Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Christophe Desmurger

Christophe Desmurger
Christophe Desmurger a publié chez Fayard Des plumes et du goudron en 2013. L'assassinat de Gilles Marzotti est son deuxième roman.

Articles en lien avec Christophe Desmurger (2)

Avis sur cet auteur (4)

  • add_box
    Couverture du livre « Rage » de Christophe Desmurger aux éditions Fayard

    Mumu Dans le Bocage sur Rage de Christophe Desmurger

    Il a la rage, il enrage,

    Il en veut à tout le monde,

    A son père trop présent, à sa mère trop absente, à sa sœur trop brillante, à lui-même d’être ce qu’il est, à Serge d’être celui qu’il est et qu’il voudrait être.

    Ils se sont connus enfants puis adolescents, l’un était l’idole de...
    Voir plus

    Il a la rage, il enrage,

    Il en veut à tout le monde,

    A son père trop présent, à sa mère trop absente, à sa sœur trop brillante, à lui-même d’être ce qu’il est, à Serge d’être celui qu’il est et qu’il voudrait être.

    Ils se sont connus enfants puis adolescents, l’un était l’idole de l’autre. Raphaël aimait tout chez Serge : sa fouge, sa force, son allure, sa moto, sa façon de se moquer de tout et de tout le monde, de vivre la vie qu’il avait choisie jusqu’à sa manière de passer sa main dans ses cheveux.

    Lui n’était qu’un garçon doux, timide, obéissant, subissant l’autorité d’un père, le CPE (Conseiller Principal d’Education) comme il le nomme, appliquant le même comportement autoritaire au collège et chez lui. Face à lui on obéit ou on s’efface comme le fait sa mère, si douce, si soumise, si absente, ou on correspond à ses schémas, comme sa sœur, Virginie, si brillante et qui sera pharmacienne comme CPE l’a décidé.

    Son regard n’avait pas appris à se taire (p193)

    Ils étaient unis comme les doigts de la main d’ailleurs ils ont uni leurs prénoms en lettres rouges, comme les liens du sang, pour se définir : RAGE (RAphaël + serGE) : rage de vivre pour l’un, vite, fort, sans limite et rage de devenir pour l’autre.

    Ils ont connu la même bande d’amis, partagé leur adolescence entre musique et virées, l’un tentant de correspondre à ce que son père CPE espère de lui, en gentil garçon guimauve qu’il est, l’autre menant sa vie tambour battant, en folle chevauchée, traficotant ici ou là, de plus en plus dangereusement.

    Ils se sont perdus de vue, la vie les a éloignés mais quand elle les remet en présence l’un de l’autre vingt ans plus tard, c’est l’occasion pour Serge de se replonger dans ses souvenirs et de faire le point sur le chemin parcouru. Qui des deux a finalement réalisé ses rêves, qui est heureux et « réussi » sa vie ?

    Ce qui nous divise, ce qui nous amène à nous cracher à la gueule, c’est le simple fait que les grands mots n’ont pas le même sens pour tous. (p204)

    Christophe Desmurger a pris le parti de faire de ses deux héros des opposés mais on sait que les opposés s’attirent comme les deux pôles d’un aimant. Leur amitié est forte, solide, sûrement parce qu’il y a ce déséquilibre entre eux, même s’ils ne partagent pas tout comme la musique, l’un admirateur inconditionnel de Renaud qui exprime si bien cette colère sourde en lui et la transforme en poésie, l’autre se retrouvant dans le punk rock des Berurier noir, criant sa révolte.

    Le récit démarre par la rencontre des deux amis 20 ans après, un jour comme les autres, un jour où Raphaël n’aurait jamais imaginé recroisé celui qui fut une sorte de modèle, le rebelle qu’il n’était pas mais qui l’avait déçu, blessé.

    C’est l’occasion pour lui de remonter le temps, de revenir sur son adolescence, sur tout ce qui constitue les bases de ce futur, de revivre le premier amour, celui qui restera toujours en soi.

    Nous serons l’un pour l’autre la première fois, celle qui tue l’enfance et fait couler quelques larmes. (p82)

    Viens ensuite l’âge adulte, l’âge d’homme, l’âge où l’on fait ses choix, où il rencontre celle qui va apaiser, qui va comprendre, qui va accepter Raphaël tel qu’il est, avec ses rêves, avec ses choix. Celle qui n’est pas son opposé mais sa moitié, sa complémentarité. Doit-on se construire à travers ceux que l’on admire ou être soi-même et s’accepter comme tel ? Et si finalement le regard que l’on porte sur soi était faussé par celui des autres, par ce que l’on croit devoir faire pour répondre aux attentes de parents et ne faut-il pas enfin s’accepter tel que l’on est avec nos pleins, nos manques, nos bosses et nos rêves ?

    L’auteur a parfaitement fait ressortir le mal-être de cet adolescent, sa colère silencieuse en de courtes phrases scandées comme une sorte d’appel au secours durant la première partie de sa vie. C’est une narration truffée de musique, de complicité, de rires mais aussi d’amertume de ne pas être celui que l’on sent bouillir en soi.

    C’est un roman de la vie, d’apprentissage de soi, parfaitement maîtrisé et construit. J’ai accompagné Raphaël dans sa quête de lui-même, craignant parfois qu’il ne tombe ou qu’il ne se laisse embarquer sur un chemin qui n’était pas le sien. J’ai aimé cette écriture vive, haletante, cette Rage qui tient les deux protagonistes debout pour des motifs différents, une rage de plus, une rage d’encore.

    C’est une écriture qui va à l’essentiel, forte, claire, sans fioriture mais qui sonne tellement bien, rythmée par les références musicales. Il y a des rages qui détruisent et celles qui construisent ; Christophe Desmurger a choisi de donner à Raphaël une leçon de vie :

    Je veux profiter de ce temps provisoire. De cette parenthèse. C’est la seule chose à faire. Courir après le bonheur est une connerie Le meilleur moyen d’avoir une vie de merde, c’est d’essayer d’être heureux. Le bonheur est une invention. Sa quête remplit les pages des magazines, mais elle est vaine. Les parenthèses existent. Il faut les reconnaître, s’y installer et ne pas se ronger les sangs à l’idée qu’elles se referment. Elles se referment. C’est comme ça. (p169)

    J’ai aimé voir grandir cet adolescent, le voir devenir philosophe, attentif à ce qui compte, à s’aimer et s’autoriser à aimer, à faire la paix avec l’adolescent qu’il était, grâce peut-être à Serge, à son monde artificiel, toujours à la recherche de plus, de clinquant, de voyant, d’artificiel mais qui ne sera jamais celui de Raphaël, le doux, la guimauve.

  • add_box
    Couverture du livre « Rage » de Christophe Desmurger aux éditions Fayard

    Christophe Desmurger sur Rage de Christophe Desmurger

    Le temps qui passe, les illusions qui se perdent dans le dédale de la vie, quatre lettres rouges peintes à la main sur un Perfecto... « Rage ». Comme un avertissement ! Pas une révolte contre l’ordre social, non ! Plutôt la peur devant les contraintes de tous ordres perçues comme autant de...
    Voir plus

    Le temps qui passe, les illusions qui se perdent dans le dédale de la vie, quatre lettres rouges peintes à la main sur un Perfecto... « Rage ». Comme un avertissement ! Pas une révolte contre l’ordre social, non ! Plutôt la peur devant les contraintes de tous ordres perçues comme autant de menaces à la liberté. Raphaël n’est pas un marginal, il suit le mouvement et quand la rage s’invite à nouveau avec l’envie de tout passer par-dessus bord, quand l’absence de route devient trop pesante, il y a toujours moyen de trouver un refuge, le temps d’une soirée, avec les copains ou la musique. Renaud, le compagnon fidèle !

    Sa mère à lui, lorsqu’elle l’accompagne chaque lundi au car qui le conduit au lycée, ne cesse de l’encourager en lui disant qu’il est beau, il en a besoin mais... ça ne suffit pas à le rassurer. Malheureusement elle semble toujours triste, sa mère, peut-être parce qu’à elle personne ne lui dit qu’elle est belle. Pas même son fils, il ne sait pas faire.
    Quant à son père, tellement sérieux qui ne laisse jamais aucun geste au hasard, c’est un angoissé ! En fait, seule Virginie sa fille trouve grâce à ses yeux. Belle et brillante, mention Très bien au bac. Un jour elle sera pharmacienne. Avec son fils, c’est différent. CPE, c’est comme ça que Raphaël le désigne, ne cache pas sa déception de voir qu’il refuse obstinément de prendre la vie au sérieux.
    Quand les repas à la maison n’en finissent plus, il n’y a plus qu’à fuir.
    Et voilà Serge, l’ami de toujours. Lui, il a du succès auprès des filles et il ose cultiver la marge. C’est vrai qu’il se livre régulièrement à de petits trafics, mais toujours il revient. Et puis il y a le sourire de Sarah qui veille sur lui comme lui veille sur elle. Bérénice aussi, avec sa frange et ses yeux bleus, qui le trouve mystérieux.
    Arrive le temps du bac, les vacances en Camargue, la fac qui se profile à l’horizon, le permis de conduire. Il va bien falloir le quitter ce monde de l’enfance. S’essayer à faire l’adulte. Et que vont-ils devenir, tous ?

    Depuis toujours il écrivait des chansons, des petits textes comme il disait. C’est décidé, il sera chanteur. Chanteur de bar, chanteur de bal, avec pour commencer, les chansons des autres. Derrière son micro, dans ce petit bistrot des Saintes-Maries-de-la-Mer, pendant que les verres circulent, il chante et se sent bien. Bien sûr il est sans illusion sur l’attention distraite que lui prêtent ceux qui sont là. Peu importe, ils ont choisi ce lieu pour fuir les hordes de touristes.
    Un jour, au milieu du public, il remarque Clarisse qui est là sans boire de bière et qui le regarde...

    Une écriture serrée, des phrases souvent très courtes, quelques mots seulement. Comme s’il fallait se hâter à dire les choses pendant qu’elles étaient encore là. Ne rien laisser passer non plus. Les mots, pas la peine de vouloir les enrober, ils risquent de perdre leur éclat. D’ailleurs ils ne sont pas là pour raconter des histoires mais pour dire l’essentiel. Inutile de faire semblant !

    J’avais aimé « Des plumes et du goudron », « L’Assassinat de Gilles Marzotti ». Christophe Desmurger vient de passer avec brio l’obstacle du troisième roman.

    Une critique de Dominique Molin

  • add_box
    Couverture du livre « L'assassinat de Gilles Marzotti » de Christophe Desmurger aux éditions Fayard

    Booksnpics . sur L'assassinat de Gilles Marzotti de Christophe Desmurger

    Marié et papa d'un petit Matteo, Raoul est intérimaire et écrivain. Il aurait tout pour être heureux si il était moins dépensier.
    Tel un navire prit dans la tempête, son compte en banque coule...Et sa vie suit le même chemin. Il peine à sortir la tête de l'eau, ignorant les multiples...
    Voir plus

    Marié et papa d'un petit Matteo, Raoul est intérimaire et écrivain. Il aurait tout pour être heureux si il était moins dépensier.
    Tel un navire prit dans la tempête, son compte en banque coule...Et sa vie suit le même chemin. Il peine à sortir la tête de l'eau, ignorant les multiples avertissements de Gilles Marzotti, son banquier. Hanté par ce dernier, développant une haine sans égale envers lui, Raoul va se retrouver dos au mur, mentant à ses proches jusqu'à en perdre sa bulle d'oxygène, sa famille.
    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, "L'assassinat de Gilles Marzotti" ne relève en rien du roman policier. Se plongeant dans le chaos qu'est devenu l'existence de son personnage principal, Christophe Desmurger nous livre ici un roman d'une noirceur profonde.
    Utilisant le "Je" narratif, l'auteur nous fait entrer dans la peau de son personnage. Un personnage tantôt excessif et à fleur de peau, tantôt naïf et fragile.
    Un texte dynamique, composé de chapitres courts, qui font de ce roman un très bon moment de lecture!

    Je remercie les éditions Fayard pour cette lecture.

  • add_box
    Couverture du livre « Des plumes et du goudron » de Christophe Desmurger aux éditions Fayard

    Fabien Voyer sur Des plumes et du goudron de Christophe Desmurger

    J'ai adoré ce livre sur l'école... qui n'est pas un livre sur l'école !!!

    On vit de l'intérieur les doutes, les espérances d'un prof des écoles, d'un instit.

    C'est un éclairage romanesque sur la difficulté d'être prof, d'être un homme.
    J'ai adoré. A lire !

    J'ai adoré ce livre sur l'école... qui n'est pas un livre sur l'école !!!

    On vit de l'intérieur les doutes, les espérances d'un prof des écoles, d'un instit.

    C'est un éclairage romanesque sur la difficulté d'être prof, d'être un homme.
    J'ai adoré. A lire !

Ils suivent Christophe Desmurger

Thèmes en lien avec Christophe Desmurger

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !