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Celine Minard

Celine Minard
Née en 1969, Céline Minard a étudié la philosophie. Elle est l'auteur de deux fictions R (2004) et la Manadologie (2005).

Vidéos relatives à l'auteur

Articles en lien avec Celine Minard (7)

Avis sur cet auteur (42)

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    Couverture du livre « Bacchantes » de Celine Minard aux éditions Rivages

    Henri-Charles Dahlem sur Bacchantes de Celine Minard

    « Personne ne bouge devant le bunker alpha. La brume matinale se dissipe lentement, elle monte et s’accroche aux frondaisons avant de s’évanouir. Il est un peu moins de six heures du matin, le vent d’est fait bruire la végétation basse. Il n’y a plus un seul uniforme dans le paysage. Les hommes...
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    « Personne ne bouge devant le bunker alpha. La brume matinale se dissipe lentement, elle monte et s’accroche aux frondaisons avant de s’évanouir. Il est un peu moins de six heures du matin, le vent d’est fait bruire la végétation basse. Il n’y a plus un seul uniforme dans le paysage. Les hommes armés se sont regroupés dans l’ancienne maison du gardien qui leur sert de QG depuis cinquante-neuf heures. Ils ont les yeux rivés sur la porte d’acier qui devrait s’ouvrir dans quelques minutes pour la troisième fois consécutive depuis le début des opérations. Ils ne tenteront pas ce matin un nouvel assaut. Ils attendent les ordres. Le négociateur est arrivé au milieu de la nuit, il a besoin d’un contact direct avant de décider d’une méthode d’action. » Le début d'un roman noir? Au fur et à mesure de la parution de ses romans, on découvre Céline Minard avide d’explorer tous les genres, de se servir de leurs codes pour nous faire passer un message à sa sauce. Après la science-fiction dans Le dernier monde, le roman moyenâgeux avec Bastard Battle ou encore le Western avec Faillir être flingué, voici le roman noir avec cette histoire de braquage mené par trois intrépides amazones.
    Nous sommes à Hong Kong à quelques jours de l’arrivée d’un typhon. Autant dire que la tension est déjà grande quand on apprend que l’un des endroits les mieux protégés de la ville, l’ancien bunker des forces anglaises reconverti en gigantesque cave à vins, vient d’être braqué.
    Quand s’ouvre ce court roman, voilà déjà près de trois jours que la police a pris position autour du bâtiment, sans pouvoir pour autant intervenir. Elle manque tout simplement d’informations sur ce qui se trame derrière les portes blindées. Soudain, la porte s’ouvre et une jambe fuselée, terminée par un talon-aiguille, dépose une bouteille avant de s’éclipser. Un romanée-conti de 1969.
    Quel message les braqueurs ont-ils voulu transmettre?
    Jackie Thran, qui est en charge des opérations au sein de la police essaie d’en savoir davantage, veut analyser chacun des faits et gestes, suivre les caméras de surveillance, tenter de comprendre. À ses côtés, un ancien diplomate sud-africain est dans tous ses états. C’est Ethan Coetzer, gérant de ce stock estimé à quelques 250 millions de dollars et que les braqueurs menacent de faire exploser. Le message initial envoyé par tweet ne laisse guère de doutes sur leur professionnalisme: «Vous ne pouvez plus enter. Nous avons tout ouvert. Nous avons tout relié. ECWC 21h 18». Il faut désormais tenter de répondre aux trois questions qui? comment? Pourquoi?
    Au fil des pages qui suivent, la première va trouver au moins partiellement une réponse: trois femmes occupent le bâtiment : Silly, Bizzie et Jelena. Avec elles, Illiad, un rat dont le rôle est loin d’avoir été anecdotique dans la prise de contrôle du bâtiment et qui répondra en grande partie au comment. À la question du pourquoi, il faudra se rappeler le titre du roman. Les Bacchantes désignant, on le rappellera, les femmes qui rendent un culte à Dionysos (devenu Bacchus dans la mythologie romaine et dieu du vin).
    Voici donc un petit bijou passablement subversif – attendez l’épilogue! – et un tantinet alcoolisé pour commencer joyeusement l’année. https://urlz.fr/8xS1

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    Couverture du livre « Le grand jeu » de Celine Minard aux éditions Rivages

    Mumu Dans le Bocage sur Le grand jeu de Celine Minard

    Je n'ai pas atteint la page 100 de ce récit. Roman ..... je dirai plutôt carnet de bord pour ce que j'en ai lu.... c'est à dire une cinquantaine de pages. On assiste à la mise en place du camp de base de la narratrice de son lieu de vie. Elle a tout prévu : jardin, habitation, activités...
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    Je n'ai pas atteint la page 100 de ce récit. Roman ..... je dirai plutôt carnet de bord pour ce que j'en ai lu.... c'est à dire une cinquantaine de pages. On assiste à la mise en place du camp de base de la narratrice de son lieu de vie. Elle a tout prévu : jardin, habitation, activités physiques etc.... c'est une longue énumération de l'installation, trop longue, trop de détails et l'on a bien du mal à imaginer malgré tout son nouveau domaine.
    Je n'arrive pas à "m'accrocher" à l'histoire et d'abord y a-t-il une histoire et si histoire il y a lieu à quoi nous serve, à nous lecteurs, la topographie des lieux. Il m'aurait semblé plus intéressant après un rapide descriptif des lieux, d'entrer dans le vif du sujet c'est-à-dire, comme le promet la 4ème de couverture, sa vie loin du monde et comment vivre?

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    Couverture du livre « Le grand jeu » de Celine Minard aux éditions Rivages

    Virginie H sur Le grand jeu de Celine Minard

    J'avais eu un tel coup de cœur pour Faillir être flingué que j'attendais impatiemment la parution de ce nouveau roman de Cécile Minard. J'avais entendu qu'elle avait une facilité particulière à écrire des choses dans des styles très différents, ça m'intriguait donc de découvrir cette nouvelle...
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    J'avais eu un tel coup de cœur pour Faillir être flingué que j'attendais impatiemment la parution de ce nouveau roman de Cécile Minard. J'avais entendu qu'elle avait une facilité particulière à écrire des choses dans des styles très différents, ça m'intriguait donc de découvrir cette nouvelle facette de son talent. Et puis j'ai lu que ce roman était étrange, cru deviner de la déception de la part de certains lecteurs, et j'hésitais à me lancer...

    En effet, ce roman est étrange.

    En effet, Cécile Minard a un talent incroyable...

    Celui de nous embarquer dans sa "bulle" à l'aplomb d'une roche, dans le jardin potager qu'elle sème, dans les failles de la paroi montagneuse, sur un fil tendu entre deux rochers là où elle s'entraîne à marcher au-dessus du vide.

    "Il y a des vents violents dont le fond est tapissé de velours, des vents emportés qui cinglent mais il y en a qui bercent. Il y a des bises piquantes comme la grêle, des petits coups de fouet secs, des flatteries, de vraies caresses."

    Si on exclut tous les termes techniques liés à la varappe, le roman devient vite hypnotique et se transforme rapidement en page turner dès lors que l'héroïne, volontairement retirée à l'abri du monde (suite à une agression ?) se trouve confrontée à une autre présence humaine sur "son" territoire.

    La retraite, le refus de la rencontre d'autres humains ou la recherche d'une compagnie aussi incongrue que soit celle d'une nonne équilibriste et alcoolique ?

    "J'ai investi cet environnement et ces conditions qui me permettent de n'être pas dans l'obligation de croiser tous les matins un ingrat, un envieux, un imbécile."

    Je me suis laissée bercer par les froissements d'herbes, la course d'un hanneton, le cri d'alerte d'une marmotte, le silence des isards et par la mise en parallèle de deux existences (pas tout à fait ascétiques puisqu'il y a du rhum, des conserves de haricots et des bolets qui sèchent sur des clayettes), par ces solitudes plus ou moins bien assumées, ces mises en perspective de soi au milieu de nulle part.

    "Je veux imaginer une relation humaine qui n'aurait aucun rapport avec la promesse ou la menace. Qui n'aurait rien à voir, rien du tout, avec la séduction ou la destruction."

    J'ai cependant regretté les multiples questions philosophiques qui paraissent d'abord sans réponses (n'en ont en réalité qu'à la toute fin !) et qui parfois cassent le rythme de ce roman pas ordinaire.

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    Couverture du livre « Le grand jeu » de Celine Minard aux éditions Rivages

    Christophe ROBERT sur Le grand jeu de Celine Minard

    Déroutant, dérangeant et trop hérmétique.

    Pourquoi déroutant ? Car le sujet laisse perplexe : une femme va s'exiler dans un refuge construit et étudié afin de lui permettre de vivre en autonomie (autarcie ?) dans un coin de montagne, reculé et isolé du monde. Qui est telle ? que cherche...
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    Déroutant, dérangeant et trop hérmétique.

    Pourquoi déroutant ? Car le sujet laisse perplexe : une femme va s'exiler dans un refuge construit et étudié afin de lui permettre de vivre en autonomie (autarcie ?) dans un coin de montagne, reculé et isolé du monde. Qui est telle ? que cherche t'elle à se prouver à elle même ? et pourquoi en est elle là ? Beaucoup de question se posent le long du roman, sans vraiment de réponses. On ne connait pas son nom, ni son âge, ni si elle a une famille, ni avec quel argent elle pu financer son projet etc etc etc. Si l'absence de réponse ne nuit pas à la lecture, il n'en demeure pas moins que cela frustre le lecteur de ne pouvoir appréhender le contexte extérieur dans lequel se place cette histoire. C'est un peu comme une oeuvre d'art. On peut être interpellé par une oeuvre, mais en l'absence de précisions sur le contexte de sa création, on passe complètement à coté.

    Pourquoi dérangeant ? Car cette femme va être confrontée à une ermite qui va venir bousculer ses plans. (un double d'elle même ? comme un effet miroir de ce que cette femme pourrait devenir dans un futur proche ? ). La relation qui va se nouer entre ces deux femmes, chacune cherchant à marquer son territoire tout en accueillant l'autre, crée un malaise au sein du récit. Comme une histoire dans l'histoire, comme si le lecteur voyait le cyclone et l'oeil du cyclone en même temps. L'éclairage que provoque l'intrusion de l'ermite dans le récit, bouscule notre vision de l'histoire, nous pousse à chercher à comprendre le "ou" et le "pourquoi", du roman. Entrecoupé de réflexions philosophiques (exemple "peut on se surprendre soi-même ?"), sous forme interrogative, le récit est une mise en abîme qu'il faut essayer de suivre, sorte de labyrinthe , de jeu de l'oie, ou la question de la case 10 trouve peut être (je dis bien peut être) sa réponse dans la case 65 .

    Trop hermétique ? Sans doute. A force de jeu de piste, de début de lumière dans l'obscurité du récit, de termes techniques qui alourdissent certains passages, au risque de les rendre incompréhensibles (désolé, je ne suis pas alpiniste, ni adepte de randonnées dans la montagne, le vocabulaire du matériel, et de l'environnement naturel m'est totalement étranger), le récit déroute et peine à trouver un souffle. Par contre l'écriture est affutée, parfois dure, comme si l'auteur voulait nous faire sentir la sécheresse de coeur de son personnage, cette femme désabusée des humains. Un livre qui soulève beaucoup trop de questions, qui reste obscure et asphyxiant, qui relève d'une introspection trop poussée et qui, de fait, laisse le lecteur à la marge. La femme veut se perdre au coeur de la nature pour mieux se trouver, mais l'auteur perd son lecteur au coeur du livre, sans jamais le retrouver.

    Peut être à relire dans quelques années. Certaines histoires sont comme le bon vin, elles se bonifient avec le temps et souvent une seconde lecture, une vraie re-lecture s'impose.