Cloe Korman

Cloe Korman

Née à Paris en 1983, Chloé Korman a étudié la littérature, en particulier la littérature anglo-saxonne, ainsi que l'histoire des arts et du cinéma. Elle a vécu deux ans à New York et voyagé dans l'ouest américain, de la Californie au désert d'Arizona. Entre 2010 et 2013, elle fait paraître aux éd...

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Née à Paris en 1983, Chloé Korman a étudié la littérature, en particulier la littérature anglo-saxonne, ainsi que l'histoire des arts et du cinéma. Elle a vécu deux ans à New York et voyagé dans l'ouest américain, de la Californie au désert d'Arizona. Entre 2010 et 2013, elle fait paraître aux éditions du Seuil deux romans sur les frontières et les migrations : Les Hommes-couleurs (Prix Valery-Larbaud et le Prix du Livre Inter) et Les Saisons de Louveplaine, Son troisième roman, Midi, paraît au Seuil à la rentrée littéraire 2018 Professeure de français au collège Jean-Pierre Timbaud à Bobigny, elle a dirigé deux ouvrages collectifs issus d’ateliers d’écriture avec des adolescents, La Courneuve, mémoires vives (Médiapop, 2010) et Dans la peau d’une poupée noire (Médiapop, 2018).

Articles en lien avec Cloe Korman (1)

Avis sur cet auteur (13)

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    Couverture du livre « Tu ressembles à une juive » de Cloe Korman aux éditions Seuil

    Henri-Charles Dahlem sur Tu ressembles à une juive de Cloe Korman

    «Enfin, s’il était vrai, par quelque logique absurde, que je n’étais pas juive, et que mes parents, mes grands-parents dans leur athéisme plus ou moins consommé ne l’avaient pas été non plus, ils auraient pu compter sur d’autres qu’eux pour les désigner comme juifs et vouloir les assassiner en...
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    «Enfin, s’il était vrai, par quelque logique absurde, que je n’étais pas juive, et que mes parents, mes grands-parents dans leur athéisme plus ou moins consommé ne l’avaient pas été non plus, ils auraient pu compter sur d’autres qu’eux pour les désigner comme juifs et vouloir les assassiner en tant que tels. Le «tu n’es pas vraiment juive» de cette camarade sonnait comme un écho sordide au «vous n’êtes pas français» adressé à mes ancêtres en 1942, assorti de l’obligation de porter l’étoile jaune et d’aller s’inscrire eux-mêmes sur des registres servant à organiser leur extermination.»

    C’est à partir d’exemples personnels que Cloé Korman ancre ce manifeste. Comme ces phrases entendues qui semblent anodines au premier abord et qui, si on prend la peine d’y réfléchir un instant, sont porteuses de préjugés, pour ne pas dire d’intentions blessantes. Ainsi ce «tu n’es pas vraiment juive» qu’une camarade lui lance en constatant qu’elle n’est pas «juive comme elle» ou comme elle le voudrait. «Je prends l’uppercut, je garde pour moi ma rage et je rentre méditer l’insulte…»
    Ou à l’inverse ce «Tu ressembles à une juive» tout autant porteur d’à priori et qui vont pousser Cloé à prendre la plume, à développer ce sujet brûlant.
    En déroulant son histoire familiale, celle des juifs alsaciens du côté de sa mère, et celle des juifs immigrés de Pologne du côté de son père, elle constate combien ce sujet est longtemps demeuré tabou, qu’il valait mieux ne pas en parler, que la clandestinité valait bien mieux. Animant des ateliers d’écriture en banlieue parisienne (elle est enseignante en Seine-Saint-Denis), elle constate aussi qu’elle ne dit rien de ce passé ou encore de son appartenance à cette communauté. Le non-dit est massif. «Il me ramène à ce constat: aimer on ne pas aimer les juifs est devenu, redevenu, un positionnement stratégique au sein de la société française. C'est une ligne brisée qui la parcourt à nouveau en tous sens et sert à séparer les riches des pauvres, les élites des laissés-pour-compte, les Blancs des non-Blancs, et dont l’instrumentalisation se fait toujours aux dépens des juifs, mais aussi de toutes les minorités qui se distinguent de la norme blanche, catholique, à laquelle l’extrême droite cherche à résumer cette société. Dans une atmosphère d’autant plus inquiétante qu’elle se place dans un contexte de montée des extrêmes droites partout en Europe et sur le continent américain.»
    C’est du reste le passage le plus intéressant à mon sens, celui qui lie l’antisémitisme et le racisme, celui qui explique qu’il faut faire cause commune: «Le racisme, ce n'est pas seulement accuser l'autre de son altérité. C’est aussi tout faire pour qu’il n'en sorte pas, et cette stratégie est bien en place dans la société française. Elle est structurée suivant un dispositif qui exploite de façon scandaleuse la différence entre l’antisémitisme et le racisme, qui creuse habilement la différence entre les juifs et tous les autres.»
    Rappelant les faits historiques qui ont conduit l’État français à organiser les rafles et à livrer les juifs aux Allemands, elle nous rappelle aussi qu’après le conflit, on a choisi d’«oublier» ce rôle en concentrant le «devoir de mémoire» sur les camps de concentration et en oubliant par exemple Drancy. Bien entendu, la Shoah et ses conséquences n’en constituent pas moins un volet fort intéressant, avant d’en arriver aux dernières évolutions, aux attentats en France mais aussi aux Etats-Unis ou encore en Nouvelle-Zélande et aux faits divers aussi sordides que choquants. Un panorama qui lui permet de conclure «qu’il faut penser la solidarité entre les luttes contre le racisme et contre l’antisémitisme, et mener ces combats de façon tolérante et pluraliste, en surmontant les divisions liées à nos origines sociales et culturelles ce qui exige sans doute de surmonter le racisme au sein même de l’antiracisme.»
    S’il faut lire ce court essai, c’est à la fois parce qu’il est solidement argumenté, qu’il anime au débat, mais aussi parce que la patte de la romancière le rend très abordable, très plaisant. Oui, il faut mener ce combat, sauf à finir «dans un monde mort, un jardin aux statues où nous irions ressembler à mort à nous-mêmes jusqu'à ce que mort s’ensuive, jusqu’à ce que la rose soit à la rose moins qu’une rose mais une rose de poussière, une rose d’épines, un fil barbelé de cauchemar.»
    https://urlz.fr/bPdd

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    Couverture du livre « Midi » de Cloe Korman aux éditions Seuil

    Aurélien sur Midi de Cloe Korman

    Ce livre est glaçant. Il m'a un peu rappelé "chanson douce" de Leïla Slimani dans sa construction, petite différence toutefois, dans "chanson douce" on sait ce qu'il va se passer dès le début, ici on ne sait rien même si on pressent très fortement le dénouement de ce roman.

    L'auteur se saisit...
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    Ce livre est glaçant. Il m'a un peu rappelé "chanson douce" de Leïla Slimani dans sa construction, petite différence toutefois, dans "chanson douce" on sait ce qu'il va se passer dès le début, ici on ne sait rien même si on pressent très fortement le dénouement de ce roman.

    L'auteur se saisit donc avec un certain talent d'un sujet extrêmement difficile : la maltraitance sur les enfants. Le traitement du sujet est parfaitement maîtrisé, jamais on ne tombe dans le voyeurisme malsain ou la caricature. Non, ici, on n'a aucun mal à imaginer (malheureusement) un cas de ce type dans la vraie vie. Forcément, on s'interroge et on ne ressort pas totalement indemne de cette lecture que l'on termine en apnée.

    Quelques passages sur le spectacle surtout en début de roman paraissent un peu longs et pas toujours très utiles. Cette sensation de "remplissage" au début m'a fait un peu baisser ma note.

    Ceci dit, cela ne nuit pas réellement à la lecture. Le style d'écriture direct et fluide de l'auteur est agréable, les personnages sont incroyablement humains avec leurs qualités, leurs émotions, leurs remises en question et leurs défauts.

    C'est un roman qui traite d'un sujet très difficile, qui interroge, qui sonne incroyablement juste et qu'il faut avoir lu. Il se lit vite, on en sort remué, scandalisé aussi. Un roman qui fait mouche donc et que je recommande.

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    Couverture du livre « Midi » de Cloe Korman aux éditions Seuil

    Jen sur Midi de Cloe Korman

    Parce qu’un enfant meurt tous les deux jours suite à la maltraitance d’un adulte ayant autorité. Parce qu’au-delà de la qualité de ce livre (sans être un coup de cœur, sa lecture est agréable), il délivre un message essentiel. Parce qu’il serait indispensable que plus jamais personne ne regarde...
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    Parce qu’un enfant meurt tous les deux jours suite à la maltraitance d’un adulte ayant autorité. Parce qu’au-delà de la qualité de ce livre (sans être un coup de cœur, sa lecture est agréable), il délivre un message essentiel. Parce qu’il serait indispensable que plus jamais personne ne regarde à côté. Parce qu’il faut ouvrir les yeux et être dans la protection des enfants, de tous les enfants, même ceux des autres. Parce qu’un jour leur devenir pourra être celui de Joséphine. Parce que la violence atteint toujours et laisse des séquelles et parfois est l’issue. Parce que nous sommes responsables et qu’il vaut mieux une erreur qu’un décès. Parce que même ceux qui ne succomberont jamais mérite notre attention.

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    Couverture du livre « Les saisons de Louveplaine » de Cloe Korman aux éditions Points

    danielle cubertafon sur Les saisons de Louveplaine de Cloe Korman

    Turbulences mais le titre est très intéressant et il nous donne envie d en connaître un peu plus avec envie donc à lire et à decouvrir cette histoire mystérieuse

    Turbulences mais le titre est très intéressant et il nous donne envie d en connaître un peu plus avec envie donc à lire et à decouvrir cette histoire mystérieuse