Charlotte Perkins Gilman

Charlotte Perkins Gilman
Charlotte Perkins Gilman (1860-1935) fut l'une des premières féministes de l'Amérique moderne. Elle ne pouvait vivre, littéralement, que si on la laissait écrire. Rendue un temps « folle » par le mariage et la maternité, partagée entre l'amour des hommes (qui l'attiraient mais lui faisaient peur)... Voir plus
Charlotte Perkins Gilman (1860-1935) fut l'une des premières féministes de l'Amérique moderne. Elle ne pouvait vivre, littéralement, que si on la laissait écrire. Rendue un temps « folle » par le mariage et la maternité, partagée entre l'amour des hommes (qui l'attiraient mais lui faisaient peur) et l'amitié passionnée - pour ne pas dire plus - de quelques femmes élues, Charlotte la scandaleuse ne cessa de lutter pour qu'on la laisse être ce qu'elle était.

Avis (1)

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    Couverture du livre « Herland » de Charlotte Perkins Gilman aux éditions Robert Laffont

    Marie Kirzy sur Herland de Charlotte Perkins Gilman

    Une curiosité que ce court roman écrit en 1915, paru sous la forme d'un feuilleton dans une revue. Toute l'oeuvre de son auteure, la sociologue et écrivaine américaine Charlotte Perkins Gilman, a eu une influence majeure sur le militantisme féministe outre-Atlantique.

    Elle a choisi la forme...
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    Une curiosité que ce court roman écrit en 1915, paru sous la forme d'un feuilleton dans une revue. Toute l'oeuvre de son auteure, la sociologue et écrivaine américaine Charlotte Perkins Gilman, a eu une influence majeure sur le militantisme féministe outre-Atlantique.

    Elle a choisi la forme d'une utopie à la Jonathan Swift, le monde imaginaire de « Herland » permettant de dénoncer les dysfonctionnements du monde réel, en l'occurence, le patriarcat et ses conséquences sexistes. Trois Américains aux profils différents découvrent un peuple de femmes qui vit en autarcie depuis 2000 ans, sans homme, se reproduisant par parthénogenèse, dans une société paisible, rationnelle, très avancée intellectuellement et du point de vue intellectuel tout en vivant en harmonie avec la nature.

    On sent la sociologue derrière chaque page. Les personnages n'ont pas d'existence propre, pas de chair, rien qui ne nous touche, ils sont juste là pour étayer les thèses de l'auteur. L'écriture est un peu empesée, très scolaire. En 1915, cela devait être très novateur mais en 2019, cette utopie m'a semblé très vieillie, et pour le moins très discutable :

    - toute la société de Herland tourne autour de la maternité qui est érigée en quasi religion, le grand projet collectif étant de donner naissance à d'autres femmes, les bébés étant élevés en commun, un peu comme dans une ruche.
    l'individu n'a que peu de place dans cet espace très organisée, impossible de s'y exprimer et de se détacher des autres « soeurs »
    - les relations sexuelles n'existent pas, complètement évacuées
    - surtout, ces femmes sont de souche aryenne, l'eugénisme a sa place puisque les femmes jugées les moins aptes physiquement et psychologiquement sont écartées de la reproduction.

    Inversement, ce qui m'a semblé toujours très pertinent et finalement visionnaire, c'est la place que Herland accorde au respect de la nature, ces femmes vivant en symbiose avec leur environnement, l'agriculture mise en place étant très proche des idées de la permaculture actuelle.

    A lire donc pour parfaire sa connaissance historiographique du féminisme, sans perdre de vue ce qu'il y a derrière cette gynocratie utopique. A quoi ressemblerait donc une utopie féministe inventée en 2019 ?

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