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Carole Fives

Carole Fives

Carole Fives, née le 12 novembre 1971 dans le Pas-de-Calais est une femme de lettres française.

Après une licence de philosophie et une maîtrise d'arts plastiques, Carole Fives entre à l'école des beaux-arts de Paris où elle obtient le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP). A...

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Carole Fives, née le 12 novembre 1971 dans le Pas-de-Calais est une femme de lettres française.

Après une licence de philosophie et une maîtrise d'arts plastiques, Carole Fives entre à l'école des beaux-arts de Paris où elle obtient le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP). Artiste plasticienne et vidéaste, elle écrit d'abord dans le cadre de performances sonores. Un premier recueil de nouvelles est publié en 2010, "Quand nous serons heureux", qui est récompensé par le prix Technikart, présidé cette année-là par Alain Mabanckou. Elle est aussi auteur d'albums et de romans jeunesse notamment à l'École des Loisirs ("Zarra", " Modèle vivant"... ) et chez Hélium. Elle travaille régulièrement avec les dessinatrices Dorothée de Monfreid et Séverine Assous. Après avoir vécu à Lille, elle s'est installée récemment à Lyon.

Articles en lien avec Carole Fives (3)

Avis sur cet auteur (70)

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    Couverture du livre « Tenir jusqu'à l'aube » de Carole Fives aux éditions Gallimard

    Jean-Paul Degache sur Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives

    La chèvre de Monsieur Seguin d’Alphonse Daudet a inspiré ce titre à Carole Fives : Tenir jusqu’à l’aube. Cette belle histoire, une mère la raconte régulièrement à son jeune enfant qu’elle élève seule. En effet, pour son héroïne – héroïne du quotidien - elle en est bien une, il lui faut tenir,...
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    La chèvre de Monsieur Seguin d’Alphonse Daudet a inspiré ce titre à Carole Fives : Tenir jusqu’à l’aube. Cette belle histoire, une mère la raconte régulièrement à son jeune enfant qu’elle élève seule. En effet, pour son héroïne – héroïne du quotidien - elle en est bien une, il lui faut tenir, résister à tout ce qui s’abat sur elle alors que le père a fui et que le petit le réclame…

    Ce roman très actuel se passe, pour l’essentiel, à Lyon où la narratrice est venue habiter pour suivre le père… Tout de suite, le tableau est très sombre et je souffre, au fil des pages qui détaillent tout ce qu’elle doit assumer, seule, avec son enfant âgé de deux ans qui ne lui épargne rien. Cette femme est graphiste, sait faire de la mise en page de livres, un métier de moins en moins bien payé et si on ne se convertit pas au tout numérique, il n’y a plus de boulot.
    e plus, pas de place en crèche, un appartement trop cher : « Café, parc, supermarché, c’étaient là toutes leurs mondanités. » De cet enfer quotidien, elle tente d’échapper, de trouver des solutions en allant sur des forums sur internet et le résultat est pire, catastrophique, odieux parfois. Donneurs de leçons, moralistes se croient supérieurs comme ces mères, au square qui ne sont pas avares de critiques.
    Dans son immeuble, les propriétaires ne parlent pas aux locataires et elle tombe de haut lorsqu’elle tente de nouer le dialogue avec sa voisine de palier qui a un gosse du même âge et dont le mari est policier mais on les retrouvera plus tard…
    « C’était l’âge de Max et les Maximonstres, de Chien bleu et du Grand Monstre vert, c’était l’âge des dragons, du loup et des sorcières, une histoire puis deux puis trois, l’enfant n’en avait jamais assez, jamais assez de livres, de jouets, d’attention et au moment de se coucher c’étaient des pleurs et des pleurs à n’en plus finir. » Il faut un courage admirable pour sortir de cet enfer domestique malgré le secours épisodique de Papou, le grand-père, qui habite bien trop loin.

    Carole Fives m’a beaucoup touché avec ce roman social, terrible, sans concession. Pour cette femme seule élevant son enfant, les obstacles paraissent insurmontables. Pour une femme, on se réfère toujours à elle en tant que mère s’il y a un problème avec l’enfant mais je sais aussi que des pères divorcés ne peuvent plus voir leurs enfants ou héritent d’une garde peu égalitaire.

    C’est notre société urbanisée à outrance qui veut cela et Tenir jusqu’à l’aube met bien l’accent sur un problème très grave car d’autres femmes n’auront pas autant de force, ni autant de courage que celle qui vit dans les pages de ce livre.

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    Couverture du livre « Tenir jusqu'à l'aube » de Carole Fives aux éditions Gallimard

    Lilia Tak-Tak sur Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives

    Une très belle découverte !

    « Marcher, juste, marcher. A peine le tour du pâté de maisons. 



    Le badge sur l’interphone, les escaliers quatre à quatre.

    Sixième étage droite.

    Elle rouvre la porte essoufflée.
    A l’intérieur rien n’a bougé.

    Dans la petite chambre, le ronflement...
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    Une très belle découverte !

    « Marcher, juste, marcher. A peine le tour du pâté de maisons. 



    Le badge sur l’interphone, les escaliers quatre à quatre.

    Sixième étage droite.

    Elle rouvre la porte essoufflée.
    A l’intérieur rien n’a bougé.

    Dans la petite chambre, le ronflement régulier de l’enfant.



    C’est bon pour ce soir.

    Désormais, elle tient ce trésor, elle pourra recommencer. » 

    Juste un moment de liberté pour s'évader, oublier tout. Juste une petite bulle d'oxygène loin de son huis clos infernal. Abandonnée par son conjoint, dépassée par l’attention constante que lui réclame son fils de deux ans, ses soucis financiers, et l’absence de soutien, une jeune femme se sent piégée et est au bord de craquer. Elle essaie de se raccrocher aux forums de mères célibataires pour se réconforter, mais elle n’y trouve que pressions, critiques, propos moralisateurs où être mère semble être juste simple et merveilleux. 

    Alors une nuit quand l’enfant s’endort, après avoir desserré ses petits points et relâcher sa main, elle décide de s’accorder un peu de liberté en faisant le tour du pâté de maison. Une première expérience réussie qui lui donne envie de tirer un peu plus sur la corde pour s’évader encore plus loin, plus longtemps. Telle la chèvre de Monsieur Seguin, elle a la sensation que l’herbe est plus savoureuse au loin, qu’elle a le doux goût de la liberté. Mais est-ce vraiment le cas ? Jusqu'où peut-elle tirer sur la corde ?

    « Tenir jusqu’à l’aube » est un roman ciselé qui nous offre une palette d’émotions (l’amour maternel, la solitude, le rejet, l’humiliation, le désespoir, la colère, la suffocation) et nous plonge dès les premières lignes dans la peau de l’héroïne, une jeune mère célibataire en situation précaire et dans une société qui lui tourne le dos.
    SUITE SUR MON BLOG http://www.lamadeleinedelivres.com/index.php/2018/11/06/tenir-jusqua-laube-carole-fives/

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    Couverture du livre « Tenir jusqu'à l'aube » de Carole Fives aux éditions Gallimard

    carole laulhere sur Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives

    Carole Fives sait définitivement interpeller, nous interroger sur cette société qui tend à normer. Dans Tenir jusqu'à l'aube, elle se penche sur les femmes mères solos, ces femmes qui se retrouvent brutalement dans un huit-clos avec leur enfant. Voilà un livre poignant. Il n'y est pas seulement...
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    Carole Fives sait définitivement interpeller, nous interroger sur cette société qui tend à normer. Dans Tenir jusqu'à l'aube, elle se penche sur les femmes mères solos, ces femmes qui se retrouvent brutalement dans un huit-clos avec leur enfant. Voilà un livre poignant. Il n'y est pas seulement question de la difficulté matérielle de la monoparentalité (bien réelle bien sûr) mais aussi de son aspect psychologique. Elle nous parle en effet de solitude, de culpabilité, de jugement social, et de recherche de liberté.
    Comment assumer de vouloir concilier une vie de mère et de femme libre? Une liberté qu'il faut arracher, voler. Telle la chèvre de Monsieur Seguin, elle prend goût aux fugues, au danger, repousse toujours les limites ... jusqu'à l'aube...
    Carole Fives dresse au passage une critique assez vive non seulement de l'organisation actuelle de notre société mais aussi des réseaux sociaux : censés apporter les réponses à toutes les questions, ces derniers peuvent isoler encore plus et donner lieu à des échanges violents et davantage moralisateurs que de soutien.
    Un livre court, percutant, qui peut déranger, mais dont le sujet est traité avec un savant dosage de force et d'humour. Un roman sociologique et féministe, engagé, qui au fil de ses livres, constitue la marque de fabrique de Carole Fives.
    https://accrochelivres.wordpress.com/2018/12/16/tenir-jusqua-laube-carole-fives/

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    Couverture du livre « Tenir jusqu'à l'aube » de Carole Fives aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives

    J’ai pris du temps pour rédiger mon billet sur cette lecture et même en ayant attendu, je suis un peu mal à l’aise pour l’écrire…..

    J’ai eu le plaisir de rencontrer Carole Fives lors de la Fête des Livres en Septembre à Saint Philbert de Grand Lieu et j’avais été très intéressée par les...
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    J’ai pris du temps pour rédiger mon billet sur cette lecture et même en ayant attendu, je suis un peu mal à l’aise pour l’écrire…..

    J’ai eu le plaisir de rencontrer Carole Fives lors de la Fête des Livres en Septembre à Saint Philbert de Grand Lieu et j’avais été très intéressée par les raisons pour lesquelles elle avait écrit ce roman, son dynamisme, son investissement dans le sujet.

    Je suis revenue avec le livre à la si jolie couverture, avec en prime une dédicace et je l’ai gardé sous le coude jusqu’à maintenant. Je ressors de ma lecture un peu déçue mais Carole Fives n’en n’est pas totalement responsable.

    En utilisant le conte de la Chèvre de Monsieur Seguin d’Alphonse Daudet, Carole Fives alterne moments de désespoir et fable morale, univers enfantin et montée en puissance du dénouement dramatique qui s’annonce.

    Les situations sont parfaitement réalistes, piochées dans l’observation de la réalité du quotidien des mères (dans le cas présent), isolées, déchirées entre maternité et vie personnelle, problèmes financiers et isolement. Les passages d’échanges entre mères sur les forums, les réflexions de son entourage, du manque de prise en compte de ses difficultés par ses interlocuteurs sont bien rendus, mais j’ai trouvé, pour ma part, cette femme dans une phase de dépression, peut-être d’usure et par moment j’ai eu envie de la secouer (mais cela vient peut-être de mon tempérament…..).

    Il s’agit d’un court roman, une sorte de journal du quotidien de cette jeune femme sans nom, sans visage comme le montre la couverture, car elle pourrait être n’importe laquelle, qui en a plein le dos de porter seule toutes les responsabilités de son foyer…. C’est également une sorte de mise en évidence, et cela Carole Fives en parlait très bien lors de la rencontre, au risque d’ailleurs de choquer l’assistance, d’un silence qui règne autour des pères qui « abandonnent » leurs enfants pour débuter une autre vie sans se préoccuper du devenir de leurs enfants déjà là, des pensions non versées et du jugement que l’on porte sur des femmes qui à un moment « craquent » parce qu’elles n’y arrivent plus.

    Cela ressemble presque plus à un essai/romancé sur la condition des mères isolées avec les difficultés qu’elles rencontrent, les absurdités de certaines situations, le manque d’écoute et d’aide.

    Le problème que j’ai rencontré, et je le dis très honnêtement, c’est que ce roman a été très largement commenté lors de sa sortie, la trame m’était connue car même pendant sa présentation on expliquait le crescendo des sorties, un peu plus longues à chaque fois, un peu plus loin jusqu’à ce que……

    Pendant ma lecture, j’avais le sentiment de lire un roman que j’avais déjà lu, dont je connaissais la construction, le fond et une fois terminé j’ai eu un sentiment étrange : je ne ressentais rien alors qu’il s’agit d’un sujet de société et je n’avais pas grand chose à en dire car, pour moi, pas une découverte et rien de plus que je n’avais entendu ou lu.

    Je pense que toute mère (ou parent) peut se retrouver dans les pages de ce récit : au-delà de la solitude et de l’isolement de cette héroïne, la difficulté de gérer le quotidien, le manque de relations avec l’extérieur, l’isolement que confèrent parfois la parentalité, l’exigence (oui oui) des enfants (mais cela tient peut-être à la situation), les difficultés financières et professionnelles liées à cet état, une femme (un homme) en couple peut d’ailleurs également s’y retrouver.

    Carole Fives observe notre société et plus particulièrement les femmes et elle pointe sa plume sur leur position, leur place dans la société, leur envie de s’épanouir en dehors de leur rôle de mère qui leur colle à la peau (dans le cas contraire elle passe pour des femmes indignes et sont jugées) alors qu’aucune étiquette ne colle sur ceux qui abandonnent.

    J’attendais beaucoup de cette lecture et le fait d’avoir lu, entendu et écouté sur ce livre fait que celle-ci ne m’a rien apporté de plus. Le fond ‘m’était connu, la forme également, reste l’écriture qui est, comme dans le précédent, efficace, concise, directe. La narration à la troisième personne fait que j’ai gardé une distance, un regard extérieur, comme un reportage sur un épisode de vie.

    Malgré tout un récit qui peut intéresser un large public mais qui touchera je pense particulièrement toutes les femmes qui se reconnaîtront dans ce portrait, qui vivent cet état.