Constance Riviere

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Avis (10)

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    Couverture du livre « Une fille sans histoire » de Constance Riviere aux éditions Stock

    CalliPetri sur Une fille sans histoire de Constance Riviere

    « Elle voudrait lever la tête mais elle n'y arrive pas. »

    Elle, c’est Adèle condamnée à douze mois de prison dont six avec sursis, au dernier jour de son procès.

    Comment en est-elle arrivée là ?
    Pour le savoir, il nous faut partir à rebours, remonter le temps, revenir à ce vendredi 13...
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    « Elle voudrait lever la tête mais elle n'y arrive pas. »

    Elle, c’est Adèle condamnée à douze mois de prison dont six avec sursis, au dernier jour de son procès.

    Comment en est-elle arrivée là ?
    Pour le savoir, il nous faut partir à rebours, remonter le temps, revenir à ce vendredi 13 novembre 2015.

    Paris. Depuis sa fenêtre qu’elle ouvre chaque jour à la nuit tombée, elle épie ses voisins, se laissant aller à imaginer leur vie par-delà les fenêtres closes quand, soudain, le vacarme des sirènes se joint aux hurlements qui montent de la rue jusqu’à son appartement plongé dans le noir. La télévision, qu’elle allume, lui dit le drame qui s’est joué à quelques mètres de chez elle à peine. Au matin, hébétée, elle voit se figer à l’écran un visage connu, celui de Matteo, étudiant italien et client du Cri du peuple, bar où elle travaillait avant que le patron, Jacques, ne décide de la congédier.

    Adèle, c’est cette « recluse volontaire » de 25 ans, « dormant le jour, veillant la nuit ». Adèle, c’est cette fille sans histoire jusqu’à ce jour de « presque hiver » où elle décide de se donner une scène pour y créer le rôle de sa vie, celui de la petite amie de Matteo, une des victimes de l’attentat du Bataclan. Par un malsain tour de passe-passe, la mort du jeune homme devient le sauf-conduit de sa renaissance au monde.

    « Elle a commencé à raconter une histoire, qui deviendrait rapidement son histoire, comblant des trous, ajoutant des liens pour que ça semble cohérent, sinon personne ne comprendrait. »

    « Enfant triste qui n’avait trouvé sa place nullement », Adèle entre comme par effraction dans la famille de Matteo, profitant impudemment de leur désarroi. La femme providentielle, c'est elle.

    Ce roman, dont il serait faux d'écrire qu'il est sans surprise même si on connaît la fin, est celui d’une imposture forgée sous l’impulsion du moment par une jeune fille transparente, en mal de reconnaissance depuis l’enfance et désireuse de quitter l’ombre des coulisses pour les lumières de la scène.
    Impulsion ?
    Oui, de prime abord seulement. En effet, très vite, Adèle se révèle calculatrice, prudente, habitée par son rôle :

    « Quand les parents se sont approchés, elle s’est levée et elle a fait ce qu’elle avait pensé être le plus naturel - mais qui pour elle n’était pas naturel du tout, premier acte d’une longue comédie, geste pensé avant que d’être senti, elle avait bien réfléchi à ce moment, décisif, tout se jouerait dans ces premières secondes. »

    Ou, plus loin :

    « la phase d’observation terminée, rideau levé, à elle de jouer, c’était son moment, son entrée en scène […] ce fut étonnamment facile, elle avait bien révisé, elle s’était entraînée. »

    Ces allusions patentes à la mascarade qui se joue - je me risque à dire qu'elles auraient mérité plus de finesse - m'ont interdit toute empathie envers cette jeune femme. Comment Adèle a-t-elle pu tenir son rôle aussi parfaitement qu’elle a abusé un père, une mère, des associations d’aide aux victimes, des psychologues, avant d’être percée à jour ?

    La construction non linéaire choisie pour donner à lire cette mystification est celle d’un roman polyphonique, qui alterne chapitres écrits à la 3e personne mettant en scène – le mot est juste - Adèle, et dépositions à la 1re personne faisant entendre la voix Francesca, la mère de Matteo, éperdue de douleur, instinctivement méfiante mais qui ne pourra pas empêcher le « pillage organisé » du deuil, ou encore celle de Saïd, psychologue qu’Adèle n’aura aucun mal à berner, ce qui, je trouve, ne manque pas de sel, là où d'autres lecteurs seront peut-être amenés à penser que tout cela n'est pas très cohérent. Dans une moindre mesure, tous ceux qui ont croisé Adèle à cette époque-là (Jacques, le patron du bar, Thomas, des Beaux-Arts où Matteo étudiait) prennent la parole pour raconter comment ils ont été floués. De simples pions sur le « terrain de jeu » d'Adèle.

    L’écriture de Constance Rivière est aussi travaillée que les affabulations, les souvenirs falsifiés d'Adèle qui s'empare sans vergogne d'un drame national pour rider l’étale de son quotidien. Grandie dans l’absence d’une mère, auprès d’un père volontiers conteur, toujours entre deux départs, Adèle a ce besoin impérieux de (s’)inventer la stabilité d’une famille, de (se) raconter une vie, fût-elle construite sur les sables mouvants du mensonge :

    « Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidée à vivre,
    à sentir que je suis et ce que je suis ? »

    Tout porterait à un certain degré d’empathie... mais voilà, je n’ai jamais réussi à ressentir autre chose qu’une colère sourde, une rage latente pour cette « usurpatrice, menteuse, voleuse ». Les toutes premières pages ne cachent rien de sa difficulté à demander ce pardon qui libèrera bien tardivement le flot de ses larmes.

    Pourquoi lui faudrait-il présenter des excuses pour, enfin, avoir pu exister ?

    Puisque le dénouement nous est connu, l’intérêt de ce premier roman tient dans l’élaboration patiente d’une imposture et son dévoilement. Une fille sans histoire est écrit à bonne distance, ce qui le rend d’autant plus glaçant.

    https://www.calliope-petrichor.fr/2019/09/15/une-fille-sans-histoire-constance-rivière-éditions-stock/

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    Couverture du livre « Une fille sans histoire » de Constance Riviere aux éditions Stock

    EmilieG sur Une fille sans histoire de Constance Riviere

    Lorsque l’équipe des 68 premières fois a décidé de m’envoyer comme première lecture Une fille sans histoire pour ma participation à cette nouvelle aventure de lecture, elle ne pouvait pas s’imaginer à quel point je serais happée par ce premier roman. Parfois des romans ont un écho tout...
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    Lorsque l’équipe des 68 premières fois a décidé de m’envoyer comme première lecture Une fille sans histoire pour ma participation à cette nouvelle aventure de lecture, elle ne pouvait pas s’imaginer à quel point je serais happée par ce premier roman. Parfois des romans ont un écho tout particulier dans notre vie et ce roman est l’un de ceux-là.
    Les premières pages d’Une fille sans histoire m’ont replongée il y a quatre ans au cœur d’une nuit qui a bouleversé ma vie. Le roman de Constance Rivière a comme point de départ la nuit de l’attentat du Bataclan et attentats aux terrasses, la nuit du 13 novembre 2015. Cette soirée là, je n’étais pas au Bataclan mais à quelques mètres de la terrasse de la Belle Equipe… j’ai entendu les tirs, j’ai vu les gens courir pour fuir les scènes de mort, j’ai entendu les cris, les pleurs, les mots terribles « n’y allez pas, il y a des morts », j’ai vu la détresse des gens qui venaient de perdre sous leurs yeux leurs amis, leurs amours… j’ai couru moi aussi pour me mettre à l’abri et j’ai entendu les rues de Paris se vider des bruits des noctambules pour laisser la place aux sirènes des pompiers, des policiers, des ambulances… Alors ce roman en choisissant comme point de départ cette nuit terrible est pour moi marquant.
    Ici point de récit des attentats, ils sont évoqués en creux d’une histoire qui me rappelle un fait divers autour de ce 13 novembre 2015 : une jeune femme s’était fait passer pour une des victimes du Bataclan afin de toucher une indemnisation avant que l’escroquerie ne soit découverte.
    Dans le roman de Constance Rivière, on retrouve cette falsification du réel à travers le personnage énigmatique d’Adèle :
    « 13 novembre 2015. Comme tous les soirs, Adèle est assise seule chez elle, inventant les vies qui se déroulent derrière les fenêtres fermées, de l'autre côté de la cour. Quand soudain, en cette nuit de presqu'hiver, elle entend des cris et des sirènes qui montent de la rue, envahissant son salon, cognant contre ses murs. La peur la saisit, elle ne sait plus où elle est, peu à peu elle dérive. Au petit matin apparaît à la télévision l'image de Matteo, un étudiant porté disparu, un visage qu'elle aimait observer dans le bar où elle travaillait. Sans y avoir réfléchi, elle décide de partir à sa recherche, elle devient sa petite amie. Dans le chaos des survivants, Adèle invente une histoire qu'elle enrichira au fil des jours, jouant le personnage qu'on attend d'elle. Les autres la regardent, frappés par son étrangeté, mais ils ne peuvent pas imaginer qu'on veuille usurper la pire des douleurs. » (présentation de l’éditeur Stock)
    Adèle est un fantôme dans sa propre vie. Jeune fille abandonnée, seule, dont le passé reste mystérieux, Adèle se crée une histoire qui lui donne de l’épaisseur, du sens, qui l’enveloppe de vie alors qu’elle se sert de la mort pour vivre. Ce personnage est dérangeant, à la fois antipathique par ce mensonge qu’elle tisse et en même tant suscitant une sorte de compassion inexplicable. Sa solitude, son mystère, sa douleur d’être seule peuvent toucher le lecteur comme elle touche le personnage de Saïd et paradoxalement elle irrite, elle énerve par son culot à mentir à tous, ouvertement, persuadée que son mensonge, sa fiction, est devenu réalité.
    Le roman est subtilement construit. Ici pas de mystère, on sait dès les premières lignes qu’Adèle sera condamnée pour cette supercherie, cette arnaque. Mais Constance Rivière par l’alternance entre le récit d’Adèle et les récits de Francesca, la mère de Matteo, Saïd ou le patron du bar, permet au lecteur de remonter le mécanisme du mensonge, de donner un double éclairage sur ce glissement de la réalité à la fiction et de la fiction à la réalité.
    « Elle revivait dans ce drame, racontant encore et encore l’histoire dans laquelle elle s’était installée, pour que les mots lui donnent le poids de la réalité qui lui manquait » (Une fille sans histoire)
    Le mensonge est la chair d’Adèle, son souffle. Et moi il m’a happée, dérangée et intriguée. J’ai aimé l’écriture de Constance Rivière, le sujet qu’elle a choisi : cette frontière mince entre réalité et fiction. Elle évoque aussi subtilement les maux de notre société : l’abandon, la solitude, le besoin d’être aimé et reconnu.
    « Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ? » (Une fille sans histoire)
    En résumé : une entrée prenante dans l’aventure des 68 premières fois.

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    Couverture du livre « Une fille sans histoire » de Constance Riviere aux éditions Stock

    Mes écrits d'un jour sur Une fille sans histoire de Constance Riviere

    Adèle est une fille sans histoire depuis son plus jeune âge. Elle n’existe pour personne. Alors comme pour s’inventer une vie elle observe les gens et s’accapare la leur. Novembre 2015, l’attentat du Bataclan est dans tous les esprits et au lendemain de cette tragédie, Adèle recherche son ami,...
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    Adèle est une fille sans histoire depuis son plus jeune âge. Elle n’existe pour personne. Alors comme pour s’inventer une vie elle observe les gens et s’accapare la leur. Novembre 2015, l’attentat du Bataclan est dans tous les esprits et au lendemain de cette tragédie, Adèle recherche son ami, Mattéo, probablement mort. De là, elle invente une histoire, la sienne, la leur, celle que les autres veulent entendre.
    « Avec l’attentat et la mort de Mattéo, elle se découvrait une nouvelle raison d’être. Elle revivait dans ce drame, racontant encore et encore l’histoire dans laquelle elle s’était installée, pour que les mots lui donnent le poids de réalité qui lui manquait. » « C’était le rôle de sa vie, et tout le monde lui était reconnaissant de le tenir si bien. »

    J’étais sur la réserve en lisant le sujet du roman, peur de tomber sur un personnage haïssable car il s’agit tout de même de l’attentat du Bataclan. Et bien non ! Adèle est une fille paumée, que la vie n’a pas gâtée, transparente. Sans personnalité depuis tellement d’années qu’elle vit cet évènement comme un électrochoc. Celui qui va lui permettre d’exister, d’être quelqu’un et d’avoir sa propre histoire. L’autrice aurait très bien pu utiliser un autre fait pour traiter ce problème notable. Mais pourquoi se priver d’une détresse nationale pour en faire un joli premier roman. J’ai été bluffée par le réalisme de ce texte. Est-il inspiré de faits réels ? Tout est possible avec l’Homme. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’attentat est insignifiant car c’est l’élément moteur mais le roman est basé sur l’humain dans sa construction aux autres. Une réflexion intéressante.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2019/09/08/37621028.html

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    Couverture du livre « Une fille sans histoire » de Constance Riviere aux éditions Stock

    AudreyT sur Une fille sans histoire de Constance Riviere

    Adèle est seule, assise au bord de sa fenêtre ouverte sur un monde qu'elle imagine, des histoires de vies qu'elles se racontent pour tromper sa solitude, quand elle entend les agitations et les cris des attentats du 13 novembre. Elle allume la télévision et apprend au fil des heures, l'horreur...
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    Adèle est seule, assise au bord de sa fenêtre ouverte sur un monde qu'elle imagine, des histoires de vies qu'elles se racontent pour tromper sa solitude, quand elle entend les agitations et les cris des attentats du 13 novembre. Elle allume la télévision et apprend au fil des heures, l'horreur des évènements. Quand elle voit le visage de Matteo apparaître à l'écran, ce garçon qu'elle croisait dans le bar où elle travaillait il y a quelques jours encore, elle ne réfléchit pas et part à sa recherche. Commence alors un long chemin de mensonges, d'affabulations et de tromperies...

    Le premier roman de Constance Rivière est une histoire fort bien construite. Avec une écriture travaillée et rythmée, l'auteur nous emmène avec elle, aux côtés d'une jeune fille blessée et traumatisée.

    Constance Rivière décortique avec intelligence la façon dont Adèle va vivre avec un petit mensonge qui deviendra, au fil des jours et des personnes qu'elle va rencontrer, une accumulation de faux souvenirs, d'émotions falsifiées et de sombres désirs.

    L'auteur ne nous offre pas un récit linéaire. Elle sème sur le chemin d'Adèle, des personnages qui viendront éclairer l'imposture. Ils apportent alors une étrange lumière sur la jeune fille.

    Car même si elle blessera ceux qu'elles croisent par ses mensonges, Adèle a elle aussi une histoire bien triste à raconter. D'ombres en brouillards, elle dévoilera doucement sa personnalité blessée par la transparence de son existence.
    C'est une enfant traumatisée par les silences, les non-dits et les absences qui se révèlera au monde. De la grisaille d'une vie triste, elle ne cherche que la chaleur des regards... Mais on ne joue pas avec la douleur...

    Un premier roman prometteur et une très belle découverte des 68premières fois.

    Merci à NetGalley et aux Éditions Stock pour leur confiance...

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