Cecile Oumhani

Cecile Oumhani
Poète et romancière, Cécile Oumhani est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages (recueils de poèmes et romans traduits dans plusieurs langues, nouvelles, réflexion). Elle vit au Vésinet, dans la région parisienne.

Avis (4)

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    Couverture du livre « Une odeur de henné » de Cecile Oumhani aux éditions Elyzad

    Colette LORBAT sur Une odeur de henné de Cecile Oumhani

    C’est toujours un grand plaisir d’ouvrir un livre de Cécile Oumhani.
    Kenza est devenue médecin avec le soutien de son père, enseignant, qui ne lui a jamais refusé l’accès à la bibliothèque familiale. Le seul problème, en plus d’être une femme, est qu’elle n’est toujours pas mariée et, dans la...
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    C’est toujours un grand plaisir d’ouvrir un livre de Cécile Oumhani.
    Kenza est devenue médecin avec le soutien de son père, enseignant, qui ne lui a jamais refusé l’accès à la bibliothèque familiale. Le seul problème, en plus d’être une femme, est qu’elle n’est toujours pas mariée et, dans la campagne tunisienne, ce n’est pas bien vu. Ses parents, son père y compris, aimerait la voir mariée avec enfants et ainsi perpétuer la tradition. C’est ainsi que se présente un ami de ses frères qui la demande en mariage. C’est un homme genre self-made-man qui se veut plus européen que tunisien et c’est ce qu’il apprécie en Kenza, une femme « moderne » et affranchie des diktats religieux. Soit, mais c’est quand même lui qui fait construire la maison où ils vivront sans en référer à sa future femme. Kenza ne se voit pas jouer les maîtresses de maison, pourtant elle accepte le mariage, surtout lorsque le fiancé lui accorde le droit de partir à Paris poursuivre ses études pour une spécialisation médicale dans la recherche, son souhait le plus cher.
    En Tunisie, elle passe pour une femme affranchie, portant robe européenne et cheveux non couverts, mais arrivée à Paris, elle se perd, n’a plus les codes. Sa soif de liberté est prise au piège de son éducation. Elle se heurte à beaucoup d’obstacles qui sont en elle, son éducation ne lui permet pas de s’émanciper. Elle se cache derrière son travail, puis derrière un voile, elle qui trouvait arriérée ces femmes voilées. Bref, comme le hérisson, tous les piquants sont dehors alors qu’à l’intérieur d’elle-même c’est la pagaille, voire un gigantesque maelström. Même l’arrivée de Jacques, dans sa vie ne la dégèlera pas. Oui, ils sont très attirés l’un par l’autre, mais elle est fiancée au pays et, pour mieux fuir, elle s’enferme derrière son voile et ses tenues austères.
    Ne se sentant pas à l’aise à Paris, une fois son diplôme en poche, elle retourne chez elle, toujours voilée. Son fiancé ne semble pas trop d ‘accord « Quand je t’ai connue, tu étais normale, enfin, tu t’habillais comme la plupart des femmes de ton âge… C’est ce qui m’avait pu en toi… Alors si tu veux te marier avec moi, il faut que tu enlèves ton foulard. »
    A l’intérieur, toujours le Vésuve, la guerre. Un torrent de contradictions se déverse dans son âme, elle est perdue et donc, se referme encore plus sur elle. A son retour, elle apprend la mort de sa grand-mère maternelle Khadija, son repère, son phare qui lui permet d’aller au-devant des convenances tunisiennes et un rempart, une digue cèdent.
    Le retour au pays permettrait-il d’y voir plus clair ?
    Cécile Oumhani à travers le portrait de cette femme cultivée, active, fait le portrait de toutes les femmes, pas seulement arabes, qui veulent évoluer, changer leurs conditions. Les difficultés d’adaptation, le choc des cultures, la non possession des nouveaux codes de vie, font apparaitre les contradictions, les peurs, l’envie de retourner dans le cocon familial ou un autre abri. Elle nous montre combien il faut de force pour s’arracher de ce cocon. Elle n’oublie pas les femmes plus soumises, plus traditionnelle telle Zina, sa mère, l’étudiante portant foulard et robes ternes et, Khadija sa grand-mère.
    Une fois de plus, je suis séduite par la plume de Cécile Oumhani qui nous fait mieux comprendre la Tunisie, l’écartèlement des tunisiens entre modernisme et traditions et, de ce fait, la montée de l’islamisation.
    Les éditions Elyzad sont, pour moi, source de lectures très intéressantes ;
    Une odeur de henné, initialement paru en 1999 est régulièrement réédité en format poche. Il faut savoir que ce format, chez Elyzad, est d’une très belle qualité.

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    Couverture du livre « Les racines du mandarinier » de Cecile Oumhani aux éditions Elyzad

    Patricia Taburet sur Les racines du mandarinier de Cecile Oumhani

    Un joli livre. Sans esbroufe, la complexité des mariages mixtes est évoqué. C'est la faute à personne et pourtant chacun en souffre à sa manière. Une jolie fin qui donne espoir.
    Un style remarquable, plein de poésie.

    Un joli livre. Sans esbroufe, la complexité des mariages mixtes est évoqué. C'est la faute à personne et pourtant chacun en souffre à sa manière. Une jolie fin qui donne espoir.
    Un style remarquable, plein de poésie.

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    Couverture du livre « Tunisie, carnets d'incertitude » de Cecile Oumhani aux éditions Elyzad

    Colette LORBAT sur Tunisie, carnets d'incertitude de Cecile Oumhani

    Le format du livre, voisin de celui d’Actes Sud, n’est pas sans rappeler un carnet de voyage.

    Le livre débute par l’immolation de ce jeune tunisien, marchand de légumes, déclencheur des évènements. Ce printemps tunisien était porteur de tant d’espoir, où ils ont appris que l’on pouvait dire...
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    Le format du livre, voisin de celui d’Actes Sud, n’est pas sans rappeler un carnet de voyage.

    Le livre débute par l’immolation de ce jeune tunisien, marchand de légumes, déclencheur des évènements. Ce printemps tunisien était porteur de tant d’espoir, où ils ont appris que l’on pouvait dire non. « Maintenant on a le droit de dire non ! ».

    Les phrases de Cécile Oumhani sont lancées sur la feuille par un besoin, une nécessité impérative de ne pas oublier, suivre les évènements de ce printemps tunisien 2011. Phrases courtes, voire très courte genre style télégraphique pour certaines. Fontaine des Innocents. Faire ce que l’on peut là où l’on est.
    L’urgence est là, il faut écrire la peur, la crainte, l’espoir, l’amour, la beauté. La poésie est omniprésente.
    Ses écrits sont comme un remède à l’éloignement de ce pays qui fait partie de ses racines, même si ce n’est pas son pays natal. « Pas celui où je suis née. Mais pourtant indissociable de ce que je suis. »
    Cécile Oumhani reprend ses écrits en 2013 après le meurtre de Chokri Belaïd « Ainsi ils ont tué Chokri Belaïd. Agresseurs anonymes. Un tireur embusqué au moment où l’opposant laïque sortait de chez lui. » Le chapitre sur le salafiste remontant la file d’attente résume le nouvel état des lieux. La déception est là, la peur est revenue. Et si tout était à refaire ?

    Un livre que je n’ai pas lu d’une seule traite car ces phrases méritent que l’on s’y arrête. Un livre d’urgence plein de mots qui ricochent plein de poésie. Un beau et bon livre.

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    Couverture du livre « Le café d'Yllka » de Cecile Oumhani aux éditions Elyzad

    Gérald LO sur Le café d'Yllka de Cecile Oumhani

    Mais qui est cette femme croisée dans un aéroport par Cécile Oumhani avec dans son regard, ses gestes, un tragédie enfouie au plus profond d'elle-même ? Emina revient dans son pays, quelques années plus tard. Sa patrie, la Yougoslavie, sa religion, musulmane, son enfance, la guerre. La fuite et...
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    Mais qui est cette femme croisée dans un aéroport par Cécile Oumhani avec dans son regard, ses gestes, un tragédie enfouie au plus profond d'elle-même ? Emina revient dans son pays, quelques années plus tard. Sa patrie, la Yougoslavie, sa religion, musulmane, son enfance, la guerre. La fuite et la séparation ponctuent ces mois de combats vécus dans cette région avant de la quitter définitivement en train. Elle revient pour essayer de retrouver la trace de sa mère Yllka, qui l'a éloignée avec son petit frère des violences de cette tragédie et son père, parti une arme à la main pour les défendre.

    Ce court roman, qui se lit d'une traite, est non pas le témoignage d'une seule personne, mais celui de tout un peuple, qui aura subit les horreurs d'une guerre inutile. Dans ce récit plein de poésie se trouve la souffrance infinie, irréparable, insondable de la perte d'un proche. Cette fille qui revient veut savoir, renouer avec une histoire que plus personne ne connaît, beaucoup tentent d'oublier, peu s'en souviennent, et les autres... sont morts. L'écriture, magnifique, presque lyrique, ajoute du poids à la douleur de la survivante. Au fur et à mesure, elle comprend qu'elle ne reverra pas sa mère, mais elle cherche à vivre ses derniers instants. Par une seule fois, il n'est question de « pourquoi ». Elle accepte, alors qu'elle n'est qu'une enfant, la guerre. Elle refuse, par contre, le « comment ». Comment son père et sa mère auront disparu ?

    L'auteur nous propose ici un récit profond, difficile, sans haine, et plein d 'espoir, et manie la plume d'une très belle manière pour un témoignage poignant. Ces enfants des années 90 se trouvent au centre d'une équation, devenu adulte aujourd'hui, ils essayent de vivre avec un facteur inconnu, ce que sont devenus leurs parents, ils ont perdu leurs racines et tentent de construire leur avenir avec u chaînon manquant.

    Ce roman se découvre dans la collection Éclats de vie.

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