Anna Hope

Anna Hope

Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez ...

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Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez Gallimard.  Suivi en 2017 de La salle de bal.

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Avis (53)

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    Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Calimero29 sur La salle de bal de Anna Hope

    Une histoire forte et romanesque dans un asile du Yorkshire en 1911 autour de trois personnages dont le destin va s'entremêler.
    On découvre avec effarement le monde de l'asile en Angleterre au début du 20ème siècle; on pouvait s'y retrouver enfermé suite à un deuil difficile, pour un vol, pour...
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    Une histoire forte et romanesque dans un asile du Yorkshire en 1911 autour de trois personnages dont le destin va s'entremêler.
    On découvre avec effarement le monde de l'asile en Angleterre au début du 20ème siècle; on pouvait s'y retrouver enfermé suite à un deuil difficile, pour un vol, pour un comportement asocial, pour indigence sans aucun garde-fou. Et encore l'asile de Sharston, décrit dans le roman, est un modèle de modernisme car pratiquement auto-suffisant grâce à une ferme, des champs que les patients hommes cultivent, une buanderie où travaillent les femmes.
    On apprend également que l'eugénisme était en vogue à cette époque et que Churchill, alors ministre de l'Intérieur, en était partisan; l'idée était de stériliser les aliénés, les dépravés, les indigents pour "nettoyer"la société.
    C'est dans ce contexte peu propice que vont naître amité et amour autour de Ella, enfermée car elle a brisé une vitre dans la filature où elle travaillait pour sentir l'air de la liberté, John, l'irlandais qu'un deuil a abattu et Charles, médecin raté mais mélomane passionné.
    Les hommes et les femmes sont rigoureusement séparés mais se retrouvent un jour par semaine dans la salle de bal pour danser ensemble; c'est une récompense dont tous les internés ne bénéficient pas; Charles est persuadé que la musique peut apporter un mieux à la condition des pensionnaires. Et cela fonctionne et pas seulement pour Ella et John qui vont se rapprocher en ces occasions. Un amour, qui traversera les années malgré l'éloignement, naît entre ces deux personnages épris de liberté et d'absolu.
    Puis brusquement, plus de bal car Charles ne veut plus jouer; il se rapproche du courant eugéniste et veut, exalté, que Sharston devienne précurseur en la matière en stérilisant ses patients en commençant par John ; c'est sa façon à lui de combattre l'attirance qu'il ressent à l'égard de John ; c'est cette culpabilité qui décide du destin de Ella, John et Charles.
    Roman prenant, puissant où l'on ressent de l'empathie pour les personnages, où on tremble pour eux, où on espère, on aime, on se révolte avec eux
    Ce roman a reçu le Grand Prix des Lectrices de Elle.

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    Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Jen sur La salle de bal de Anna Hope

    Un roman fascinant de justesse sur une implacable inhumanité. Cette injustice criante et amère de ceux détenant le pouvoir. Une autre époque et pourtant ces ancêtres cruels des hôpitaux psychiatriques peuvent encore pour certains points tisser un lien avec ceux actuels. On voit avec horreur le...
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    Un roman fascinant de justesse sur une implacable inhumanité. Cette injustice criante et amère de ceux détenant le pouvoir. Une autre époque et pourtant ces ancêtres cruels des hôpitaux psychiatriques peuvent encore pour certains points tisser un lien avec ceux actuels. On voit avec horreur le ciel se refermer sur eux, sans espoir, sans possible retour en arrière.
    La description du contrôle social tel que le décrit Foucault semble toujours juste et pourtant toujours si peu adapté et adopté.
    On observe ici les hommes dans toutes leurs contradictions, leurs préjugés. Le médecin en est un exemple criant, avec ironie il veut modeler et contrôler ces patients quand lui, ne le supporte pas de ces parents et de la société. Le pouvoir parfois violent de l’homme sur l’homme. La seule différence est qu’il ait trouvé une solution émancipatrice, la chance d’être du bon côté. Un rappel douloureux, à savoir qu’encore aujourd’hui il ne fait pas bon vivre du côté de ceux n’ayant pas la chance de leur côté.

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    Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Cathfd sur La salle de bal de Anna Hope

    C'est un magnifique roman choral à trois voix, puissant, romanesque qui nous emporte dans un tourbillon de sentiments.
    Charles est médecin adjoint de l'asile d'alienés de Sharston en Angleterre où sont internés Ella et John. L'histoire commence en 1911 dans cette période trouble de crise...
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    C'est un magnifique roman choral à trois voix, puissant, romanesque qui nous emporte dans un tourbillon de sentiments.
    Charles est médecin adjoint de l'asile d'alienés de Sharston en Angleterre où sont internés Ella et John. L'histoire commence en 1911 dans cette période trouble de crise économique qui précède la première guerre mondiale. Au départ Charles développe de belles idées humanistes face aux théories ignobles de l'eugénisme auxquelles Churchill lui-même n'est pas indifférent et qui prendront l'ampleur que l'on sait quelques décennies plus tard. Mais effrayé par ses propres pulsions et frustré de ne pas pouvoir briser la dignité et la force morale de John l'irlandais, (les irlandais sont rejetés et méprisés dans la société anglaise)il se tournera vers ces idées en caressant l'idée de passer à la postérité grâce à ses projets pour l'asile. Un personnage complexe envers lequel les sentiments évoluent au fil de la lecture. Quant à Ella, ouvrière en filature depuis l'enfance et John l'irlandais taiseux, qui vont se croiser, s'apprivoiser, s'aimer au bal du vendredi dans la magnifique et improbable salle de bal de l'institution, seule occasion pour les hommes et les femmes internés d'être en contact les uns avec les autres, je les ai aimés tout de suite et j'ai vibré avec eux, avec leurs frustrations, leurs peurs, leurs espoirs... Anna Hope nous plonge au sein de cet univers archaïque, la psychiatrie de l'époque est effrayante, et moderne à la fois avec une virtuosité fascinante. La langue est très belle, très expressive, la nature, les saisons et les sentiments sont décrits de façon fabuleuse et souvent poétique. J'ai adoré la fin de l'histoire, triste mais ... Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler quoi que ce soit ! Lisez "La salle de bal" c'est un très grand roman au souffle inoubliable

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Franck FINET sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Le roman se déroule sur 5 jours en novembre 1920 en Angleterre.
    5 jours correspondant à l'exhumation du corps du soldat inconnu dans le nord de la France et son acheminement jusqu'à Londres (Abbaye de Westminster)
    Autour de ces 5 jours, l'auteur tisse l'histoire de 3 femmes.
    Ada, mariée à...
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    Le roman se déroule sur 5 jours en novembre 1920 en Angleterre.
    5 jours correspondant à l'exhumation du corps du soldat inconnu dans le nord de la France et son acheminement jusqu'à Londres (Abbaye de Westminster)
    Autour de ces 5 jours, l'auteur tisse l'histoire de 3 femmes.
    Ada, mariée à Jack depuis 25 ans, qui habite une banlieue ouvrière de Londres. Elle a perdu son fils Mickael pendant la guerre et ne cesse -depuis- de voir son fantôme dans les rues.
    Evelyn, 30 ans, en deuil de son amour de jeunesse Fraser. Elle travaille au bureau des pensions et ne parvient pas à refermer sa blessure. La figure charismatique de son frère Edward joue un rôle important dans le roman.
    Hettie, la plus jeune, est danseuse de compagnie au Hammersmith Palais. Elle veut oublier la guerre et vivre à 100 km/h.

    Au fil des pages, un lien tenu va relier les 3 femmes mais seul le lecteur en aura connaissance. Ces 3 femmes ne se rencontreront jamais.

    Une oeuvre intelligente, sensible, humaine et terriblement bien documentée.
    En 1920, la Guerre est terminée mais son pouvoir d'attraction est dramatiquement présent.
    La force de la mémoire et le désintérêt de l'état ravivent les douleurs.
    Des fulgurances parsèment ce roman et on aime lire et relire certains passages.(voir pages 268/ 301/ 356 de l'édition Folio)
    Un roman autour de la mémoire, du rite de l'enterrement et de la cérémonie.
    Pour ne pas oublier les vivants à trop penser aux morts !

    PS: un clin d'oeil cynique en fin de roman ou un soldat irlandais -qui a combattu pour l'armée britannique- s'interroge sur l'opportunité de commettre un attentat pendant la cérémonie du 11 novembre ( préfigure l'émergence du Sinn Féin)

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