Anna Hope

Anna Hope

Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez ...

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Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez Gallimard.  Suivi en 2017 de La salle de bal.

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Avis (52)

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Marie-Laure VANIER sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Trois destins de femmes, cinq jours.
    Cinq jours durant lesquels leur vie va changer, parce qu'il le faut, parce qu'elles sont vivantes et qu'elles doivent avancer.
     Dimanche 7 novembre 1920 , tandis que, dans la région d'Arras, des militaires vont déterrer quatre corps de soldats dont l'un...
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    Trois destins de femmes, cinq jours.
    Cinq jours durant lesquels leur vie va changer, parce qu'il le faut, parce qu'elles sont vivantes et qu'elles doivent avancer.
     Dimanche 7 novembre 1920 , tandis que, dans la région d'Arras, des militaires vont déterrer quatre corps de soldats dont l'un deviendra le Soldat inconnu que toute l'Angleterre attend, à Londres, Hettie, danseuse de compagnie à l'Hammersmith Palais, propose pour six pence une danse. Sur un ragtime endiablé, elle glisse sur la piste avec des hommes profondément meurtris par la guerre qui tentent d'oublier leurs traumatismes dans l'alcool et la musique. Il leur manque un bras, une jambe. Ce sont les blessures visibles... Ils sont revenus eux, d'autres sont morts là-bas. Ils doivent s'estimer heureux. Pas facile après ce qu'ils ont vu. L'horreur de la guerre…
    Evelyn, employée au bureau des pensions de l'armée, doit aller déjeuner chez ses parents dans l'Oxfordshire. Dans le train, elle pense à son fiancé, Fraser, qui n'est pas revenu. Elle va avoir trente ans, elle doit accepter de l'avoir perdu. Refaire sa vie : elle s'y refuse.
    Ida reçoit la visite d'un jeune homme, un colporteur qui veut lui vendre des lavettes. Elle n'en a pas besoin. Le visiteur la regarde silencieusement. Le malaise s'installe, elle n'aurait pas dû lui ouvrir. Tout à coup, l'inconnu prononce un nom « Mickaël ». Elle se retourne. Pourquoi a-t-il prononcé le nom de son fils, mort, là-bas, au front, le nom de celui qu'elle attend encore, qu'elle croit voir partout et dont elle ne peut faire le deuil ? A-t-elle rêvé, encore une fois ? « Tu n'es pas une véritable épouse, lui lancera son mari, tu es un fantôme. Tu n'es rien d'autre qu'un putain de fantôme. »
    Dans ce roman d'une maîtrise exceptionnelle tant dans l'écriture que dans la peinture des personnages et d'une époque, chacun semble être « à côté de la plaque » pour reprendre une expression d'Evelyn parlant à son frère. La guerre est passée par là et personne ne parvient à s'en remettre. Chacun vit comme un fantôme, avance tel un somnambule, incapable de sortir de ce terrible cauchemar qu'est la perte de ceux qu'on a aimés. Rien ne leur paraît réel, ils ne sont plus qu' « une coquille vide et silencieuse . » Hettie, en colère, criera : «  La guerre est terminée, pourquoi ne peuvent-ils donc pas tous passer à autre chose, bon sang? »
    Impossible. Marqués à vie, courant après des ombres, marchant en équilibre au bord d'une fosse où gisent un million d'hommes...
    Exprimer ce que l'on ressent est déplacé, ça ne se fait pas. Alors, il ne reste que le silence et la souffrance, le chagrin des vivants (quel titre magnifique!)…
    Parce que, dans tous les cas, personne ne sort vainqueur, « c'est la guerre qui gagne et elle continue à gagner encore et toujours . »
    Une œuvre fascinante, une prose subtile et sensible où les silences et les non-dits expriment ce que les personnages ne peuvent traduire en mots, enfermés qu'ils sont dans leur douleur, leur culpabilité.
    Heureusement, certaines paroles sauront apaiser les âmes torturées qui pourront peut-être enfin se tourner vers un avenir qu'elles mettront encore du temps à construire…
    Wake, le titre anglais, exprime l'éveil, l'amorce d'une renaissance, la petite lumière encore ténue au fond du couloir, celle que l'on voit à peine, mais qui est bien là...

    Lireaulit: http://lireaulit.blogspot.fr/

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Sophie Gauthier sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    A Londres, en novembre 1920, les blessures de la Première Guerre mondiale restent béantes. Pour Ada, Hettie et Evelyn, ce moment d'après-guerre n'est pas synonyme de paix. D'âges et de conditions sociales différents, elles tentent, chacune à leur manière, de recoudre la trame de leur existence...
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    A Londres, en novembre 1920, les blessures de la Première Guerre mondiale restent béantes. Pour Ada, Hettie et Evelyn, ce moment d'après-guerre n'est pas synonyme de paix. D'âges et de conditions sociales différents, elles tentent, chacune à leur manière, de recoudre la trame de leur existence déchirée. Les hommes, quant à eux, à peine survivants d'un massacre inintelligible, s'enferment dans la folie, la drogue et le silence. Pour ces êtres fracassés, le rapatriement en Angleterre du Soldat Inconnu prend valeur d'incarnation de tout ce qui a été englouti par les quatre années de guerre : vie, jeunesse, insouciance, espérance et amour.
    Tendues entre le refus de l'oubli et la force vitale qu'elles continuent malgré tout de porter, Ada, Hettie et Evelyn cheminent progressivement vers l'acceptation sans résignation. C'est ce parcours, effectué parfois à contrecœur, fait d'une alternance d'hésitations, de résistances et d'abandons, que suggère le roman d'Anna Hope. Des ruines d'un mode de vie disparu dans la boue des tranchées, émergent des filaments de vie, des êtres comme sidérés d'être encore vivants et ignorant désormais le sens de ce mot qu'il leur faut réapprendre comme l'on reconstruit une ville après le passage des bombes. Une reconstruction douloureuse qui exige que l'on fasse le deuil de ce qui fut et ne sera plus jamais.
    Concentré sur les cinq jours qui précèdent la cérémonie d'hommage au Soldat inconnu, sorte de catharsis de tout un peuple, le roman décrit les stigmates laissés par la guerre au sein de chaque famille, au creux de chaque être et, par extension, au coeur de tout un pays.
    Un roman que j'ai apprécié pour sa justesse et la sensibilité avec laquelle est racontée, d'un point de vue féminin, la douleur de survivre, un thème peu traité me semble-t-il dans la foison de romans concernant la première guerre mondiale. Il me reste de cette lecture une mélodie aussi délicate et fragile qu'un pétale de rose oublié entre deux pages.

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Virginie Vertigo sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/11/12/34554864.html

    « Et quoi qu’on puisse en penser ou en dire, l’Angleterre n’a pas gagné cette guerre. Et l’Allemagne ne l’aurait pas gagnée non plus. — Qu’est-ce que tu veux dire ? — C’est la guerre qui gagne. Et elle continue à gagner,...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/11/12/34554864.html

    « Et quoi qu’on puisse en penser ou en dire, l’Angleterre n’a pas gagné cette guerre. Et l’Allemagne ne l’aurait pas gagnée non plus. — Qu’est-ce que tu veux dire ? — C’est la guerre qui gagne. Et elle continue à gagner, encore et toujours ».

    Début novembre 1920 à Londres. L’Angleterre attend l’arrivée du soldat inconnu à l’abbaye de Westminster. Du 7 au 11 novembre, on suit le quotidien de trois femmes. Il y a Evelyn, une jeune femme qui travaille au bureau des pensions de l’armée. Elle affronte le quotidien difficile des rescapés et cabossés de la guerre avec une force admirable mais qui cache des blessures profondes, notamment la perte de son fiancé Frazer. Durant ces cinq jours, elle découvre aussi une nouvelle facette de son frère Edouard, ancien capitaine qui lutte lui aussi contre les démons. La deuxième femme est Ada. Elle a la cinquantaine et a perdu son fils unique, Michael, pendant le conflit. Elle avait reçu une simple lettre de décès mais aucun retour sur le lieu de sa sépulture. Elle veut croire que son fils n’a pas disparu provoquant des tensions avec son mari. Enfin, nous suivons également la jeune Hettie, dix-neuf ans, qui danse au Hammersmith avec d’anciens soldats. Les tensions avec sa famille sont importantes et son frère Fred se mure dans le silence.

    Si la Première Guerre mondiale a été une inspiration forte de romans, traiter l’après-guerre a été peu fait. Récemment, en France, nous avons eu Au revoir là-haut de Pierre Lemaître mais force est de constater qu’il n’en existe pas beaucoup. Ce qui fait d’autant plus l’originalité de ce roman est que l’auteure a choisi de suivre non pas des soldats rescapés mais des femmes qui sont elles aussi cabossées par cette guerre. Ce parti pris est très intéressant et n’exclut en rien – bien au contraire – le portrait en creux des rescapés. Si les premières années d’après-guerre sont celles de la reconstruction du pays, elles sont aussi la tentative de reconstruction des individus qui font face à des conflits intérieurs variés : la culpabilité d’être vivant ou d’avoir causé la mort, les cauchemars et hallucinations, le handicap physique et psychologique et surtout le sentiment de vide, de solitude, de misère affective. Une scène m’a particulièrement frappée : Evelyn se déshabille chez elle et finit par se rendre compte que le jeune homme qui habite dans l’immeuble d’en face la voit nue. Il est en fauteuil roulant – sûrement un blessé de guerre. Au lieu de se cacher, elle le laisse se masturber devant elle et y prend plaisir. Cette scène révèle cette misère affective, cette solitude et ce besoin d’être regardé, aimé d’une certaine façon.

    L’arrivée du soldat inconnu le 11 novembre est l’occasion pour chacun de faire le bilan de sa vie, de tenter de tourner la page, de reprendre vie. Il est un événement symbolique, cathartique.

    Anna Hope a livré un roman d’une grande beauté, sensible et très bien documenté. On a presque peine à croire que c’est un premier roman. Elle offre également de très beaux portraits de femmes (même si j’avoue avoir été moins sensible au personnage d’Hettie). Je ne peux que vous conseiller de le lire.

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Le Voyage de Lola sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Le Chagrin des vivants a tout bon ! L’écriture est élégante et toute en sensibilité, l’histoire parfaitement menée, bien documentée, les personnages sont incroyablement riches. L’émotion est au rendez-vous de ce sublime roman dans lequel, dès les premières pages, je me suis sentie bien,...
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    Le Chagrin des vivants a tout bon ! L’écriture est élégante et toute en sensibilité, l’histoire parfaitement menée, bien documentée, les personnages sont incroyablement riches. L’émotion est au rendez-vous de ce sublime roman dans lequel, dès les premières pages, je me suis sentie bien, confortablement installée dans cette histoire. Dès le début, rien ne m’a heurtée, rien ne m’a gênée, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de ses trois femmes, merveilleusement racontées par Anna Hope. Dans l’Angleterre de l’après Première Guerre, Ada, 55 ans, Evelyn la quarantaine et Hettie 19 ans vivent les 5 jours qui précédent l’arrivée de The Unknown Warrior, qui a quitté les champs de bataille français pour rejoindre l’Abbaye de Westminster de Londres où il sera enterré le 11 novembre 1920. Le pays exsangue essaie de relever la tête, renaître de ses cendres, revivre, ce qui est impossible à Ada et Evelyn, à qui la guerre a arraché un fils unique à l’une et un fiancé à l’autre. Leur vie est scellée par la tristesse, le tourment et la colère ; Ada ne peut se résoudre à la mort de Michaël, et Evelyn, veuve blanche car non mariée, refuse celle de Fraser. Quant à Hettie, elle profite de sa jeunesse et danse, danse pour fuir l’appartement qu’occupent sa mère, aigrie par son veuvage, et son frère, rentré abattu du front. Ces trois femmes sont étrangères et pourtant un homme, le capitaine Edouard Monfort, est à la croisée de leurs chemins. Au fil de ces 5 journées, on assiste avec beaucoup d’émotions à leur réveil, elles vont chacune reprendre pied et choisir le chemin de la vie. Magnifique !

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