Antoine Volodine

Antoine Volodine
Antoine Volodine est né en 1949. Il a publié quatre livres de science-fiction aux Éditions Denoël, quatre romans aux Éditions de Minuit, trois ouvrages aux Éditions Gallimard. Des anges mineurs(1999, repris en poche en 2001) lui a valu le prix Wepler et le Prix du Livre Inter 2000. Après avoir en... Voir plus
Antoine Volodine est né en 1949. Il a publié quatre livres de science-fiction aux Éditions Denoël, quatre romans aux Éditions de Minuit, trois ouvrages aux Éditions Gallimard. Des anges mineurs(1999, repris en poche en 2001) lui a valu le prix Wepler et le Prix du Livre Inter 2000. Après avoir enseigné la littérature russe (qu’il traduit également), il se consacre entièrement à son oeuvre. Il a écrit plusieurs textes pour la radio (France Culture). Il vit à Orléans, et voyage souvent en Orient(Macao, Hong Kong). Il étudie le chinois et parle couramment russe.

Avis (4)

  • Couverture du livre « Terminus radieux » de Antoine Volodine aux éditions Points

    Sophie Moisy sur Terminus radieux de Antoine Volodine

    A lire absolument

    A lire absolument

  • Couverture du livre « Écrivains » de Antoine Volodine aux éditions Seuil

    Sophie Adriansen sur Écrivains de Antoine Volodine

    Parmi les 7 textes, mention spéciale à « Remerciements », qui, au travers de mercis et de non mercis adressés à tous ceux qu’un écrivain a croisés sur sa route, dessine le parcours atypique du personnage. Drôle et fort.

    http://actualitte.com/blog/sophielit/2010/11/03/ecrivains-antoine-volodine/

    Parmi les 7 textes, mention spéciale à « Remerciements », qui, au travers de mercis et de non mercis adressés à tous ceux qu’un écrivain a croisés sur sa route, dessine le parcours atypique du personnage. Drôle et fort.

    http://actualitte.com/blog/sophielit/2010/11/03/ecrivains-antoine-volodine/

  • Couverture du livre « Écrivains » de Antoine Volodine aux éditions Seuil

    Josette Bory de GEORGES sur Écrivains de Antoine Volodine

    La trinité VOLODINE

    Pour un libraire, lire trois livres du même auteur alors que les 698 autres volumes de la rentrée attendent sur votre table de nuit (métaphoriquement parlant, bien entendu), cela frise l'indécence, la faute professionnelle. Nous ne nous cacherons pas derrière une mauvaise...
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    La trinité VOLODINE

    Pour un libraire, lire trois livres du même auteur alors que les 698 autres volumes de la rentrée attendent sur votre table de nuit (métaphoriquement parlant, bien entendu), cela frise l'indécence, la faute professionnelle. Nous ne nous cacherons pas derrière une mauvaise excuse : oui, nous savions parfaitement qu'ANTOINE VOLODINE, MANUELA DRAEGER, et LUTZ BASSMANN ne faisaient qu'un, mais nous n'avions sans doute pas mesuré le danger addictif qu'ils représentent. Il est en effet impossible, dès qu'on a mis le nez dans l'un ou l'autre de ces trois livres, de renoncer à embrasser dans sa totalité un arsenal romanesque aussi original, et aussi envoûtant.

    Ecrivains, de «l'hétéronyme principal» Antoine Volodine (Le Seuil, collection Fiction & Cie), constitue en quelque sorte la cabine de pilotage de cette fusée littéraire. On y trouve le volet théorique du dispositif (mais peut-on parler de théorie à propos d'un auteur qui se définit aussi exclusivement par l'acte même d'écrire...). Les héros de ces «narrats», écrivains prostrés dans le silence après une carrière éphémère, muselés par un pouvoir protéiforme ou par leur propre inhibition, violentés par leurs anciens frères d'armes (car tous, à un moment ou à un autre, ont abandonné la littérature pour l'action politique la plus radicale), constituent une étrange confrérie qui n'a pas grand chose à voir avec la faune germanopratine. Ils errent parfois dans le Bardo, cet état intermédiaire, entre vie et trépas décrit par Le livre des morts tibétains*, se souviennent avec nostalgie de leurs débuts prometteurs, quand ils noircissaient leur cahier d'écolier sous l'emprise d'une graphomanie enthousiaste, ou bien, ne sachant écrire, ils apprennent par coeur l'oeuvre de leur vie - avant de se pendre. Dans ce recueil à la noirceur baroque, quelques bijoux d'humour font entendre leur rire dissonant, comme ce Remerciements uniquement composé, le titre l'indique, d'une interminable litanie de mercis supposée rendre justice aux inspirateurs et aux auxiliaires du personnage (écrivain lui aussi, bien sûr), mais qui sert surtout d'amplificateur à sa mégalomanie.

    Les aigles puent, de Lutz Bassmann (Verdier) et Onze rêves de suie, de Manuela Draeger (L'Olivier) forment les ailes de la fusée. Ils se déroulent dans deux univers jumeaux, sortes de précipités de tout ce que le XXème a produit de pire - et dans ce domaine, hélas, l'Histoire donne l'embarras du choix : totalitarismes, Shoah, camps de concentration, guerres d'extermination, nettoyages ethniques ? Le ghetto où habite Gordon Koum dans Les aigles puent vient d'être détruit par une arme encore pire que la bombe atomique, puisqu'elle transforme sa cible, ruines et restes humains mêlés en une sorte de goudron répugnant, et tend à effacer jusqu'au souvenir des morts et des lieux qu'ils ont habités. Koum, ventriloque, donne la parole à un pantin et à un cadavre de rossignol pour perpétuer la mémoire de son épouse et de ses enfants disparus. A partir de ce point de départ à la Becket, l'univers volodien se déploie ici dans toute sa macabre et poétique puissance. Des trois opus, Les aigles puent est sans doute le plus parfait, le plus concentré, celui dont la force convainc le plus immédiatement.

    Nous avouerons pourtant une légère préférence pour Onze rêves de suie, sans doute parce que l'auteur y pousse jusqu'à ses extrêmes limites un art de la rupture de ton qui laisse le lecteur confondu. Ici aussi, la terreur règne dans le ghetto, mais les autorités tolèrent un défouloir, une fête subversive annuelle, la Bolcho pride. A cette occasion, quelques jeunes révolutionnaires fomentent un coup d'éclat voué à l'échec. Leurs souvenirs s'entrelacent avec les contes que leur racontait une vieille militante quand ils étaient enfants, contes qui mettent en scène une... éléphante, Martha Ashkarot. Cocasserie, loufoquerie, fantastique et poésie surréaliste composent un cocktail à nul autre pareil, jusqu'à cette fin digne de Lautréamont où les jeunes gens, assaillis par les flammes, se transforment en cormorans étranges qui vivront à jamais...

    Lautréamont, Becket, Kafka, les Surréalistes - On n'est guère en peine de trouver à Volodine des pères spirituels - Pour ce qui est d'une fratrie, c'est plus difficile, tant son oeuvre inclassable détonne dans la littérature contemporaine. Un nom nous vient à l'esprit, celui de David Lynch, d'ailleurs cité dans Écrivains. Seul le cinéaste d'Eraserhead et de Mulholland Drive nous semble à même de rivaliser aujourd'hui avec ce génial inventeur de formes, de rêves et de cauchemars.

    *Voir Bardo or not Bardo, du même auteur (Le Seuil)

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