Daniel Rondeau

Daniel Rondeau
Écrivain et journaliste, Daniel Rondeau est aussi éditorialiste au magazine "L’Express". Auteur de nombreux romans et essais, il a obtenu pour Tanger et Alexandrie le prix des Deux-Magots. Il a reçu en 1998 le grand prix Paul-Morand de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « Istanbul » de Daniel Rondeau aux éditions Gallimard

    Rémi Paolozzi sur Istanbul de Daniel Rondeau

    Daniel Rondeau voyage, découvre et raconte Istanbul, ville multimillénaire qui a marqué l'Histoire comme peu de villes on pu le faire. C'est un peu plus qu'une flânerie avec parfois une certaine gravité face à une Istanbul qui disparaît petit à petit ou du moins qui se transforme. Le...
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    Daniel Rondeau voyage, découvre et raconte Istanbul, ville multimillénaire qui a marqué l'Histoire comme peu de villes on pu le faire. C'est un peu plus qu'une flânerie avec parfois une certaine gravité face à une Istanbul qui disparaît petit à petit ou du moins qui se transforme. Le cosmopolitisme hérité de l'empire Byzantin et de l'empire Ottomans s'estompe. De capitale d'empire elle est devenue capitale de pays.
    Le côté flânerie fait le charme de ce livre avec des explications historiques, esthétiques, religieuses... on y apprend beaucoup, on s'en étonne. Parfois le côté nostalgie, 'c'éatit mieux avant', agace légèrement.
    Malgré cela ce livre a certainement mal vieilli. Il a été écrit en 2002 soit 16 après cette chronique. j'ai connu Istanbul en 1990 et j'ai pu voir a travers de ces pages que cela avait changé avec des quartiers qui semblaient avoir disparu, notamment la 'rue aux femmes' dont il est sujet. Depuis 2002, Erdogan est passé par là.
    Mais malgré cela, c'est un livre plaisant ne serait que pour ce qu'il présente, décrit, cette ville-monde hors du commun qu'est Istanbul.

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    Couverture du livre « Mécaniques du chaos » de Daniel Rondeau aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Bib HLM sur Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau

    Un livre complexe, dense, riche et nécessaire.
    Un livre qui traite de sujets d'actualité sans faux-semblants et avec beaucoup d'intelligence.
    Un livre sur les cycles de la vie.
    Un livre où l'espoir n'a pas sa place.
    Et surtout, un livre orchestré brillamment.

    Ici, il est question de...
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    Un livre complexe, dense, riche et nécessaire.
    Un livre qui traite de sujets d'actualité sans faux-semblants et avec beaucoup d'intelligence.
    Un livre sur les cycles de la vie.
    Un livre où l'espoir n'a pas sa place.
    Et surtout, un livre orchestré brillamment.

    Ici, il est question de personnages qui n'auraient pas dû se rencontrer et qui pourtant se croisent, se frôlent, s'évitent. Les actions des uns entraînent des dommages collatéraux pour les autres. Pour le monde.
    Ici, il est question de migrants, de trafics en tous genres, de radicalisation, d'attentats et de sujets connexes qu'on ne soupçonne pas.
    L'auteur avance pas à pas dans son intrigue. Il jette un galet à l'eau et on découvre l'écho qui se propage. Un écho dévastateur.

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    Couverture du livre « Mécaniques du chaos » de Daniel Rondeau aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Mumu Dans le Bocage sur Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau

    Belle surprise que ce roman. Quand on me l'a remis, bof bof, j'avais lu et entendu du négatif lorsqu'il avait reçu le Prix du Roman de l'Académie Française 2017 (peut-être parce qu'un autre roman était plus pressenti !) et il était sur la liste des livres qui ne me faisait pas du tout envie. ...
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    Belle surprise que ce roman. Quand on me l'a remis, bof bof, j'avais lu et entendu du négatif lorsqu'il avait reçu le Prix du Roman de l'Académie Française 2017 (peut-être parce qu'un autre roman était plus pressenti !) et il était sur la liste des livres qui ne me faisait pas du tout envie. Comme quoi il faut parfois sortir de sa zone de confort et se faire sa propre opinion.
    Déjà l'année dernière j'avais beaucoup aimé le Dernier des Nôtres d'Adélaïde de Clermont Tonnerre qui avait reçu également ce prix, serait-ce un critère pour moi de livre à découvrir.....
    Le récit se découpe en 4 parties + 1 épilogue (1 an après).
    Dans la première "Petit monde" il s'agit de la mise en place des différents personnages et des lieux : Paris et sa banlieue, Malte, Tunisie, Turquie, Lybie, Somalie, Éthiopie etc.... Chaque partie est ensuite découpée en chapitres indiquant le lieu, la ville, le pays et heureusement car je ne vous cache pas qu'on voyage énormément dans ce récit...
    Dans la deuxième partie "La dolce vita est terminée" tout est dit dans le titre: les rouages se mettent en place. Tout doucement, progressivement, les uns et les autres se révèlent, se rencontrent, se croisent. Les dessins se précisent : banlieue, trafic, terrorisme, vente illégale de trésors culturels, immigration, mais aussi amour, deuil, rencontre etc....
    Dans la troisième partie "l'amour, la mort, les mots" on s'enfonce et l'on découvre les vrais visages, les vrais buts, la noirceur et les complicités.
    Dans la quatrième partie "Blues March" : c'est le final, violent parfois, mais aussi des histoires qui se construisent, rien n'est acquis, on est parfois déstabilisé, surpris.
    L'épilogue : "1 an après" nous permet de connaître le destin de certains, d'autres .....
    Comment de petits trafiquants de banlieue se retrouvent impliqués dans le terrorisme, comment un archéologue de renom va être contacté par les services secrets afin de comprendre et mettre fin à la vente de trésors historiques par des groupuscules terroristes à des fins d'enrichissement ou de financement d'attentat, comment un chargé d'affaires ambitieux va manipuler, comment une jeune immigrée échouée va se trouver mêlée à un trafic liant une journaliste (ancienne maîtresse du Guide de Lybie), d'un chef de service secret en plein divorce, d'un archéologue traumatisé par la mort de sa femme, son amour de jeunesse, d'un petit délinquant de banlieue qui se cherche une famille, des repères, qui tente de survivre dans la jungle et se trouvera grâce à son intelligence et à sa poésie etc....
    On ne choisit pas son époque, chacune a ses mauvais côtés, mais si nous voulons survivre, il faut aller chercher l'argent là où il se trouve.(p267)
    Oui c'est un peu déroutant par la multitude de personnages, de lieux mais on comprend mieux comment fonctionnent les différents milieux : politique, affaires, délinquance, policier et journalistique, comment ils sont mêlés, impliqués. Ils sont toutes les petites mécaniques qui permettent à la toile de se tisser et d'aboutir aux actes de terrorisme.
    On sent le travail du journaliste derrière, sa bonne connaissance du monde diplomatique et des différents pays. L'écriture est agréable, fluide. Il faut simplement passer les premières pages où l'on se perd à travers tous ces personnages, sans lien apparent entre eux, arriver à les mémoriser (d'où l'utilité de noter leurs noms, lieux et fonctions pour s'y retrouver). Cela se lit comme une enquête dans la partie noire de notre monde mais avec des petites trouées d'espoir, de soleil par la présence de certains (Harry, Habiba, Jeannette).
    Un récit sur notre monde, sur son fonctionnement, où rien n'est tout blanc, ni tout noir, où le mal et la corruption règnent mais aussi la désespérance, la vengeance par rapport à des plaies anciennes jamais refermées.
    Je ne suis pas spécialement attirée par ce genre de récit mais il permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure, que les faits révélés par les médias ne sont qu'une toute petite partie de l'iceberg et que derrière il y a toute une mécanique, implacable, faite de rouages individuels avec un passé, un présent et peut-être un futur. Un rouage se grippe et la face du monde peut s'en trouver changer.

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    Couverture du livre « Mécaniques du chaos » de Daniel Rondeau aux éditions Grasset Et Fasquelle

    PrestaPlume sur Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau

    Le 26 octobre 2017, “Mécaniques du chaos“, de Daniel Rondeau, se voit décerner le Grand prix du roman de l’Académie française. L’ouvrage est lourd, le contenu terrifiant. Trafics d’armes, de stupéfiants et d’arts, terrorisme, extrémisme religieux, querelles politiques, exodes de migrants,...
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    Le 26 octobre 2017, “Mécaniques du chaos“, de Daniel Rondeau, se voit décerner le Grand prix du roman de l’Académie française. L’ouvrage est lourd, le contenu terrifiant. Trafics d’armes, de stupéfiants et d’arts, terrorisme, extrémisme religieux, querelles politiques, exodes de migrants, prostitution de luxe, pédophilie… C’est comme si l’engeance humaine s’était donné rendez-vous dans ces 464 pages. Ce thriller d’un réalisme édifiant donne à découvrir une fresque géopolitique enfiévrée, où chaque fragment de la mosaïque est consubstantiel de l’ensemble cacophonique du monde. À travers onze personnages principaux, vivant, agissant et se débattant dans les heures les plus sombres de l’Histoire en marche, l’auteur démonte et remonte en prose journalistique cette mécanique déréglée. En cause, les rancœurs franco-algériennes des massacres de Sétif en mai 1945 et la radicalisation des banlieues françaises due à la politique occidentale en Libye ou en Irak.

    Sébastien Grimaud est un archéologue français réputé, résidant en Tunisie. Il n’a cessé de traverser le temps et les frontières pour oublier dans le travail un geste insouciant, commis peu après son mariage, qui a précipité par la fenêtre sa jeune épouse Valentine. Inconsolable, il passe sa vie à rechercher celle aux traits juvéniles qui la rappelle. C’est ainsi qu’il devient le Pygmalion de Rim, une adolescente tunisienne. Cette vie retirée consacrée à la recherche et à l’écriture va être bouleversée. Levent, le fils d’une ancienne connaissance turque, lui demande de l’aider à mettre en place un réseau de trafic d’antiquités en Lybie. Il feint d’accepter pour renseigner les autorités françaises.

    À partir de là, les événements géopolitiques s’accélèrent, venant s’emboîter dans ce chaos qui s’organise à son insu tout en y participant. Il y a Habiba, une Somalienne adolescente rescapée d’un naufrage sur les côtes maltaises ; il y a Bruno, le flic français intègre et cocu qui se démène entre son enquête et ses déboires conjugaux ; il y a Harry, un adolescent orphelin sous la protection d’un chef de gang en banlieue parisienne, “Patron M’Bilal”. Et encore Jeannette, cette journaliste ayant intimement connu Kadhafi et Emma, une jeune femme qui se prostitue pour vivre. Il y a Moussa, haut dignitaire de l’État islamique et d’autres encore qui ne connaissent que la divine cruauté. Chacun d’eux a croisé ou va croiser le chemin de l’archéologue Grimaud, qui symbolise par sa narration l’aiguille aimantée de la boussole du monde qui a perdu le Nord.

    À l’appui de son expérience journalistique et de sa qualité d’ambassadeur de France à Malte, épicentre du chaos contemporain, Daniel Rondeau a ouvert les vannes d’une écriture multiforme, imagée, sensible et réaliste, simple et efficace. Au confluent du reportage et de l’épopée, ce roman est d’une grande brutalité qui résonne en échos d’une actualité qui se nourrit de drames. L’intimité des vies et le désordre du monde s’y percutent, provoquant une sensation d’impuissance et de fatalisme. L’histoire aux ramifications complexes est si vivante et si fidèle à ce que la presse renvoie que l’on s’imagine lire un docu-fiction… à peine romancé. Les personnages sont fictifs mais ont des profils connus, et le lecteur est libre d’y apposer la personnalité (re)connue. Certes, il ne faut pas se perdre dans le parcours de ces dizaines de personnages qui se croisent et se détournent, qui conspirent et s’inspirent, qui aiment et trucident allégrement, au nom de Dieu et des siens. Avec Mécaniques du chaos, on s’immerge dans la crudité des événements mondiaux, on coudoie les petitesses humaines, on respire l’essence qui fait tourner le monde et non plus seulement ses vapeurs. Et l’on s’émerveille des paysages encore sauvages et des richesses culturelles inestimables… Un roman ambitieux et passionnant, à lire d’une traite… si possible !