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Carson Mccullers

Carson Mccullers
Carson McCullers, née en 1917 à Columbus en Géorgie, est morte en 1967. En 1930, elle suit des cours de creative writing à la Columbia University. En 1937, elle se marie avec Reeves McCullers, dont elle divorcera en 1941 pour se remarier avec lui en 1945. Son premier roman, Le Cœur est un chasseu... Voir plus
Carson McCullers, née en 1917 à Columbus en Géorgie, est morte en 1967. En 1930, elle suit des cours de creative writing à la Columbia University. En 1937, elle se marie avec Reeves McCullers, dont elle divorcera en 1941 pour se remarier avec lui en 1945. Son premier roman, Le Cœur est un chasseur solitaire, publié en 1940, connaît un succès immédiat. De santé fragile, Carson McCullers a sa première attaque cérébrale en 1941, année de la publication de Reflets dans un œil d'or. La même année, elle commence l'écriture de La Ballade du Café triste. En 1946, Carson McCullers publie Frankie Addams, alors qu'elle est victime de deux nouvelles attaques cérébrales qui la laisseront pratiquement hémiplégique. En 1953, Reeves se suicide. En 1961 a lieu la publication de son dernier roman, L'Horloge sans aiguille, six ans avant sa mort. Illuminations et nuits blanche est publié à titre posthume.

Articles en lien avec Carson Mccullers (1)

Avis sur cet auteur (11)

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    Couverture du livre « L'horloge sans aiguilles » de Carson Mccullers aux éditions Lgf

    Mumu Dans le Bocage sur L'horloge sans aiguilles de Carson Mccullers

    1953 - J.T. Malone, 40 ans, pharmacien apprend qu'il est atteint d'une leucémie et qu'il lui reste quelques mois à vivre. Mettant en doute le diagnostic il va continuer à tenir sa boutique dans la chaleur étouffante de Milan, petite bourgade de Géorgie aux Etats-Unis. De son côté le juge John...
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    1953 - J.T. Malone, 40 ans, pharmacien apprend qu'il est atteint d'une leucémie et qu'il lui reste quelques mois à vivre. Mettant en doute le diagnostic il va continuer à tenir sa boutique dans la chaleur étouffante de Milan, petite bourgade de Géorgie aux Etats-Unis. De son côté le juge John Clane, figure emblématique de la communauté, au soir de sa vie et après une attaque qui le laisse handicapé et souffrant de diabète, voit se profiler avec inquiétude la promulgation de nouvelles lois mettant fin à la ségrégation raciale. Il ne peut accepter que son "monde" change, nostalgique du passé et défenseur acharné de la suprématie blanche. Il est le passé et ne peut se résoudre au présent et encore moins au futur.

    Des hommes qui voudraient être maîtres du temps, que ce soit le leur ou celui de leur pays, le maîtriser, en être les aiguilles, les acteurs mais le temps s'échappe..... Tic-tac, Tic-tac.....

    Comme dans ses précédents romans : Le cœur est un chasseur solitaire, Frankie Addams, Carson McCullers dont c'est le dernier roman, dresse, à travers les portraits d'adolescents et d'adultes, le portrait d'une Amérique et surtout celle des Etats du Sud, où règnent la ségrégation, le racisme et la violence qui en découle.

    Deux adolescents : Jester Clane, petit-fils du juge et Sherman Pew, métis aux yeux bleus, tous deux âgés de 17 ans et orphelins, sont en quête de leurs origines mais ont une relation qui les trouble. Jester cherche à savoir pourquoi son père, avocat, s'est suicidé, Sherman a été trouvé bébé sur le banc d'une église et voudrait connaître ses origines. Ils représentent l'avenir, portent un regard sur les actions du passé et refusent de les perpétuer, ils se sentent isolés, en manque d'affection et prennent conscience de ce qui les sépare des générations précédentes.

    Tic-tac, tic-tac, tic-tac... Malone va mourir, le temps lui est compté mais sur l'horloge de sa vie, les aiguilles n'en marquent pas l'heure il ne peut croire que sa vie va s'arrêter. Pour le juge Clane c'est tout un monde qui est en train de changer (et non de disparaître malheureusement) pour ceux qui régnaient en maîtres absolus, ayant droit de vie et de mort à qui n'avait pas la bonne couleur de peau. Noirs et blancs cohabitent mais ne se mélangent pas, beaucoup servent encore les autres mais quand un vent de libération et d'égalité se profile, les vieux réflexes émergent et la violence s'installe.

    C'est une sorte de testament que livre Carson McCullers avec ce court roman. Avec regret, mélancolie, elle ne peut que constater que malgré le temps, les lois, les mentalités ne changent guère mais espère en l'avenir à travers Sherman et Juster. Avec toute la douceur qu'on lui connaît et à travers ses portraits, elle dresse le tableau d'une Amérique ancrée dans ses certitudes, son immobilité mais avec une lueur malgré tout d'espoir.

    L'atmosphère est particulièrement bien rendue, la chaleur moite, poisseuse, la langueur qui saisit les corps mais qui échauffent les esprits, les rapports entre maîtres et esclaves serviteurs, blancs et noirs, avec malgré tout une sorte de bienveillance parfois malsaine entre les personnages, un sentiment de supériorité d'un côté, de savoir et en particulier avec la confrontation entre le Juge et Sherman, passionné de littérature.

    Quand on lit Carson McCullers, c'est une plongée dans l'Amérique à travers sa jeunesse mais aussi ses vieux réflexes, une musique aux accents de blues, de mélancolie et une sorte de crainte que les choses ne changent jamais...

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    Couverture du livre « La ballade du café triste » de Carson Mccullers aux éditions Lgf

    Bono Chamrousse sur La ballade du café triste de Carson Mccullers

    LA BALLADE DU CAFÉ TRISTE et autres nouvelles
    de Carson McCullers

    Traduit par Jacques Tournier

    Éditions Stock (GF) / Le Livre de Poche

    ❤ COUP DE COEUR ❤

    Il y a longtemps que j'entends le plus grand bien de Carson McCullers mais je ne l'avais jamais lue jusqu'à présent... Je l'ai...
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    LA BALLADE DU CAFÉ TRISTE et autres nouvelles
    de Carson McCullers

    Traduit par Jacques Tournier

    Éditions Stock (GF) / Le Livre de Poche

    ❤ COUP DE COEUR ❤

    Il y a longtemps que j'entends le plus grand bien de Carson McCullers mais je ne l'avais jamais lue jusqu'à présent... Je l'ai donc découverte à travers un recueil de nouvelles, LA BALLADE DU CAFÉ TRISTE, et j'ai ADORÉ !

    Les sept nouvelles qui composent ce recueil ont toutes la solitude comme fil rouge et Carson McCullers déroule ce fil avec la délicatesse des très grands écrivains.

    LA BALLADE DU CAFÉ TRISTE... un livre mis à l'honneur dans le #PicaboRiverBookClub dans le cadre de sa sélection "poches de l'été".

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    Couverture du livre « Frankie addams » de Carson Mccullers aux éditions Lgf

    Marie Kirzy sur Frankie addams de Carson Mccullers

    « C'est arrivé au cours de cet été vert et fou. Frankie avait douez ans. Elle ne faisait partie d'aucun club, ni de quoi que ce soit au monde. Elle était devenue un être sans attache, qui trainait autour des portes, et elle avait peur. (... ) Chaque après-midi, le monde avait l'air de mourir, et...
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    « C'est arrivé au cours de cet été vert et fou. Frankie avait douez ans. Elle ne faisait partie d'aucun club, ni de quoi que ce soit au monde. Elle était devenue un être sans attache, qui trainait autour des portes, et elle avait peur. (... ) Chaque après-midi, le monde avait l'air de mourir, et tout devenait immobile. Cet été-là avait fini par ressembler à un cauchemar de fièvre verte ou à une jungle obscure et silencieuse derrière une vitre. Et puis le dernier vendredi du mois d'août, tout avait changé brusquement. Si brusquement que, dans le désert de cet après-midi, Frankie ne savait plus où elle en était, et qu'elle n'arrivait toujours pas à comprendre. »

    Tout a changé. Frankie entre en adolescence avec une colère et une rage quasi irrationnelle, impossible à canaliser, confiné dans la cuisine dans laquelle elle tourne en rond dans des discussions sans fin avec son petit cousin et sa bonne. Elle ne pense qu'à partir, qu'à fuir, jusqu'à l'obsession.

    Ce court roman ne mise pas sur l'action à proprement parler, c'est pour mieux explorer la violence des sentiments qui tourmentent Frankie. Frankie, son prénom du 1er chapitre, celui du passé. F. Jasmine, celui qu'elle se rêve dans le 2ème chapitre, celui du présent douloureux qu'elle cherche à fuir. Puis Frances, dans le 3ème chapitre, le prénom qui va l'ouvrir au monde tel qu'elle devra l'accepter.

    Ces pages ont beau avoir été écrites en 1946, tout ce qui est dit sur l'adolescence est d'une grande fraicheur, toujours actuel, universel donc : l'effroi face à ce corps qui évolue de façon anarchique, l'insoumission naturelle à l'ordre familial, la crainte de se séparer de l'enfance pour devenir quelque chose d'encore flou , ce flottement inquiétant vers une bascule dans le monde des adultes.

    Court ( seulement 200 pages ) mais très dense avec en toile de fond la question raciale dans les Etats sudistes mais aussi la guerre, la Seconde guerre mondiale. L'adolescence est une guerre, oui, mais elle peut se raconter en toute simplicité, avec fluidité, bienveillance et finesse. Un très beau roman initiatique d'une grande qualité d'écriture.

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    Couverture du livre « Le coeur est un chasseur solitaire » de Carson Mccullers aux éditions Lgf

    Mumu Dans le Bocage sur Le coeur est un chasseur solitaire de Carson Mccullers

    A la fin des années 30, arrivent dans une ville du sud des Etats-Unis deux hommes. Les deux sont muets, l'un est très gros et très expansif, l'autre est sec, grand et mince et réservé : il s'appelle Singer.
    Pour une raison médicale les deux hommes vont être séparés, au grand désespoir de Singer...
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    A la fin des années 30, arrivent dans une ville du sud des Etats-Unis deux hommes. Les deux sont muets, l'un est très gros et très expansif, l'autre est sec, grand et mince et réservé : il s'appelle Singer.
    Pour une raison médicale les deux hommes vont être séparés, au grand désespoir de Singer car l'autre, assez insensible, ne pense qu'à son bien-être, à manger et à profiter des attentions de son compagnon.
    Autour de Singer nous allons suivre une année de vie de différents personnages gravitant autour de lui.
    Je ne vous parlerai que des principaux acteurs du récit, car celui-ci foisonne de personnages, typiques, caricaturaux même parfois.
    Singer : homme qui fédère autour de lui, peut être parce qu'il est muet (mais il lit sur les lèvres) et parce qu'il écoute sans contredire. Il s'exprime parfois en écrivant avec son stylo d'argent. Il est très attaché à son compagnon de route malgré les humiliations de celui-ci. Il se rapproce également de Mick, il écoute ses réflexions sur la vie, l'avenir mais sans jamais ou que très rarement donné son avis. On ne sait rien de lui, ni d'où il vient, ni qui il est. C'est le fil conducteur du roman.
    Mick, une jeune adolescente de 13 ans, dont la famille tient une pension de famille, qui s'occupe beaucoup de ses nombreux frères et soeurs, famille très pauvre mais aimante. Mick est une fillette attachante, elle rêve de devenir musicienne et passe certaines de ses soirées à écouter de la musique à la radio, chez ses voisins ou chez Mr Singer. Elle est pleine d'espoir, de désirs mais n'a pas toutes les réponses. Elle se fit à son instinct, à son ressenti.
    Il y a également Black Blount, un étranger qui passe ses journées à boire avant de trouver un travail de mécanicien dans un manège équestre. Il a des idées très arrêtées sur comment va le monde et tente de rallier la population à ses idées de révolution.
    Autre personnage central Biff : il tient le restaurant de la ville avec Alice sa femme, qu'il aime mais avec qui il ne partage plus rien à part le restaurant et pourtant il y est très attaché. Il aime ses clients, à ses dépens parfois. Il est en demande d'amour et de dialogue et il est particulièrement attiré par Mick.
    Le docteur Copeland : médecin noir, souffrant du manque de reconnaissance dû à la couleur de sa peau, dont la fille, travaille au restaurant de Biff. Copeland souffre de crises de violence qui l'ont amené à des brutalités dont il a honte et qu'il ne comprend pas.
    C'est un roman où il ne se passe pas vraiment quelque chose quoique.... C'est une chronique d'une petite ville américaine du sud profond des Etats-Unis avec son racisme "ordinaire", sur le monde ouvrier, sur la solitude et la pauvreté. Des réflexions profondes sur la ségrégation, sur les ségrégations :
    Dans la dernière partie du livre, la narration débouche sur des événements plus violents qui vont bouleverser tout le monde, changer le cours des choses dans la moiteur de ce sud, ancré dans ses principes, ses certitudes.
    Pour certains, tout changera, pour d'autres tout continuera comme il a toujours été.....
    Roman où l'auteure, peut être transposée dans Mick, nous relate par des phrases courtes mais précises une ambiance, des lieux, des caractères. Il n'est pas sans me rappeler "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" par le contexte.
    Tout y est extrêmement bien rendu : les dialogues en particulier des enfants. On se projette totalement dans le récit, on ne sait pas trop où l'on va, cela foisonne de personnages mais on ne se perd jamais et on est spectateur silencieux, comme Singer, de cette tranche de vie.
    J'ai lu dans la préface de Denis de Rougemont qu'il avait posé la question à Carson, avec la ruse d'un interviewer :
    "Il n'y a pas d'histoires d'amour, dans ce roman."
    Elle me regarde, étonnée, presque indignée :
    "Il n'y a que cela !"
    Elle voulait dire l'amour des êtres, l'amour réel et non pas celui des romans.
    Plonger dans ce roman c'est faire un voyage, une immersion dans le quotidien de gens avec leurs joies, leurs peines, leurs souffrances et leurs solitudes. Il faut se laisser guider, mener, comme un voyage à l'intérieur de l'Amérique profonde des années 30.
    Oui c'est plein d'amour, de déchirements, de pensées, d'espoir mais aussi de désillusions, sur la famille, le travail, les autres tout ce qui fait une vie, des vies....