Christophe Donner

Christophe Donner

Christophe Donner Né à Paris en 1956, il est écrivain, journaliste, critique littéraire et cinéaste. Il est l'auteur de nombreux récits pour la jeunesse publiés, pour la plupart à l'École des loisirs. En tant que romancier il publie notamment : Un roi sans lendemain, Vivre encore un peu, Bang ! B...

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Christophe Donner Né à Paris en 1956, il est écrivain, journaliste, critique littéraire et cinéaste. Il est l'auteur de nombreux récits pour la jeunesse publiés, pour la plupart à l'École des loisirs. En tant que romancier il publie notamment : Un roi sans lendemain, Vivre encore un peu, Bang ! Bang !, L'empire de la morale, tous chez Grasset.

Articles en lien avec Christophe Donner (2)

Avis sur cet auteur (23)

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    Couverture du livre « Un roi sans lendemain » de Christophe Donner aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Regine B sur Un roi sans lendemain de Christophe Donner

    Deux histoires s’entremêlent dans ce roman jusqu’à l’intime. Le héros, Henri Norden, (anagramme du nom de l’auteur : Donner) est contacté pour écrire le scénario d’un film sur Louis XVII. Le film, tout comme ses précédents, ne se fera pas. Mais, habité par ses personnages, l’enfant du temple et...
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    Deux histoires s’entremêlent dans ce roman jusqu’à l’intime. Le héros, Henri Norden, (anagramme du nom de l’auteur : Donner) est contacté pour écrire le scénario d’un film sur Louis XVII. Le film, tout comme ses précédents, ne se fera pas. Mais, habité par ses personnages, l’enfant du temple et surtout Jacques-René Herbert, créateur du » Père Duchesne », journal satirique célèbre parmi les sans culottes, le héros n’a de cesse de raconter l’histoire, ou plutôt son histoire, à son entourage. Pourquoi avoir tant fantasmé sur l’évasion de l’enfant du temple ? Sa mort était-elle si gênante qu’il fallait lui substituer une mystérieuse disparition de l’enfant martyr de son époque ? La thèse de l’auteur est intéressante, le dauphin n’étant qu’un instrument, comme l’ont été les autres membres de la famille royale, pour alimenter les articles virulents de son journal populaire.
    Henri Norden traverse la vie, habité par ses personnages qu’il décrit aux comédiens pressentis, aux personnes de son entourage. C’est ainsi qu’il tombe amoureux de Dora, animatrice TV d’une émission littéraire. Il la séduit grâce à son histoire de l’enfant prisonnier, roi sans lendemain.


    L’histoire est particulièrement bien construite, avec des allers retours incessants mais qui rendent le roman plus vivant. On avance dans l’histoire pour revenir sur une anecdote à une date postérieure. Sans cesse stimulé par des retours en arrière, l’intérêt du lecteur va grandissant pour ce récit implacable.
    Il faut saluer le travail de recherche et l’érudition de l’auteur qui nous donne à voir tous les épisodes dramatiques de cette période agitée de l’histoire. Il nous fait entrer de plain-pied dans une violence exacerbée, dans l’horreur d’une époque sanglante et cruelle. Il n’évoque les différentes thèses que pour mieux argumenter la sienne. Rien ne doit être tabou dans la recherche de vérité trop longtemps mystifiée.
    Les personnages ont une réelle consistance, du caractère. Surtout JR Herbert, que l’on suit de l’enfance jusqu’à sa condamnation à mort.
    Il est à regretter que l’histoire de H Norden, très présente au début du roman, se termine en filigrane, l’auteur ne nous délivrant plus que quelques rares phrases concises. J’ai l’impression qu’il s’est servi de son personnage pour nous emmener par des chemins détournés vers une histoire qui, a priori, peut sembler éculée. Le lecteur, pris au piège de son intérêt pour l’intrigue, même s’il en connaît le dénouement, ne peut plus lâcher le livre.
    Tout l’art du romancier est là : il nous entraîne dans un roman contemporain ou l’on parle de réalisation de films et d’amours, le tout écrit dans un style limpide ou les dialogues, nombreux sont efficaces. Et, brusquement, le lecteur perd de vue le personnage d’Henri pour se trouver immerger dans l’histoire de cet enfant, roi sans lendemain.

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    Couverture du livre « Au clair de la lune » de Christophe Donner aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Jean-Paul Degache sur Au clair de la lune de Christophe Donner

    De temps en temps, un livre comme celui-ci arrive et je me régale de voir qu’un écrivain que je ne connais pas réussit à raconter une histoire qui remet les découvertes à leur place et rend hommage à des inventeurs de génie, souvent spoliés et oubliés alors que nous leur devons tant.

    Au clair...
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    De temps en temps, un livre comme celui-ci arrive et je me régale de voir qu’un écrivain que je ne connais pas réussit à raconter une histoire qui remet les découvertes à leur place et rend hommage à des inventeurs de génie, souvent spoliés et oubliés alors que nous leur devons tant.

    Au clair de la lune, chanson populaire s’il en est, c’est le premier enregistrement de voix humaine jamais réalisé mais j’y reviendrai car Christophe Donner commence en parlant des frères Montgolfier, de Pilâtre de Rozier, du marquis d’Arlandes, précisant : « Il n’est pas de science, pas de progrès sans cette obsession d’être le premier. »
    Auguste Toussaint Scott de Martinville a publié un ouvrage dédié aux frères Montgolfier mais la Révolution est passée par là et son fils, prénommé aussi Auguste, trouve du travail comme apprenti typographe chez Louis Courcier. Le XIXe siècle vient de commencer, un siècle riche en inventions.
    Les soubresauts politiques bouleversent souvent la vie publique mais les gens travaillent. Beaucoup de journaux, de revues paraissent. En France, sur 28 millions d’habitants, ils sont plus de 700 000 à travailler dans les métiers du livre : graveurs, libraires, bibliothécaires, relieurs, éditeurs, écrivains, journalistes. Justement, un procédé nouveau, la lithographie, du grec lithos, la pierre, se développe et un certain Joseph Nicéphore Niépce possède une carrière à Chalon-sur-Saône. D’ailleurs, il veut qu’on l’appelle Nicéphore, le porteur de victoire, et a une obsession : fixer l’image.
    J’ai été captivé par les essais réalisés par cet homme qui soutient financièrement son frère, Claude, qui veut inventer un moteur. À l’imprimerie, le jeune apprenti qu’on appelle Scott devient homme de conscience de son atelier car il perd la vue. Il va acheter des lunettes chez Vincent Chevalier qui fournit Nicéphore Niépce en optique…
    Je passe tous les détails car débarque un certain Louis Daguerre, décorateur de théâtre, qui tente de s’approprier les découvertes de Niépce. À l’imprimerie, Scott voit son fils, Edouard devenir apprenti, se passionner pour la sténographie puis réussir à fixer tous les sons de la nature sur du papier enduit de noir de fumée. C’est lui qui chantera le fameux Au clair de la lune…
    C’est bien raconté avec des événements qui font l’actualité de l’époque et surtout cette lutte sans merci entre ces inventeurs géniaux ou opportunistes, une course contre la montre qui passe par-dessus l’océan Atlantique avec un certain Thomas Edison : « Le célèbre inventeur qui n’a rien inventé. »

    Tout ce roman tourne autour de l’invention, surtout de l’inventeur avec ses doutes, ses difficultés, surtout financières, et sa bataille pour faire reconnaître sa trouvaille face au scepticisme et à la jalousie. Bien documenté, Christophe Donner met en valeur ces hommes passionnés de technique qui se sont battus contre le scepticisme et l’incrédulité, mettant souvent leurs finances en péril et parfois même leur vie.

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    Couverture du livre « Au clair de la lune » de Christophe Donner aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Ghislaine DEGACHE sur Au clair de la lune de Christophe Donner

    Au clair de la lune, ce sont les quelques paroles d'une chanson qui seront l'objet des premiers sons jamais enregistrés et sur lesquelles va se pencher l'auteur dans cet impressionnant roman, véritable célébration des avancées scientifiques de ce XIX° siècle.
    Christophe Donner nous plonge de...
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    Au clair de la lune, ce sont les quelques paroles d'une chanson qui seront l'objet des premiers sons jamais enregistrés et sur lesquelles va se pencher l'auteur dans cet impressionnant roman, véritable célébration des avancées scientifiques de ce XIX° siècle.
    Christophe Donner nous plonge de façon saisissante, époustouflante, dans ce monde de découvertes technologiques qu'il nous fait vivre comme un véritable feuilleton avec plein de rebondissements.
    Ces hommes assoiffés de découvertes y laissent énormément d'énergie, parfois leur fortune, mais grâce à eux, la photographie et l'enregistrement de la voix humaine ont pu naître et se développer.

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    Couverture du livre « Au clair de la lune » de Christophe Donner aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Dominique JOUANNE sur Au clair de la lune de Christophe Donner

    Excellent roman de la rentrée ! Christophe Donner nous embarque à petits pas rapides du tout début des grandes inventions qui virent le jour dans les années 1800 en mettant l’accent sur le phonographe et l’appareil photo. Il nous fait rencontrer tous ces inventeurs chevronnés qui se sont ruinés...
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    Excellent roman de la rentrée ! Christophe Donner nous embarque à petits pas rapides du tout début des grandes inventions qui virent le jour dans les années 1800 en mettant l’accent sur le phonographe et l’appareil photo. Il nous fait rencontrer tous ces inventeurs chevronnés qui se sont ruinés pour leur passion, privés de la gloire qui aurait dû leur revenir jusqu’à leur noms mêmes tombés dans l’oubli, noyés dans le succès de ceux qui ont su améliorer et aboutir leurs inventions balbutiées. L’auteur nous fait plonger dans la société de l’époque, la politique, les éditeurs, les imprimeurs, les opticiens et dans la vie intime parsemée de drames de ces hommes de conviction et entêtés tels Nicéphore Niépce pour fixer sur un support l’image reçue au fond des chambres obscures et Scott de Martinville pour reproduire la voix humaine par le biais de son ‘phonautographe’. Pourtant tous deux virent la promesse de leurs fortunes et leurs notoriétés raflées par d’autres tels Daguerre ou Edison. Ils se consoleront avec le fait que la vraie richesse est d’avoir fait avancer la science.

    « Scott reconnaît à Edison d’avoir fait parler une machine. Mais est-ce là le problème merveilleux qu’il s’agissait de résoudre ? (…) On ne peut comparer cet entêtement qu’à celui d’Etienne-Jules Marey qui, après avoir réussi à décomposer le mouvement de l’animal, restera indifférent et même hostile au cinéma, car ‘peu utile au point de vue scientifique ‘. »

    Un enchainement chronologique fait de courts paragraphes rend la lecture rapide et confortable. Le récit relatant des faits précis de l’époque est captivant. Un talent d’écriture certain pour transmettre les sentiments qu’ont pu avoir ces hommes tout au long de leur quête scientifique. L’écriture est simple, claire et fluide. Un excellent moment de lecture agréable et très instructive.

    « —Au clair de la lu-ne, mon ami Pierrot. Prête… Fin du rouleau de papier. Fin de démonstration. Le concierge arrête de tourner la manivelle tandis que chacun, dans l’assistance, continue mentalement la comptine jusqu’à l’amour de Dieu. (…) Edouard détache du tambour la bande de papier enduite de noir de fumée et gravée par le son de sa voix. Il plonge cette bande de papier dans le bac rempli d’alcool. Il attend quelques secondes interminables que l’alcool fixe les particules de suie sur le rouleau de papier. Il sort le rouleau, le lève pour montrer aux spectateurs le premier phonautogramme officiel de l’histoire. C’est-à-dire le premier enregistrement jamais réalisé de la voix humaine. »