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Charif Majdalani

Charif Majdalani

Charif Majdalani, né en 1960 à Beyrouth, a fait ses études supérieures en France, pendant la guerre civile libanaise (thèse à Aix, en 1993, sur Antonin Artaud). Il a été un des collaborateurs de la revue L’Orient-Express dirigée par le journaliste assassiné Samir Kassir. Il est actuellement chef ...

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Charif Majdalani, né en 1960 à Beyrouth, a fait ses études supérieures en France, pendant la guerre civile libanaise (thèse à Aix, en 1993, sur Antonin Artaud). Il a été un des collaborateurs de la revue L’Orient-Express dirigée par le journaliste assassiné Samir Kassir. Il est actuellement chef du département de Lettres françaises de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il avoue un goût prononcé pour le baroque et le métissage des cultures, sur lequel il a d’ailleurs écrit un Petit traité des mélanges.

Articles en lien avec Charif Majdalani (1)

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « Beyrouth 2020 ; journal d'un effondrement » de Charif Majdalani aux éditions Actes Sud

    Bill sur Beyrouth 2020 ; journal d'un effondrement de Charif Majdalani

    Quand Charif Majdalani a commencé à tenir ce journal au début de l'été 2020, il pensait écrire sur la situation de Beyrouth et du Liban en temps de COVID-19 et de l'impact des confinements sur la situation économique déjà bien dégradée après des années de corruption, d'affairisme et clientélisme...
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    Quand Charif Majdalani a commencé à tenir ce journal au début de l'été 2020, il pensait écrire sur la situation de Beyrouth et du Liban en temps de COVID-19 et de l'impact des confinements sur la situation économique déjà bien dégradée après des années de corruption, d'affairisme et clientélisme et de détournements en tous genres de fonds publics et d'aides internationales.

    Les libanais ont eu l'argent facile, et l'ont bien flambé ...

    En ce milieu d'année 2020, l'inflation est telle qu'il est difficile de définir le tarif de services essentiels comme la réparation d'une clim' ou d'une fuite d'eau, que l'état et les sociétés publiques sont en telle déliquescence que  l'électricité est vendue à prix d'or par des compagnies privées et l'eau commence à être distribuée par camions citernes qui ponctionne des nappes phréatiques proches du néant .... 

    Et vint le 2 août .... 

    L'explosion de plus de 2000 tonnes de nitrates d'ammonium stockés dans un entrepôt du port qui ont dévasté la ville faisant plus de 200 morts, 150 disparus, 6000 blessés et endommagé plus de 90000 bâtiments, détruit 6000 habitations ... 

    Le journal de l'auteur s'interrompt pour ne reprendre qu'une dizaine de jours plus tard, après la sidération avec une litanie de noms, de blessés, de défunts 

    Mais quand même toujours l'espoir que le Liban se remettra de cette épreuve, comme il a surmonté les précédentes.

    Un ouvrage d'amertume et d'espoir avec, en leitmotiv, ce graffiti repéré sur plusieurs murs de la ville : le régime souhaite la chute du peuple

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    Couverture du livre « Beyrouth 2020 ; journal d'un effondrement » de Charif Majdalani aux éditions Actes Sud

    Miss K Paris sur Beyrouth 2020 ; journal d'un effondrement de Charif Majdalani

    Ceci est un récit fort sur la gestion d’un pays par une caste politique, plus affairée et intéressée par des gains importants mais plus que douteux que par le bien collectif, au pouvoir depuis des années (on remonte à 1920) et qui a mené le pays à une agonie lente mais bien réelle. Un siècle...
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    Ceci est un récit fort sur la gestion d’un pays par une caste politique, plus affairée et intéressée par des gains importants mais plus que douteux que par le bien collectif, au pouvoir depuis des années (on remonte à 1920) et qui a mené le pays à une agonie lente mais bien réelle. Un siècle pour mettre un pays à terre.
    Oui nous parlons bien du Liban, pays qui fut un temps surnommée la Suisse du Moyen-Orient, mais qui depuis trop longtemps est dirigé par cette caste à l’impunité quasi institutionnalisée, qui a mis en place un système parfaitement élaboré de détournements de fonds, caisses noires et autres pots de vin qui auront ruiné le Liban.
    Sous l’effet conjugué du coronavirus et de la crise économique, qui avait donnée lieu à d’immenses manifestations à l’automne 2019, Charif Majdalani a débuté la rédaction d’un journal en juillet. Il cherchait alors simplement à nous expliquer, dans un savant mélange de quelques chiffres (juste ce qu’il faut, mais ils sont tellement abyssaux qu’ils donnent le vertige !) et d’expériences personnelles (sa machine à laver qui tombe très d de ouvert en panne !) comment le pays, son pays, en était arrivé là : des coupures d’électricité quotidiennes, une monnaie qui vaut un peu moins chaque jour, où l’achat d’un écran d’ordinateur coûte plus cher que les frais de scolarité annuels de ses deux enfants ! Jusqu’à ce funeste 4 août où l’explosion d’une cuve de nitrate d’ammonium a fini de mettre à terre une ville entière (et le pays).
    Derrière l’histoire de la déliquescence de ce pays, on devine chez l’auteur un mélange de colère (mais quand et comment cette oligarchie va t’elle terminer de se servir sur le dos des libanais ?) et d’espoir (malgré tout).
    Instructif, bouleversant et nécessaire pour comprendre ce pays.

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    Couverture du livre « Histoire de la grande maison » de Charif Majdalani aux éditions Points

    Michel Giraud sur Histoire de la grande maison de Charif Majdalani

    Jeune chrétien libanais, Wakim Nassar est obligé de fuir le centre de Beyrouth pour avoir, vu de cette communauté, manqué de respect à une jeune arabe. Il est recueilli par une branche de la famille installée à Ayn Chir, à la périphérie de la ville. Dans cette région, la principale source de...
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    Jeune chrétien libanais, Wakim Nassar est obligé de fuir le centre de Beyrouth pour avoir, vu de cette communauté, manqué de respect à une jeune arabe. Il est recueilli par une branche de la famille installée à Ayn Chir, à la périphérie de la ville. Dans cette région, la principale source de revenue est la culture des mûriers et l'élevage des vers à soie. Mais Wakim à une intuition : sur cette terre on pourrait cultiver des orangers. Il décide d'investir dans cette voie, créant même une variété de clémentine fort appréciée. Il fait construire la Grande Maison au milieu de ses vergers, y installe Hélène qu'il arrache presque de force à sa famille, et y voit naître ses nombreux enfants. Avec beaucoup de finesse, il devient progressivement le référent de la famille, toutes branches confondues, au détriment de son rival Gebran Nassar.
    Mais survient la guerre de 1914-1918, le Liban est annexé par l'Empire ottoman. Des nuées de criquets détruisent toutes les cultures, provoquant la famine. Wakim Nassar et sa famille, jugés trop francophiles sont déportés en Anatolie turque. C'est le début de la déchéance, qui donnera à Gebran l'occasion de se venger et d'accélérer la chute de cette branche des Nassar.

    L'histoire de Wakim Nassar et de sa famille, symbolisée par le destin de la Grande Maison, est contée par un de ses petits-fils, enfant du plus jeune des fils de Wakim et Hélène. Le récit est construit autour de bribes de souvenirs de discussions entendues dans l'enfance du narrateur, de confessions plus ou moins arrachées au père et d'enquêtes auprès des membres survivants de la famille. Le récit chronologique est entrecoupé de nombreux passages où le conteur explique comment l'information qu'il va délivrer a été obtenue. Il intègre également beaucoup de digressions sur le contexte sociologique, culturel, géographique et historique dans lequel évolue la famille.
    Au final, cette histoire de la Grande Maison peint donc, au delà du cas particulier d'une famille et sous cet angle de vue, le portrait d'un pays, le Liban, à la fin du dix-neuvième siècle et dans les premières décennies du vingtième.
    L'écriture de l'auteur n'est pas simple : en caricaturant à peine, je dirais que les phrases sont souvent plus longues que des paragraphes, et les paragraphes parfois aussi longs que des chapitres... Ajoutée aux nombreuses digressions du récit, cette forme d'écriture donne un sentiment de grande lenteur, alors que les personnages ont vécu une vie plutôt dynamique, riche en événements.
    Un roman historique à lire lentement...

    http://michelgiraud.fr/2020/04/25/histoire-de-la-grande-maison-charif-majdalani-editions-du-seuilpoints-grandeur-et-decadence-une-lente-narration/

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    Couverture du livre « L'empereur à pied » de Charif Majdalani aux éditions Seuil

    Virginie H sur L'empereur à pied de Charif Majdalani

    En 2015, Villa des femmes avait été un coup de cœur ! Je me souviens encore parfaitement de l'histoire et de l'ambiance de ce roman ! Autant dire que je démarrais ce nouveau roman avec des a priori très positifs !

    Et évidemment, la magie a encore opéré ! Je me suis laissée emporter par cette...
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    En 2015, Villa des femmes avait été un coup de cœur ! Je me souviens encore parfaitement de l'histoire et de l'ambiance de ce roman ! Autant dire que je démarrais ce nouveau roman avec des a priori très positifs !

    Et évidemment, la magie a encore opéré ! Je me suis laissée emporter par cette saga libanaise, racontée du point de vue d'un narrateur omniscient qui, à coups de souvenirs ou de morceaux de légende, reconstitue l'épopée de cette dynastie sous le joug d'une conjuration/malédiction ancienne.

    Ce narrateur, tour à tour lézard caché dans un muret, faucon rasant les toits au sommet du Jabal Safié, écoute les récits de ceux qui n'ont pas eu leur part de l’héritage familial et qui ont tenté de vivre ailleurs une aventure plus belle : Açi et Harb, puis Maan, Zeid...

    Les cadets de la famille Jbeili, sans doute parce qu'ils savent très tôt que la légende de l'aïeul ne leur laissera rien, sont des rêveurs, des idéalistes, des "conquérants fantoches" qui vont courir le monde et, finalement, amasser un trésor mille fois plus précieux que l'héritage familial. Ils sont, pour chacun, une nouvelle légende dont on parle des rues de Beyrouth aux confins de la Chine, à la poursuite de chimères, d'un tableau disparu ou d'un guerrier mythique.

    Par une narration poétique, enveloppante, l'auteur nous amène sur la montagne libanaise, offre une épopée familiale foisonnante et qui livre en creux un superbe regard sur le Liban.