Anna Hope

Anna Hope

Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez ...

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Anna Hope est une actrice et écrivaine. Elle a fait ses études à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres, au Wadham College de l'Université d'Oxford, et est titulaire d'un MA en écriture créative de Birkbeck College à Londres en 2001.

Son premier roman, Le chagrin de vivants, est publié chez Gallimard.  Suivi en 2017 de La salle de bal.

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Avis (53)

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Rahmatou SANGOTTE sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    A première vue, j’ai d’emblée été saisie par la douceur lumineuse émanant de la jaquette (détail d’une illustration de Malgorzata Maj photographiée par Arcangel Images).

    Le synopsis annonce la couleur : en novembre 1920, alors que l’Angleterre organise le rapatriement et prépare des...
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    A première vue, j’ai d’emblée été saisie par la douceur lumineuse émanant de la jaquette (détail d’une illustration de Malgorzata Maj photographiée par Arcangel Images).

    Le synopsis annonce la couleur : en novembre 1920, alors que l’Angleterre organise le rapatriement et prépare des funérailles nationales pour la dépouille du soldat inconnu, trois femmes ayant subi plus ou moins de pertes liées à la guerre, poursuivent leur quotidien…

    Dès le début du récit, le lecteur est immédiatement frappé par l’atmosphère : palpable à en devenir quasiment une entité propre. Il la vit, sent les odeurs, entend les voix et leurs inflexions, perçoit les changements climatiques : la pluie, le froid, la chaleur … Anna Hope a merveilleusement su restituer l’ambiance du Londres des années d’après-guerre et le lecteur s’y plonge avec délices.
    Malgré le thème, les différents tableaux sont présentés sans aucune pesanteur - jamais ternes ni désespérés. Seule une mélancolie douce et sereine s’invite parfois, permettant à l’auteure d’explorer le jeu des contrastes et n’en rendant, par conséquent, le récit que plus vivant.

    A travers ces histoires entremêlées, le lecteur découvre que, même dans la plus profonde détresse - émotionnelle, physiologique, sociale, les petits tracas et questionnements « futiles » (du quotidien ou non) ne quittent jamais réellement l’être humain et peuvent, au contraire, l’aider à « supporter la vie ». Est particulièrement touchante l’image d’Ada, dévastée par la disparition de son fils, tentant d’imaginer son visage dépourvu de rides et qui optera, finalement, pour le côté des vivants en retrouvant le chemin de son époux…

    Anna Hope capte l’essence même des relations humaines et la transcrit tout en sensibilité et retenue, au travers des actes et paroles des personnages, mais également de leurs regards et de leurs silences. L’on retrouve, dans ce roman, les caractéristiques universelles et intrinsèques de la nature humaine, les comportements que peuvent avoir les hommes entre eux, tant dans l’adversité que dans la solidarité.
    Chaque scène est pétrie d’émotions intenses et toutefois baignée de pudeur et de sobriété – notamment le passage dans lequel une mère annonce à son enfant, né après le départ de son défunt père, que ce dernier se trouve dans le convoi acheminant la dépouille du soldat inconnu…

    L’auteure a pris le parti de situer l’action dans l’Angleterre d’après-guerre, une fois le danger écarté. La liesse et le soulagement sont donc de rigueur. Les plus lourdes répercussions d’une guerre sont réunies dans cet ouvrage au travers des trois personnages principaux et leurs entourages, à savoir : la perte d’un être cher (fils, fiancé, …), la perte de revenus et ses incidences sur la vie de famille/de couple, l’infirmité, l’invalidité, l’incapacité physique ou mentale, et leurs conséquences. Cependant, le sujet est traité en finesse, sans jamais larmoyer...

    L’auteure dote son roman d’un final à l’image du restant du manuscrit : parfaitement crédible, finement nuancé, épuré, ciselé avec une précision de joailler. Sans trop en faire, elle suggère avec pudeur les voies se dessinant devant les trois femmes…
    Nimbé d’une espèce d’intemporalité, ce récit offre au lecteur une parenthèse ouatinée dans laquelle la dimension temps cesse d’opérer. Intense et puissante, l’écriture d’Anna Hope suspend littéralement le temps.
    Le titre original Wake, pouvant se traduire par « veillée mortuaire » (en ôtant toutefois la connotation lourde de sens qu’y ajoute, en français, l’adjectif « mortuaire ») est particulièrement bien trouvé. La traduction Le chagrin des vivants lui rend totalement justice, restituant fidèlement l’opposition, le tiraillement entre le bonheur d’être vivant, d’une part et la tristesse de la perte, le sentiment de culpabilité d’avoir « survécu », d’autre part…
    Un prodigieux premier roman servi par une écriture éblouissante…
    Je tiens à saluer la prouesse de la traductrice, Elodie Leplat, qui a su conserver intacts l’éclat et la vivacité de la prose d’Anna Hope, rendre les dialogues terriblement vivants et les personnages si charnels, si incarnés…


    Suite à cette lecture et grâce à Lecteurs.com, j’ai pu assister à une rencontre avec Anna Hope dans le magnifique salon rond des éditions Gallimard. Découvrant une auteure éminemment accessible et ouverte, j’ai pu lui poser quelques questions et beaucoup en apprendre sur son processus d’écriture.

    A la lecture, je me suis demandé, vu que le roman conte les histoires de plusieurs personnages en parallèle, indépendamment tout d’abord, puis en croisé et entremêlé, si l’auteure avait écrit l’histoire de chaque personnage d’un seul tenant puis découpé et intercalé les différentes scènes des trois différentes histoires pour tisser sa trame, ou bien défini dès le début le plan, la trame du roman.
    Anna Hope m’a gentiment expliqué qu’elle ne s’imposait qu’une règle : ne pas alourdir le récit, et qu’elle se fiait tout d’abord à son instinct pour sentir qu’une scène était close et qu’il fallait passer à la suivante, puis qu’elle s’en remettait à ses bêta-lecteurs.

    J’ai également souhaité comprendre comment l’auteure était parvenue à décrire de manière si sensitive des atmosphères qu’elle ne pouvait, pour des raisons évidentes de chronologie, avoir connues (telles quelles, du moins).
    Anna Hope m’a alors expliqué qu’elle s’intéressait énormément aux cinq sens, que les imaginer et les évoquer l’aidait à rester ancrée…

    Nous avons également pu apprendre les motivations ayant poussé l’auteure à situer son récit en 1920 et à le centrer sur ces trois femmes n’ayant pas participé directement à l’effort de guerre.
    Anna Hope a, en effet, expliqué à l’assistance que le sujet de la première guerre mondiale était si vaste qu’elle a ressenti le besoin de se donner un cadre pour le traiter et structurer son récit : ce furent les cinq jours nécessaires à l’exhumation de la dépouille du soldat inconnu, à la vérification de l’impossibilité d’identification, à son rapatriement en Angleterre et à la tenue des funérailles nationales.
    Anna Hope nous a également appris que, féministe, elle avait souhaité se pencher sur les femmes restées au pays, devant poursuivre leur existence et vivre « la myriade de moments minuscules desquels une vie peut dépendre »…

    Pour ces superbes découvertes – une pépite et son auteure, je tiens à remercier chaleureusement Lecteurs.com et les éditions Gallimard.

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Virginie PI sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Le chagrin des vivants est un roman qui nous plonge dans l'histoire de la première guerre mondiale en Angleterre, pays allié qui a soutenu les troupes françaises à leur côté en France mais pas seulement... Il s'agit là, au travers de trois personnages féminins Evelyn, Ada et Hettie, de la voix...
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    Le chagrin des vivants est un roman qui nous plonge dans l'histoire de la première guerre mondiale en Angleterre, pays allié qui a soutenu les troupes françaises à leur côté en France mais pas seulement... Il s'agit là, au travers de trois personnages féminins Evelyn, Ada et Hettie, de la voix des femmes qui ont subi la grande guerre, ont été choquées, endeuillées... et qui apprennent à surmonter leur peine.
    Au cours de cette guerre, Evelyn a perdu son fiancé et travaille au bureau des pensions de l'armée, Ada voit son fils décédé à tous les coins de rue et Hettie est tous les soirs danseuse de compagnie pour les anciens soldats.
    L'auteure fait revivre cette ambiance d'après-guerre à Londres pendant les 5 jours qui ont précédé la cérémonie d'hommage au Soldat inconnu (11 Novembre 1920) avec ces destins de femmes qui ont vécu la guerre de l'intérieur, sans la connaissance de la vie des hommes au combat et dans les tranchées et qui vivent l'après-guerre, dans l'attente d'une vie qu'il faut reconstruire.

    J'ai trouvé la lecture de ce roman agréable dont le style et la description donnent le ton juste à l'ambiance d'après-guerre.
    Enfin, la grande guerre version féminine est un sujet original de roman voire inédit, mais le chagrin des vivants est d'après moi, un roman sur l'après-guerre dans une langue universelle, celle où tous ceux ayant connu le deuil doivent apprendre à survivre.

    J'ai eu l'occasion de rencontrer l'auteure grâce au Club de Lecteurs et Orange. Merci beaucoup pour cette rencontre !
    Alors à votre question que vous vous poserez sur le choix de ce sujet d'écriture, elle a expliqué comment avec son père féru d'histoire, elle a baigné dedans depuis ses plus jeunes années. Pour le reste, je vous conseille de le lire...

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    sophie Bazar sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    Londres, 1920. L'Angleterre est en deuil, tant d'hommes ne sont pas revenus de la guerre, et la réintégration des vétérans diminués physiquement ou psychologiquement s'avère très difficile. Dans ce contexte et pour offrir un symbole expiatoire au chagrin de la nation, on prépare une cérémonie en...
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    Londres, 1920. L'Angleterre est en deuil, tant d'hommes ne sont pas revenus de la guerre, et la réintégration des vétérans diminués physiquement ou psychologiquement s'avère très difficile. Dans ce contexte et pour offrir un symbole expiatoire au chagrin de la nation, on prépare une cérémonie en prévision de l'arrivée du Soldat inconnu rapatrié de France. Durant cinq jours, nous suivrons au fil des pages trois femmes, qui pourraient être représentatives de cette population meurtrie, absourdie, choquée qui chacune à leur manière continuent de vivre : Evelyn a perdu son fiancé et travaille au bureau des pensions de l'armée, cotoyant à longueur de journée la peine, la tristesse, la folie. Ada a perdu son fils et s'accroche à son fantôme. Hettie, pour quelques pence, gagne sa vie en accompagnant d'anciens soldats sur la piste de danse du Hammersmith Palais.

    Derrière une écriture fluide, romanesque et une histoire très structurée, Anna Hope (dont c'est le premier roman !) restitue à merveille les atmosphères : que ce soit une salle de bal mythique, un dortoir d'hôpital, un bureau triste ou une foule endeuillée, on s'y croirait ! Le signe (selon moi) d'une documentation très solide et maîtrisée. Ainsi l'auteure raconte-t-elle la procédure du rapatriement du corps du soldat (guerrier, pour les anglais) inconnu dans les moindres détails, du choix du corps jusqu'à l'apothéose de son arrivée à Londres, donnant lieu à des funérailles nationales sans précédent, et qui verront peut-être se croiser nos héroïnes dans un moment de partage et de communion, une pause dans l'affrontement des fantômes.

    "Le chagrin des Vivants" est un hommage formidable à ces femmes fortes qui avancent, en dépit de leurs pertes et de leur chagrin, celles qui sont restées (et ne pouvant qu'imaginer ce qui s'est passé sur le front, d'autant que les hommes ne veulent pas en parler) étant pourtant les premières à en subir les conséquences, faisant de leur mieux pour avancer, se trouver une situation, offrir l'apaisement, effacer la culpabilité, espérer un avenir meilleur, un avenir tout court.

    http://anyuka.canalblog.com/archives/2016/01/30/33294645.html

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    Couverture du livre « Le chagrin des vivants » de Anna Hope aux éditions Gallimard

    Sara Adrian sur Le chagrin des vivants de Anna Hope

    J'ai eu le plaisir de rencontrer Anna Hope dans le cadre d'un événement organisé par Lecteurs.com, et ai découvert à cette occasion son premier roman, Le chagrin des vivants.
    Le sujet me faisait penser au roman de Fanny Chiarello, Dans son propre rôle, qui parlait aussi de personnages de femmes...
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    J'ai eu le plaisir de rencontrer Anna Hope dans le cadre d'un événement organisé par Lecteurs.com, et ai découvert à cette occasion son premier roman, Le chagrin des vivants.
    Le sujet me faisait penser au roman de Fanny Chiarello, Dans son propre rôle, qui parlait aussi de personnages de femmes pendant la première guerre mondiale.
    Le roman d'Anna Hope m'a immédiatement séduite par son approche et sa construction efficace : l'intrigue se concentre sur les quatre journées précédant la cérémonie du Soldat Inconnu à Londres en 1920. Le quotidien de quatre femmes s'entrelace, on plonge dans les blessures des unes et des autres, on découvre la façon dont elles font face au deuil, à la solitude, et à l'envie de vivre.
    J'ai trouvé beaucoup de finesse et d'intelligence au récit, les femmes décrites sont attachantes chacune à leur manière, cohérentes et humaines.
    Un très beau premier roman!

    Ma chronique complète est ici : http://viederomanthe.blogspot.fr/2016/01/le-chagrin-des-vivants-anna-hope.html

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