Carl Aderhold

Carl Aderhold
Historien de formation, Carl Aderhold a été éditeur et se consacre aujourd'hui à l'écriture. Il est l'auteur de plusieurs romans très remarqués, Mort aux cons (Hachette Littératures), Les poissons ne connaissent pas l'adultère, Fermeture éclair (tous deux parus chez JC Lattès).

Avis (11)

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    Couverture du livre « Rouge » de Carl Aderhold aux éditions Les Escales

    NADIA D'ANTONIO sur Rouge de Carl Aderhold

    Je débute cette critique en remerciant Lecteurs.com et les Éditions Pocket pour l’envoi de ce livre en échange d’une critique.

    D’abord, une définition du communisme : « Le communisme est un mode d’organisation sociale basée sur l’abolition de la propriété privée des moyens de production et...
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    Je débute cette critique en remerciant Lecteurs.com et les Éditions Pocket pour l’envoi de ce livre en échange d’une critique.

    D’abord, une définition du communisme : « Le communisme est un mode d’organisation sociale basée sur l’abolition de la propriété privée des moyens de production et d’échange au profit de la propriété collective. La transition entre le système capitaliste et la société communiste, sans classe et sans État, nécessite une phase transitoire de dictature du prolétariat » .
    C’est le thème de ce livre autobiographique de Carl Aderhold : « Rouge ».

    Son père, Pierre Decazes, étant décédé, Carl et sa sœur veulent déblayer la maison familiale et le passé ressurgit, avec le militantisme communiste de son père, une obsession poussée à l’extrême car il ne veut pas pendre en considération les désirs de ses enfants. Tout ce qui l’intéresse, c’est de les façonner à son image. D’ailleurs il ne cesse de réprimander Carl en lui inculquant l’idée qu’il n’est pas assez communiste, lui interdit aussi le Coca (signe de capitalisme) et lui cause ainsi des traumatismes. De plus, il veut en faire « le mémorialiste de la famille ».
    Il lui avait ordonné de rédiger un manifeste :
    « Le soir, après mes devoirs, je poursuivais la rédaction de mon manifeste.
    Nous avons pu nous rendre compte du luxe capitaliste dans lequel vit Pompidou. Dans son palais, il a des serviteurs avec des chaînes en or. Les plafonds aussi sont en or et de grands lustres en cristal pendent au-dessus de la table. « P.220.

    Sur la couverture toute simple, figure un petit garçon bien attendrissant avec un tricot rouge (rouge comme le titre), et on pense que c’est peut-être Carl…. Ses souvenirs font remonter à la surface les démons de son passé, sa famille, leur Histoire, mais aussi la malédiction qui pèse sur eux.
    Le livre dépeint tous les travers de Pierre Decazes, piètre acteur qui finit tout de même par décrocher un rôle dans « La Cage aux Folles »mais ses revenus sont tout de suite dilapidés dans ses beuveries avec ses amis.

    Ici, c’est vraiment un roman intimiste, avec de la tendresse en passant outre la colère et la violence que lui inspire son père car celui-ci (entre autres choses) oubliait les dates de naissance de ses enfants en préférant retenir les dates clés des victoires communistes. Un homme proche de la folie dans ses scènes de violence chez lui, cassant tout, et notamment envers sa femme qui, bien souvent, devait porter des lunettes de soleil pour cacher les cocards pris le soir, en faisant croire qu’elle était tombée (mon œil!).

    Le père, haut en couleur, puisque Rouge, harcèle sa famille avec Marx, Lénine, Les Communards et a toujours sous la main un exemplaire de l’Humanité. Les réflexions sur De Gaulle et Pompidou fusent à tout va.
    Avec ses souvenirs, Carl (dont le prénom a été choisi à cause de Karl Marx), remonte ainsi toute l’histoire de sa famille, nous décrit cette « folie des Aderhold », ce mal qui frappe les hommes de la famille depuis très longtemps.

    Je ne connaissais pas du tout cet écrivain qui a été éditeur et a également publié plusieurs romans, mais la quatrième de couverture m’avait attirée car changement radical dans mes lectures habituelles.

    C’est un beau texte, une belle histoire empreinte d’émotion, de justesse et si l’auteur a écrit ce livre, c’est dans l’espoir de faire taire les démons, il en profite aussi pour essayer de régler ses comptes.
    Qu’ajouter encore ? Que l’écriture est toute simple, touchante, qu’elle nous fait vibrer car cette histoire est bien celle de l’auteur ?

    D’ailleurs, j’ai remarqué deux citations très justes :

    « Un roman magistral, exempt de tout pathos et de toute tentation nostalgique. »L’Obs
    « Un témoignage sensible sur une douloureuse filiation, porté par la plume fine de l’auteur ». le Figaro Littéraire.

    Je ne peux pas résister à la tentation de dire que j’ai eu mon grand-père paternel, communiste convaincu et qui voulait rallier à sa cause tous ceux qu’il rencontrait. En cela il me fait penser à Pierre Decazes, mais la ressemblance s’arrête ici car chez mon grand-père, il n’y avait aucune violence – seulement une foi ardente dans sa politique dont il ne déviait pas ; une fois lancé dans ses diatribes il était impossible de l’arrêter et je faisais semblant de l’écouter. Cher grand-père passionné lui aussi dans ses convictions mais qui faisait preuve de tellement de gentillesse avec ses proches, lui, et respectait les avis différents des siens.

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    Couverture du livre « Rouge » de Carl Aderhold aux éditions Les Escales

    Elodie Noizet sur Rouge de Carl Aderhold

    Carl Aderhold, éditeur et écrivain, marié et deux enfants, vide la maison de son père après le décès de celui-ci. Ce n'est pas de tendres souvenirs qu'il y trouve mais les vestiges d'une vie entièrement dévouée au communisme. Une rage sourde envahit Carl, une rage après ce père qui lui a fait...
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    Carl Aderhold, éditeur et écrivain, marié et deux enfants, vide la maison de son père après le décès de celui-ci. Ce n'est pas de tendres souvenirs qu'il y trouve mais les vestiges d'une vie entièrement dévouée au communisme. Une rage sourde envahit Carl, une rage après ce père qui lui a fait suivre la ligne du parti communisme et qui lui a donné cette éducation. Les souvenirs affluent le dévastant un peu plus chaque jour. L'auteur nous raconte son enfance, l'histoire de sa famille. Il a été baigné depuis son enfance par Karl Marx (de qui il tient son prénom) et Lénine adulés par son père qui vouait une haine féroce au capitalisme. Son père était un homme austère, qui buvait souvent trop, bagarreur et tyran. Sa mère était soumise et souvent maltraitée. Son enfance? De la politique, des tracts...où l'école est très importante, baignée de littérature classique et de cinéma choisis par les soins du patriarche (interdiction de regarder De Funès ou de lire Tintin trop anticommunistes pour lui)...

    Lui, "le fils de rouge" ressent une profonde culpabilité et de la colère par rapport à ce qu'il a vécu, au communisme de son père, à son soutien mais en même temps, l'amour qu'il lui porte, l'importance de son regard, ce lien indéfectible...Karl est totalement perdu... Quelles séquelles aura eu cette enfance sur cet homme devenu un brillant écrivain?

    Je ne pensais pas aimer autant ce livre. L'histoire de ce petit garçon m'a vraiment touchée. J'ai ressenti une profonde empathie pour Carl. C'est un livre sur l'importance des liens père/fils, l'importance de l'enfance et des souvenirs. Ce passé qui chamboule tout, ce passé qui devient un lourd fardeau, ces sentiments contradictoires que Carl peut éprouver pour son père. On notera que bien au-delà de la rage, c'est un immense amour qu'il avait pour lui. Les mots sont choisis avec soin, c'est bien raconté. J'ai aimé les références cinématographiques et littéraires. Le contexte politique a une grande part dans ce livre afin de mieux comprendre l'histoire. Bref, c'est un ouvrage vraiment émouvant et bouleversant qui nous plonge dans cette histoire familiale, dans la vie de ce père si dépendant d'une néfaste idéologie...

    http://auchapitre.canalblog.com/archives/2017/10/19/35782191.html
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    Couverture du livre « Les poissons ne connaissent pas l'adultère » de Carl Aderhold aux éditions Lgf

    Isabel S sur Les poissons ne connaissent pas l'adultère de Carl Aderhold

    Il me tardait tout particulièrement de lire "Les poissons ne connaissent pas l’adultère" car j'avais vraiment apprécié le premier roman de Carl Aderhold "Mort aux cons". Au vu des critiques élogieuses glanées un petit peu partout, j'étais persuadée de passer un excellent moment de lecture.

    Ce...
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    Il me tardait tout particulièrement de lire "Les poissons ne connaissent pas l’adultère" car j'avais vraiment apprécié le premier roman de Carl Aderhold "Mort aux cons". Au vu des critiques élogieuses glanées un petit peu partout, j'étais persuadée de passer un excellent moment de lecture.

    Ce roman relate les péripéties de Julia, caissière de supermarché à la vie de famille terne, soudainement boostée par un relookage offert par ses collègues de travail. Elle décide sur un coup de tête de changer de vie et de prendre le premier train en partance vers Toulouse. Au cours de son voyage, elle va croiser une galerie de personnages hauts en couleur : deux couples aux amours déclinants venus pour un colloque, Germinal le contrôleur zélé qui bascule vers l'anarchie en cours de trajet, Bruno le cruciverbiste, Colette la pétillante septuagénaire aux deux amours ....et l'histoire tourne vite au vaudeville et aux règlements de comptes, sous l'oeil complice d'une chorale d'amateurs friande de chansons populaires !

    Conquise par le premier roman de l'auteur, j'avais placé la barre très haute et j'attendais énormément de ce livre...et bien j'avoue avoir été très déçue. Certes il y a quelques passages amusants mais je n'ai pas retrouvé le mordant, l'humour incisif et le cynisme de l'auteur. J'ai eu l'impression de lire du Carl Aderhold en version édulcorée, et j'ai trouvé bien fade le personnage central de ce roman, version moderne et quadragénaire de Cendrillon, insipide et ennuyeuse. Pas de surprises ni de rebondissements pour ce gentil conte de fée dont la fin est vraiment prévisible.
    Je classerais ce roman dans les lectures de plage, simples et distrayantes mais vite oubliées à la fin de l'été !

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    Couverture du livre « Rouge » de Carl Aderhold aux éditions Les Escales

    Marie-Laure VANIER sur Rouge de Carl Aderhold

    « Il voulait que je sois notre mémorialiste. »
    Comme les souhaits des pères sont parfois lourds à porter pour les fils !
    Ce récit -très certainement autobiographique- commence par la maison familiale que l’on vide après la mort du père, communiste, rouge, pur et dur. Le narrateur découvre des...
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    « Il voulait que je sois notre mémorialiste. »
    Comme les souhaits des pères sont parfois lourds à porter pour les fils !
    Ce récit -très certainement autobiographique- commence par la maison familiale que l’on vide après la mort du père, communiste, rouge, pur et dur. Le narrateur découvre des feuillets où son père a noté ce qu’il comptait retenir de la vie de son fils : son mariage, la naissance de ses petits-enfants ? Non, son adhésion à la CGT, son élection au comité d’entreprise…
    Une colère indescriptible gagne Carl qui n’a qu’un désir : tout détruire, tout effacer. A la benne les portraits de Marx, Lénine, les vieux Huma, les drapeaux rouges, les photos des soldats chiliens, de la sœur portant un foulard à l’effigie de Castro, du narrateur en Allemagne de l’Est ! « Rien ne doit survivre. »
    Au risque de se sentir coupable…
    « Je ne serais jamais un bon fils. L’oubli, le renoncement étaient la preuve que ce qui avait constitué mon enfance, l’endoctrinement, la croyance en l’absolue vérité des causes que je devais défendre, les réprimandes à la moindre déviation et ma culpabilité de n’être jamais assez communiste, pouvait s’effacer, disparaître, sans que la vie s’arrête ni même que cela en modifie le cours. Une désertion, voilà ce que j’éprouvais. Une désertion. »
    Parlons du père : « Son communisme était charnel, instinctif. Il l’était comme d’autres sont Juifs, Pieds-noirs ou Corses. Avec emphase et totalement. » Il ne supporta ni la chute du mur de Berlin, ni la Révolution de velours, ni l’exécution des Ceausescu : le monde auquel il avait cru s’effondrait.
    Je ne peux m’empêcher de penser au film de Wolfgang Becker Good Bye Lenin ! (2003) dans lequel Alex veut absolument sauver sa mère, militante communiste de RDA, dévouée corps et âme, plongée dans le coma et qui se réveillera l’été 1990, alors que le Mur est tombé. Un choc émotionnel et c’est la mort. Alors, le fils trouvera mille subterfuges pour protéger sa mère : reconstituer l’intérieur d’un appartement de l’Est, retrouver des vieilles boîtes de conserves… C’est exactement ce dont aurait eu besoin Pierre, le père de Carl…
    Pierre impose le communisme à sa famille. Son fils s’appellera Karl, francisé en Carl par l’employé de mairie. L’enfant grandit avec les portraits de Marx et de Lénine, persuadé que ce sont de lointains aïeux. Ils vivent de peu et donnent à ceux qui ont besoin. Acteur, le père trouve quelques rôles par-ci, par-là.
    Carl offre des dessins de Communards sur une barricade pour la fête des pères et suit ses parents aux manifs du dimanche. On marche pour la paix, contre la guerre du Vietnam en criant « Nixon assassin ! ». Bien sûr, on ne rate pas la fête de l’Huma. Carl apprend « la géographie par les insurrections et les guérillas. » A table, on écoute les informations. Si elles sont mauvaises, les assiettes volent, heureusement la météo marine est un havre de paix… « J’ai eu peur toute mon enfance » avoue le narrateur. Tout était menace : « la bombe, les capitalistes, de Gaulle, le voisin raciste » et le père, qui boit et se bat. Heureusement, parfois, il part en tournée.
    Les films de de Funès sont interdits, trop réacs, de même que « la lecture de Tintin, trop raciste, de Lucky Luke, trop américain, d’Astérix, trop gaulliste. » Les héros de l’enfant seront Guy Môquet, Manouchian, Gagarine, Brecht.
    Le coca est interdit et les livres d’histoire préférés au Monopoly et à tous les autres jeux d’ailleurs. On n’est pas là pour rire. Jusqu’à ce qu’un oncle s’aventure à en offrir un. Scène mémorable. Le père se met à jouer et triche : il vole de l’argent à la banque. Carl a honte pour lui : où sont passées les belles valeurs qu’il a inculquées à ses enfants ? A force de tricher, il gagne et lance à son fils ahuri : « Tu viens de comprendre ce qu’est vraiment le capitalisme. Tâche de ne pas l’oublier. » Rude leçon.
    Plus tard, Carl se sauvera par l’écriture, seul moyen d’échapper un peu à tout cela, d’alléger un peu le poids du fardeau…
    Ce très beau texte de Carl Aderhold s’interroge sur « les destinées des fils qui se chargent des rêves des pères. », cette transmission qui doit s’accomplir au risque de décevoir le géniteur, cette mémoire qui ne doit rien omettre de l’histoire familiale.
    Jusqu’à la chute parce que le poids du passé est trop lourd et que faire un pas en avant est devenu impossible.
    Quel héritage léguer à nos enfants ? Peut-on les aimer et leur transmettre nos valeurs sans pour autant peser sur leur vie ?
    Des pages superbes, émouvantes et drôles, qui nous disent de ne pas trop charger leurs valises si l’on veut qu’ils puissent encore avancer…

    http://lireaulit.blogspot.fr/

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