Benjamin Stora

Benjamin Stora
Né en Algérie, à Constantine, en 1950, Benjamin STORA est Professeur des Universités. Il enseigne l'histoire du Maghreb et de la colonisation française (Indochine-Afrique), co-dirige l'Institut Maghreb-Europe à Paris VIII-St Denis depuis 1990. Titulaire de plusieurs Doctorats en Histoire et soci... Voir plus
Né en Algérie, à Constantine, en 1950, Benjamin STORA est Professeur des Universités. Il enseigne l'histoire du Maghreb et de la colonisation française (Indochine-Afrique), co-dirige l'Institut Maghreb-Europe à Paris VIII-St Denis depuis 1990. Titulaire de plusieurs Doctorats en Histoire et sociologie dont celui en Sciences Sociales du Maghreb et du Moyen-Orient contemporains (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales- 1978), il a travaillé sous la direction de MM. René REMOND, Philippe VIGIER, Charles-Robert AGERON. Il dirige, depuis 1995, le DEA Maghreb, Sciences sociales à St Denis -Paris VIII. Benjamin STORA a passé l'année 1996 à Hanoi, détaché à l'Ecole Française d'Extrème Orient (EFEO) pour une recherche sur les "Imaginaires de guerre, Algérie-Vietnam"(ed La Découverte 1997). Il a enseigné à l'université de New York (NYU) , en 1998, l'histoire de la colonisation française. Il se trouve en détachement à Rabat à l'ex-IRMC, en 1999, pour une recherche sur les nationalismes marocain et algérien. S'intéressant à la production et diffusions des images pour l'écriture de l'histoire, il a réalisé trois documentaires pour la télévision sur la guerre d'Algérie.

Avis sur cet auteur (6)

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    Couverture du livre « Histoire dessinée de la guerre d'Algérie » de Sebastien Vassant et Benjamin Stora aux éditions Seuil

    Yves MABON sur Histoire dessinée de la guerre d'Algérie de Sebastien Vassant - Benjamin Stora

    1954/1962, c'est la guerre d'Algérie, ce que la France a longtemps appelé des événements ou une "opération de maintien de l'ordre". Elle est d'abord cantonnée sur le territoire algérien, un peu désordonnée, puis les Algériens créent des mouvements de libération et devant la répression commettent...
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    1954/1962, c'est la guerre d'Algérie, ce que la France a longtemps appelé des événements ou une "opération de maintien de l'ordre". Elle est d'abord cantonnée sur le territoire algérien, un peu désordonnée, puis les Algériens créent des mouvements de libération et devant la répression commettent des actes violents et c'est le début d'un engrenage, d'une guerre qui ne dit donc pas son nom, dénoncée un peu partout dans le monde, mais la France ne veut pas renoncer à son empire colonial. Sept années de guerre pour conclure presque 150 ans de colonisation.

    Benjamin Stora, né en Algérie, un peu avant le début de la guerre et devenu historien, spécialiste de ce conflit est pédagogue, précis, se met de tous les côtés pour ne rien oublier. Cent quatre-vingt dix pages qui montrent la montée des violences de part et d'autre, l'exportation du conflit en métropole, la lassitude des Français face à une guerre dans laquelle le pays envoie de jeunes appelés du contingent -mon papa y était, tous les jeunes gens nés entre 1932 et le début de la décennie suivante y sont passés, peu en parlent. Elles éclairent également les relations toujours particulières et tendues entre les deux pays.

    Bien dessinée, formidablement documentée, cette page de l'histoire de France et de l'Algérie est accessible à un plus large public qu'un essai historique. C'est une des qualités de la bande dessinée en général et d'icelle en particulier. Peut-être pas pour les plus jeunes, mais pas mal d'ados peuvent la consulter pour comprendre dans quelle galère ont été engagés leurs grands-pères et arrière-grands-pères.

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    Couverture du livre « Histoire dessinée de la guerre d'Algérie » de Sebastien Vassant et Benjamin Stora aux éditions Seuil

    Marie Kirzy sur Histoire dessinée de la guerre d'Algérie de Sebastien Vassant - Benjamin Stora

    Remarquable BD historique !
    Le récit respecte parfaitement la complexité de l'engrenage de cette guerre qui a laissé des plaies ouvertes de part et d'autre de la Méditerranée. J'ai par exemple découvert les luttes fratricides entre le FLN et le MNA de Messali Hadj pour s'imposer dans le camp...
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    Remarquable BD historique !
    Le récit respecte parfaitement la complexité de l'engrenage de cette guerre qui a laissé des plaies ouvertes de part et d'autre de la Méditerranée. J'ai par exemple découvert les luttes fratricides entre le FLN et le MNA de Messali Hadj pour s'imposer dans le camp des nationalistes algériens. Pas de tabous, tout est évoqué.
    Bien évidemment, un expert de la guerre d'Algérie n'apprendra pas grand chose de cette BD, mais pour tous les autres et notamment nos jeunes, c'est juste impeccable ! Benjamin Stora fait montre de pédagogie et on comprend ainsi avec clarté les étapes et les enjeux. Chacun des 5 chapitres correspond à une phase de la guerre, le tout dans un ordre chronologique. Mais quand il y a besoin, le récit fait une pause et les auteurs nous proposent des sortes de fiches présentant les acteurs et faisant des retours en arrière pour éclaire l'histoire par le passé.
    Au-delà de ses qualités pédagogiques, ce que j'ai beaucoup apprécié dans cette histoire dessinée, ce sont les planches interviews d'acteurs de la guerre, des personnalités parfois mais surtout des anonymes, appelés français, harkis, civils algériens, fellaghas. L'histoire s'incarne , s'humanise, devient sensible et touche son lecteur.
    Le style semi-réaliste de Sébastien Vassant, avec son dessin moderne, trouve la bonne distance, sans fausse note et apporte de la force au récit : magnifique double page évoquant l'exode des pieds-noirs, aucun mot, juste des dessins d'intérieurs de maisons vides mais intacts.
    A compléter avec le remarquable documentaire de Patrick Rotman, La Déchirure.

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    Couverture du livre « La guerre d'Algérie expliquée en images » de Benjamin Stora aux éditions Seuil

    Parisienne sur La guerre d'Algérie expliquée en images de Benjamin Stora

    Des premiers attentats à la fin de la guerre, l'iconographie raconte les événements et ceux qui en ont souffert. Des réponses en images qui font revivre avec force ces temps troublés.

    Des premiers attentats à la fin de la guerre, l'iconographie raconte les événements et ceux qui en ont souffert. Des réponses en images qui font revivre avec force ces temps troublés.

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    Couverture du livre « Les mémoires dangereuses ; de l'Algérie coloniale à la France d'aujourd'hui » de Benjamin Stora et Alexis Jenni aux éditions Albin Michel

    Jean-Paul Degache sur Les mémoires dangereuses ; de l'Algérie coloniale à la France d'aujourd'hui de Benjamin Stora - Alexis Jenni

    Quelques entretiens avec Alexis Jenni, entre l’été 2014 et février 2015 puis les massacres qui ont suivi, ont motivé l’historien Benjamin Stora à publier Les mémoires dangereuses, un livre indispensable afin de comprendre l’utilisation de la violence pour parvenir à ses fins, la montée des...
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    Quelques entretiens avec Alexis Jenni, entre l’été 2014 et février 2015 puis les massacres qui ont suivi, ont motivé l’historien Benjamin Stora à publier Les mémoires dangereuses, un livre indispensable afin de comprendre l’utilisation de la violence pour parvenir à ses fins, la montée des extrêmes identitaires, la place de l’islam dans la République et cette autre guerre d’Algérie (1991 – 2001). Pour ne pas céder à la haine, il faut mener une bataille culturelle contre la radicalisation et l’obscurantisme puis se mobiliser pour la fraternité.

    Dans un entretien vivant et bien argumenté, Benjamin Stora et Alexis Jenni explorent ce « sudisme à la française » dont on ne parle pas et qui propose des explications aux problèmes qui se posent.
    Menacé par des groupes islamistes, Benjamin Stora était au Vietnam en 1996 pendant la montée inexorable du Front National, avec les mêmes thèmes développés au temps de l’Algérie française. Trois ans plus tard, il publiait "Transfert d’une mémoire", au mauvais moment et son livre n’avait pas d’écho. Quant à Alexis Jenni, c’est dans "L’art français de la guerre" (Prix Goncourt 2011) qu’il explore les plaies toujours ouvertes des guerres coloniales.

    "Le Transfert d’une mémoire" (nouvelle édition) – De « l’Algérie française » au racisme anti-arabe – rappelle d’emblée l’analyse indispensable de 132 ans de présence française, de cette colonisation, si on veut comprendre la montée de l’extrême-droite.
    Le parallèle entre la guerre de Sécession et celle d’Algérie révèle beaucoup de similitudes avec des espaces à conquérir, une mythologie du sud vu comme un Eldorado, une nouvelle Terre promise… L’auteur n’oublie pas de préciser que ceux qui ont été appelés pieds-noirs constituent un véritable melting-pot où se sont brassées toutes les populations de la Méditerranée occidentale.
    « L’ennui »… ce sont « les indigènes qu’il a fallu écraser, soumettre puis protéger et éduquer… La guerre d’Algérie est cette guerre historique particulière renouant avec le passé des guerres de conquête coloniales, moment de rattachement d’un Sud à la France métropolitaine. »
    Il ne faut pas oublier que l’Algérie faisait partie du territoire français depuis 1948, avec ses trois départements mais avec une « législation ni française (parce que menaçant sa suprématie à terme, par stricte application des principes républicains), ni algérienne (puisque risquant de provoquer un « ressourcement » dangereux). »
    En 1954, il était hors de question d’abandonner un territoire rattaché à la France, avant même la Savoie, plus le pétrole, plus les essais nucléaires et l’on y envoie donc le contingent, les jeunes nés entre 1932 et 1943.
    L’auteur détaille le parcours de Le Pen accusé d’avoir torturé en 1957. Celui qui avait été le plus jeune député de France, partit combattre là-bas pour garder l’Algérie française. Farouchement anti De Gaulle, il n’est pas réélu en 1962.
    Le Front National est l’héritier des émeutiers de 1934, des collabos des années 1940 et des factieux de la guerre d’Algérie. Il regroupe « des fascistes, des pétainistes et des intégristes religieux. » Aujourd’hui, « l’extrême-droite tire sa force principale des représentations de l’islam des immigrés. »
    Cette mémoire du Sud doit être sans cesse rappelée car elle touche les pieds-noirs et leurs enfants, les soldats partis en Algérie, les immigrés algériens, enfants, petits-enfants et les harkis, soit un total de 5 millions de personnes qui ont une mémoire du Sud avec plusieurs Algérie qui se superposent.

    Benjamin Stora livre encore quantité d’analyses pertinentes qu’il serait trop long de détailler ici mais il conclut en rappelant que les petits-enfants de l’immigration algérienne demandent : « l’égalité des chances pour tous les citoyens quelle que soit leur origine. » plus « des mesures économiques dans les domaines du travail, du logement, de l’école. »