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Arnaud Dudek

Arnaud Dudek
Arnaud Dudek, né en 1979, à Nancy, vit à Paris. Les vérités provisoires est son quatrième roman. Rester sage (2012) et Une plage au pôle Nord (2015) ont été traduits en allemand et en néerlandais.

Avis sur cet auteur (41)

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    Couverture du livre « Les vérités provisoires » de Arnaud Dudek aux éditions Alma Editeur

    Sophie Gauthier sur Les vérités provisoires de Arnaud Dudek

    Lorsque Jules s'installe dans l'appartement où vivait Céline sa soeur mystérieusement disparue depuis 2 ans, c'est un peu comme s'il se déshabillait d'une vérité construite depuis l'enfance par ses perceptions et par l'influence des discours entendus, pour en intégrer une autre, celle tout aussi...
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    Lorsque Jules s'installe dans l'appartement où vivait Céline sa soeur mystérieusement disparue depuis 2 ans, c'est un peu comme s'il se déshabillait d'une vérité construite depuis l'enfance par ses perceptions et par l'influence des discours entendus, pour en intégrer une autre, celle tout aussi aléatoire, de la vie de sa soeur. Car finalement, qu'est-ce que peut être la vérité pour ce menteur quasi-pathologique ? Celle que lui transmet sa mémoire phénoménale ? Celle qui se cache dans les meubles, les objets et les écrits laissés par Céline ? Celle qu'il trouve sur la peau d'une jolie voisine ? La vérité ne se définit-elle que par rapport aux distorsions qu'apportent ses mensonges à une réalité, de toute façon toujours perçue différemment ? le gouffre que creuse Céline par son absence est aussi une vérité, mais qui n'a rien de provisoire, celle-ci. Peut-être ce constat est-il en définitive le véritable objet de l'en-quête qu'entame Jules en mettant ses pas dans ceux de sa soeur ?
    Je crois bien que je suis tombée en amour pour ce roman qui a tissé son charme dès ses premiers mots et de plus en plus étroitement jusqu'au dénouement. Une histoire qui tient de l'intrigue policière autant qu'existentielle. Des personnages attachants, à l'âme, au coeur et à l'esprit un peu-beaucoup-passionnément fêlés. Et puis, et peut-être surtout, le regard tendrement ironique posé sur Jules et sur les évènements qu'il subit ou provoque et cette façon de raconter en prenant malicieusement le lecteur à témoin. Au risque de briser l'illusion référentielle, le narrateur nous embarque avec lui, un peu comme si nous assistions ensemble au même spectacle ou regardions la même lame sous le microscope, attire notre attention, souligne certains faits... et finalement nous conduit subtilement à une confrontation de points de vue d'où émerge quelque chose d'intangible : le choix de la vie sans oubli et sans déni.

    Cette façon légère, sans jamais être superficielle, d'aborder des choses graves est, pour moi, d'une remarquable élégance, qu'accentue encore la fluidité de l'écriture. Oui décidément, je crois bien que je suis tombée en amour pour ce roman.

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    Couverture du livre « Une plage au pôle Nord » de Arnaud Dudek aux éditions Pocket

    Sophie Gauthier sur Une plage au pôle Nord de Arnaud Dudek

    Il suffit d'un appareil photo perdu par Jean-Claude Stillman, la trentaine, chômeur, père de Lily, séparé de Fanny, vit chez ses parents en attendant de retrouver du travail, et trouvé par Françoise Vitelli, soixante-quinze ans, institutrice à la retraite, veuve d'Alfonso Vitelli depuis 2003,...
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    Il suffit d'un appareil photo perdu par Jean-Claude Stillman, la trentaine, chômeur, père de Lily, séparé de Fanny, vit chez ses parents en attendant de retrouver du travail, et trouvé par Françoise Vitelli, soixante-quinze ans, institutrice à la retraite, veuve d'Alfonso Vitelli depuis 2003, grand-tante d'Emma, pour que des trajectoires fort divergentes au départ se rejoignent pour un temps.

    Il suffit d'une initiation à l'informatique pour que Jean-Claude et Françoise en viennent à partager un espace complice, juste à l'intersection entre leurs âges, une amitié insolite et complice qui leur éveille des conversations interminables et des envies de pique-nique. Des amis, ils en ont pourtant - Pierre Lacaze pour Jean-Claude et les Moreno pour Françoise - mais qui ne suffisent pas à peupler ces deux solitudes aux amarres branlantes et au sentiment de culpabilité latent.

    Jeunesse, vieillesse, deux mots, deux pôles que l'on imagine forcément aux antipodes l'un de l'autre. Dans ce roman délicat et malicieux, Arnaud Dudek parie sur l'abolissement de ces distances, sur la force puisée dans la présence de l'autre, sur la confiance peu à peu retrouvée. Un art de la fugue et des chemins buissonniers qui m'a une nouvelle fois enchantée !

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    Couverture du livre « Les fuyants » de Arnaud Dudek aux éditions Pocket

    Sophie Gauthier sur Les fuyants de Arnaud Dudek

    Que "Les Fuyants" commence par un générique où lesdits fuyants sont listés par ordre d'apparition ne manque pas de sel ! On peut dire que le ton est donné d'emblée et place la fiction sous le signe de l'ironie tendre, de cette sorte d'humour qui a l'élégance de faire sourire juste là où l'on...
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    Que "Les Fuyants" commence par un générique où lesdits fuyants sont listés par ordre d'apparition ne manque pas de sel ! On peut dire que le ton est donné d'emblée et place la fiction sous le signe de l'ironie tendre, de cette sorte d'humour qui a l'élégance de faire sourire juste là où l'on pourrait s'attrister. Car finalement Jacob, le grand-père qui a laissé sa famille pour courir l'aventure a de quoi se désoler : en fait de larges horizons et d'odyssées extraordinaires, le voilà factotum dans un collège de province jusqu'à sa retraite qui commence justement demain. David, le père, a lui choisi la seule fuite dont on ne revient pas : un flacon d'insecticide et le voilà parti pour les verts pâturages de pissenlits à déguster par la racine. Joseph, le fils de David, s'échappe dans les manipulations informatiques, belle excuse pour le mutisme que lui reproche sa mère. Quant à Simon, l'oncle, il fuit Marie et le mariage qu'elle lui propose, il fuit le temps qui passe et les responsabilités qui pourraient ralentir sa course vers...? Mais lorsque Joseph découvre que son père a vécu une histoire d'amour tragiquement terminée, il fait le premier pas vers tous les retours possibles.

    Ils ne sont pas fuyards ces hommes aux prénoms bibliques, ni lâches, ni déserteurs. Mais fuyants comme du sable, comme de l'eau, comme tout ce qui est par nature insaisissable. L'alternance de leurs histoires, en brefs chapitres, l'écriture vive, concise, donnent au roman le rythme d'une course contre la montre, d'une fuite en avant, en quelque sorte. Arnaud Dudek tisse avec le lecteur une connivence espiègle qui laisse filtrer le voile d'une subtile mélancolie : celle du bonheur qu'on frôle sans pouvoir s'en satisfaire, celle de la vie qui passe malgré toutes les échappées plus ou moins belles que l'on tente, celle de ses personnages un peu agaçants, un peu puérils, toujours en quête d'autre chose, mais tellement émouvants et attachants qu'on ne peut que les considérer avec une tendre indulgence.

    J'ai lu ce roman très vite, curieuse de savoir où toutes ces lignes de fuite conduisaient Jacob, Simon et Joseph et de quelle manière se renoueraient les fils de leur filiation. Mais, une fois le dénouement (ou le renouement ?) connu, j'ai continué à y penser, à m'interroger sur tout ce qu'il exprimait des hommes, des gens, de ceux qui fuient comme de ceux qui restent. Et je me suis dit que ces Fuyants-là m'entraînaient bien plus loin que leur seule histoire.

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    Couverture du livre « Rester sage » de Arnaud Dudek aux éditions Pocket

    Sophie Gauthier sur Rester sage de Arnaud Dudek

    Et si, en définitive, rester sage n'était pas le gage d'une vie parfaite et réussie ? Martin Leroy, 32 ans, ne se pose pas vraiment la question mais Arnaud Dudek, lui, ne s'en prive pas. C'est vrai, quoi ! On fait tout pour ne pas ressembler à sa mère, si fantaisiste qu'elle en est devenue...
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    Et si, en définitive, rester sage n'était pas le gage d'une vie parfaite et réussie ? Martin Leroy, 32 ans, ne se pose pas vraiment la question mais Arnaud Dudek, lui, ne s'en prive pas. C'est vrai, quoi ! On fait tout pour ne pas ressembler à sa mère, si fantaisiste qu'elle en est devenue délirante, on traverse dans les clous, on dit bonjourmercisilvousplaît, on ne quitte jamais le chemin balisé par la société, la mode, la télé, la religion, on reste bien coincé dans la case qui nous a été attribuée sans chercher à en sortir, des fois qu'un vent de folie viendrait ébouriffer notre existence, bref on reste sage comme l'image qui traîne encore dans le missel de la première communiante et on se retrouve au chômage, abandonné par sa fiancée, menacé d'huissiers et de banques assoiffées de mensualités... à 32 ans ! Alors pour la première fois, Martin met un pied hors des sentiers battus et décide d'aller demander des comptes au PDG qui a vendu son entreprise et l'a conduit, par effet dominos, à cette situation d'échecs itératifs. En chemin, il croise d'autres gens, lui, elle, eux, nous, moi et un ancien ami d'enfance, à peine moins sage : vous. Vous qui, brutalement, face à ce copain perdu, suivez votre impulsion et prenez un sentier de traverse pour le rejoindre. Peut-être par compassion ? Pour lui ou pour vous et tous vos souvenirs enfermés ? Vous ne vous posez pas vraiment la question sauf un peu. Mais Arnaud Dudek, avec sa façon d'éclater le récit pour y englober les infimes parcelles de vie de personnages qui passent, la pose, lui. Oh pas de façon insistante ! Le côté "leçon de vie, prenez-en de la graine" ce n'est pas son style ! Son style ce serait plutôt du côté des détails minuscules mais révélateurs qu'il faudrait - peut-être - le chercher, dans toute cette accumulation de choses qui traversent le regard sans y pénétrer et qu'il pointe avec un inimitable cocktail d'humour, de mélancolie, de réalisme et d'étrangeté. Par un léger pas de côté, celui justement d'une narration presque panoramique, il nous révèle les lignes, les trajectoires linéaires, sinueuses, obliques, transversales, qui régissent les rapports humains et, souvent, les existences au quotidien. Ce quotidien prend parfois des allures de conte fantastique par ce regard affûté qui donne de l'éclat à l'insignifiant. Hasards nécessaires, synchronicités, coïncidences, rendez-vous manqués ou rencontres saugrenues, à quoi tient finalement la réussite ou l'échec d'une existence ? "Rester sage" n'apporte aucune réponse mais tient la question en filigrane tout au long de ses pages.

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