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Constance Riviere

Constance Riviere

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Avis sur cet auteur (27)

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    Couverture du livre « La maison des solitudes » de Constance Riviere aux éditions Stock

    Calimero29 sur La maison des solitudes de Constance Riviere

    Comme cela m'arrive assez souvent, j'ai été happée, sans rien connaître de l'auteure ou de l'histoire, par la couverture avec cette porte ouverte; vers qui? vers quoi? Puis le titre m'a interpelée avec le mot "solitudes" apposé au mot "maison" ce qui va à l'encontre de mon image mentale de...
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    Comme cela m'arrive assez souvent, j'ai été happée, sans rien connaître de l'auteure ou de l'histoire, par la couverture avec cette porte ouverte; vers qui? vers quoi? Puis le titre m'a interpelée avec le mot "solitudes" apposé au mot "maison" ce qui va à l'encontre de mon image mentale de maison, lieu de rencontres, de retrouvailles, d'échanges, de chaleur.
    Elizabeth est rentrée précipitamment de l'étranger pour retrouver sa grand-mère adorée qui se meurt à l'hôpital d'un virus virulent, jamais nommé, mais dont on connaît tous le nom. Les règles sanitaires l'empêchent de l'approcher mais elle reste dans le couloir de l'hôpital espérant pouvoir accéder à sa chambre. A la faveur de cette longue attente fiévreuse, les souvenirs affluent. Alors qu'elle fête tout juste ses 7 ans, elle découvre la maison familiale abandonnée pendant 30 ans mais aussi comprend qu'on lui cache quelque chose de grave car sa mère, Anne, après avoir été au grenier, coupe brutalement les ponts avec sa propre mère, qu'elle ne reverra plus.
    Anne devient, alors, distante avec sa fille, Elizabeth, qui quêtera, sans succès, des gestes d'amour. Elle laisse, cependant, Elizabeth passer toutes ses vacances chez sa grand-mère.
    Lorsque sa grand-mère meurt à l'hôpital, Elizabeth retrouve un carnet de l'année 1959 où elle consignait ses souvenirs, ses émotions. Et elle comprend enfin quel drame a détruit tout amour entre mère et fille sur deux générations.
    Roman largement autobiographique, ce qui lui confère sa force, sa justesse et donne aux émotions une profondeur qui nous touche. Il traite de la douleur qui cherche un exutoire dans le rejet et la haine de la personne qu'on juge responsable de sa douleur, la douleur comme prison, enfermement, assèchement.
    C'est aussi un roman sur le sentiment de culpabilité qui pousse à se faire souffrir pour expier.
    C'est, enfin, un roman sur la quête éperdue de l'amour d'une mère par une enfant rejetée pour des raisons qu'elle ne comprend pas, les traces indélébiles que laisseront ces vaines tentatives sur l'adulte futur.
    Très beau roman à fleur de peau, à fleur de cœur.

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    Couverture du livre « La maison des solitudes » de Constance Riviere aux éditions Stock

    Jen sur La maison des solitudes de Constance Riviere

    J’ai commencé la lecture avec réserve. Nous vivons la situation sanitaire, sa « lâcheté du quotidien transformé en rigueur morale», ses absurdités/inhumanités, quotidiennement. Y plonger dans un roman me paraissait de mauvais augure pour la gestion de la colère/du défaitisme/de la crainte que ça...
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    J’ai commencé la lecture avec réserve. Nous vivons la situation sanitaire, sa « lâcheté du quotidien transformé en rigueur morale», ses absurdités/inhumanités, quotidiennement. Y plonger dans un roman me paraissait de mauvais augure pour la gestion de la colère/du défaitisme/de la crainte que ça ne dure dure dure. Besoin de temps sûrement.
    Finalement embarquée par l’écriture, happée par l’histoire j’ai voulu savoir.

    Dans ce roman on
    Assiste au délitement des corps
    A l’absence qui dénoue mais ne soulage pas
    A la mort de proches sans mains, sans corps à leurs côtés.
    Une assemblée de morts en devenir sans recueil pour soulager les peines
    Regrets
    La mort arrivant provoque de nouveau questionnement
    On veut plus
    Autrement mais
    Un livre habile qui tient en suspension.
    Il y a le présent qui agrippe et l’avant qui se veut difficile à cueillir.

    Savoir ce qui se joue dans cette famille dans cette maison dans ces relations pour que les mains se soient lâchées, les sourires décrépis, l’amour distendu.
    Les silences familiaux qui ébrèchent les vies, longtemps, qui rejaillissent sur les générations suivantes.
    Les trous qui ne trouvent pas à se combler.

    Complexité de vivre dans la haine des siens, avec l’absence.
    Coupable désigné pour alléger le fardeau, un temps.
    Jusqu’à la
    Dissolution/dislocation
    Grandir dans les silences
    Grandir avec le vide.

    J’ai eu beaucoup de compassion pour cette mère, enfant délaissée, rendue coupable.
    Je suis toujours du côté des enfants. Ils ne choisissent pas. Ils méritent plus. Les enfants encore en nous, méritent plus.


    Un roman délicat sur la perte, la parentalité abîmée et les relations sacrifiées.

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    Couverture du livre « La maison des solitudes » de Constance Riviere aux éditions Stock

    parcequecmoi sur La maison des solitudes de Constance Riviere

    L’hospitalisation de sa grand-mère atteinte du Covid, et qui vit ses derniers jours, fait revenir à son chevet Elizabeth, la narratrice. Elle attend dans le couloir sordide de l’hôpital de pouvoir la voir, la toucher, la réconforter, lui parler tout simplement. Cette longue attente entraîne chez...
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    L’hospitalisation de sa grand-mère atteinte du Covid, et qui vit ses derniers jours, fait revenir à son chevet Elizabeth, la narratrice. Elle attend dans le couloir sordide de l’hôpital de pouvoir la voir, la toucher, la réconforter, lui parler tout simplement. Cette longue attente entraîne chez elle une forte introspection et fait remonter à la surface une foule de souvenirs.

    Petit à petit, on va découvrir les secrets de famille qui ont longtemps semés le trouble et ont fini par séparer tous les membres. Anne, la mère de la narratrice, ne parle plus à sa mère depuis des dizaines d’années et réciproquement, et elle-même connait des rapports distants avec cette mère qui ne s’est jamais occupé d’elle, ni ne lui a jamais montré aucune émotion ni sentiment. C’est pourquoi elle a tissé avec sa grand-mère au fil du temps une relation très forte, à l’occasion des vacances scolaires passées chez elle, dans sa maison. Ce fut pour elle de vrais moments de joie, les seuls de son enfance.

    Dans cette histoire, la maison de la grand-mère est un véritable personnage. Elizabeth nous la décrit comme la maison du bonheur, et elle tient une place particulière, comme un leitmotiv. Mais cette maison a son histoire propre, elle a connu le malheur, les heures sombres, bien avant la naissance de la narratrice. Constance Rivière a d’ailleurs donné à son roman le titre de « la maison des solitudes », ce n’est pas pour rien. Mais elle aurait tout aussi bien pu l’appeler « l’absente », car c’est ce que l’on ressent tout au long de l’histoire, la présence obsessionnelle de la maison mais aussi l’absence de quelque chose ou de quelqu’un.

    Au fil des pages, l’histoire se révèle, avec la découverte de la chambre jaune, interdite à Elizabeth, dans la maison, grâce aux journaux intimes tenus par la grand-mère, avec la parole enfin retrouvée d’Anne sur son enfance et ses parents. Enfin par une dernière lettre d’adieu écrite par la grand-mère à sa fille, sous forme de pardon, jointe à un carnet, le numéro 13, qui donne la clé du mystère.

    Avec une plume fluide, une écriture facile, contemporaine, l’auteure nous parle de mémoire, de souvenirs, de culpabilité, de perte, de douleur, de deuil, du mal, mais aussi de la maternité, du silence qui détruit, des secrets qui brisent, de famille explosée par des évènements incontrôlables. Tous les personnages sont seuls, avec quelque chose de brisé en eux, depuis longtemps, et évoluent cabossés vers leur destin. Cela parle essentiellement de solitude, de rédemption, de résilience, de transmission, de réconciliation.

    La puissance de la narration fait que l’on ne quitte pas ce roman avant d’atteindre la dernière page, comme un souffle qui nous tient en haleine jusqu’au dernier moment de la grand-mère.

    Une belle découverte.

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    Couverture du livre « La maison des solitudes » de Constance Riviere aux éditions Stock

    Corinne Verry sur La maison des solitudes de Constance Riviere

    Elisabeth attend, avec une volonté farouche, dans un couloir d’hôpital, qu’on lui accorde une dernière visite à sa grand-mère en fin de vie, atteinte du Covid. A la faveur de ces longues heures, de ce contexte difficile et de cette souffrance, Elisabeth revient sur le passé de sa famille, sur...
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    Elisabeth attend, avec une volonté farouche, dans un couloir d’hôpital, qu’on lui accorde une dernière visite à sa grand-mère en fin de vie, atteinte du Covid. A la faveur de ces longues heures, de ce contexte difficile et de cette souffrance, Elisabeth revient sur le passé de sa famille, sur les non-dits, les déchirures entre sa mère et sa grand-mère, les blessures inexpliquées. Le secret de famille sera l’objet d’une révélation à la fois douloureuse et lumineuse. Un roman sur l'attachement, le deuil, la difficulté d'aimer. Très prenant, beau et dur, magnifiquement écrit, il nous renvoie à des questions d’une grande humanité. Je l'ai lu d'une traite avec beaucoup d'émotion.

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