitent les noms de son oncle et de l'auberge, que le lieu n'a pas bonne réputation. Mary, qui se faisait une joie de retrouver une tante qu'elle n'avait pas vue depuis de nombreuses années, découvre avec surprise une personne bien loin de celle de ses souvenirs, négligée, apeurée, et malheureuse, sous la domination d'un mari tyrannique et addict à la boisson, qui n'inspire que terreur autour de lui. Après un instant où la seule solution qui lui semble raisonnable est la fuite, elle décide que sa place est auprès de sa tante afin de la protéger de cet homme malfaisant. Sa mauvaise impression s'amplifie lorsqu'elle se rend compte que l'auberge n'a pas l'activité qu'elle devrait, le peu que lui rapporte Patience et les sous-entendus de Joss n'étant pas pour la rassurer.

    Daphné du Maurier a le don pour créer des ambiances pesantes – son chef-d'oeuvre « Rebecca » en étant la plus belle illustration -, instaurant cette fois une atmosphère inquiétante dès le voyage d'introduction à travers les inhospitalières landes brumeuses et ventées de Cornouailles. Ses descriptions minutieuses ne sont jamais superflues, permettant d'ancrer l'histoire dans un décor dont l'importance est primordiale. Après l'apparition du personnage de son oncle, celle de ses compagnons de beuverie contribue à assombrir encore un peu plus le récit, confirmant à Mary que l'Auberge de la Jamaïque cache un sombre trafic, qu'elle suppose être de la simple contrebande, bien loin de pouvoir imaginer la sordide réalité. Elle espère secrètement obtenir un peu de soutien auprès de Jem, le petit frère de Joss qui ne lui est pas indifférent, et peut-être d'un étrange ecclésiastique aux yeux blancs.

    L'auteure mélange récit d'aventure, thriller, et romance, dans une ambiance gothique de 19e siècle. L'intensité dramatique monte progressivement à mesure des découvertes de Mary, pour atteindre une apogée tragique. L'ensemble est plaisant à lire avec un petit côté « Ile au trésor » et un style légèrement suranné, mais je dois avouer ne pas avoir totalement retrouvé l'impression que je gardais de ma première lecture adolescente, les années ayant finalement passé également pour le roman.

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    Couverture du livre « Mary Anne » de Daphne Du Maurier aux éditions Libretto

    Mumu Dans le Bocage sur Mary Anne de Daphne Du Maurier

    Daphné du Maurier est une référence dans la littérature anglaise et j’ai commencé ma lecture confiante et pratiquement sûre de vivre un joli moment de littérature anglaise. Dans sa bibliographie Manderley for ever Tatiana de Rosnay parle du roman Mary Anne qui m’était totalement inconnu, même de...
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    Daphné du Maurier est une référence dans la littérature anglaise et j’ai commencé ma lecture confiante et pratiquement sûre de vivre un joli moment de littérature anglaise. Dans sa bibliographie Manderley for ever Tatiana de Rosnay parle du roman Mary Anne qui m’était totalement inconnu, même de nom et j’avais besoin d’une lecture de pur plaisir…… Déception !

    L’auteure construit son roman autour du portrait de son arrière grand-mère, Mary Anne Clarke, de basse extraction et qui devint grâce à ses charmes et son intelligence, la maîtresse du Duc d’York, Frédéric, fils du roi George III et en charge des armées à la fin du XVIIIème siècle mais aussi de biens d’autres hommes afin de pouvoir mener grand train et pour assurer à ses enfants un avenir.

    C’est pour moi une déception car je n’ai pas retrouvé le style qui fit la renommée de l’auteure avec surtout en 1938, Rebecca, dont l’intrigue et le côté « gothique » et mystérieux du récit ainsi que son style la propulsèrent sur le devant de la scène de la littérature anglaise. J’ai failli à plusieurs reprises laisser tomber surtout à partir de la moitié du roman (il comporte 519 pages)…..

    Pourtant tout démarrait bien : une ouverture en forme d’album souvenir de Mary Anne dans l’esprit des trois hommes qu’elle dit avoir « vraiment » aimés puis son enfance puis son installation comme courtisane et son histoire d’amour avec le Duc d’York jusqu’à leur séparation. J’étais sous le charme de cette femme ambitieuse, sûre de ses charmes, volontaire à vouloir sortir de sa condition. Et ensuite, et c’est là que l’ennui est survenu, pendant près de 200 pages, à tenter de suivre les nombreux procès dans lesquels elle se trouvait mêlée que le Duc d’York l’ai abandonnée.

    Que ce fut long, mais long, pourquoi donné autant de noms, de détails, ce sont presque les minutes complètes des actions en justice. J’ai fermé parfois le livre en voulant laisser Mary Anne à son triste sort, lui soufflant d’arrêter cet acharnement, et puis quoi c’est tout de même Daphné du Maurier, alors je l’ai repris, continué mais avec distance, sans plaisir mais presque comme une obligation, sans grand intérêt pour cette héroïne entêtée à vouloir se faire reconnaître ses droits et les devoirs de ceux qui lui avaient promis argent et sécurité.

    J’avoue, oui j’avoue, j’ai parfois sauté des paragraphes entiers, voir quelques pages tellement je ne voyais pas l’intérêt de s’éterniser sur tout cela et vous savez quoi et bien je n’ai eu aucun mal à comprendre la dernière partie (qui suit son dernier procès jusqu’à son exil en France). Ce qui prouve, pour moi, qu’il n’était pas nécessaire de s’appesantir sur cette période qui ne fait qu’alourdir et perdre le lecteur.

    Daphné du Maurier veut, je pense, à travers cette biographie, réhabilitée son aïeule, mettre en avant son intelligence, sa vivacité face aux événements et son sens des « affaires » mais j’ai trouvé l’ensemble soit trop fouillé soit par moment « bâclé » quant à l’écriture. Je n’ai pas retrouvé la patte de cette écrivaine de talent. On peut être une excellente romancière mais pas une bonne biographe. Il faut avoir une certaine habilité pour donner à l’ensemble une fluidité, savoir doser les informations sans alourdir le récit. Là j’ai eu l’impression qu’elle alignait les renseignements collectés et cela donnait un ensemble assez brouillon, sans liaison, je me perdais dans tous les noms des personnages cités etc…. A sa décharge il faut avouer que la dame avait eu beaucoup de « relations ».

    A travers ce portrait on peut imaginer que l’auteure a voulu parler d’une femme à la forte personnalité mais c’est une narration assez froide, sans sentiment que ce soit de la part de Daphné du Maurier mais aussi vis-à-vis du personnage principal. Elle lui fait dire qu’elle a aimé trois hommes dans sa vie mais ce n’est pas ce qui ressort de Mary Anne. Je l’ai trouvé calculatrice, revancharde mais pas très sentimentale. Tout n’était que calcul et intérêts….

    De l’attachement à ses enfants, à leur avenir, à sa propre condition… Oui mais je l’ai trouvée parfois écervelée et inconséquente. Oui les hommes l’ont utilisée puis reniée et abandonnée mais il faut lui reconnaître également un art de la manipulation, du mensonge, des falsifications etc…. pour obtenir ce qu’elle voulait.

    J’ai été jusqu’au bout, parce que j’ai cru jusqu’au bout que j’allais retrouver Daphné du Maurier mais si ce ne fut pas le cas ici ce sera ailleurs, dans un autre de ses romans.

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    Couverture du livre « Le monde infernal de Branwell Brontë » de Daphne Du Maurier aux éditions Phebus

    Manonlitaussi sur Le monde infernal de Branwell Brontë de Daphne Du Maurier

    De la biographie des soeurs Brontë, j’avais retenu que Branwell était le frère terrible instable, alcoolique qui venait troubler ses soeurs. Si ce livre ne reporte pas une image complètement différente de Branwell, il nous livre un homme immiscé par ses soeurs qui va d’échec en échec alors qu’il...
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    De la biographie des soeurs Brontë, j’avais retenu que Branwell était le frère terrible instable, alcoolique qui venait troubler ses soeurs. Si ce livre ne reporte pas une image complètement différente de Branwell, il nous livre un homme immiscé par ses soeurs qui va d’échec en échec alors qu’il avait été protégé et adulé par son père mais également par ses soeurs durant l’enfance.
    Il a initié un jeu avec ses soeurs, créant un monde ses soeurs ont su exploiter pour leurs oeuvres, lui s’est enfermé dans un monde très sombre avec ses démons et ses échecs. Un monde dans lequel il se réfugie après les échecs et l’absence de réponse à ses propositions de publications. On en apprend enfin plus sur Branwell. L’auteur recoupe sa vie avec son oeuvre, des poèmes qu’elle fait coïncider avec ses expériences.
    C’est un homme frustré qui à 20 ans ne gagne pas sa vie. Ni à 28 ans puisqu'il retourne au presbytère et voit sa santé décliner.
    Il s’essaie en tant que portraitiste, abandonne, reprend la plume, devient employé de chemin de fer mais ne réalise pas la carrière qu’il veut puis trouve un poste de précepteur.

    Le livre offre beaucoup d’informations et l’auteur cite méticuleusement ses sources, beaucoup de correspondance, notamment celle de Charlotte. J’ai parfois eu l’impression de lire un reportage très précis mais la lecture reste fluide grâce à la plume. C’est un livre riche dans lequel je retournerai de temps en temps car je pense ne pas avoir retenu la moitié des informations. Les références en annexe dont la présentation des nombreuses personnes autour des Brontë sont bien utiles.
    Et mention spéciale pour l’objet lui-même. J’aime beaucoup ma liseuse mais j’ai trouvé cette édition très belle avec une touche de violet. Le papier et la manipulation de ce livre m’ont rendu le contacte très agréable.

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    Couverture du livre « Rebecca » de Daphne Du Maurier aux éditions Lgf

    kadeline sur Rebecca de Daphne Du Maurier

    Dans Rebecca, on suit une jeune demoiselle de compagnie et narratrice, qui pendant un séjour à Monte Carlo va rencontrer le riche, veuf et mystérieux M. de Winter. Celui-ci s’attache à la demoiselle un peu naïve et lui demande de l’épouser pour qu’elle ne parte pas vivre aux Etats-Unis avec sa...
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    Dans Rebecca, on suit une jeune demoiselle de compagnie et narratrice, qui pendant un séjour à Monte Carlo va rencontrer le riche, veuf et mystérieux M. de Winter. Celui-ci s’attache à la demoiselle un peu naïve et lui demande de l’épouser pour qu’elle ne parte pas vivre aux Etats-Unis avec sa patronne. Arrivée à Manderley, elle s’aperçoit que l’ombre de la première femme, Rebecca est omniprésente, pesante et entourée de mystères.
    L’ambiance de ce presque huis-clos est lourde. On est mal à l’aise dans cette maison qui porte le poids du passé, et l’empreinte de Rebecca. Le personnel était conquis par Rebecca en particulier Mrs Danvers qui continue à lui vouer un culte plutôt malsain. J’avoue ne pas comprendre comment il est possible de rester dans une telle ambiance sans tenter de changement mais c’est aussi ce qui fait qu’on reste dans l’histoire. L’héroïne est d’une extrême naïveté et souffre d’un complexe d’infériorité qui colle avec l’époque. Ça la rend molle et agaçante mais comme c’est la narratrice et que le récit est construit de telle sorte qu’elle raconte comment elle était à l’époque et a conscience qu’elle était comme ça, son caractère passe. On a la sensation que les événements passés les ont tous rendus fous. Niveau rythme il faut être préparé à une grosse première partie très lente, on est dans un roman d’ambiance pas d’actions. Quand le passé refait surface, le rythme s’accélère et l’histoire arrive à créer un décalage entre bien, mal et ce qu’on souhaite qu’il arrive. Ce n’est pas clair mais je n’ai pas trouvé comment expliquer la prise de position qu’on prend alors que ce n’est pas celle qu’on prendrait normalement sans divulguer le secret autour de Rebecca. Une bonne lecture malgré le fait que je sentais que ce n’était pas le bon moment pour que je le lise.