Chiyo Uno

Chiyo Uno
Née en 1897, Chiyo Uno est l'une des plus célèbres romancières japonaises. Elle rencontre le succès en 1935 avec Confession amoureuse. Saluée pour son ton inimitable, elle est lauréate de plusieurs prix littéraires, notamment pour Ohan, qui sera adapté à l'écran. Très intéressée par la mod... Voir plus
Née en 1897, Chiyo Uno est l'une des plus célèbres romancières japonaises. Elle rencontre le succès en 1935 avec Confession amoureuse. Saluée pour son ton inimitable, elle est lauréate de plusieurs prix littéraires, notamment pour Ohan, qui sera adapté à l'écran. Très intéressée par la mode et notamment les tendances venues des États-Unis, elle fonde Sutairu, ou Style, le premier magazine de mode occidentale au Japon, et lance également une marque de kimonos. À travers le vêtement et l'apparence, c'est bien sûr une autre question qui est en jeu, celle de la liberté et du rôle de la femme. Chiyo Uno mena en effet dans le Tokyo des années 20, une vie de bohème, loin de la soumission imposée aux Japonaises de l'époque. En 1990, Chiyo Uno reçoit la reconnaissance officielle japonaise pour sa contribution remarquable dans le domaine culturel. Cette femme libre qui n'obéissait qu'à ses propres règles est décédée à l'âge de 98 ans.

Avis (1)

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    Couverture du livre « Ohan » de Chiyo Uno aux éditions Picquier

    Sandrine Fernandez sur Ohan de Chiyo Uno

    De son propre aveu, Kanô est un bon à rien qui vit aux crochets d'une femme. Or cette femme, Okayo, n'est pas son épouse mais sa maîtresse, une ancienne geisha qui gère désormais son propre établissement. Lui a fait péricliter la teinturerie familiale et fait le brocanteur en dilettante pour...
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    De son propre aveu, Kanô est un bon à rien qui vit aux crochets d'une femme. Or cette femme, Okayo, n'est pas son épouse mais sa maîtresse, une ancienne geisha qui gère désormais son propre établissement. Lui a fait péricliter la teinturerie familiale et fait le brocanteur en dilettante pour gagner son argent de poche. Et ce n'est pas là le pire de ces méfaits ! Son acte le plus honteux a été de quitter Ohan, son épouse légitime, alors qu'elle attendait leur enfant. C'était il y a sept ans et depuis il n'a pas revu sa femme et ne connaît même pas son petit garçon. Pourtant, quand un soir d'été, il la croise par hasard, Kanô est bouleversé. Soudain il ne pense plus qu'à cette femme lâchement abandonnée, se reprochant son inconduite. Beau parleur, il réussit à se faire pardonner et la situation s'inverse : il devient l'amant de sa propre femme. Il se rapproche également du petit Satoru, son fils inconnu, et décide de quitter Okayo pour emménager avec Ohan. Pourtant il ne suffit pas de décider, il faut agir aussi et Kanô n'est pas un homme d'action. Comment laisser Okayo et Osen, la fille qu'elle vient d'adopter, sans la faire souffrir et sans en pâtir lui-même ? Comment faire patienter Ohan et Satoru, impatients de former une famille ? Pris entre deux feux, Kanô tergiverse, hésite, promet, se ravise, ne sait laquelle choisir.
    Indétrônable figure des romans d'amour, le triangle amoureux est ici dessiné avec la délicatesse d'une estampe japonaise. Avec beaucoup de pudeur, de retenue et un sens aiguisé de la dramaturgie, Chiyo Uno raconte l'histoire banale d'un homme qui ne peut choisir entre les deux femmes qu'il dit aimer. Banal l'homme l'est aussi, dans son égoïsme, sa lâcheté sa frivolité. Les femmes le sont moins. Ohan, mère aimante, épouse patiente, femme humble et digne qui s'inquiète pour sa rivale. Okayo, forte, ambitieuse, entreprenante, amoureuse de son vaurien d'amant. Et puis il y a les enfants, une fille, un garçon, tous deux cherchent un père et là encore Kanô ne saurait être à la hauteur, lui qui fuit les responsabilités comme la peste. Mais à être inconstant et volage, la vie ne fait pas de cadeau et se charge de punir le faible qui veut tout et ne donne rien. Le drame, prévisible, inévitable, frappe de plein fouet un Kanô qui découvre quand il le perd, ce à quoi il tenait le plus sans se l'avouer.
    Un petit bijou comme seule la littérature japonaise peut en proposer, tout en poésie, en délicatesse. Dans un Japon intemporel, la ritournelle des sentiments au gré du passage des saisons. A découvrir.

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