Antoine Choplin

Antoine Choplin
Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l'écriture et l'action culturelle. Il s'est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau (La Fosse aux Ours, 2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies «Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (La Fosse aux Ours, 2005), L'impasse (La Fosse aux Ours, 2006), Cairns (La Dragonne, 2007), et Apnées (La Fosse aux Ours, septembre 2009). Il publie pour la première fois dans la brune.
Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l'écriture et l'action culturelle. Il s'est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau (La Fosse aux Ours, 2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies «Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (La Fosse aux Ours, 2005), L'impasse (La Fosse aux Ours, 2006), Cairns (La Dragonne, 2007), et Apnées (La Fosse aux Ours, septembre 2009). Il publie pour la première fois dans la brune.

Avis (55)

  • Couverture du livre « La nuit tombée » de Antoine Choplin aux éditions Points

    0.25

    Geneviève Munier sur La nuit tombée de Antoine Choplin

    Jusqu’à présent, je ne connaissais aucun roman d’Antoine Choplin. Cette erreur est heureusement réparée. J’ai découvert "La nuit tombée" dans le cadre de ma formation de bibliothécaire bénévole, en préparant une fiche d’analyse comparative roman court/nouvelle.

    "La nuit tombée" donc ! Gouri,...
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    Jusqu’à présent, je ne connaissais aucun roman d’Antoine Choplin. Cette erreur est heureusement réparée. J’ai découvert "La nuit tombée" dans le cadre de ma formation de bibliothécaire bénévole, en préparant une fiche d’analyse comparative roman court/nouvelle.

    "La nuit tombée" donc ! Gouri, le personnage principal, traverse de nuit la campagne ukrainienne sur sa moto. A celle-ci est accrochée une remorque… car il revient, il revient sur une vie ancienne, dans des lieux désertés, une zone sinistrée après le 26 avril 1986, il revient pour accomplir une mission… surtout ne pas aller plus loin pour dire, dire le choc d’une telle lecture, dire l’admiration d’une telle écriture.

    L’auteur a l’art de raconter, de transmettre en peu de mots. Les phrases sont courtes, simples, elles percutent. Aucune ostentation pour dire les sentiments, les anciens amis restés sur place, la maladie latente ou profondément installée, tout ce qui suinte de la catastrophe. Pas de plaintes, pas de larmes, pas de cris. Tout est narré avec économie et pudeur : les lieux, les sentiments, les amis. Tout est narré à coups de vodka comme s’ils buvaient pour "faire passer", faire passer la douleur, faire passer les souvenirs, faire passer l’horreur, tout oublier.

    J’ai pourtant envie de dire qu’Antoine Choplin fait de cette horreur un roman lumineux, empreint d’humanité, de tendresse, de solidarité. Il parle d’elle, de cette horreur, par suggestion : "Mais, tu vois, ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est ça. Du menton, il désigne son bras couvert de pansements. Cette peau qui part en lambeaux…. Et les médecins, qu’est-ce qu’ils en disent ? demande Gouri. La main de Iakov se soulève de quelques centimètres et retombe sur le drap." Le silence plutôt que les pleurs.

    La narration est linéaire même si les souvenirs se mêlent au présent. Les silences succèdent aux dialogues comme pour au lecteur le temps de s’imprégner, de comprendre, de partager. Et à la fin "Gouri retrouve sa moto… Il met le moteur en marche."

    Tout en retenue, ce roman est un véritable bijou de dignité.

    www.memo-emoi.frgit sta

  • Couverture du livre « Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar » de Antoine Choplin aux éditions La Fosse Aux Ours

    0.25

    Jean-Paul Degache sur Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar de Antoine Choplin

    Après "Le héron de Guernica", "La nuit tombée", "L’impasse" et "Une forêt d’arbres creux", sans faire de bruit, Antoine Choplin signe un nouveau régal qui se passe encore en Europe de l’est, "Le héron de Guernica" mis à part, en Europe centrale : Quelques jours dans la vie de Tomas...
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    Après "Le héron de Guernica", "La nuit tombée", "L’impasse" et "Une forêt d’arbres creux", sans faire de bruit, Antoine Choplin signe un nouveau régal qui se passe encore en Europe de l’est, "Le héron de Guernica" mis à part, en Europe centrale : Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar.

    Comme pour "La nuit tombée", nous sommes dans ce qui fut la Tchécoslovaquie mais dans les dernières années d’un régime totalitaire qui ne survit que par une pression policière de tous les instants. Le Printemps de Prague de 1968, avec Alexandre Dubcek, a échoué après l’invasion des chars russes. Vingt-et-un ans plus tard, dans la foulée de la Perestroïka de Gorbatchev, La révolution de velours triomphe enfin à Prague en portant Václav Havel au pouvoir.
    Justement, le premier chapitre marque ce jour tant attendu où Václav Havel apparaît au balcon du Château. Tomas va prendre des photos de ce jour radieux. Il est en compagnie de Jiri, Markéta, Petr et Josk, ses camarades des années noires.
    Le retour en arrière nous ramène à Trutnov où Tomas travaille dur comme cheminot, « les mains noires de graisse » après une journée sur ce train « un boulot de chien. » Dans le vestiaire, le jeune Tomas se fait chambrer par Fiala mais tous ne pensent qu’au bal qui va suivre. L’an dernier, Lenka Panenkova, jeune employée à l’économat, avait humilié Tomas devant tout le monde et cela, il ne l’a pas digéré.
    Il pleut mais une troupe de théâtre venue de Prague s’installe et Tomas remarque un homme blond, avec une moustache, qui essuie consciencieusement les bancs et recommence après le passage d’une nouvelle averse. Commence alors le mixage réussi entre fiction et réalité car Tomas fait connaissance avec Václav. Séduit par sa simplicité et sa foi en la culture, lui le simple cheminot, il retrouve cet écrivain qui essuie les bancs et se lie avec lui et avec Olga, sa compagne.
    Václav travaille à la brasserie de Trutnov mais il est surveillé. En secret, il rencontre Zdenek, un autre ami écrivain et confie à Tomas : « Nous essayons au contraire de nous opposer au mal que ce régime peut nous causer à tous. » Malgré la tension qui monte insensiblement, l’auteur émaille son récit de moments délicieux en forêt, le long de cette voie ferrée et de ces trains qui passionnent Tomas. Les dialogues s’enchaînent naturellement, révélant les sentiments de chacun.
    Tomas s’engage de plus en plus aux côtés de Václav et de ses amis mais arrivent les premières arrestations et la prison pour celui qui présidera le pays plus tard. Quelques ellipses font sauter les années. Tomas a perdu son emploi de garde-barrière et vit maintenant à Hradecek, la maison de campagne de Václav, découvre tous les moyens utilisés pour surveiller l’écrivain, recopie ses pièces avec Markéta, subit la perquisition terrible de cinq policiers et fait signer la pétition réclamant simplement la liberté.

    Il retrouve enfin Václav dans le Château et lui offre sa lampe de cheminot, scène extraordinairement émouvante, magnifique, car la tyrannie, la dictature et l’état policier ont été vaincus sans violence, par la culture. Václav Havel lui dit alors : « Ici, au Château, vous êtes chez vous. »git sta

  • Couverture du livre « Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar » de Antoine Choplin aux éditions La Fosse Aux Ours

    0.15

    Isabelle PURALLY-BOISSEL sur Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar de Antoine Choplin

    Antoine Choplin aime explorer l’histoire du XXe siècle en s’attachant à des personnages simples et humbles dont la petite histoire rejoint la grande.
    L’intrigue de son dernier roman suit le parcours de Tomas Kusar , modeste employé des chemins de fer à Trutnov dans la Tchécoslovaquie des...
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    Antoine Choplin aime explorer l’histoire du XXe siècle en s’attachant à des personnages simples et humbles dont la petite histoire rejoint la grande.
    L’intrigue de son dernier roman suit le parcours de Tomas Kusar , modeste employé des chemins de fer à Trutnov dans la Tchécoslovaquie des années 70.
    A l’occasion du bal des cheminots, une troupe venue de Prague tente de donner une représentation théâtrale. C’est là que Tomas rencontre Václav Havel. Cette rencontre va changer sa vie.
    Presque tranquillement, Antoine Choplin évoque le processus de ce que l’on appelé la « révolution de velours », jusqu’à la victoire de Vaclav Havel.

    Le style est toujours aussi impeccable, sans fioritures inutiles ni dialogues excessifs. Choplin utilise l’ellipse, les flash-back, les phrases courtes. Sa marque de fabrique est de savoir parler des choses graves avec une délicatesse redoutable
    Ici, c’est la puissance de l’art théâtral qui est à l’œuvre, doublée de la solidité d’une amitié qui va permettre à Tomas d’ouvrir sa conscience politique.
    Antoine Choplin signe un profond et superbe roman sur la richesse des relations humaines, l'évolution des individus au fil de la vie ainsi que sur l’histoire récente de la Tchécoslovaquie.

    Une belle lecture.git sta

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