Celine Zufferey

Celine Zufferey

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Avis (11)

  • Couverture du livre « Sauver les meubles » de Celine Zufferey aux éditions Gallimard

    Colette LORBAT sur Sauver les meubles de Celine Zufferey

    être artiste-photographe et devoir, pour survivre, vivre, mettre du beurre dans les épinards ou dans les nouilles (cela dépend de vos goûts) d’être photographe dans une grosse boite de mobilier, genre scandinave n’a rien de pénétrant. Votre rôle ? Vous mettre là où Assistant le dit, appuyer sur...
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    être artiste-photographe et devoir, pour survivre, vivre, mettre du beurre dans les épinards ou dans les nouilles (cela dépend de vos goûts) d’être photographe dans une grosse boite de mobilier, genre scandinave n’a rien de pénétrant. Votre rôle ? Vous mettre là où Assistant le dit, appuyer sur le déclencheur. Vous ne vous occupez même pas de la postproduction. Votre image arrive sur l’ordinateur « Bien. C’est lisible, efficace. » Les autres photos que vous avez cadrées vous-même pour faire plus chaleureux, plus artistiques sont qualifiées de marrantes et… Direction l’icône et la corbeille. On ne vous demande pas de l’esthétique, mais du papier glacé avec une famille heureuse, sans ride ni engueulade
    Il faudra vous y faire, vous devez payer votre studio et la maison de retraite de votre père.
    Heureusement, l’amour guette et arrive sous les traits de Nathalie, mannequin pour mettre les meubles en valeur. Vous voici en ménage. Tout va bien au début, mais vous avez peur d’aller plus loin…
    Votre pote Christophe, celui qui inflige, au sous-sol, les pires dommages au mobilier pour tester leur solidité, a une idée géniale : créer un site porno « Valley of dolls ». Un site payant. « C’est ça l’amitié, faire du porno ensemble ? C’est toujours mieux qu’une initiation à la pêche ou un week-end à Las Vegas »… Vous êtes partis dans vos délires réalistes et lorsque vous rentrez à l’appartement, Nathalie vous accueille fraîchement. Pensez, votre première soirée entre potes. Vous aimeriez lui expliquer le projet, votre enthousiasme, mais « T’as vu l’heure ? Tu m’expliqueras demain. » Cela veut dire pas envie d’écouter vos élucubrations de mecs ivres.
    Maintenant, vous avez deux vies. L’une au grand jour à photographier le mobilier et l’autre à mitrailler des couples, voire plus, en pleine action sexuelle. Vous prenez votre pied, vous vous sentez pousser des ailes car libre, on vous fait confiance… Cela marche, le site connait un certain succès, mais, comme toujours, il faudrait aller plus loin, s’accrocher à autre chose que ce qu’il veut faire en photo. Beaucoup plus difficile de se coltiner avec les humains qu’avec les sites de rencontre virtuelle que vous affectionnez.
    Votre père, sans qu’il soit présent, joue de rôle de votre conscience, de vous bousculer,
    « -Il faut toujours qu’on vienne te chercher.
    - Non.
    - Que Nathalie t’accule pour que tu craches le morceau. Que Christophe te bouscule pour que tu recommences la photo.
    Nathalie, je l’ai imaginée à coups d’attente et de désir. La vraie, elle range les verres au-- dessus du lavabo et s’abrite sous une couverture.
    - Tu en fais tout un monde, de cette couverture, ce n’est qu’un détail.
    Non, les objets nous dévoilent, les meubles ne cachent rien. Notre canapé révèle nos ambitions, les chaises de cuisine nos espoirs, la bibliothèque, nos peurs. Si l& personnalité est une photo, l’appartement en est le négatif.
    Nathalie c’est la tasse et sous-tasse de même couleur, c’est l’armoire à rangement, c’est la chaise droite, le mug « I love NY », le portemanteau dans l’entrée.
    - Et toi ?
    Je suis le verre ébréché, le tiroir qui ferme mal, le bol à cochonneries, la poignée où on accroche les vestes. »

    Vous voudriez tellement photographier le désordre, vivre hors des clous, mais cela ne se peut pas, cela ne peut pas !
    Elle :
    « Elle est la tasse blanche produite en série.
    Elle est l’ampoule économique.
    Elle est le tableau déjà encadre.
    Le pot de moutarde utilisé comme verre.
    L’accessoire fonctionnel.
    La collection « Back to basics ».
    Le textile indémodable.
    Le meuble passe-partout. »

    Lui :
    « Je suis le lavabo qui fuit.
    Le frigo qui ronfle.
    Je suis la chaise branlante.
    La tâche qu’on n’arrive plus à ravoir.
    La plante qu’on n’arrose plus.
    Le bibelot qui prend la poussière.
    Les plaques indécrassables.
    Le tiroir qui grince. »

    Un livre jubilatoire, caustique, désabusé, où les règles sont transgressées. Que ce soit en photographiant des salons ou des ébats sexuels, les corps sont là pour susciter le désir, le plaisir. Regarder la vie à travers un objectif met de la distance entre le réel et le photographe. Et toujours cette maudite solitude que la voix intérieure du narrateur met en relief.
    Un premier roman dont le ton m’a beaucoup plu.
    Lu dans le cadre des 68 premières fois.

  • Couverture du livre « Sauver les meubles » de Celine Zufferey aux éditions Gallimard

    Nathalie cez sur Sauver les meubles de Celine Zufferey

    http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2017/sauver-les-meubles.html

    http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2017/sauver-les-meubles.html

  • Couverture du livre « Sauver les meubles » de Celine Zufferey aux éditions Gallimard

    Sophie Gauthier sur Sauver les meubles de Celine Zufferey

    Abandonner ses prétentions d'artiste-photographe, abdiquer face à la nécessité d'un salaire fixe et se retrouver à photographier des mises en scène pour le catalogue d'un grand magasin de meubles, voilà ce à quoi s'est (mal) résigné le narrateur. Entre conversations sur des sites porno et...
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    Abandonner ses prétentions d'artiste-photographe, abdiquer face à la nécessité d'un salaire fixe et se retrouver à photographier des mises en scène pour le catalogue d'un grand magasin de meubles, voilà ce à quoi s'est (mal) résigné le narrateur. Entre conversations sur des sites porno et tentatives de trouver une place dans l'équipe professionnelle, il parvient à s'installer avec Nathalie. Mais le couple qu'ils forment devient vite le reflet des scènes idéalisées qu'il est censé immortaliser. Où est la fantaisie ? Où est la graine de folie et de transgression qu'il attend sans avoir le courage de les provoquer ? L'amour, comme l'art, comme la vie, comme les meubles, est devenu objet de consommation, rangement des êtres dans un tiroir déterminé, bien étiqueté, pas bouger, pas broncher, faire comme tout le monde. Alors le sublime, le grandiose, la remontée vers les sources de l'Amazone, sombrent dans le trivial et le mesquin. Même plus un meuble à sauver.

    Que puis-je dire ? Je me suis fortement ennuyée, n'ai pas trouvé matière à m'accrocher, à apprécier, à vibrer. Pas la moindre empathie pour les personnages. Un désintérêt croissant pour ce qui peut bien leur arriver. Jusqu'à la dernière page, j'ai attendu un frisson, une émotion, une question. En vain !

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