Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Antoine Albertini

Antoine Albertini

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis sur cet auteur (8)

  • add_box
    Couverture du livre « Banditi » de Antoine Albertini aux éditions Lattes

    augustin sur Banditi de Antoine Albertini

    On part sur des bases classiques de polar : un ancien flic de la PJ de Bastia reconverti en privé qui noie un chagrin d'amour de préférence dans la bière locale. Malgré son alcoolisation récurrente, il garde son flair, il est doué, il a de l'humour.

    Un de ses amis le charge de retrouver son...
    Voir plus

    On part sur des bases classiques de polar : un ancien flic de la PJ de Bastia reconverti en privé qui noie un chagrin d'amour de préférence dans la bière locale. Malgré son alcoolisation récurrente, il garde son flair, il est doué, il a de l'humour.

    Un de ses amis le charge de retrouver son vieil oncle, un peu désorienté, qui a disparu.
    Ses recherches le conduisent rapidement dans une propriété abandonnée. Mais là ce n'est pas le vieil oncle qu'il va retrouver mais un cadavre, vraisemblablement pas très récent.

    Cette découverte va être le point de départ d'une intrigue aux nombreuses ramifications aussi bien dans le temps que dans l'espace.

    Il faut parfois être bien concentré pour ne pas perdre le fil. En effet, nous découvrons un vaste marigot avec de nombreuses variétés de crocodiles qui parfois se mangent, parfois tentent de faire alliance contre les autres: nationalistes de diverses obédiences, malfrats, terroristes italiens en cavale, policiers, représentants de l'état.
    C'est la face obscures de l'île de Beauté, depuis des années les cadavres s'accumulent et le silence fait loi.
    "Le nom de cette personne? demanda le flic.
    - Le cadavre?
    - Le villageois.
    - Aucune idée, un bonhomme qui passait par là. Vous savez, dans les villages corses, les gens vont et viennent sans qu'on leur pose
    beaucoup de questions.
    - ça tombe plutôt bien, répondit-il : ils n'ont pas beaucoup de réponses, pas vrai?"

    Le personnage central oscille entre alcool et café, entre amour profond de sa culture, de son pays et de ses habitants et une immense désillusion. A l'image de son amour perdu et idéalisé dont il finira par découvrir un aspect plutôt sordide.
    "Pendant des années, l'Etat avait promis: plus de plasticages et on pourrait voir venir. On avait vu. La région croulait sous les
    déchets, le crime organisé n'avait jamais été aussi puissant et un habitant sur cinq vivait sous le seuil de pauvreté. Sur cette île,
    le simple fait de garder les yeux ouverts revenait à accepter le désenchantement comme un prix à payer pour pouvoir simplement
    respirer."

    C'est un roman prenant qu'il est difficile de lâcher avant la toute dernière ligne.
    Il faisait partie de la sélection des explorateurs du polar. 8/10

  • add_box
    Couverture du livre « Banditi » de Antoine Albertini aux éditions Lattes

    Ghislaine DEGACHE sur Banditi de Antoine Albertini

    Le polar débute en mai 2019, avec la mort du dernier Parrain Corse Cesar Orsini, 74 ans, qualifié de Bonaparte du crime par un journaliste et qui avait étendu son empire aux dimensions du planisphère.
    Notre narrateur, ex-flic, devenu détective privé, alcoolique, inconsolable depuis le départ de...
    Voir plus

    Le polar débute en mai 2019, avec la mort du dernier Parrain Corse Cesar Orsini, 74 ans, qualifié de Bonaparte du crime par un journaliste et qui avait étendu son empire aux dimensions du planisphère.
    Notre narrateur, ex-flic, devenu détective privé, alcoolique, inconsolable depuis le départ de sa femme 5 ans plus tôt sans explication, vivotant sur de piètres enquêtes tout en ayant du flair et en étant très perspicace, est appelé à l'aide par son ami Fabien, ex militant-nationaliste, l'oncle de celui-ci Baptiste Maestracci, vivant dans un village de montagne en Corse, octogénaire, un peu simplet ayant disparu dans la nature.
    Notre enquêteur va faire une découverte pour le moins surprenante. Dans le palazzu, proche de la maison de Baptiste où les chiens policiers ont perdu sa trace, il va tomber sur un cadavre momifié qui pourrait bien être là, d'après le toubib depuis une bonne quinzaine d'années. Il s'agit d'un italien, crâne fracassé, mains liées dans le dos.
    Nous voilà donc partis avec lui dans sa vieille Saxo brinquebalante à sillonner la Corse, pour tenter de remonter le temps et trouver les assassins. L'enquête nous conduira même en Italie.
    Ce ne sera pas une visite touristique à proprement parler puisque l'auteur va plutôt nous faire découvrir l'envers du décor de ces trente dernières années avec le nationalisme corse et ses militants qui ont défrayé les chroniques, réclamant l’indépendance de l'île, les manipulations politiques des gouvernements qui pouvaient aussi bien les poursuivre que les aider, les jalousies, les trahisons, les compromissions, la corruption, et aussi les liens avec les Brigades Rouges d'Italie qu'Antoine Albertini fait même revivre avec un gang de justicières très remonté et très performant.
    Comme vous l'aurez compris, on est loin des images de cartes postales, bien que l'on soit, du moins pour ceux qui aiment la nature et l'isolement, conquis et happés par ces magnifiques paysages sauvages à l'écart des métropoles ainsi que par ces bâtisses en pierres ayant défié le temps. Gros contraste bien mis en évidence avec les villes où la puanteur règne due à une situation qu'on peut qualifier de pourrie, les décharges étant saturées. La puanteur est en quelque sorte le fil rouge de ce livre.
    J'ai beaucoup apprécié ce personnage détective, ce anti-héros, à la fois désabusé, déprimé, écorché, qui n'a plus grand chose à perdre, mais qui est néanmoins lucide et réaliste, coriace, parfois cynique et qui résiste et ne manque pas de sensibilité. L'humour et l'autodérision le qualifient aussi très bien.
    Action et états d'âme alliés à un suspense maintenu jusqu'au bout permettent de savourer pleinement ce roman noir, parfois glaçant, tout en approfondissant la connaissance de ces combats menés par les corses pour leur identité.
    C'est, néanmoins un tableau un peu désenchanté de la Corse que nous peint Antoine Albertini, avec toutefois une petite lueur d'espoir apportée par Fred, en fin d'ouvrage, Fred, copain du narrateur et personnage très touchant.
    À noter que quelques mots ou phrases en corse aussitôt traduits crédibilisent encore davantage le récit.
    Je remercie Lecteurs.com qui, dans le cadre des Explorateurs

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

  • add_box
    Couverture du livre « Malamorte » de Antoine Albertini aux éditions Lattes

    Musemania sur Malamorte de Antoine Albertini

    La Corse est un endroit que je souhaite visiter depuis de nombreuses années, pour la richesse de ses panoramas aux couleurs multiples, une faune et une flore très riches, de belles plages. Pourtant, ce polar « Malamorte » qui y prend ses quartiers là-bas, ce n’est pas un paysage, digne des plus...
    Voir plus

    La Corse est un endroit que je souhaite visiter depuis de nombreuses années, pour la richesse de ses panoramas aux couleurs multiples, une faune et une flore très riches, de belles plages. Pourtant, ce polar « Malamorte » qui y prend ses quartiers là-bas, ce n’est pas un paysage, digne des plus belles cartes postales, qui y est conté, assombri par une pluie constante.

    Les magouilles et la main-mise par la mafia sur l’île de Beauté ne sont des secrets de polichinelle pour personne. L’auteur, Antoine Albertini les ressuscite alors que les médias entretiennent une certaine omerta.

    Tout commence par le meurtre d’une fillette et de sa mère par le père de famille qui aurait raté son suicide. C’est au BHS, le bureau des affaires simples d’un flic alcoolique, mis au ban du commissariat de Bastia que cette affaire va atterrir. En plus de cette enquête, les meurtres et viols de femmes viennent s’y ajouter.

    J’ai apprécié que l’auteur présente cette double intrigue face à un flic sillonnant Bastia loin des sentiers battus, écoeuré par le système et rejeté par ses pairs. Anti-héros par excellence sans nom ni prénom, c’est son instinct et non les fricotages qui lui permettront de remplir à bien à sa mission. Pour certains lecteurs, ils y trouveront des clichés du genre, mais cela ne m’a pas ennuyée outre mesure.

    Le fait d’écrire la trame à la première personne du singulier, plus rare en matière de littérature policière, pour cet obscur capitaine permet de rentrer plus profondément dans le récit et aussi une identification à son personnage.

    L’ambiance est très sombre, voire glauque aux tréfonds des manipulations politiques. Cela engage de nombreux personnages et il faut faire attention de ne parfois pas s’y perdre.

    C’est un polar à l’ancienne qui se lit bien. Chantages et trafics vous mèneront dans cette Corse, battue par les vents et les pluies. Le suspens est bien présent et ce n’est qu’aux dernières pages que se dévoile le dénouement que je n’avais pas vu venir. Ce livre est en fin de compte prometteur.

    Ce livre fait partie de la sélection d’avril 2020 en lice pour le Prix des Lecteurs des éditions du Livre de Poche, catégorie « Polar ».

  • add_box
    Couverture du livre « Malamorte » de Antoine Albertini aux éditions Lattes

    Marie Kirzy sur Malamorte de Antoine Albertini

    La Corse donc, du côté de Bastia. Deux affaires qui semblent n'avoir aucun point commun et qui forcément en ont un : un chef d'entreprise dans la bâtiment qui tue femme et fille avant de tenter de se suicide + une randonneuse assassinée sur un sentier isolée. Deux affaires a priori "mineures"...
    Voir plus

    La Corse donc, du côté de Bastia. Deux affaires qui semblent n'avoir aucun point commun et qui forcément en ont un : un chef d'entreprise dans la bâtiment qui tue femme et fille avant de tenter de se suicide + une randonneuse assassinée sur un sentier isolée. Deux affaires a priori "mineures" qui vont déclencher une pagaille monstre dans toute l'île.

    Le point de départ est classique mais le cadre corse est un terreau fertile pour le polar, surtout que l'auteur, s'il réutilise les clichés corses attendus ( scandales immobiliers, tensions politiques, corruption, règlements de compte, xénophobie etc ), il sait aussi très bien les contourner pour proposer une vision à la fois réaliste et vivante, mélancolique même. Car on sent l'amour de l'auteur pour la Corse, on sent à quel point il la connaît. le choix de placer son enquête au coeur de l'hiver, sous un déluge, est très pertinent pour créer un ambiance poisseuse fort à propos.

    Si l'enquête est bien mené, ménageant le suspense, ne dévoilant le lien entre les deux affaires que tardivement, ce que j'ai le plus apprécié, c'est le personnage principal, narrateur anonyme. Il coche les cases de l'enquêteur borderline désabusé typique des polars hard-boiled, mais il a ce quelque chose en plus qui lui permet de se démarquer de ces confrères.
    Placardisé suite à un pétage de plomb ( légitime certes ... ), il se voit attribuer le BHS, le Bureau des homicides simples : des affaires « peau de balle » dont tout le monde se contrefout, un bureau cagibi, des collègues ouvertement moqueurs ... Mais voilà, il a un flair pas possible, n'a rien à perdre. Et il régale le lecteur de sa faconde tour à tour truculente, poétique ou grossière même. Un borderline bavard et non taiseux, c'est assez jouissif et permet de passer un très bon moment de lecture .

    « C'est James Ellroy sur l'île de Beauté » dixit L'Obs, c'est ce qui est indiqué sur la couverture du Livre de Poche ... Très exagéré, hein, non ce polar ne joue dans la catégorie poids lourd, mais ce premier roman est réussi et prometteur.