Bernard Quiriny

Bernard Quiriny
Bernard Quiriny, journaliste à Chronic'Art, Epok et au Magazine littéraire, est né en Belgique en 1978. Son recueil de nouvelles Contes carnivores est disponible chez Points.

Avis (36)

  • Couverture du livre « L'affaire Mayerling » de Bernard Quiriny aux éditions Rivages

    Lettres et caractères sur L'affaire Mayerling de Bernard Quiriny

    LOUFOQUE... MAIS PAS QUE

    L'affaire Mayerling est un roman drôlement barré comme vous en verrez peu avec une histoire complètement perchée et des personnages totalement farfelus. Derrière ces apparences foldingues, se cache une satire sociale finement pensée sur la bétonisation de nos...
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    LOUFOQUE... MAIS PAS QUE

    L'affaire Mayerling est un roman drôlement barré comme vous en verrez peu avec une histoire complètement perchée et des personnages totalement farfelus. Derrière ces apparences foldingues, se cache une satire sociale finement pensée sur la bétonisation de nos centre-villes. Le lecteur est invité à suivre le destin du Mayerling, une résidence de standing érigée en lieu et place d'un vieux manoir dans la petite ville de Rouvières, et de ses habitants malmenés par des forces supérieures. Entre les problèmes de plomberie des Lequennec, d'insonorisation de M. Paul, d'effluves malodorantes de Mme Meunier ou de libido débridée de Mme Camy, on assiste aux heurs et malheurs (surtout aux malheurs) de ceux qui ont placé dans le Mayerling, tous leurs espoirs de vie confortable et paisible.

    Construit en trois parties (l'avant Mayerling, la vie à Mayerling et l'après), ce roman enchaîne les situations ubuesques sur fond de fantastique. Pourtant, derrière le grotesque se cache un plaidoyer pas si loufoque que ça sur l'urbanisme sauvage qui dénature les villes à la recherche d'un profit immédiat en se souciant comme d'une guigne du bien-être des résidents et des riverains. Un roman que j'ai trouvé finalement aussi enrichissant que divertissant.

  • Couverture du livre « L'affaire Mayerling » de Bernard Quiriny aux éditions Rivages

    Henri-Charles Dahlem sur L'affaire Mayerling de Bernard Quiriny

    Copropriétaires à terre

    En racontant les déboires de copropriétaires d’une résidence dite de Standing, Le Mayerling, Bernard Quiriny s’en prend férocement à tout un système.

    Mayerling vous rappellera peut-être la tragédie de l'archiduc Rodolphe et de Mary Vetsera. Et si le visuel choisi...
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    Copropriétaires à terre

    En racontant les déboires de copropriétaires d’une résidence dite de Standing, Le Mayerling, Bernard Quiriny s’en prend férocement à tout un système.

    Mayerling vous rappellera peut-être la tragédie de l'archiduc Rodolphe et de Mary Vetsera. Et si le visuel choisi pour le bandeau de couverture peut aussi vous y faire penser, oubliez-le. Car Bernard Quiriny est à mille lieues du récit historique. Le Mayerling dont il est question ici est un immeuble sis à Rouvières, «ville française d’environ 250000 habitants (350000 avec l’agglomération), rue Mayerling.»
    Déambulant dans cette ville de province, le narrateur va confier à son acolyte Braque l’intérêt qu’il porte aux opérations immobilières et plus particulièrement à la stratégie de communication employée. Expliquant et détaillant combien «les annonces pour les programmes immobiliers sont un genre en soi, codifié subtilement», il va nous en faire la démonstration avec la construction de cet immeuble de cinq étages confiée à une société espagnole.
    Tout semble ici avoir été conçu pour le bonheur des futurs résidents, y compris le bout de nature adjacent. Si bien que les appartements se vendent rapidement et qu’à l’issue du chantier la quasi-totalité du Mayerling est occupé.
    Comme pour une pièce de théâtre Bernard Quiriny nous offre la distribution détaillée des rôles. Du rez-de-chaussée au cinquième étage, il y a là un microcosme représentatif de la population. De la famille bourgeoise aux étudiants, du couple de retraités au célibataire sans oublier les primo-accédents qui ont mis toute leur épargne dans cet investissement, dans ce rêve de petit paradis.
    Seulement voilà, dès les premiers jours, il faut bien se rendre compte que malgré la promesse des agences, on est bien loin du rêve, car déjà des malfaçons apparaissent.
    Bien entendu, dans l’euphorie de la nouveauté, on s’imagine qu’il faut bien essuyer les plâtres, que ces ennuis au démarrage ne seront bientôt qu’un vague souvenir…
    C’est pourtant bien le contraire qui va arriver, les ennuis vont aller crescendo. Les murs, les canalisations, le bruit, les parties communes, la cave: à tous les niveaux la colère gronde. La tension va croître.
    « Il faudrait réaliser le rêve de Perec, dans sa Vie mode d’emploi: tomber la façade d’un immeuble (mais moderne, cette fois), sans que les habitants s’en rendent compte, pour les observer. Comme les appartements d’aujourd’hui, type Mayerling, sont tous identiques et superposés parfaitement, avec les toilettes en enfilade pour économiser sur la plomberie, on verrait ce spectacle fascinant de gens qui, littéralement, se chient sur la tête: le résident du quatrième sur celui du troisième, celui-ci sur celui du deuxième, etc. Cela me vient toujours à l’esprit quand j’utilise les toilettes dans un immeuble: j’imagine qu’au-dessus de moi, tout près, le voisin plié en deux, pantalon sur les chevilles, se livre aux mêmes activités honteuses, et que si l’on ôtait d’un coup le béton qui nous sépare tout tomberait droit sur mon crâne. »
    Et de fait, dans le jardinet de Mme Meunier finit par atterrir un bloc de béton énorme tombé des étages. Fort heureusement « elle était loin de chez elle, internée depuis quelques semaines à l’asile de Rouvières, où elle continuait sa collection d’ordures qu’elle entassait sous son lit. »
    Car l’auteur s’intéresse d’abord à l’immobilier sous l’angle sociologique, nous donnant à voir les effets psychologiques de cette résidence qui va engloutir les rêves des uns et des autres, qui va entraîner des comportements étranges une fois que la désillusion et la colère auront gagné tous les résidents, notamment après qu’ils aient appris que leur promoteur avait fait faillite. De la révolte individuelle à la dynamique de groupe, le spectacle est permanent, la tension aussi palpable que dans une cocotte-minute.
    « Une assemblée générale de copropriétaires, quel spectacle passionnant! C’est un chaudron, une arène, un ring où l’on règle ses comptes, publiquement, avec tous ses voisins qu’on déteste; mais il faut continuer de cohabiter ensuite avec eux, d’où la difficulté: frapper fort pour soulager son cœur, mais pas trop, pour éviter la guerre. C’est aussi une épreuve de stratégie. Il faut passer des alliances diverses, en fonction des sujets; tel voisin insupportable sur le chapitre du bruit peut se révéler un partenaire précieux dans une coalition visant à faire obstacle à telle autre décision »
    Dans ce roman qui risque de donner des cauchemars à tous ceux qui rêvent d’acheter un appartement, la guerre va finalement être déclarée.
    Bernard Quiriny réussit là un conte moderne, une tragi-comédie en béton armé! http://urlz.fr/76Lt

  • Couverture du livre « L'affaire Mayerling » de Bernard Quiriny aux éditions Rivages

    Annie Demory sur L'affaire Mayerling de Bernard Quiriny

    Un sujet qui m'intéresse, surtout s'il est traité avec humeur, par un auteur que je vais découvrir, voilà pourquoi j'aimerais beaucoup lire "L'affaire Mayerling" de Bernard QUIRINY.

    Un sujet qui m'intéresse, surtout s'il est traité avec humeur, par un auteur que je vais découvrir, voilà pourquoi j'aimerais beaucoup lire "L'affaire Mayerling" de Bernard QUIRINY.

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