Anna Hope

Anna Hope

Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez ...

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Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez Gallimard.  Suivi en 2017 de La salle de bal.

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Avis (52)

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    Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Nath Bertrand sur La salle de bal de Anna Hope

    En 1911, l’asile de Shorsten est connu pour ses méthodes « avant-gardistes » : ici, en apparence, les patients travaillent, vivent en autarcie au grand air, sont nourris sainement, et rendez vous compte, une fois par semaine, ils ont même le droit de danser, un bal étant organisé tous les...
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    En 1911, l’asile de Shorsten est connu pour ses méthodes « avant-gardistes » : ici, en apparence, les patients travaillent, vivent en autarcie au grand air, sont nourris sainement, et rendez vous compte, une fois par semaine, ils ont même le droit de danser, un bal étant organisé tous les vendredis, pour les plus sages d’entre eux. La musique comme thérapie, la musique qui adoucit les mœurs dit-on.
    Shorsten, c’est là que vont se rencontrer Ella et John. Elle a voulu voir la lumière du jour, elle a brisé un carreau dans la filature où elle travaille, calfeutrée, et dans des conditions inhumaines, depuis l’enfance. Il a vécu un drame, un deuil, il fait partie des « chroniques ».
    Ces deux écorchés vifs, ces deux révoltés, ces solitaires, vont vivre une passion amoureuse fulgurante, jalonnée de moments d’une beauté à couper le souffle, comme ces lettres d’amour échangées furtivement, et lues à Ella par son amie Clem, qui jouera un rôle important dans le roman. Cette relation amoureuse ne sera pas du goût de l’ignoble Dr Fuller, partisan de l’eugénisme, et persuadé d’œuvrer pour le bien d’une nation dirigée par Churchill, lequel approuvera le programme que ce médecin (qu’on aurait tendance à trouver « bien sous tous rapports » en début de lecture), va lui soumettre.
    Ce roman choral, à trois voix , donne la parole tour à tour à chacun des protagonistes, et on tremble, on suffoque, on a mal, on s’indigne, on a envie de hurler. On imagine aisément la souffrance et la peur. On ressent la nuit, la misère, le cloaque des lieux, et la folie qui s’empare de celui qui est supposé la soigner.
    J’ai été bouleversée, et le mot est faible, par ce second roman d’Anna Hope. Vous dire combien j’ai haï le Dr Fuller est un euphémisme. Le pire, je pense, est de savoir que des Dr Fuller ont mutilé et massacré, réellement, pas dans un roman.
    Anna Hope livre là un témoignage glaçant et puissant sur une réalité immonde et dont j’ignorais l’existence ailleurs qu’en Allemagne, sous le régime nazi. Elle a les mots justes, la pudeur se faisant l’alliée de la douleur, dans une valse à 1000 temps. Elle a les mots uppercut, mais aussi les mots Tendresse, ceux de l’Amour plus fort que tout.

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    Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Miss Charity sur La salle de bal de Anna Hope

    Chronique Explolecteurs 2017

    Avec "La salle de bal", Anna Hope nous plonge dans un asile psychiatrique anglais au début du Xxè siècle. Le roman s'attache à suivre trois personnages : Ella et John, deux patients, ainsi que le Dr Fuller, médecin psychiatre exerçant au sein de l'établissement....
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    Chronique Explolecteurs 2017

    Avec "La salle de bal", Anna Hope nous plonge dans un asile psychiatrique anglais au début du Xxè siècle. Le roman s'attache à suivre trois personnages : Ella et John, deux patients, ainsi que le Dr Fuller, médecin psychiatre exerçant au sein de l'établissement. Au début du récit, Ella intègre seulement l'institution, après avoir, de colère, brisé une vitre sur son lieu de travail. John, quant à lui, est un mystérieux Irlandais hospitalisé depuis de nombreuses années. A l'asile de Sharston comme ailleurs, hommes et femmes sont séparés ; cependant, ils se retrouvent exceptionnellement une fois par semaine, lors des fameux « bals du vendredi soir », organisés par le Dr Fuller qui est persuadé du bien-fondé de la musique dans le traitement des maladies psychiatriques, et ce, contre l'avis de ses supérieurs.
    Néanmoins, dès les premières pages du livre, on pressent qu'un danger menace la psychiatrie et les belles idées du Dr Fuller : un projet de « contrôle des faibles d'esprit », lancé par le gouvernement, et qui préconise de stériliser les malades mentaux.
    Ainsi, l'histoire d'Ella, John et Fuller sert de toile de fond à l'évocation d'une réalité historique mal connue, et dont les conséquences auraient été dramatiques. Le thème du roman a été la première chose qui m'a attirée, tout comme cette volonté d'écrire une « histoire dans l'Histoire », d'autant plus qu'à mon avis, le débat concernant la « stérilisation » des personnes handicapées mentales ou plus largement leur droit à la conception est loin d'être fermé.
    J'ai également été convaincue par la description que l'auteure fait de certaines maladies mentales, et notamment la dépression, illustrée par le personnage de John qui incarne tout le paradoxe de la souffrance psychique. De même, Anna Hope nous dépeint de façon convaincante les conditions de prise en charge des maladies mentales à cette époque : l'isolement, l'enfermement, les contentions. Les descriptions font écho à d'autres œuvres existant sur le sujet : "Vol au-dessus d'un nid de coucou" de Milos Forman, bien entendu, mais surtout "Family Life" de Ken Loach, qui retrace l'histoire d'une jeune fille schizophrène. "La Salle de bal" nous renvoie indirectement aux hôpitaux psychiatriques modernes et nous rappelle que même si les pratiques ont évolué, certaines restent malheureusement d'actualité, comme l'isolement ou la contention.
     Mais au-delà du réalisme du roman, c'est l'émotion qu'Anna Hope parvient à faire passer qui m'a bouleversée. Elle choisit de dévoiler ses personnages petit à petit, nous donnant des bribes d'informations à chaque chapitre. Je me suis fortement attachée à eux dès le début. J'ai aimé la subtilité avec laquelle elle décrit la relation qui se tisse entre Ella et John, de manière presque imperceptible, de la même façon que leurs sentiments naissent, presque malgré eux. A mesure que les personnages apprennent à s'apprivoiser, l'écriture d'Anna Hope, déjà à fleur de peau, devient presque viscérale.
    Le récit est parfaitement rythmé par l'alternance de points de vue de chacun des personnages. Plus tard, alors que l'intrigue se resserre, les chapitres se raccourcissent, accentuant l'impression d'un étau qui broie les personnages. Le Dr Fuller finira par se laisser contaminer par les idées de l’époque. J'ai ainsi apprécié la complexité du personnage, et de façon plus large la façon dont il illustre comment une personne altruiste peut se laisser convaincre par des idées inhumaines. C'est avant tout une réflexion sur la nature humaine que nous propose "La salle de bal", l'asile psychiatrique se révélant le décor idéal pour étudier les tréfonds de l'âme.
     
    "La salle de balle" a ainsi été un véritable coup de cœur, j'ai été à la fois touchée par le récit mais aussi par le style d'Anna Hope. Un roman magnifique, qui sera j'espère l'un des livres phare de la rentrée littéraire !



    Avis de la page 100 (vite, j'ai hâte de m'y remettre !)

    "La salle de bal" nous emmène dans un établissement psychiatrique au début du XXè siècle. On y suit trois personnages : Ella, hospitalisée (ou plutôt devrais-je dire enfermée) suite à un coup d'éclat durant lequel elle a brisé une vitre ; John, un ténébreux Irlandais, et Charles Fuller, jeune médecin persuadé du bienfait de la musique pour les patients. J'ai d'emblée basculé dans le roman : Anna Hope excelle dans l'art de dresser un décor (en l'occurrence, celui d'un asile en 1911) et de dévoiler ses personnages petit à petit, maintenant un certain mystère. On pressent cependant déjà que l'histoire d'Ella et de John va servir de toile de fond pour décrire la condition des patients atteints de maladie mentale. Anna Hope parvient dès les premières pages à insuffler de l'émotion dans son récit et à captiver le lecteur !
    Coup de cœur en vue...

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    TIRAND Catherine sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Anna Hope signe un premier roman fort prometteur, un récit émouvant et poignant sur le faire son deuil et la reconstruction de soi.
    1920- L’angleterre s’apprête à accueillir « le soldat inconnu » sur son sol, pour les cérémonies du 11 Novembre commèmorant l’armistice de la première guerre...
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    Anna Hope signe un premier roman fort prometteur, un récit émouvant et poignant sur le faire son deuil et la reconstruction de soi.
    1920- L’angleterre s’apprête à accueillir « le soldat inconnu » sur son sol, pour les cérémonies du 11 Novembre commèmorant l’armistice de la première guerre mondiale.
    Pendant les cinq journées qui prècèdent l’événement, et tandis qu’est acheminé le cercueil de France en Angleterre, les destins croisés de trois femmes ordinaires nous sont présentés.
    Toutes ont perdu un être cher à la guerre : Ada attend son fils porté disparu, Evelyn pleure son fiancé et Hettie cherche l’amour auprès de ses partenaires de danse à l’Hammersmith Palace, parmi les hommes qui sont revenus blessés dans leur chair et leur âmes, écloppés, infirmes ou psychologiquement brisés.
    L’auteur parvient, avec justesse, à saisir les états d’âme, à montrer toutes les nuances du chagrin et des sentiments qui animent ces femmes sans jamais tomber dans l’excès.
    A travers ces héroïnes, Anna Hope nous prèsente avec talent, l’émancipation des femmes des années 20, libérées par le jazz et la danse de leurs carcans vestimentaires et sociaux : la nouvelle femme fume, danse, se fait couper les cheveux et… vote !
    Le soldat inconnu incarne à lui tout seul tous ceux qui sont morts sur le champ de bataille le fils, le frère, le mari ou le fiancé qu’elles ont perdu. Ainsi, la cérémonie du 11 Novembre où les gens venaient de tous les coins de Grande Bretagne, pour assister à ses grandioses funèrailles à Londres est un événement fédérateur de toute beauté qui permet à chacun de faire son deuil et d’apprendre à se reconstruire.
    Après la lecture de cet ouvrage, le 11 novembre nous serons moins indiffèrents - au moins cette année. On aime la petite histoire au cœur de la grande.

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Paojito sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Une véritable surprise, il y a un vrai talent derrière ce premier roman. Légèrement hésitant avant de commencer la lecture, j'avais peur d'un roman trop orienté dans le pathos, la douleur interminable et le néant.. Mais finalement, c'est plein d'action, ça va très vite et c'est très bien...
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    Une véritable surprise, il y a un vrai talent derrière ce premier roman. Légèrement hésitant avant de commencer la lecture, j'avais peur d'un roman trop orienté dans le pathos, la douleur interminable et le néant.. Mais finalement, c'est plein d'action, ça va très vite et c'est très bien écrit.

    Trois femmes, Hettie, Evelyn et Ada, victimes collatérales de guerre, se débattent dans le Londres de 1920, alors que l'armée anglaise rapatrie le Soldat Inconnu depuis les tranchées d'Arras, jusqu'à Westminster Abbey. Elles se débattent avec leurs peurs, leurs angoisses, leurs fantômes et leurs hommes, ceux qui sont restés et ceux qui sont revenus, mais aussi avec leur incroyable désir de vivre, de danser, de croire et d'espérer.
    On a souvent l'habitude d'être à la place du soldat, de celui qui part, qui vit l'horreur, mais beaucoup moins de celui ou celle qui a attendu, qui reste à la maison et qui, une fois que la guerre est finie, n'a pas forcément plus de repères que celui qui revient traumatisé par le front.
    La force du livre, c'est l'intensité avec laquelle l'auteure nous accroche à ses personnages et à leur époque, et on sent qu'un travail important de recherche a précédé l'écriture.
    J'ai passé un très bon moment de lecture, c'est un roman fort, bien construit, qui nous emporte complètement.

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