Anita Nair

Anita Nair
Anita Nair vit à Bangalore. Depuis son premier succès, Compartiment pour dames, traduit en 29 langues, Anita Nair s'est imposée comme un des auteurs phares de la littérature indienne. Elle a déjà publié chez Albin Michel Quand viennent les cyclones, L'Inconnue de Bangalore et Dans les jardins du ... Voir plus
Anita Nair vit à Bangalore. Depuis son premier succès, Compartiment pour dames, traduit en 29 langues, Anita Nair s'est imposée comme un des auteurs phares de la littérature indienne. Elle a déjà publié chez Albin Michel Quand viennent les cyclones, L'Inconnue de Bangalore et Dans les jardins du Malabar.

Avis (6)

  • Couverture du livre « Dans les jardins du Malabar » de Anita Nair aux éditions Albin Michel

    Yannick Chassort sur Dans les jardins du Malabar de Anita Nair

    Depuis ses premiers romans, dont Compartiment pour dames, son premier vrai succès, Anita Nair ne cesse de décrire une société indienne coincée par ce lourd héritage du passé, dominée par les hommes et divisée en différentes castes. Son regard, mêlant à son écriture une sensibilité et une poésie...
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    Depuis ses premiers romans, dont Compartiment pour dames, son premier vrai succès, Anita Nair ne cesse de décrire une société indienne coincée par ce lourd héritage du passé, dominée par les hommes et divisée en différentes castes. Son regard, mêlant à son écriture une sensibilité et une poésie envoûtantes, explore sans concession ce pays chargé d’Histoire et aux multiples facettes. Ce passé, flamboyant et épique, est le sujet de son nouveau roman, le premier d’une trilogie, intitulé Dans les jardins du Malabar et publié aux éditions Albin Michel, plongeant le lecteur dans un formidable voyage dépaysant dans l’âge d’or de l’Inde.

    L’ouvrage débute en 1625. Idris, neuf ans, jeune garçon somalien, accompagne son père, un marchand arpentant la route de la Soie avec sa caravane, quand un ouragan les surprend, forçant le jeune homme à trouver refuge sous des os de chameaux. Terrifié, Idris n’en sort pas indemne, perdant, plus que les illusions de l’enfance, son œil droit. Sa vie ne s’arrête pas pour autant là. Devenu marchand itinérant et solitaire, Idris continue d’arpenter les différentes routes commerciales dont les multiples rencontres qu’il fera l’éloignera temporairement de cette solitude faite sienne.

    Plus de trente ans passe, Idris continue de provoquer de la fascination pour autrui grâce à son visage irradié par son œil d’or, vestige inoubliable de cet ouragan. En 1659, en Inde, il décide d’assister à la fête de Mamankam, organisé par le Zamorin, le souverain tout-puissant du royaume de Malabar, situé au sud-ouest de la péninsule indienne, un royaume en proie à une insécurité proche de la guerre civile : un groupe du nom de Châver, réunissant de farouches guerriers, est prêt à se battre et à mourir pour tuer le Zamorin. Un soir, alors que les Châver s’apprêtent à passer à l’action, Idris tombe nez à nez avec Kandavar, un petit garçon à la peau aussi noire que la sienne, qui se révèle être, par un coup du sort et grâce à la présence d’un pendentif en corail, son fils, issu d’une relation sans lendemain avec Kuttimalu, une femme issue d’une caste inaccessible au marchand. Idris décide alors de détourner le garçon de son projet consistant à rejoindre les Châver. Il parvient alors à convaincre l’oncle de Kandavar de laisser le jeune garçon prendre la route à ses côtés, lui qui se fait appeler l’«éternel voyageur qui cherche la mesure de la Terre et de l’homme ». C’est alors le début d’un formidable voyage initiatique.

    Initiatique, ce voyage l’est autant pour Kandavar que pour Idris : Kandavar découvre alors un monde qu’il ne connaissait pas, apprend avec humilité les leçons de vie que lui prodigue Idris, qui partage avec le garçon ses expériences. Ce dernier sort alors du confort dans lequel il était enfermé, apprendre à pêcher et entrevoit une nature qu’il ne soupçonnait pas. Quant à Idris, c’est l’apprentissage de son rôle de père : en pleine communion avec la nature et solitaire en temps normal, il va découvrir la mission la plus importante de sa vie, qui consiste en la personne de Kandavar. Débrouillard, Idris joue, autant pour Kandavar que pour le lecteur, le rôle de guide et nous permet de découvrir, avec réalisme, l’Inde du XVIIe siècle, un pays au carrefour entre l’Occident et l’Orient, à la croisée des civilisations, mais encore régit par des règles et des lois rétrogrades, qui font toutefois la particularité et l’originalité du pays.

    Dans les jardins du Malabar demeure toutefois un ouvrage un peu difficile d’accès, tant Anita Nair a travaillé son sujet : brossant un tableau de cette Inde du XVIIe siècle, on ressent que l’auteur a entrepris de nombreuses recherches avant d’entamer l’écriture de son ouvrage. En multipliant les formules et les mots étrangers, dont un glossaire en fin de volume permet au lecteur de s’y retrouver, Anita Nair cherche à dresser un portrait le plus réaliste possible, compliquant néanmoins la lecture. Néanmoins, l’ouvrage baigne dans une atmosphère proche des contes des Milles et Une Nuits : réaliste d’un côté, surréaliste de l’autre, renforcé par le personnage d’Idris, complètement magnétique.

    Roman d’époque et roman d’aventure, Dans les jardins du Malabar est un excellent préambule à une histoire beaucoup plus riche et au vaste univers. Le style d’Anita Nair reste limpide, malgré les nombreux mots étrangers, qui participent toutefois au dépaysement du lecteur, faisant de cet ouvrage un excellent roman d’aventure, idéal pour l’été.


    https://unepauselitteraire.com/2016/07/13/dans-les-jardins-du-malabar-danita-nair/

  • Couverture du livre « Compartiment pour dames » de Anita Nair aux éditions Albin Michel

    Isabelle PURALLY-BOISSEL sur Compartiment pour dames de Anita Nair

    Une vie de femme que celle d’Akhila ? Appréciez vous-même…
    A quarante-cinq ans elle n’en connait que la servitude totale dans laquelle elle s’est enfermée au décès de son père au profit de ses frères et sœur qui tout naturellement vont se laisser porter par la facilité de sa dévotion et les...
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    Une vie de femme que celle d’Akhila ? Appréciez vous-même…
    A quarante-cinq ans elle n’en connait que la servitude totale dans laquelle elle s’est enfermée au décès de son père au profit de ses frères et sœur qui tout naturellement vont se laisser porter par la facilité de sa dévotion et les bienfaits tirés des économies réalisées sou à sou par Akhila à leur intention…
    Jusqu’au jour où trop est devenu trop pour elle qui leur a tout sacrifié jusqu’à « oublier » de vivre sa vie de femme ! Alors envahie par un rêve de liberté et d’indépendance c’est décidé elle abandonne cette vie d’esclave et révoltée elle part.
    Akhila entame ainsi un voyage en train de nuit durant lequel elle ira de découverte en découverte au contact d’autres femmes inconnues qui à la faveur de la promiscuité vont lui révéler tout ce qu’elle a manqué jusqu’au plus intime durant ce quasi calvaire qu’a été sa vie familiale …
    Un portrait à la fois émouvant et révoltant de la femme Indienne qui n’a pas choisi de naître dans un de ces pays où elle n’a pas encore obtenu sa vraie place dans la société.

  • Couverture du livre « L'inconnue de Bangalore » de Anita Nair aux éditions Lgf

    Yves Mabon sur L'inconnue de Bangalore de Anita Nair

    Petites précisions géographiques avant d'entamer mon billet : Bangalore est une ville du sud de l'Inde, d'environ 8.5 millions d'habitants, capitale de l'État du Karnataka, considérée comme la Silicon Valley indienne (source : Wikipédia et l'éditeur).
    Revenons maintenant au roman d'Anita Nair...
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    Petites précisions géographiques avant d'entamer mon billet : Bangalore est une ville du sud de l'Inde, d'environ 8.5 millions d'habitants, capitale de l'État du Karnataka, considérée comme la Silicon Valley indienne (source : Wikipédia et l'éditeur).
    Revenons maintenant au roman d'Anita Nair qui m'a fort agréablement surpris. J'avoue, à ma grande honte (ouh, ouh, ouh), avoir une idée dépassée de l'Inde, des habitants réservés, un rien compassés, des us et coutumes très ancrés. Il me faut dire également que ce n'est pas un pays pour lequel j'ai un intérêt particulier et que je ne suis jamais allé chercher d'information sur la vie moderne indienne. Tous mes préjugés volent en éclat et c'est tant mieux. Ce polar met en scène à la fois des coutumes et des scènes ou des moeurs beaucoup plus modernes : il y est beaucoup question de sexualité, de trans-sexualité, des rapports qu'entretiennent entre eux les gens d'une grande ville, de la corruption, des accointances entre politiques et chefs de la police, de prostitué(e)s, de sans-papiers, de faux-monnayeurs, d'eunuques et de travestis. L'auteure réussit le tour de force de donner beaucoup de modernisme tout en gardant les traditions de son pays très présentes. Son personnage principal Borei Gowda n'est pas un mec éminemment sympathique, ni antipathique d'ailleurs, il est mal embouché, bourru, néanmoins, il a des côtés touchants et attachants, mais s'emporte très vite, ne supporte pas beaucoup les autres : "Gajendra pâlit. C'était toujours comme ça quand la tendance de Gowda à la méchanceté remontait à la surface. Il parlait sur un ton suave qui, au lieu de désamorcer la violence intérieure, l'amplifiait. Le brigadier éprouvait une grande sympathie pour Santosh. On avait vu des hommes plus endurcis retenir leur souffle quand Gowda optait pour la douceur." (p.39)
    Il a des raisons pour être comme cela, c'est un excellent flic, doté d'un sixième sens, mais qui se heurte à la hiérarchie souvent plus occupée à s'occuper d'elle-même que des meurtres commis dans les rues, fussent-ils perpétrés par un tueur en série : "Il se passe beaucoup de choses dans votre juridiction. Des Africains en ont fait leur quartier général. Certains sont impliqués dans un trafic de drogue. Occupez-vous de ça. Il y a aussi un consortium de propriétaires de carrières en quête de bons filons qui voudrait qu'on regarde ailleurs. Mettez-y bon ordre. Ça nous fera le plus grand bien, à vous comme à moi. Laissez ces absurdités de tueur en série à la Criminelle." (p.217)
    D'aucuns pourront dire qu'il n'y a là rien de nouveau. Certes, je ne crois pas qu'Anita Nair veuille révolutionner le roman policier, mais elle y ajoute un contexte géographique, politique assez différent de ce que je peux lire habituellement. Ça suffit pour me plaire, surtout si dès lors qu'on tente de comprendre qui peut être le ou la coupable, on patauge un peu, A. Nair nous embrouillant avec des termes indiens tels "Anna" (=frère aîné), "Akka" (=soeur aînée)", certes expliqués en un bienvenu glossaire de fin de volume, mais qui, s'ils peuvent désigner une personne particulière -celle que l'on pense être un coupable parfait- sont aussi des termes génériques qui peuvent s'adresser à plusieurs personnes -donc d'autant plus de suspects.
    Voilà donc pour ce polar indien qui devrait plaire à un grand nombre de lecteurs, peut-être pas aux plus exigeants des amateurs de romans policiers qui en verront les ficelles, sauf s'ils se laissent prendre par l'ambiance mi-moderne mi-traditionnelle qu'a su créer Anita Nair.

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